Oral francais

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Les caprices de Marianne : Acte 2, scène 1 (Ciuta se retire. — Entre Marianne. ) OCTAVE Belle Marianne, vous dormirez tranquillement. — Le cœur de Coelio est à une autre, et ce n’est plus sous vos fenêtres qu’il donnera ses sérénades. MARIANNE Quel dommage et quel grand malheur de n’avoir pu partager un amour comme celui-là ! voyez comme le hasard me contrarie ! Moi qui allais l’amer. En Vérité ! Oui, sur mon âme, ce Sni* to View imanche au plus tard, je lui appartenais.

Qui pourrait ne pas r ussir avec un ambassadeur tel que vous ? il faut croire que sa passion pour moi ?tait quelque chose comme du chinois ou de l’arabe, puisqu’il lui fallait un interprète, et qu’elle ne pouvait s’expliquer tonte seule. Raillez, raillez, nous ne vous craignons plus. Ou peut-être que cet amour n’était encore qu’un pauvre enfant à la mamelle, et vous, comme une sage nourrice, en le menant à la lisière, vous l’aurez laissé tomber la tête la première en le promenant par la ville.

La sage nourrice s’est contentée de lui faire boire d’un certain lait que la vôtre vous a versé sans doute, et généreusement ; vous en avez encore sur

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les lèvres une goutte qui se mêle à toutes vos paroles. Comment s’appelle ce lait merveilleux ? L’indifférence. Vous ne pouvez aimer ni haïr, et vous êtes comme les roses du Bengale, Marianne, sans épines et sans parfum. Bien dit. Aviez-vous préparé d’avance cette comparaison ? Si vous ne brûlez pas le brouillon de vos harangues, donnez-le-moi, de grâce, que je les apprenne à ma perruche.

Qu’y trouvez-vous qui puisse vous blesser ? Une fleur sans parfum n’en est pas moins belle ; bien au contraire, ce sont les plus belles que Dieu a faites ainsi ; et le jour où, comme une Galatée d’une nouvelle espèce, vous deviendrez de marbre u fond de quelque église, ce sera une charmante statue que vous ferez et qui ne laissera pas que de trouver quelque niche respectable dans un confessionnal. Mon cher cousin, est-ce que vous ne plaignez pas le sort des femmes ? oyez un peu ce qui m’arrive : il est décrété par le sort que Coelio m’aime, ou qu’il croit m’aim PAG » OF d que Coelio m’aime, ou qu’il croit m’aimer, lequel Coello le dit à ses amis, lesquels amis décrètent à leur tour que, sous peine de mort, je serai sa maitresse. La jeunesse napolitaine daigne m’envoyer en votre personne un digne représentant chargé de me faire avoir que j’ai à aimer ledit seigneur Coelio d’ici à une huitaine de jours. Pesez cela, je vous en prie. Si je me rends, que dira•t-on de mai ?

N’est-ce pas une femme bien abjecte que celle qui obéit ? point nommé, à l’heure convenue, à une pareille proposition ? Ne va-t-on pas la déchirer à belles dents, la montrer au doigt et faire de son nom le refrain d’une chanson à boire ? Si elle refuse, au contraire, est-il un monstre qui lui soit comparable ? Est-il une statue plus froide qu’elle, et Phomme qui lui parle, qui ose l’arrêter en place publique son livre de messe ? la main, n’a-t-il pas le droit de lui dire : vous êtes une rose du Bengale fans épines et sans parfum ?

Cousine, cousine, ne vous fâchez pas. N’est-ce pas une chose bien ridicule que l’honnêteté et la foi jurée ? que l’éduc jurée ? que l’éducation d’une fille, la fierté d’un cœur qui s’est figuré qu’il vaut quelque chose, et qu’avant de jeter au vent la poussière de sa fleur chérie, il faut que le calice en soit baigné de larmes, épanoui par quelques rayons de soleil, entre ouvert par une main délicate ? Tout cela n’est-il pas un rêve, une bulle de savon qui, au premier soupir d’un cavalier à la mode, doit ‘évaporer dans les airs ?

Vous vous méprenez sur mon compte et sur celui de Coelio Qu’est-ce après tout qu’une femme ? L’occupation d’un moment, une coupe fragile qui renferme une goutte de rosée, qu’on porte à ses lèvres et qu’on jette par- dessus son épaule. Une femme ! c’est une partie de plaisir ! Ne pourrait-on pas dire, quand on en rencontre une : voilà une belle nuit qui passe ? Et ne serait-ce pas un grand écolier en de telles matières que celui qui baisserait les yeux devant elle, qui se dirait tout bas : « voilà peut-être le bonheur d’une vie entière ».