Thomas Pyketty Alternative conomique

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Page 1 of 3 La « Révolution fiscale » Entretien avec Thomas Piketty, directeur d’études à I’EHESS, professeur à l’Ecole d’économie de paris Propos recueillis par Thierry Pech Alternatives Economiques no 299 – février 2011 Thomas Piketty préconise de remettre à plat notre système d’imposition et de réformer en profondeur l’impôt sur le revenu. Où beaucoup envisagent de faire simplement évoluer le système fiscal, vous en appele « révolution fiscale », n m pourquoi? Pour deux raisons.

D’ système s’ajoute à la Sni* to View ‘impôt sur le revenu. plexité de notre pour le rendre opaque et incompr hensible aux yeux des citoyens. n niveau de prélèvements obligatoires élevé (environ 45% des revenus en France aujourd’hui) permet de financer une protection sociale ambitieuse, des écoles, des universités, etc. Mais cela crée aussi une obligation de transparence. Tout le monde paie des impôts: les gens modestes autant et même davantage que les gens riches.

Chacun a le droit de comprendre et d’exiger plus de clarté aussi bien sur les efforts demandés aux uns et aux autres que sur l’usage qui est fait des recettes fiscales. C’est pourquoi notre livre (1) s’accompagne d’un site Internet qui permettra à chacun, non seulement de se repérer dans le ébat fiscal, mais

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aussi de simuler les réformes qu’il juge (recettes, progressivité… )? Il ne vous reste plus qu’à vous engager dans une série de calculs infiniment complexes ou à demander une simulation au ministère des Finances qui vous répondra.. eut-être. Désormais, il existe une troisième solution, gratuite, immédiate et accessible à tous: www. revolution-fiscale. fr. Ce site, mis au point par Thomas Piketty et ses coauteurs, permet d’élaborer et de mesurer instantanément les effets de toute réforme fiscale. Il s’appuie pour ce faire sur une base de 800 000 individus virtuels parfaitement eprésentatifs de la population française. un outil démocratique précieux au seuil d’une année qui promet d’être riche en discussions sur l’impôt. www. evolution-fiscale. fr est également une mine d’informations pour tous ceux qui s’intéressent à la structure des revenus et aux mécanismes de l’impôt actuel. La seconde raison est que notre système d’impôts directs sur le revenu – impôt sur le revenu et contribution sociale généralisée (CSG) – est en faillite. Théoriquement, l’impôt sur le revenu devrait réintroduire de la progressivité et contrecarrer ainsi le caractère fortement régressif des impôts ndirects sur la consommation ou des cotisations sociales.

Mais, en réalité, l’impôt sur le revenu actuel est lui-même régressif: à mesure qu’on monte dans l’échelle des revenus, le taux effectif d’imposition diminue. Notamment en raison des nombreuses niches fiscales. Bref, il ne suffit plus de faire des ajustements: il faut tout remettre à plat http://helene. univ-reims. fr:21 action=htmlimpression… 08/12/2012 action-htmlimpresslon… page 2 of 3 Comment?

Nous pensons qu’il faut supprimer l’actuel impôt sur le revenu et créer un nouvel impôt direct qui consistera, en pratique, dans une extension de la CSG. Celle-ci est en effet un outil efficace: elle n’est pas mltée par une multitude de niches, son assiette est perfectible, mais large, en particulier concernant les revenus du patrimoine; et il s’agit d’un prélèvement à la source, à la fois plus simple pour le contribuable et plus facile à contrôler.

Le problème de la CSG, c’est qu’elle est proportionnelle. Nous proposons donc d’y introduire un barème progressif très simple qui permette de la rendre plus juste. Quel effort cette réforme va-t-elle demander aux contribuables? Nous n’avons pas cherché à augmenter les recettes de l’Etat, mais ? construire un dispositif plus équitable, plus transparent et plus adapté à la situation économique.

En réalité, jusqu’à 6 000 euros de revenu mensuel brut par personne (plus de 95% des gens), tout le monde y gagnerait un peu de pouvoir d’achat. Autour de 7 000 euros, la réforme serait neutre. En revanche, à partir de 8 000 euros, l’effort demandé aux contribuables serait plus élevé qu’aujourd’hui. Prenons l’exemple d’un salarié qui gagne 1 800 euros mensuel brut. pour lui, le gain de pouvoir d’achat serait de 2,3% (soit près de 500 euros par an), son taux effectif d’imposition passant de à cette réfo