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Introduction / problématisation. Dans son Apologie de Socrate, Platon rapporte que la Pythie, prêtresse du temple d’Apollon à Delphes, avait affirmé que Socrate était le plus sage des Grecs. Or, au fronton de ce même temple était gravée la formule : « Connaistoi toi-même Peut-on en déduire que Socrate avait tiré sa sagesse de la connaissance qu’il avait de lui-même ? Au fond, pourquoi se connaitre soimême ? L’intérêt que nous portons a nous-mêmes ne fait guère de doute Le goût du miroir, des arbres gé x sociaux où nous or 5 Sni* to View nous ffichons, montre as ur nous-mêmes un intérêt majeur.

Mais ce rapport insatiable soi rel ve-t-il bien de la connaissance ? Ne s’agit-il pas plutôt d’une tendance au narcissisme ? Comment donc démêler dans les causes qui nous incitent à nous observer nous- mêmes celles qui sont subies et celles qul sont choisies ? Au fond, il s’agit de savoir si la connaissance de soi peut servir un but louable ou si elle ne fait que nous enfermer dans notre être au point, paradoxalement, de nous y aliéner. Ou, pour le dire autrement : Quelle valeur attribuer à l’introspection ?

On se demandera par conséquent si la quête

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de la connaissance de soi est S’interroger sur la cause et le but de la démarche introspective suppose d’abord qu’une telle démarche est possible. Or, il ne fait pas de doute que la conscience humaine n’est pas seulement immédiate, orientée vers le monde extérieur mais aussi réfléchie, c’est-à-dire capable de se tourner vers le sujet et de l’observer. Mais d’où vient cette capacité de se prendre soi- même pour objet d’étude ?

Sans spéculer sur la possibilité qu’auraient certains animaux ‘en falre autant, on peut soutenir que cette capacité est non seulement naturelle à l’homme mais qu’elle est pour lui un moyen de se conserver. Les stoïciens considèrent à cet égard que le premier devoir de l’homme est de se familiariser avec soi-même, de prendre soin de soi-même, de « s’approprier Ainsi se connaître est une injonction de la nature elle-même. Mals cela peut-il suffire ? Non bien sûr, car la possibilité d’introspection de l’homme, le souci de soi, ne vise pas simplement la survie.

Ce qui fait notre humanité ne se réduit pas à la onnaissance de notre caractère, à ce que le philosophe Paul Ricœur appelle notre identité-idem, c’est-à-dire à cette constance observable par les autres qui nous reconnaissent à notre physique, à nos habitudes. Se connaitre soimëme, c’est bien davantage se reconnaître dans ses propres choix, dans la manière de les assumer en étant ca able, par exemple, de tenir ses *AGF 9 rif s exemple, de tenir ses promesses. La connaissance de soi met alors à jour notre identité-ipsé, c’està-dire notre dignité morale qui nous élève au- delà de ce que la nature fait de nous.

Chercher à se connaître sert donc rien de moins que la réalisation de notre humanité. La conscience de soi, disait Ricœur, n’est pas une donnée immédiate mais « une tâche à accomplir Cependant ce long travail introspectif n’est-il pas sans danger ? Deuxième partie. Le risque d’une certaine forme de narcissisme. Il est évident qu’en cherchant à se connaître, le sujet prend le risque de tomber dans une certaine forme de narcissisme. On peut facilement le montrer en soulignant ce que dit Freud à propos du « transfert » dans la pratique psychanalytique, phénomène dont il avait décelé le anger.

Lorsque l’analysant se raconte afin de mettre à jour ses déterminations inconscientes, qui pour la plupart lui viennent de l’éducation qu’il a reçue durant son enfance, il s’adresse à une oreille bienveillante, qui ne le juge pas et qu’il finit par aimer. Il transfère ainsi sa libido sur le psychanalyste. Mais il ne s’agit bien souvent que d’un amour indirect qu’il éprouve vis-à-vis de lui-même. Or cette « renarcissisation » n’est pas nécessairement un gage de bonheur : une fausse confiance en soi pe énérée par un travail