Sociologie De L Accouchement

Sociologie De L Accouchement

Habibi Inès Sociologie de la santé Enseignement d’Isabelle Feroni Année Universitaire 2014-2015 Compte rendu de lecture : Sociologie de l’accouchement, Béatrice jacques ouvrage : JACQUES, Béatrice, 2007, sociologie de l’accouchement, PUF- Le Monde, coll. « Partage du savoir 208 p Docteur en sociologie, Béatrice Jacques est maître de conférences à l’université de Bordeaux.

Sociologie org l’auteur. Ce travail de ch. • Snipe to View limite à l’expérience France. Il s’inscrit dan ssu du doctorat de couchement en de l’expérience, il a pour but de mettre au jour les types de eprésentations sociales de la naissance, ainsi que les types d’expériences de la maternité produits par la médicalisation et la façon dont les femmes se les approprient.

Pour appréhender l’ensemble des expériences de la maternité posslbles en France, quatre lieux d’enquêtes distincts ont été choisis, les structures ont été sélectionnées en fonction de leur niveau : un seNice de CHU de niveau 3 ayant tous les « signes » d’une grosse structure située à proximité du centre-ville, cette structure reçoit une population très diversifiée. La structure de type 2 choisie est n établissement privé participant au service public, la population qui vient aujourd’hui accoucher ? le personnel d’une petite unité.

Une étude auprès des femmes

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et de professionnels pratiquant l’accouchement à domicile a aussi été réalisée. La première approche des terrains a consisté en de longs mois d’observation dans chacun des sewices. La population enquêtée rassemble 70 patientes : 20 ont été recrutées dans chacun des trois sen,’ices étudiés et 10 ont été choisies parce qu’elles ont accouché chez elles.

Le premier critère de choix de la population interrogée a été l’entrée des parturientes ans leur septième mois de grossesse, parce que c’est à ce moment là qu’elles ont l’obligation d’être suivies en institution. Si le but premier était de comprendre la maternité du point de vue des femmes, l’auteur a aussi étudié le discours des professionnels de la naissance, obstétriciens et sages-femmes, afin de mieux comprendre le contenu de leur travail auprès des parturientes et leurs représentations de l’expérience de la maternité.

De ce fait 10 interviews ont été réalisées dans chaque structure. L’ouvrage s’organise autour de cinq thèmes qui reprennent les étapes chronologiques de la rossesse : le début de la grossesse, c’est-à-dire raccession à la qualité de future mère, le point de vue soignant, le mode d’appropriation de Finstitution soignante par les femmes, la répartition des rôles au moment de l’accouchement lui-même, et enfin « l’autre » voie constituée par l’accouchement à domicile.

Liauteur vient à se demander comment sommes nous passés d’une définition où l’enfantement était culturellement qualifié comme un acte simple et naturel à un acte qui demande aujourd’hui *AGF 9 rif q médical complexe et fortement normé. Pour comprendre ce phénomène il faut revoir ‘histoire de la maternité, l’auteur distingue deux évolutions centrales : une façon nouvelle de concevoir la place de l’enfant dans la famille et la société dès la renaissance, et un développement rapide des progrès médicaux.

L’auteur observe des mutations profondes notamment dans le changement des acteurs présent autour de la femme enceinte : on passe de la matrone et du cercle familial et communautaire à la sage femme diplômée et au médecin chirurgien. Ces changements viennent directement influencer l’expérience des femmes : cette présence masculine bouleverse la eprésentation de la mise au monde comme moment exclusivement féminin. Pouvoir accéder et travailler sur le sexe des femmes est une avancée non seulement médicale mais aussi sociale et culturelle.

Ces moments déterminants dans l’histoire de la médicalisation de la maternité nous éclairent sur la sltuation contemporaine. Ils permettent de comprendre comment une définition médicale de la grossesse et de l’accouchement siest progressivement imposée et diffusée dans notre société. En reconstruisant les étapes de la grossesse et de l’accouchement, et à partir du recueil du subjectif, Béatrice Jacques souhaite comprendre de quelle manière le système médical vient construire l’expérience individuelle des acteurs, autrement dit dans quelle mesure l’hôpital laisse-t-il de la place à la subjectivité ?

Cest par la déclaration du médecin que la femme entre véritablement dans le statut de femme enceinte. L’auteur constate que la te graphique développée dans les années 1970 produit le changement le plus sensible du début de la grossesse : elle contribue à l’attribution d’un statut social au fœtus. On a donc affaire à une individu pré-sociallsé. Grâce ? cette technique scientifique, on asse d’une expérience sensorielle à une expérience visuelle. Dés le début de la grossesse, on invite les mères à modifier leurs comportements.

L’idée d’autocontrôle, d’autosurveillance de son corps et de celui d’autrui doit être activée. Le discours sur la responsabilité et les comportements à risques se diffuse sous le mode du conseil et non de l’interdiction. Le recours à la prévention, plus qu’à l’obllgation permet de laisser aux femmes une liberté de choix dans leurs attitudes, tout en accentuant leur responsabilité individuelle. Les « bons comportements » d’une femme enceinte sont parfaitement ocialisés, les femmes se sentent alors obligées de les adopter.

Pour certaines, les comportements attendus chez la femme enceinte sont vécus sous le mode de la contrainte. On retrouve la fonction première de l’hôpital : (re)socialiser le patient pour qu’il puisse reprendre les rôles sociaux que l’on attend de lui. Une crainte est fortement présente chez les mères : l’anormalité du bébé, c’est pour cela qu’elles souhaitent la plupart du temps faire un test, qui permet de mesurer la probabilité d’avoir un enfant porteur du gène de la trisomie 21 . Pouvoir anticiper, éviter le isque a finalement pour conséquence de développer chez les parents une intolérance à la différence.

Les théories psychologiques ont toujours présenté la grossesse comme un moment fondamental du développement de l’identité féminine. La maternité est décrite dans cet ouvrage comme fondamental du dans cet ouvrage comme une expérience conclusive de l’identité de femme. L’auteur rejoint la notion moderne de l’identité comme « mise à l’épreuve de soi » développée par François Dubet et Danilo Martuccelli. Béatrice Jacques note également que les magazines spécialisés, guide de grossesse prennent ésormais une place importante dans l’expérience de la grossesse, cependant le recours au spécialiste reste essentiel.

Cette littérature joue le rôle d’intermédiaire entre les futurs parents et la connaissance scientifique. Ces ouvrages viennent compléter le manques d’informations données par le médecin ou même servir de contre-expertise. L’auteur a voulu montrer que durant toute cette période où la femme n’est pas encore prise en charge par le système médical, la future mère vit quand même une sorte de médicalisation indirecte qui vient d’une certaine façon la préparer à son rôle de future arturiente dans l’institution. L’expérience de la maternité c’est avant tout ‘expérience d’une structure, dune équipe.

Ce  » passage obligé  » intervient donc directement sur l’expérience de la femme et vient la contraindre, en imposant, par exemple, des protocoles. Ce premier moment, celui du choix de la structure d’accouchement est déterminant, dans la mesure où il oriente la trajectoire médicale et donc l’expérience personnelle de la femme enceinte. Les patientes disposent donc d’une marge de liberté, cependant certaines femmes renoncent en quelque sorte à leur capacité de choix personnel, car elles ‘en remettent au choix de leur médecin avec lequel elles ont établies une relation de co avec lequel elles ont établies une relation de confiance.

L’avis médical intervient donc de façon quasi-automatique et joue un rôle important dans l’orientation du choix des patientes. Les femmes interviewées ont mobilisé leur réseau amical/professionnel pour les orienter dans la prise de décision. A partir des témoignages, l’auteur constate que la proximité de la structure d’accueil devient secondaire, la présence de médecins qualifiés et d’un service de réanimation néonatale dans la aternité sont alors décisifs dans la prise de décision.

Les femmes sont aussi fortement sensible à la manière dont peut se construire une relation de qualité avec le personnel médical. Écoute, empathie et présence de l’équipe sont des facteurs déterminants dans l’orientation du choix des futurs parents. La taille du service et de l’équipe intervient directement sur l’ensemble de ces facteurs. A la grande structure sont associés les termes « d’anonymat « d’usine », qui renvoient directement à la notion de dépersonnalisation. L’expérience de la patiente repose sur un élément central : la elation de confiance construite avec le médecin.

Pour mieux comprendre les modalités de construction de la relation de confiance entre une femme enceinte et son obstétricien, l’auteur se réfère aux trois modèles d’interaction médecinpatient décrits par Thomas Szasz et Mark Hollander. Entrer dans l’institution hospitalière, c’est d’abord entrer en interaction avec un professionnel, c’est essayer de construire un lien avec lui. Le rapport de confiance qui va se créer ou non est déterminant pour l’expérience. Le second chapitre est consacré aux rofessionnels, sages- femmes, et obstétriciens.