NIEL

UNIVERSITÉ PARIS 8 VINCENNES. SAINT DENIS ECOLE DOCTORALE PRATIQUES ET THEORIES DU SENS Doctorat Langues et littératures françaises Sni* to View ZOLA ET L’INCONSCI Auteur : Sébastien Niel Thèse dirigée par Pierre Bayard or 669 sombrer dans l’individualisme le plus radical. Ce nouveau modèle pulsionnel (pulsion germinale, pulsion de repli, appétits) permet de rendre compte des angoisses archaïques comme l’effondrement psychique, révèle les motifs secrets de Jacques Lantier dans La Bête humaine, donne un nouveau point de vue sur les interactions sociales dans tout groupe humain.

Zola rend isible la présence des forces archaïques dans les institutions modernes. Mots-clés zola Psychanalyse Freud Pulsions pulsion germinale Pulsion de repli Appétits psychosomatic nature forces retreat which in turn marginalizes him from the social group. Further influenced by the drive of retreat he can Sink to different forms of marginalization such as alcoholism, or even mystical delirium. To set him free of the yoke of the germinal drive and the retreat drive, the character uses his appetites and selflsh strengths to determine a way of life that becomes the most radical form of individualism.

This new model allows us to understand primal anxieties such as the fear of breakdown, revealed by Jacques Lantiers secret motivations (The

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
Human Beast), leading to a new point ofview on the psychological interactions of the social group. Zola permits us to see the presence of primal forces in modern institutions. Keywo r ds Zola psychoanalysis drive critique zolienne. Toute notre reconnaissance à Sahra Dilmi, à Patrick Riard, à Gaëlle Cueff à Céline Daché, à Antonia Guerrero, à Thomas Demoulin, à Mlchelle Mocrette, à Cécile de Cossé Brissac, à Claude Tuduri du C.

I. S. E. D. , pour avoir lu et relu nos rouillons et en avoir discuté très longuement afin de donner la place à l’Autre dans ce travail si personnel. Les relectures et les corrections de ce dernier nous ont apporté l’aide nécessaire pour achever notre mémoire de recherche. Durant ces années de recherche, nous avons rencontré de nombreuses personnes dont Philippe Hamon, Colette Becker, Alain pages, Hélène Brunschwig, qui nous ont insufflé l’énergie nécessaire pour défendre notre point de vue.

Nous n’oublions pas l’équipe pédagogique de Paris 8, dont Nicolas Illouz, Jacques Neefs et Denis Bertrand, qui nous a aidé à concrétiser un projet ue nous avions à cœur de realiser. Enfin, nous remercions Michele Olson-Niel pour nous avoir épaulé durant ces longues années. Your loving support enabled me to surmount difficulty With spirit and courage. INTRODUCTION À ‘INCONSCIENT CHEZ ZOLA « Henri Poincaré a démontré que le choix d’un fait déterminé conditionne le mode et le sens de l’hypothèse à formuler.

Si l’on change l’ordre des faits, si l’on choisit comme point de départ un autre élément éorie qui s’ensuit sera naturaliste, mais ces derniers nous offriront la possibilité d’explorer l’inconscient de Fêtre humain. Cette posture théorique nous conduit à modifier la manière dont nous allons aborder ses œuvres. Ce choix de lecture « conditionne le mode et le sens de l’hypothèse ? formuler », laquelle s’énonce ainsi : une théorie implicite de l’inconscient se cache dans l’imaginaire du texte zolien.

Reconnaître la présence d’une théorie d e l’inconscient chez Zola implique de se confronter avec cet Unheimliche2, c’est-à-dire, « l’inquiétante étrangeté Que Zola n’ait pas inventé la psychanalyse, c’est une évidence. Pourtant, nous supposons qu’il a participé avec d’autres artistes, tel G. Roman03, et d’autres écrivains, comme Maupassant4, à la « biographie de 1. Resnik, S„ Biographie de l’inconscient, Dunod, 2006, p. 94. 2. Freud, S. , [1919] « L’inquiétante étrangeté dans S. Freud, L’ nquiétante Étrangeté et autres essais, Paris, Gallimard, col I. « Folio 1985, p. 07-263. 3. Dans un article sur G. Romana, S. Resnik fait fhypothèse que l’expérience esthétique offre une plongée dans les mystères du fonctionnement de la pensée humaine. Quand G. Romano peint les affres de la passion entre l’inconscient selon la belle expression de S. Resnik. Quelle biographie de l’inconscient Zola ?crit-il ? Quelle est la nature de cet inconscient ? La dimension fantastique de l’existence contenue dans l’hypothès de l’inconscient L’inconscient est un conce ffet, on le définit actes de l’être humain à son insu. L’homme ne serait pas totalement maitre de lui-même.

Il ne serait pas capable de prendre en charge toutes ses pensées. Le concept d’inconscient pose la question des limites de la liberté humaine : « Le concept qui apparaît comme essentiel par rapport à la distinction « conscient et inconscient » est celui de « complicité », c’est-à-dire, [le]5 partage d’un secret. La conscience est disposée ou non à prendre conscience de quelque chose : un acte de conscience implique d’assumer une certaine réalité, une certaine conduite6. » Introduire le concept d’inconscient modifie « notre rapport d’être au monde7 comme le dit le psychanalyste l.

Matte Blanco. Si nous alléguons l’hypothèse de l’inconscient, nous devons admettre qu’il existe une partie de notre être profond qui nous échappe. Nous pouvons faire le choix d’ignorer cet inconscient et de vivre sans le questionner : certains écrivains, comme Sartre, ont décrit l’homme comme un être condult par la eule raison. Néanmoins, nous sommes en mesure, potentiellement, de le reconnaître et d’assumer nos conduites en tenant compte de lui. Beaucoup d’artistes ont dépeint la présence secrète de forces obscures qui agissent dans l’esprit humain.

Il nous semble nécessaire de soulever cette épineuse question : Zola a-t-il perçu la présence de l’inconscient au sein de la condition humaine ? Pour pouvoir le déceler, il est judicieux d’observer que Zola déroge souvent aux codes esthétiques qu’il instaure dans ses essais sur l’esthétique naturaliste. Ce « courant littéraire ui ystématise la voie ouvert e, par l’observation réalisme, par l’observation méthodique et objective de la Psyché et Amour, il esquisse le fonctionnement de l’appareil psychique humain. Resnik, S, « Giu110 Romano : il destino di Psiche », dans S.

Resnik, Sul fantastico. Impatti estetici, Tu in, Bollati Boringhieri, 1996, p. 39-60. 4. P. Bayard souligne comment Maupassant conçoit l’inconscient comme une rencontre avec l’Autre. Bayard, P. , Maupassant, juste avant Freud, Paris, Minuit, 1994. 5. Nous avons corrigé la coquille. Nous avons remplacé « de partage » par « [le] partage » 6. Resnik, S. , Biographie de l’inconscient, op. cit. , p. 62. 7. Matte Blanco, 1. , The unconsclous as Infinite Sets, Londres, Duckworth, 1975, p. 100. Le terme original en anglais est the mode of being.

Nous l’avons librement traduit par « le rapport d’être au monde. Y. 2 réalité8 » est souvent trahi dans certains passages des romans zoliens. En effet, Zola avoue même qu’il ne respecte pas la représentation précise de la réalité (mimesis) au sein de son œuvre. Parfois, les formes inanimées de la campagne et de la ville sont personnifiées, de même que les machines et la mer, etc. Bien que Pécriture naturaliste s’inspire des théories pseudoscientifiques9 de son époque, Zola introduit un imaginaire dans ses textes dont on a le sentiment qu’ils sont réalisés avec l’étoffe des rêves.

Le lyrisme soufflant sur l’œuvre engendre un animisme dont la critique zolienne a maintes fois observé les manifestations : personnification des machines, louange des forces naturelles, rêverie autour du feu et de maître de Médan confronte l’onirisme et la réalité. C. l’alchimie. L’univers du ur « le saut dans les la réalité. C. Becker insiste sur « le saut dans les étoiles10 » que le omancier opère dans son œuvre. Selon nous, le génie zolien provient de la capacité de son écriture ? rendre manifeste cette dimension fantastique de l’existence.

Nous proposons donc d’interroger le concept d’inconscient à partir de la dimension fantastique de Supposer un inconscient revient à créer une frontière entre la dure réalité et l’imaginaire secret, intime, inconnu qui demeure en chaque être humain, entre le monde extérieur et notre espace psychique interne « La découverte du monde se configure et se représente métaphoriquement et symboliquement : le symbole, elon Ernest Jones, constitue le passage ainsi que la médiation entre l’espace connu et l’espace inconnu. Symboliser signifie habiter la réalité, la transformer et représenter et rendre connu ce qui ne l’est pasl 1. ? Cette frontière entre le connu et l’inconnu est toujours poreuse . lorsque nous nalssons, nous sommes « jetés dans le monde12 S. Resnik perçoit le processus de symbolisation comme une façon de pouvoir supporter l’aventure existentielle de la vie. De manière très pragmatique, nous nous posons la question de savoir si nous pouvons utiliser les symboles 8. Gardes-Tamine, J. , et Hubert, M. C. , Dictionnaire de critique littéraire, paris, Armand Colin, 1996, p. 131. 9. Les écrivains naturalistes comme Zola s’intéressent beaucoup ? la thermodynamique, à la biologie, à la physiologie et aux théories sur l’hérédité. 0. Becker, C. , Le Saut dans les étoiles Paris, Presses de la sorbonne Nouvelle, 2002, la appelle p. 290-291. Zola appelle « le saut dans les étoiles » sa capacité à symboliser la réalité. 11 . Resnik. S. , Sul Fantastico, op. cit. , p. 33. « La scoperta del mondo si configura e si rappresenta metaforicamente et simbolicamente : il simbolo, secondo Ernest Jones, costituisce il passaggio e anche la mediazione tra spazio familiare et spazio non familiare. Simbolizzare significa abitare la realtà, trasformare, rappresentare e rendere familiare ciò che non è familiare. ? Cela est notre traduction. Nous n’ignorons pas que T. Todorov a écrit une œuvre majeure sur le genre fantastique qui se fonde sur « l’indécidabilité ». Grâce à ce concept, cet auteur arrive à rendre compte d’un genre littéraire spécifique : Todorov, T. , Introduction à la littérature fantastique, paris, Seuil, 1970. Notre conception du fantastique, qui s’inspire de la pensée de S. Resnik, ne traite pas de la même problématique que T. Todorov. S. Resnik l’utilise pour avoir accès à la pensée animiste de l’appareil psychique de l’être humain. 2. Resnik, S. , Biographie de l’inconscient, op. cit. , p. 62. contenus dans les romans zoliens pour figurer l’inconscient, mieux explorer la part d’ombre de l’être humain et participer à cette aventure qu’est l’exploration du psychisme de Ihomme dans les lettres et les arts. Ainsi proposons-nous l’hypothèse d’un inconscient chez Zola. De quel inconscient s’agit-il ? Fonderons-nous notre approche sur une théorie sychanalytique qui a prévalu dans notre démarche intellectuelle ? Notre doctrine sera-t-elle jungienne, freudienne, kleinienne, lacanienne ?

Nous devons préciser nos convictions. Autrement dit, il nous faut expliciter convictions. Autrement dit, il nous faut expliciter notre paradigme d’étude. D’abord, nous exposerons la présence de l’inconscient chez Zola en évoquant la thématlque de la folie. Ensuite, nous expliquerons pourquoi nous renonçons ? certains points de vue sur l’inconscient. Enfin, nous développerons notre hypothèse de base. Les fureurs chez Zola Zola est un grand écrivain de la folie. Ses récits mettent en scène des comportements aberrants provoqués par des états de fureur intense.

Il reprend ? son compte une des fonctions principales de la littérature : dépeindre la fureur. Dans les Rougon-Macquart, le lecteur trouve les quatre fureurs héritées de la tradition antique : la fureur bachique, la fureur guerrière, la fureur amoureuse et la fureur poétique. Le delirium tremens de Coupeau est longuement décrit à la fin de L’Assommoir. La folie de la guerre est dramatisée dans La Débâcle. La fureur amoureuse est narrée dans une page d’amour, où une mère, sous l’emprise de la assion néglige sa fille au point de provoquer indirectement sa mort.

La folie poétique est centrale dans un roman comme L’Œuvre. Ce roman dépeint les vicissitudes de l’artiste. Sandoz, double de l’écrivain naturaliste, est témoin de la souffrance psychique, de la folie, de la misère sociale de Claude Lantier, peintre de son état. Ce dernier se suicide parce qu’il n’arrive pas à trouver un compromis possible entre ce qu’il désire peindre et ce qu’il réalise véritablement sur la toile, entre l’imaginaire qu’il porte en lui et la réalité de la toile qui se tient devant lui. PAGF OF