Pouvoir se souvenir est la plus belle chose que la vie nous ai offerte

Pouvoir se souvenir est la plus belle chose que la vie nous ai offerte

Pouvoir se souvenir est la plus belle chose que la vie nous ai offerte : le temps nous fuit et emporte avec lui tous nos moments qu’ils soient heureux ou qu’ils soient tristes ; il ne nous reste alors que des souvenirs qui témoignent de notre vie passée. La poésie est la meilleures façon de se rappeler car c’est un art qui joue sur les rythmes, les sons, les images, elle permet d’éduquer, d’éveiller les consciences, et nous fait exprimer des sensations, des sentiments.

A travers leurs souvenirs, les poètes nous font ressentir de la nostalgie, nous font voir ce qu’ils voyaient pour certains, dénoncent la guerre pour d’autres. Ecrire leurs souvenirs les aide à extérioriser leurs sentiments et leur permet de marquer or 11 leur passé. J’ai choisi th • une grande importan à me poèmes sur ceux-ci s trace du passé, de ologie car j’attache rse trouve que les sants. Dans « souvenir d’enfance Victor Hugo, écrivain du 19ème siècle, parle d’un souvenir qui l’a marqué.

J’ai choisi ce poème car il illustre un souvenir banal d’enfance, qui a marqué l’auteur mais qui aurait pu marquer toute autre personne pour différentes raisons. L’illustration Entrée de Napoléon à Berlin par Charles MEYNIER

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est celle que j’ai sélectionnée car la scène qu’Hugo décrit urait pu être celle-ci. C’est une œuvre que j’ai choisie Swlpe to vlew next page non pas par rapport à ses sentiments mais par rapport au contexte historique. Louise Ackermann, poétesse du 19ème siècle dans « le fantôme » parle d’une vie finie laissant derrière elle de beaux ou de tristes souvenirs.

Je trouve que ce poème à une dominante nostalgique. J’ai choisi le tableau abstrait autour d’elle de Chagall. Ce tableau est poétique, il me fait penser à une femme qui rêve ou pense ? tous les moments de sa vie passés, envolés. Louise Ackermann et Chagall avaient peut-être le même était d’esprit le jour où ils ont éalisés ces œuvres . André Lemoyne dans « Vieux logis » raconte de vieux souvenirs sur les maisons d’autrefois avec regret et nostalgie. L’illustration que j’ai choisie : Paysage avec une maison de campagne de Ruischer Jan représente les vieux logis d’autrefois.

Le poème « Le Pont Mirabeau » est un extrait du recueil Alcools paru en 1913. Apollinaire y fait allusion à sa rupture avec Marie Laurencin, une peintre avec qui il eut une liaison, et au-delà évoque la fuite du temps semblable à l’eau qui s’en va. Il évoque ici un souvenir amoureux. L’illustratlon que j’ai hoisie est un tableau du Pont des Arts peint par Signac, je l’ai utilisé ici car ce pont est le pont du romantisme par excellence, de plus le tableau est peint d’une façon qui est tout à fait en raccord avec l’état d’esprit du poème.

Le dernier poème selectionné est « strophes pour se souvenir » d’Aragon. Je l’ai choisi car ici, le souvenir sert à dénoncer. Aragon dénonce la guerre, il veu PAG » 1 souvenir » d’Aragon. Je l’ai choisi car ici, le souvenir sert ? dénoncer. Aragon dénonce la guerre, il veut qu’elle reste dans les mémoires comme Pindique d’ailleurs son titre : il veut que l’on se souvienne. Il écrit ce poème de en mémoire du groupe Manouchian, résistants étrangers fusillés par la Gestapo en 1944.

L’annonce de leur condamnation avait été faite par le biais dune affiche reproduisant leurs photographies, et qui est restée sous le nom de l’Affiche rouge : l’illustration que j’ai donc pertinemment choisie. Le poète tente de raviver le souvenir des résistants. J’ai classé les poèmes par ordre chronologique car cet ordre correspondait aussi à un crescendo du poème récitant un souvenir banal à un poème engagé destiné à dénoncer. Victor Hugo (1802-1885). PAGF30F11 cent chimères,

Ce ne fut pas de voir tout ce peuple à grand bruit, Le suivre comme on suit un phare dans la nuit Et se montrer de loin, sur la tête suprême, Ce chapeau tout usé plus beau qu’un diadème, Ni, pressés sur ses pas, dix vassaux couronnés Regarder en tremblant ses pieds éperonnés, Ni ses vieux grenadiers, se faisant violence, Des cris universels s’enivrer en silence ; Non, tandis qu’à genoux la ville tout en feu, Joyeuse comme on est lorsqu’on n’a qu’un seul vœu Qu’on n’est qu’un même peuple et qu’ensemble on respire, Chantait en chœur : VEILLONS AU SALUT DE L’EMPIRE ! Ce qui me frappa, dis-je, et me resta gravé,

Même après que le cri sur la route élevé Se fut évanoui dans ma jeune mémoire, Ce fut de voir, parmi ces fanfares de gloire, Dans le bruit qu’il faisait, cet homme souverain Passer muet et grave ainsi qu’un dieu d’airain. Et le soir, curieux, je le dis à mon père, Pendant qu’il défaisait son vêtement de guerre, Et que je me jouais sur son dos indulgent De l’épaulette d’or aux étoiles d’argent. Mon père secoua la tête sans réponse. Mais souvent une idée en notre esprit s’enfonce ; Ce qui nous a frappés nous revient par moments, Et l’enfance naiVe a ses étonnements. Le lendemain, pour voir le soleil qui s’lncline,

J’avais suivi mon père en haut de la colline Qui domine paris du côté du levant, Et nous allions tous deux, lui pensant, moi rêvant. Cet homme en mon esprit restait comme un prodige, Et, parlant à mon père : Ô d PAGFd0F11 rêvant. Et, parlant à mon père : Ô mon père, lui dis-je, pourquoi notre empereur, cet envoyé de Dieu, Lui qui fait tout mouvoir et qui met tout en feu, A-t-il ce regard froid et cet air immobile ? Mon père dans ses mains prit ma tête débile, Et me montrant au loin l’horizon spacieux : « Vois, mon fils, cette terre, immobile à tes yeux, Plus que l’air, plus que l’onde et la flamme, est émue,

Car le germe de tout dans son ventre remue. Dans ses flancs ténébreux, nuit et jour en rampant Elle sent se plonger la racine, serpent Qui s’abreuve aux ruisseaux des sèves toujours prêtes, Et fouille et boit sans cesse avec ses mille têtes. Mainte flamme y ruisselle, et tantôt lentement Imbibe le cristal qui devient diamant, Tantôt, dans quelque mine éblouissante et sombre, Allume des monceaux d’escarboucles sans nombre, Ou, s’échappant au jour, plus magnifique encor, Au front du vieil Etna met une aigrette d’or. Toujou s l’intérieur de la terre travallle. Son flanc universel incessamment tressaille.

Goutte à goutte, et sans bruit qui réponde à son bruit, La source de tout fleuve y filtre dans la nuit. Elle porte à la fois, sur sa face où nous sommes, Les blés et les cités, les forêts et les hommes. Vois, tout est vert au loin, tout rit, tout est vivant. Elle livre le chêne et le brin d’herbe au vent. Les fruits et les épis la couvrent à cette heure. Eh bien ! déjà, tandis que ton regard l’effleure, Dans son se s 1 couvrent à cette heure. Dans son sein que n’épuise aucun enfantement, Les futures moissons tremblent confusément. « Ainsi travaille, enfant, l’âme active et féconde

Du poète qui crée et du soldat qui fonde. Mais ils n’en font rien voir. De la flamme à pleins bords Qui les brûle au dedans, rien ne luit au dehors. Ainsi Napoléon, que l’éclat environne Et qui fit tant de bruit en forgeant sa couronne, Ce chef que tout célèbre et que pourtant tu vois, Immobile et muet, passer sur le pavois, Quand le peuple l’étreint, sent en lui ses pensées, Qui l’étreignent aussi, se mouvoir plus pressées. « Déjà peut-être en lui mille choses se font, Et tout l’avenir germe en son cerveau profond. Déjà, dans sa pensée immense et clairvoyante, L’Europe ne fait plus qu’une France géante,

Berlin, Vienne, Madrid, Moscou, Londres, Milan, Viennent rendre à paris hommage une fois l’an, Le Vatican n’est plus que le vassal du Louvre, La terre à chaque instant sous les vieux trônes s’ouvre Et de tous leurs débris sort pour le genre humain Un autre Charlemagne, un autre globe en main. Et, dans le même esprit où ce grand dessein roule, Des bataillons futurs déjà marchent en foule, Le conscrit résigné, sous un avis fréquent, Se dresse, le tambour résonne au front du camp, D’ouvriers et d’outils Cherbourg couvre sa grève, Le vaisseau colossal sur le chantier s’élève,

L ‘obusier rouge encor sort du fourneau qui bout, Une marine flotte, un 6 1 sur le chantier s’élève, L’obusier rouge encor sort du fourneau qui bout, Une marine flotte, une armée est debout ! Car la guerre toujours l’illumine et l’enflamme, Et peut-être déjà, dans la nuit de cette âme, Sous ce crâne, où le monde en silence est couvé, D’un second Austerlitz le soleil s’est levé ! » Plus tard, une autre fois, je vis passer cet homme, Plus grand dans son Paris que César dans sa Rome. Des discours de mon père alors. je me souvins. On l’entourait encor d’honneurs presque divins,

Et je lui retrouvai, rêveur à son passage, Et la même pensée et le même visage. Il méditait toujours son projet surhumain. Cent aigles l’escortaient en empereur romain. Ses régiments marchaient, enseignes déployées Ses lourds canons, baissant leurs bouches essuyées, Couraient, et, traversant la foule aux pas confus, Avec un bruit d’airain sautaient sur leurs affûts. Mais bientôt, au soleil, cette tête admirée Disparut dans un flot de poussière dorée ; Il passa. Cependant son nom sur la cité Bondissait, des canons aux cloches rejeté ; Son cortège emplissait de tumultes les rues ;

Et, par mille clameurs de sa présence accrues, Par mille cris de joie et d’amour furieux, Le peuple saluait ce passant glorieux. Novembre 1830. Victor Hugo. PAGF70F11 Jamais Louise Ackermann (1813-1890). Recueil : Contes et poésies (1863). Le fantôme. D’un souffle printanier l’air tout à coup s’embaume. Dans notre obscur lointain un spectre s’est dressé, Et nous reconnaissons notre propre fantôme Dans cette ombre qui sort des brumes du passé. Nous le suivons de loin, entrainés par un charme À travers les débris, à travers les détours, Retrouvant un sourire et souvent une larme Sur ce chemin semé de rêves et d’amours.

Par quels champs oubliés et déjà voilés d’ombre Cette poursuite vaine un moment nous conduit ! Vers plus d’un mont désert, dans plus d’un vallon sombre, Le fantôme léger nous égare après lui. Les souvenirs dormants de la jeunesse éteinte S’éveillent sous ses pas d’un sommeil calme et doux ; Ils murmurent ensemble ou leur chant ou leur plainte, Dont les échos mourants arrivent jusqu’à nous. Et ces accents connus nous émeuvent encore. Mais à nos yeux bientôt la vision décroît ; Comme l’ambre d’Hamlet qui fuit et s’évapore, Le spectre disparait en criant : Souviens-toi Louise Ackermann.

B1 ‘autrefois ? Ne regrettez-vous pas ces vieilles cheminées Dans l’épaisseur des murs en granit maçonnées, Qui portaient sur trois rangs de nombreux andouillers Dont les fusils de chasse ornaient les râteliers. Près du feu sommeillait un grand chien débonnaire Qui poursuivait en rêve un lièvre imaginaire, Et sans rouvrir les yeux jappait à demi-voix, Comme s’il bondissait à travers champs et bois. Si, partis avant jour, tous les beaux chiens de race, Courant loin du logis, s’éparpillaient en chasse, Alors, très prudemment, de gros chats arrondis S’y prélassaient, heureux d’un si chaud paradis.

Quand le sarment jetait ses gerbes d’étincelles Au dressoir miroitant des antiques vaisselles, Comme un riche éventail en ordre s’étageant, Plats de cuivre et d’étain semblaient d’or et d’argent. Aux murs le Juif-Errant d’une ancienne gravure, Sans pouvoir se coucher, pas même sur la dure, De son pas éternel marchait dans un brouillard ; Ailleurs, mais à cheval, Jeanne d’Arc et Bayard Quand soufflait un vent noir roulant des feuilles mortes, Si quelque infortuné, le soir, frappait aux portes, Un pauvre, un voyageur perdu dans son chemin « Entrez, lui disait-on. Restez jusqu’à demain. »

André Lemoyne. Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours après la peine Vienne la nuit sonne l’heure Les jours s’en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l’onde si lasse L’amour sien va comme cette eau courante L’amour s’en va Comme la vie est lente Et comme l’Espérance est violente es jours s’en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Vienne la nuit sonne Iheure Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) 11