milieu carcéral ivoirien et récidive

milieu carcéral ivoirien et récidive

université fELlX HOUPHOUËT BOIGNY COCODY par Casimir ZADY Docteur en criminolo Psycho-criminologue, université Abidjan C E-mail : zadycasimir RESUME dy Cette étude dont l’objectif est de montrer comment les prisons ivoiriennes formatent un marginal en délinquant en transformant un mineur délinquant primaire en récidiviste, permet connaître les réalités du milieu carcéral. En effet, il faut noter que le séjour en prison de nombreux mineurs a une influence négative de sur leur comportement futur.

Les résultats de cette étude montrent que plusieurs mineurs sortis du milieu carcéral ivoirien eviennent des récidivistes et y retournent quelques mois plus tard. Aussi, il ressort que les prisons ivoiriennes favorisent les contacts permanents et la promiscuité entre les délinquants aguerris et les jeunes déviants moins aguerris et vulnérables avec lesquels ils participent à de nombreuses activités illicites telles l’ancrage dans l’usage de la drogue, la criminalité et la perversion sexuelle.

Pour atteindre ces résultats, nous avons eu This study the objective of which is to show how the Ivory Coast prisons format an eccentric in delinquent by transforming a primary juvenile delinquent into recidivist, allows Know the ealities of the prison environment. Indeed, it is necessary to note that the stay in prison of numerous minors has a

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negative influence of on their future behavior. The results ofthis study show that several minors taken out of the Ivory Coast prison environment become recidivists and turn it a few months later.

So, it emerges that the Ivory Coast prisons favor the permanent contacts and the crawding between the hardened delinquents and the Young Iess hardened and vulnerable deviants With whom they participate in numerous illicit activities some the anchoring in the use of her of the drug, the crlmlnallty and the sexual erversion. To reach these results, we resorted to the indirect observation, to the papers and especially to the analysis of the contents of the speeches of the investigated.

It is thus a study of qualitative approach. Proposals the foundation of which is the implementation of an institutional taken care politics(policy) of the juvenile delinquents stemming from the prison and especially from the humanization of the prison which has to play its role of penal structure of resocialisation. Keywords: Juvenile delinquency; prison, Relapse; drug l- INTRODUCTION : Quelques repères théoriques CUSSON (2000 ; p. ) affirme : « Le crime baigne dans un milieu social qui, bien que fluide, contribue à sa virulence et sa constance La prison qui était aur les penseurs de la révolution française un lieu dont la st ecturale et l’organisation la révolution française un lieu dont la structure architecturale et l’organisation interne ambitionnaient de changer le délinquant en citoyen repenti et intégré, a au fil des temps montré qu’elle est loin d’atteindre ses objectifs. En effet, elle constitue une petite société avec ses règles, ses conditions de vie et sa culture.

Au regard des constats, il apparait que la prison est incapable énéralement de retourner à la grande des individus resocialisés. La prison demeure donc un cadre de vie dans lequel se construit ou se reconstruit une personnalité qui manifestement a des effets négatifs sur la socialisation des individus qui y ont séjourné. Dans un article intitulé : La prison a l’avantage de produire de la délinquance, CLOVIS (2008) s’inspirant de Michel Foucault affirme que la prison, loin de réduire la déllnquance, s’inscrit plutôt dans une théorie de la surveillance généralisée de la société sur ses membres.

S’intéressant particulièrement à renfance délinquante, cet article et un accent sur les effets nocifs de la prison en termes de comportement ultérieur des adolescents qui en sortent. Dans son article intitulé « L’incarcération des mineurs n’empêche pas les récidives LANGELLIER (2007) estime que trop d’enfants sont poursulvis en justice, puis détenus, et exposés à l’univers de la délinquance.

Aussi, prenant l’exemple de la Grande-Bretagne, l’auteur marque-t-il son inquiétude sur remprisonnement des mineurs qu’il juge inefficace car les statistiques pénitentiaires montrent que quatre sur cinq récidivent dans les deux ans suivant leur libération. KENSEY (2004) s’interrogeant sur Popportunité de l’incarcération des mineurs, affirme que« La récidive est la fill s’interrogeant sur l’opportunité de l’incarcération des mineurs, affirme que« La récidive est la fille d’un système pénal qui croit que la sanction intimide et que la prison répare et répond ? tous les problèmes que la criminallté révèle. our remédier à la répétition des délits et des crimes, il faut s’extraire du mode de punition et de surveillance fondés sur la peur et sans effets de sécurité ». Cette assertion laisse apparaitre que le milieu carcéral otamment les prisons, considérées par de nombreux pénalistes et magistrats comme une panacée à la résorption de la criminalité et de la délinquance, ne saurait intimider ou resocialiser des individus mais au contraire, il pourrait les enraciner dans la commission des délits. Comme partout dans le monde on assiste à une délinquance de plus en plus jeune.

Et la Côte d’Ivoire n’en fait pas exception, bien au contraire le nombre de mineurs délinquants qui croupissent dans les prisons ivoiriennes semble relativement important au regard des statistiques des entrées concernant le Centre ‘observation des Mineurs de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan . COM/MACA) (1999-2003). Ce constat nous interpelle et nous donne l’occasion dans cette étude, de poser le problème de l’incarcération des mineurs délinquants dans les prisons africaines et particulièrement ivoiriennes.

Elle tente de mettre en relief les conséquences psychosociales négatives d’un tel acte surtout lorsque ces enfants sont en contact avec les adultes délinquants ou criminels dans le même univers. Cependant la prison n’a pas que des effets négatif en ce sens qu’elle a pour objectif de traiter es détenus afin qu’ils ne récidivent pas. Cette préoccupation nous cond objectif de traiter les détenus afin qu’ils ne récidivent pas. Cette préoccupation nous conduit à mettre en évidence la notion de traitement pénitentiaire car elle est essentielle dans la prise en charge des détenus.

Empruntons la définition à VAI_JRS (2006), selon lequel, on entend communément, par « traitement pénitentiaire de nos jours, l’ensemble des procédés mis en œuvre à l’égard des délinquants dans l’objectif d’éviter qu’ils persistent dans leurs agissements répréhensibles, une fois la condamnation subie. Ce terme peut laisser entendre qu’il s’agit d’une thérapeutique médicale et il introduit une confusion entre la délinquance et la maladie, qui n’a pas manqué d’alimenter une controverse, toujours vivace en doctrine.

Quant aux tenants de la conception classique de la peine-chêtiment, ils montrent que cette conception a un fondement moral et utilitaire. Cest dans ce cadre qu’ils estiment que l’incarcération d’un mineur apparait comme l’ultime recours face à la violence. Aussi est-elle fréquemment vécue comme un échec de la prévention et du travail éducatif. Alors que ceux qui s’opposent, estiment qu’il ne ert à rien de punir, parce que le comportement de l’homme est essentiellement lié à son conditionnement physique, nerveux et au milieu dans lequel il vit.

Selon ces auteurs et nous nous inscrivons dans cette logique, la criminalité est avant tout une « maladie sociale » et, davantage que la punition, la protection de la société contre le criminel serait plus légitimement et plus efficacement assurée par des mesures qui, dépouillées de toute coloration morale, se proposeraient surtout de guérir le délinquant de ses tendances antisociales ou, si cet espoir s’avér PAGF s OF roposeraient surtout de guérir le délinquant de ses tendances antisociales ou, si cet espoir s’avérait vain, de Féliminer du milieu social.

Des études d’une grande importance ont porté sur le milieu carcéral. Certaines ont mis l’accent sur la conjonction de facteurs tels que l’alcoolisme, la drogue, l’éducation familiale et la délinquance juvénile. Pour BLATIER (1999), certains parents enclins à l’usage des drogues et de l’alcool se trouvent dans l’incapacité d’assurer une éducation convenable à leur enfant. Ce dernier ne copiant qu’en premier lieu l’image que les parents lui présentent. Ce type de conduite conduirait l’adolescent vers des activités marginales telles les vols, les larcins, les agressions physique et morale.

Dans cette même étude, l’auteur montre que les agressions sexuelles commises par certains mineurs contre les femmes sont généralement le fait des mineurs intoxiqués par l’alcool et/ou la drogue au moment des faits. Mc DIJFFIE, ABBEY et ROSS (1993) ont montré que plus de la moitié des viols et des crimes violents sont commis sous l’emprise de la drogue et de l’alcool. Ces facteurs sont selon ces auteurs des causes renforçatrices de la délinquance. Ainsi, il pparait que les habitudes de consommation de drogue par des indlvidus contribuent fortement à leur inadaptation sociale.

Quant à OUIMET et M. LEBLANC (1993), ils estiment que la consommation de drogues fortes reste le meilleur prédicteur de participation au crime et même de l’enracinement du comportement délinquant au cours de la jeunesse. L’une de leurs études révèle que la décision d’abandonner la carriere criminelle chez l’adolescent dépend certes de la réussite de son insertion familiale 6 OF criminelle chez l’adolescent dépend certes de la réussite de son Insertion familiale et de sa capacité à abandonner ses airs délinquants, mais beaucoup plus par l’abandon de la consommation de drogue.

S’lnscrivant dans cette démarche argumentative KOUDOU (1998) distingue cinq niveaux de complexité dans la relation drogue-délinquance chez l’adolescent en Côte d’Ivoire. Pour étayer son argumentaire, il analyse la relation entre l’incrimination du comportement délinquant et la conduite toxicomaniaque d’une part et l’usage de la drogue avant et après la délinquance d’autre part. ainsi conclut-il que trois grands groupes de facteurs que sont les dysfonctionnements socio-familiaux, la personnalité à risque et les déclencheurs n interaction prédomnent ces différents niveaux et rendent compte de la complexité de cette relation.

Au regard des études et des du travail de terrain, il apparait que l’usage de stupéfiants devient pour nombre d’adolescents un moyen pour supporter et résister aux effets pervers de la prison. Tout comme la drogue, l’alcool et la famille, les amis jouent un rôle déterminant dans le processus de renforcement du comportement délinquant chez un adolescent. Cest en cela que des auteurs ont réfléchi sur l’influence des groupes de pairs délinquants dans la consolidation de la délinquance juvénile.

En ffet, les groupes de pairs sont des agents majeurs de socialisation et ils forment dans certaines situations des cadres d’initiation à la petite délinquance qui à la longue devient persistante. Les jeux et parfois les rites initiatiques entre amis sont des façons pour l’adolescent un moyen d’affirmer son courage et de se valoriser avant même de devenir, éventuelleme 7 OF l’adolescent un moyen d’affirmer son courage et de se valoriser avant même de devenir, éventuellement, des sources de revenus ou d’acquisition de biens de consommation que leurs parents ne peuvent pas leur offrir.

Il s’adapte rapidement à la sous culture élinquante de ce groupe. Et s’il est fréquemment et intensément exposé aux mauvais exemples des amis, il apprend à leur côté la délinquance. C’est en cela qu’on parlera d’apprentissage social de la délinquance. Il est également intéressant de le souligner et plusieurs études le confirment, les délinquants opèrent souvent avec un ou plusieurs complices. Ils fréquentent des déviants comme eux et il leur arrive de former des bandes assez informes. Le milieu dans ce cadre fournit le support social de la délinquance et même du crime.

En somme, nous pouvons dire que l’influence des groupes e pairs sur les enfants et les adolescents est très importante sur de nombreux plans. Cependant, il revient souvent de constater que les mineurs sont en compagnie d’adultes dans les bandes marginales. Dès lors deux interrogations fusent à l’esprit. Quelle influence ces adultes délinquants exercent-ils sur ces adolescents délinquants ? Quelles formes prennent les relations sociales qui les unissent? pour répondre à ces questlons, il convient de mettre en relief les résultats des investigations menées en milieu carcéral entre les années 2000 et 2007). 1 ressort que la quasi-totalité des élinquants persistant fréquentent des adultes délinquants ou criminels. On en déduit que ces adolescents préfèrent s’associer avec ceux des pairs présentant les mêmes caractéristiques comportementales. Ainsi l’analyse des résultats de ces étude caractéristiques comportementales. Ainsi l’analyse des résultats de ces études fait apparaitre que les pairs délinquants deviennent très importants en ce sens qu’ils donnent l’occasion à l’enfant de se valoriser et de développer une bonne estime de soi.

Ces adultes sont des modèles, des références pour les plus jeunes ou les novices. C’est dans ce cadre que FELDMAN (1993) montre ue ceux qui pratiquent une délinquance plus sérieuse sont aussi ceux qui sont plus attachés à leurs amis délinquants. Il est donc important de souligner que plus un adolescent passe de temps avec des délinquants, plus il commet de délits. Le meilleur prédicteur de la récidive chez des délinquants est la fréquentation de pairs car leur approbation anticipée ou effective d’un délit semble être important dans la réitération l’infraction.

KOUDOU (1997) s’est également interrogé sur l’impact des groupes de pairs dans l’évolution du comportement délinquant chez le mineur délinquant. Pour expliquer l’enracinement criminel e l’adolescent, il a pris en considération un facteur, celui de la récupération de l’adolescent par les bandes marginales qu’il qualifie de « phagocytose ». Il montre que chez l’adolescent en danger moral, l’appartenance à une bande marginale constitue un moyen de valorisation de soi mais aussi un moyen pour parvenir à la satisfaction des besolns à cause des échecs familiaux. rofessionnels ou scolaires connus. Il est donc établi que les délinquants adultes exercent une réelle influence négative sur leurs camarades. C’est dans ce sens que CLISSON (2000 ; P. 94) soutient que les délinquants ne se transmettent pas vraiment des aleurs criminelles mais bien plutôt des exemples, des trucs et des ju PAGF transmettent pas vraiment des valeurs criminelles mais bien plutôt des exemples, des trucs et des justifications.

Dans une étude en criminologie juvénile africaine réalisée sur les adolescents récidivistes du Centre de rééducation de Dabou en Côte d’Ivoire, KOUDOIJ constate que ceux-ci reprennent plus fréquemment contact avec les copains délinquants après leur sortie du centre car ils sont pour la plupart livrés à eux même sans aucun soutien. Il montre également que les récidivistes sont lus enclins à réintégrer les bandes marginales d’eux-mêmes. Cette tendance met en relief le couple factoriel persistance d’activité délictueuse-fréquentations douteuses, semble être confirmée par de nombreuses études scientifiques.

Des études ont porté également sur les conditions de détention des mineurs délinquants au sein des Maisons d’ Arrêt et de Correction, cela à travers l’analyse de leur condition d’hébergement et d’hygiène. Ainsi, dans un rapport portant sur « Étude et propositions sur les mineurs en milieu carcéral en France », adoptée en 2004, la Commission Nationale Consultative es Droits de l’Homme (CNCDH) a fait une réflexion sur la situation spécifique des mineurs détenus.

Il en ressort que le premier motif de préoccupation réside dans l’absence d’étanchéité entre le «quartier des mineurs» et le reste de la détention, observée dans nombre d’établissements. Il apparait que rexistence de quartiers de mineurs ne doit pas dissimuler que nombre de mineurs incarcérés sont en réalité confrontés aux adultes. Cette situation résulte d’abord de l’architecture des maisons d’arrêt concernées, qui n’ont pas, pour la plupart, été conçues pour recevoir cette catégorie de détenus.