Sociologie de l’Algérie

Sociologie de l’Algérie

Public concerné A travers son ouvrage « Sociolo ie de l’Algérie Pierre Bourdieu vise le public fra ier lieu puis le public 2 44 égissent à travers ces 4 sociétés étudiées par l’auteur, ce qui permet de redonner peu à peu une part du sentiment d’identité Algérien détruit peu a peu par la France qui était plus dans une logique de colonisation, d’établissement que d’exploitation. L’ouvrage reste néanmoins assez accessible pour atteindre un public assez large.

Objet de l’ouvrage et objectif de l’auteur L’Algérie est l’objet des premières publications de Pierre Bourdieu. Il publie en effet Sociologie de l’Algérie en 1958. Témoin de transformations particulièrement rapides, parfo’s violentes, Pierre Bourdieu n’a eu de cesse de vouloir « maîtriser les déterminations sociales », de sociologiser le « Connais-toi toi- même » Pierre Bourdieu cherche en fait les invariants qui permettent de dépasser les différences de contexte pour trouver une théorie générale dun phénomène « universel » : le changement social.

Très tôt, Pierre Bourdieu a réalisé qu’il ne pouvait appréhender la société algérienne qu’en se débarrassant de la VISIOn ethnocentrique et ethnocentrisme spécifique aux Européens. Cette affirmation «novatrice» s’effectue à partir des pratiques ulturelles des colonisés déniées par le système colonial, par ses intellectuels et,

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plus tard, par l’élite algérienne victime de l’acculturation. Car le travail de colonisation s’est effectué sur la longue durée. L’attitude des dirigeants algériens, de l’élite, est de rejeter, tout comme le colonisateur la culture d’origine.

Structure de l’ouvrage : logique du plan Sociologie de l’Algérie de la manière suivante : 44 structures sociales – La démocratie gentilice * Les Chaouia – L’organisation domestique – Les structures sociales * Les Mozabites – Le défi du désert – Structure sociale et gouvernement urbain Puritanisme et capitalisme – La permanence par le changement * Les Arabophones – Les citadins – Les nomades et les semi-nomades – Les nouveaux sédentaires – Équilibre économique et rapports sociaux * Le fonds commun – Interpénétration et différenciation – Économie et vision du monde – L’Islam et la société nord-africaine * L’aliénation – Le système colonial – La société coloniale – La déculturation – La structure des rapports de classe Ainsi, Pierre Bourdieu analysé chacune des 4 sociétés dans l’ordre qui ne sont autres que les sociétés Kabyle, Chaouia, Mozabite et Arabophone. Il en étudie les structures sociales qui les définissent respectivement puis termine sur les fonds communs qui les définissent.

Résumé synthétique Pierre Bourdieu traite dans son ouvrage 4 types de sociétés : Tout d’abord, il décrit la société Kab le : ‘habitat kabyle donne déi ns sur la structure 4 44 toujours situés en contre bas, les habitants pouvant aisément les surveiller. Le village apparaît comme le regroupement des humains, à la fois en lien et en opposition avec les cultures et la nature environnante. Cette organisation sociale est un ajustement très poussé à l’environnement. Cependant, la perfection de la société kabyle, plus encore que dans cette adaptation, tient dans son système très élaboré des rapports humains. La structure sociale est constituée de collectivités emboîtées. Elles ont chacune leur nom, leurs biens et leur honneur.

La famille étendue ou Axxam (la grande maison) est la plus petite cellule sociale (c’est le même terme qui désigne la maison). La grande maison est en fait constituée de plusieurs bâtiments, chaque ménage ayant son intimité. Ils sont regroupés autour d’une cour commune. Thakkarrubth, la fraction, est un groupe de familles étendues yant un ancêtre commun masculin de 4ème ou de 5ème génération. Les membres masculins de cette cellule sociale se considèrent comme des frères. Parfois autour de celle-ci se trouvent des groupes clients, portant d’autres noms de famille, mais intégrés de longue date à la fraction. La fraction possède son quartier dans le village.

Chaque Thakkarubth possède un Taman, représentant désigné par tous. Son rôle est important : c’est lui, qui par exemple, reçoit la part de viande lors de l’abattage rituel des bœufs (Timashrat). L’Adrum (pluriel Idharman) regroupe en haute Kabylie les Thakkarubth. Il s’agit d’une structure originale que l’on ne retrouve pas dans les autres communautés kabyles. Le village, Thaddarth, est formé de plusieurs Idharman, ou des Thakkarrubth. Il possède son assemblée (Tahmdth), où siègent les Taman (représentant s 4 dharman, ou des Thakkarrubth. II possède son assemblée (Tahma’th), où siègent les Taman (représentants des familles). Elle élit un chef, l’Amin.

La tribu (Arsh) est composée de plusieurs villages qui porte le nom d’un ancêtre mythique supposé commun. L’Arsh avait par le passé son assemblée. La confédération est un regroupement d’Arsh, à géométrie variable. Au sein du Village existe un principe d’égalité sociale. Le riche ne se moque pas du pauvre et inversement le pauvre ne se soumet pas à l’autorité du riche. L’une des valeurs principales est le respect commun. On sait assez que très vite, on peut passer de la richesse à la pauvreté. Et lorsque tel fils d’une famille obtient une très bonne situation hors de son village, voire à l’étranger, il retrouve son rang lorsqu’il y revient.

Nous y reviendrons dans les pages consacrées aux femmes, même si Ihomme est le chef de famille, la femme est considérée, dans la famille traditionnelle comme quasiment son égal. Dans une société pauvre, où la survie dépend du travail de tous, les rôles sont clairement répartis, et seule la paresse n’est pas admise. Le mariage est l’affaire du groupe et non de l’individu, de plus, l’originalité du système consiste dans le fait qu’il y a transgression en ce qui concerne les lois prescrites par l’Islam sur l’héritage dans la mesure où la femme ne bénéficie d’aucun héritage équivalent à la moitié d’une part virile, celui-ci revient aux hommes les plus proches de l’homme décédé.

Rôle de la femme Kabyle : De sa naissance à sa mort, la femme, comme terre mère du enre humain, responsable de la poursuite de la vie, devient elle- même une potière puis une nourricière et enfin une tisseuse de liens humains. On considérait autr 6 44 potière puis une nourricière et enfin une tisseuse de liens humains. On considérait autrefois le déroulement de la vie d’une personne selon un modèle binaire (jeune / vieille) puis trinaire pour la femme (fillette / femme / vieille). Chez les Kabyles le cycle de la vie d’une femme suivait les rythmes de la nature et de ses saisons en quatre phases. Le culte de la mère est incompatible avec ces deux modèles et incomplet i on évince la phase de la femme enceinte.

Faire débuter la vie d’un humain avec sa naissance au jour de l’accouchement de sa mère, c’est effacer la phase de la grossesse, la phase cap ‘tale de sa formation. Cela revient aussi à ramener l’état de mère à l’état de père alors qu’un homme ne devient père qu’après les dix lunes pendant lesquelles la mère forme l’enfant dans son ventre. Réduire le début de la maternité à celui de la paternité est le fondement du patriarcat. La vie ritualisée des femmes de la société traditionnelle en particulier celle des grands- mères met en évidence combien la ère en Kabylie était vénérée au point de parler d’un culte de la mère.

Les rites qui accompagnaient le fil de rexistence d’une femme de sa naissance à sa mort sont à considérer comme des rites de type matriarcal Ces rites sont magiques car ils assimilent l’union d’un homme et d’une femme à celle de la lune et du soleil, les femmes se considérant dès lors comme des créatrices de la vie humaine de dimension cosmique. par ailleurs, toute réalisation matérielle comme la poterie ou le tissage sont des créations magiques puisque leurs rituels sont calqués sur l’union exuelle des humains et reproduisent les mystères de leur propre création. e culte de la mère trouvait sa signature dans le culte de la fa mystères de leur propre création. Le culte de la mère trouvait sa signature dans le culte de la famille, dans les réalisations rituelles de l’obtention d’une poterie, de la nourriture et d’un tissage.

On le retrouve aussi dans le culte des Ancêtres et en particulier dans les dessins géométriques des femmes sur leurs poteries, leurs tissages et les fresques murales de leurs maisons. Cette dimension spirituelle de caractère lobal de la vie terrestre d’un humain détermine, conditionne et explique à la fois la magie des femmes kabyles et de leurs pratiques rituelles. Ensuite, il étudie la société Chaouia Bien qu’arabisés en partie, les Chaouias ont été avant la colonisation française, une unité fermée, à l’écart des brassages ethniques. Au Nord Ouest, les sédentaires sont des cultivateurs de céréales et des arboriculteurs, regroupés en gros villages. Au Sud Est, les populations sont semi-nomades.

Ce sont des cultivateurs d’orges et de blés, des pasteurs de chèvres et de moutons. L’habitat y est dispersé. Pourtant la structure sociale de ces deux entités est identique. Comme chez les Kabyles, la famille est à la fois unité économique, sociale et religieuse. L’homme y détient en droit la prépondérance. Mais la femme à une grande influence dans l’activité économique de part ses activités. Comme en Kabylie, la famille étendue (Akhkham) est l’unité sociale de base. Les regroupements plus larges sont la fraction (Harfiqth), et la tribu (Arsh). Ces deux derniers groupes portent le plus souvent, le nom de la famille considérée comme la plus ancienne, mais il est parfois d’origine mythique.

La famille étendue porte le nom de l’ancêtre commun. En son sein, l’autorité de l’aïeul, ou à défaut de l’homme le plus âgé, de l’ancêtre commun. En son sein, l’autorité de Paiëul, ou à défaut de l’homme le plus âgé, est incontestée. C’est lui qui donne son rôle à chacun, et fixe les mariages. L’entraide se pratique d’abord au sein de cette structure sociale, par exemple pour la construction des maisons ou les travaux des champs. A la famille incombe aussi l’aide aux pauvres. Les offenses, meurtres ou querelles se règlent selon le code d’honneur. L’hospitalité accordée à une personne étrangère est nviolable. Cétranger est alors placé sous l’honneur du chef de famille.

Une des originalités de la société Chaouia est la place donnée aux femmes, qui jouissent d’une certaine Le Harfiqth, ou fraction, est l’unité sociale la plus vivante. Lorsqu’il est de type agnatique pur, il rassemble tous les descendants masculins d’un ancêtre commun (on dit en Chaouia que ce sont : « les fils de l’oncle paternel »). Mais il peut aussi rassembler plusieurs agnats (c’est-à-dire plusieurs chefs de grandes familles), qui se revendiquent de parents différents. Dans ce cas il y existe des sous fractions. Dans les deux cas, la fraction ou la sous fraction reprend le modèle généalogique de la famille étendue. C’est dans la fraction qu’a lieu le mariage préférentiel avec la cousine parallèle. Cest elle qui défend solidairement les biens et surtout l’honneur de chacun.

Le conseil de fraction a conservé jusqu’en 1954 (en dépit des réformes de 1 865), les principales attributions judiciaires. Il tranchait selon le droit coutumier les litiges. Il recevait la quasi totalité des demandes de mariages et divorces, et arbitrait les différents selon la coutume du serment collectif et de la preuve traditionnelle. Il percevait les amendes, réglait les successions. serment collectif et de la preuve traditionnelle. II percevait les amendes, réglait les successions. Au sein de ce conseil existe un conseil des anciens. Comme chez les Kabyles, le conseil de fraction est donc bien un conseil des familles. L’organisation de la Qal’ah, le grenier citadelle, est aussi du ressort du Harfiqth.

Ses greniers collectifs sont maintenant la propriété du village, suite au dépérissement de la fraction, conséquence de la colonisation. La Qal’ah est dune grande Importance. Elle sen,’ait de poste d’observation pour se prémunir des ennemis. Chez les Touaba, les Qal’ah formaient même une ligne défensive, qui les protégeait des incursions de leurs rivaux, les Abnoui. Son organisation est très stricte. Cest le conseil de fraction qui en décide la création et l’organisation avec une grande précision. Le conseil des anciens en nomme les gardiens, ou Harez. C’est aussi la fraction qui décide des quantités qui seront stockées dans la Qal’ah. Elle reçoit l’orge, le blé, la viande salée et les fruits séchés, le miel et le beurre rance.

Les chambres de stockage à l’intérieur de la Qal’ah sont appelées Ghorfet. Le plus grand grenier connu comporte quatorze étages (Baloul, prés d’Igelfen). Chaque étage comporte de 15 à 20 chambres. CHarez recevait un salaire en nature. Ce grenier est vital car : I permet de survivre en cas de disette I permet aux semi-nomades la conservation des réserves durant la transhumance des troupeaux. Il a une valeur magique et est un lieu de pèlerinage. Dans la haute vallée de l’Oued El Habiod, un ancêtre est enterré dans ou à proximité de la Qal’ah. Toutes les fêtes importantes se font sa proximité : mariages, circoncisions, fête annuelle de l’ancêtre, accompa.