Socialisme

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SOCIALISME, COMMUNISME ET SYNDICALISME EN ALLEMAGNE DEPUIS 1875 Les idées du socialisme voient le jour au milieu du XIXème siècle afin de répondre à la « question sociale » posée par l’industrialisation. Leur première expression ? grande échelle se trouve dans le Manifeste du parti Communiste publié en 1848 par Karl Marx et Friedrich Engels et se termine par un appel clair « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » qui affirme déjà le caractère international du mouvement.

Dans le contexte du printemps des peuples, le socialism les inégalités sociales tout en encouragean social ce qui corresp ationales des peupl or 11 Sni* to View me par l’homme evendications A partir de 1867 et la publication du Capital, Karl Marx et sa théorie de la « lutte des classes » dominent la pensée socialiste, et afin de mettre en place ces idées, certains optent pour la réforme et d’autres pour la révolution. C’est notamment cela qui caractérise le communisme : une branche radicale du socialisme qul choisit la voie de la révolution en 191 7 et combat surtout la propriété privée et le libéralisme.

En Allemagne, le socialisme tout comme le syndicalisme, se développe d’une façon originale visant à défendre les droits

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des ravailleurs. Quelles sont les spécificités des liens entre socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875, date de création d’un parti socialiste unifié ? socialiste allemand a) Fondements théoriques Avant 1875, le socialisme est marqué par l’héritage de grands penseurs comme Ferdinand Lassalle (1825-1864) qui souhaite mettre en place des réformes par voie légale.

Il fonde le premier parti socialiste en 1863, l’ADAV (Association générale des travailleurs allemands). En 1869, August Bebel et Wilhelm Liebknecht fondent le SDAP (Parti social-démocrate des travailleurs) et qui s’engage lutôt vers la révolution. Néanmoins, les deux partis sont fortement influencés par les idées de Karl Marx. Le prolétariat formé par la révolution industrielle doit ainsi renverser la bourgeoisie capitaliste pour mettre en place une dictature prolétaire avant de faire disparaitre l’État et la propriété privée, alors seulement un véritable communisme pourra être mis en place. ) 1875 : Le parti socialiste unifié Lors du congrès de Gotha le 22 Mai 1875, PADAV et le SOAP fusionnent pour former le SAP (Parti socialiste des ouvriers allemands) qui prône la révolution, mais articipe néanmoins à la vie politique. Il trouve son audience dans le monde ouvrier qu’il encadre dans des activités sportives et culturelles. Cependant les clivages internes entre les réformistes (critiqués par Karl Marx) et la frange plus révolutionnaire sont très importants.

En 1890 le parti prend le nom de SPD (Parti social-démocrate d’Allemagne) sous l’impulsion d’August Bebel, et prend un tournant réformiste avec Eduard Bernstein. Le SPD est l’un des plus anciens partis politiques encore existant en Europe. PAG » 1 syndicalisme a) Amélioration des conditions ouvrieres démocratisation de l’État. Le Reichstag est un parlement élu au suffrage universel mais peut être dissout par l’empereur et le chancelier. Le mouvement ouvrier se développe en parallèle des aspirations démocratiques, que Bismarck veut contrecarrer en faisant adopter les lois antisociales en 1878 : interdiction du SPD et des syndicats.

Néanmoins il souhaite rallier la classe ouvrière et fait voter des lois sociales dans les années 1880-1890 (assurance sociale, maladie, vieillesse, invalidité, réduction du temps de travail des femmes et des enfants, repos hebdomadaire) et lève l’interdiction du SPD. b) SPD et mouvement syndical Contrairement à ce qui se passe en France, le parti social- démocrate allemand et le mouvement syndical sont très proches. En 1 892, l’unification des syndicats libres au sein de la Confédération Nationale des Syndicats permet une meilleure organisation du mouvement syndical.

Ces liens étroits entre le SPD et la CNS sont une spécificité allemande : les dirigeants syndicaux sont présents dans la direction oindre échelle, les PAGF30F11 échelons de la société, de l’usine à l’État en passant par la ville et les Lander. Pourtant, les divergences entre réformistes et révolutionnaires sont toujours résentes. 3. Première Guerre mondiale et divisions a) Ralliement à l’Union sacrée En 1914, le SPD et les syndicats soutiennent l’Union sacrée demandée par Guillaume II.

Tous les députés socialistes du Reichstag votent les crédits pour la guerre (de même en France) : le patriotisme l’emporte sur la doctrine marxiste, pacifiste et internationaliste, hostile ? l’expansionnisme. Cela mène inévitablement à la déchirure du parti, les révolutionnaires dénoncent le ralliement à la guerre qu’ils perçoivent comme une trahison à l’idéologie marxiste. b) L’apparition du communisme allemand En 191 5, Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht sont exclus du SPD et fondent la Ligue Spartakiste, branche radicale du socialisme, fascinée par faction bolchévique en Russie.

En Avril 1917, la frange radicale du parti fonde I’LJSPD (Parti social-démocrate indépendant d’Allemagne) auquel se rallient les Spartakistes. Le 1er Janvier 1919, le KPD (Parti communiste allemand) est créé en suivant le modèle de Lénine. En 1918-1919, une vague révolutionnaire se diffuse dans le pays : création de conseils d’ouvriers, de conseils de soldats, développement du mouvement de grève. Friedrich Ebert, premier président de la République et chef du SPD, ainsi que le ministre de la défense (également socialdémocrate) Gustav Noske, réprime le mouvement en mée et les corps francs.

PAGF 11 Luxembourg et Karl Liebknecht sont assassinés. La répression est perçue comme une trahison par une partie de la classe ouvrière et marque une rupture durable au sein de la gauche allemande. Il. DE LA DIVISION A L’ANEANTISSEMENT : 1919-1945 1 . SPD et conquêtes sociales sous Weimar Dans les années d’entre-deuxguerres, le SPD est au cœur des coalitions, soit avec le Zentrum, sait vec le centre-gauche, voire parfois la droite modérée et constitue ainsi le parti clé du gouvernement. Ainsi, il arrive à réprimer les grèves révolutionnaires menées par le KPD (ex.

Ruhr en 1920) et à mettre en place une politique sociale bénéfique à la classe ouvrière (8h de travail, conventions collectives, comités d’entreprise, assurance chômage, hausse des salaires, logements sociaux) en s’appuyant sur l’ADGB (Confédération générale syndicale allemande) principal syndicat d’environ 3 millions d’adhérents. Grâce à cela, l’Allemagne surmonte la crise (1 million de chômeurs, hyperinflation). Cependant, les contestations montent, tant à droite qu’à gauche. La répression de 1919 a fait perdre au parti la moitié des adhérents (même s’il reste le premier parti de masse du pays).

La droite nationaliste l’accuse d’avoir accéléré la défaite allemande, d’avoir mis au pays un coup de poignard dans le dos. Le parti incarne à la fois le réformisme de la République et l’humiliation liée au « Diktat de Versailles » 2. Socialisme et communisme dans la crise Pendant l’entre-deux guerres le KPD s’oppose vivement à la République de Weimar. Le s 1 (Internationale communiste créée en 1919) : il apporte son outien au parti bolchévique russe et propage Pidéologie révolutionnaire ? l’échelle internationale. Le KPD est aussi un parti de masse puisqu’il regroupe plus de 300000 adhérents au début des années 1920.

Il fonde la RGO (Opposition syndicale révolutionnaire) en 1929, une centrale syndicale pour concurrencer la confédération syndicale du SPD et d’organiser des grèves révolutionnaires. Cette « bolchévisation » entraine une division encore plus prononcée de la gauche face à la montée du NSDAP (parti nazi) dont près de des membres appartiennent à la classe ouvrière. Sous l’impulsion de Moscou, le KPD adopte en 1928 la tactique « classe contre classe » qui empêche toute alliance avec les partis bourgeois (SPD considéré comme avant-garde du fascisme).

En 1932, le parti refuse l’alliance avec le SPD lors des législatives et permet ainsi la victoire du NSDAP qui obtient des sièges au Reichstag. En pleine crise des années 1930, les chômeurs sont plus de 6 millions et la violence politique s’installe : militants communistes et SA (Sections d’Assaut) nazies se livrent à des combats de rue. Le SPD interdit les manifestations communistes et les réprime urement (Berlin, 1929). Pour le SPD, la nomination d’HitIer au poste de chancelier est le moyen de se débarrasser des communistes. Au contraire, le KPD voit cela comme une condition à la révolution. 3. s persécutions nazies (1933-1945) La gauche et les syndicats ui rônent la lutte des classes divisent la nation et sont donc per 6 1 comme des ennemis du Peuple (Volk). Bien qu’une grande partie de son électorat soit composée d’ouvrier, le parti nazi ne se pose pas en défendeur de la classe ouvrière puisque lui-même élimine sa frange révolutionnaire (nuit des longs couteaux, 29-30 Juin 934) et pactise avec la grande industrie. Le mouvement ouvrier est fortement réprimé par Hitler qui saisit l’incendie du Reichstag en Février 1933 pour dénoncer un complot communiste, interdire le KPD et dissoudre le SPD et les syndicats.

Dès Juillet, le NSDAP est le seul parti autorisé. Les chefs du SPD, du KPD et des mouvements syndicaux qui ne sont pas pans en exil sont assassinés ou déportés dans les premiers camps (Dachau en Mars 1933 1). Les exilés (beaucoup d’artistes proche de l’extrême gauche) appellent depuis Londres ou Moscou, à la résistance contre le nazisme. Le régime nazi tente alors d’encadrer la classe ouvrière (1/3 de la population active) en se basant sur le Front Allemand du Travail qui regroupe patrons et ouvrier. De même les organisations de loisirs (comme la Force par la Joie) doivent s’adresser aux couches populaires.

Enfin, les ouvriers sont mis en scène lors des grands congrès du parti nazi ? Nuremberg (propagande). Néanmoins, le parti nazi a échoué dans rendoctrinement de la classe ouvrière mais cette derniere ne constitue pas pour autant une force de résistance. La classe ouvrière est alors caractérisée par un attentisme et une apathie politique. Ill. LE MOUVEMENT OUVRIER DEPUIS 1945 1. La social-démocratie en RFA Après la défaite de l’Allem 7 1 Alliés souhaitent rétablir les Alliés souhaitent rétablir une vie démocratique dans le pays occupé.

Les partis politiques renaissent avec surtout le SPD, le KPD et la CDU (démocrateschrétiens) qui dominent la vie polltique en Allemagne de l’ouest. Néanmoins en 1956, dans le contexte de la guerre froide, le KPD est interdit car jugé trop proche de la RDA communiste. En 1959 au traité de Bad-Godesberg le SPD réaffirme son orientation réformiste et abandonne l’essentiel de la doctrine marxiste en nsistant sur les valeurs chrétiennes et humanistes tout en se ralliant à l’économie libérale.

A partir de 1969, le SPD est au pouvoir avec tout dabord Willy Brandt (1969-1974) puis Helmut Schmidt (1974-1982) mais perd son influence dans les années 1980 profitant à la CDU d’Helmut Kohl. Le mouvement syndical allemand se caractérise aussi par son réformisme. La Confédération allemande des syndicats (DGB) est un syndicat unique et très puissant qui regroupe 1 6 fédérations d’industries. La majorité des conflits avec le patronat est réglée par la négociation.

En 1952, le yndicalisme prend une place importante dans féconomie grâce ? la loi de cogestion qui impose la présence des salariés au sein des conseils de surveillance des entreprises. Plus généralement, le taux de syndicalisation allemand et plus élevé que dans les autres pays européens ce qui permet le développement d’une culture de la négociation tout en permettant aux syndicats de peser sur les réformes politiques. Ce renoncement aux fondements révolutionnaires est très critiqué par l’extrême gauche qui milite dans les années 1960-1970 pour le renversement du capitalisme, le droit des femmes, le pacifisme. Dès B1