L’origine des Juifs d’Afrique du Nord

L’origine des Juifs d’Afrique du Nord

L’origine des Juifs en Afrique du Nord, entre légende et réalité Par Yigal Bin-Nun Je commence par conclusions. Les Juifs d’Afrique du Nord sont pas des descendants tribus berbères converties judaïsme comme l’affirme Ibn Khaldoun or 11 Sni* to View siècle avant n. e. à Alexandrie en Égypte, nouvelle cité culturelle attira beaucoup de Judéens hellénisés. Cette diaspora n’a été n déportée ni expulsée d’Israël. Elle n’est due qu’à une surpopu ation et à un attrait vers de nouveaux centres culturels et économiques.

Avant la Grande Révolte contre Rome (66-73 avant n. e. ) Philon ‘Alexandrie et Flavius Joseph avaient évalué la part des Juifs à 4096 de la population totale d’Alexandrie et affirmèrent que la grande majorité des populations de Chypre et de Cyrène était judéenne. La révolte des Judéens de Cyrénaïque et d’Alexandrie appelée « la revote de la diaspora » (115-117), plus de quarante ans après la révolte contre Rome en Israël, représente un tournant dans ravènement d’une communauté judéenne en Afrique. Il ne s’agit pas d’une communauté du type moyenageux. ais d’une entité politique indépendante, helléniste, différente de la population locale que ar son origine, son culte et sa culture hébraïque. À la tête de cette communauté dotée

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d’une puissance militaire il y avait des rois et une armée. Une partie de sa population servait comme soldats de métiers ou mercenaires et une autre était engagée dans le commerce, l’élevage, maritime. LA RÉVOLTE EN CYRENAÏQUE l’empereur Trajan L’histoire de la révolte en 7 1 l’agriculture et le commerce ‘époque de l’empereur d’Égypte arrivèrent en Libye et massacrèrent plus de 220 000 personnes. ? Chypre, les insurgés avec à leur tète Artemion massacrèrent 240 000 Grecs dans la capitale Salamis (Salamine) et la étruisirent. Dio Cassius décrit ainsi la cruauté des Judéens envers leurs ennemis : « Ils se sont comporté comme des cannibales, ont fabriqué des ceintures à partir de leur boyaux, se couvraient de leur sang, s’habillaient de leur peau, il leur arrivait même de scier des crânes de haut en bas, puis les jetaient à des anmaux sauvages ou les forçait à se combattre».

Au bout de deux années, en novembre 1 17, les généraux Quintus Marcius Turbo et Lusius Quietus réussirent à écraser la rébellion avec grande férocité. Des vestiges épigraphiques décrivent les dévastations causées par les Judéens ans les temples et les bâtiments publics en Cyrénaïque. Ils se sont comportés comme si il n’y avait pas de lendemain dans leur pays et qu’ils n’avaient pas l’intention d’y rester. Toutefois, deux épitaphes découvertes sur des pierres tombales prouvent l’existence d’une communauté après la révolte.

Dans l’une il est écrit « À ‘Azar, que ton âme repose en paix » et dans l’autre, « Nathan Bar Shalom que son ame repose en paix Mais la grande majorité de la communauté judéenne de Cyrénaïque émigra vers l’Ouest à Oea (actuelle Tripoli), dans la Carthage romaine (146 avant n. e. à 429 de n. e. , à Gammarth et Naro rthage), à Hadrumète PAGF30F11 deuxième siècle on ne trouve aucune trace de Juifs à l’ouest de Cyrénaïque.

L’aspect national de cette population Judéenne est caractérisé en premier lieu par la Bible hébraïque et les livres dits « apocryphes » qui n’ont pas été inclus au Xe siècle dans le canon biblique. Il s’agit des livres de obias, Judith, La Sagesse de Ben Sira, La Sagesse de Salomon, Baruch, 1,2,3,4 Hasmonéens, 3 Ezra et autres, et principalement des livre des Jubilés et d’Hénoch et bien d’autres qui ne furent découverts qu’au XXe siècle au désert de Judée.

Certains furent traduits par la communauté en grec à Pépoque de Ptolémée Il, d’autres furent rédigés directement en grec comme celui du Judéen Jason (2 Hasmonéens). Cette considérable littérature n’était pas sans susciter l’attraction du JudaiSme sur une population locale berbéro-hellène qui a produit des intellectuels éminents comme les pères de l’Église ou les instigateurs de mouvements hérétiques : Tertullien (Carthage), Arius (Cyrénaïque), Donatus Magnus (Numidie) et Augustin (Hippon).

Un exemple du succès de l’hellénisme en Afrique est la prise du pouvoir à Rome par un berbère de Leptis Magna en Tripolitaine, Septime Sévère (211-145). Cet empereur berbère représentait aux yeux des Romains la revanche d’Hannibal le Punique sur les conquérants de Carthage LE PROCESSUS DE JUDAISATION Tertullianus PAGFd0F11 Tragédien d’Alexandrie. L’histoire de la révolte en Cyrénaique ? l’époque de l’empereur Trajan et d’autres ont façonné les caractéristiques de ces Judéens.

C’est un culte judaïque qui ne s’est pas abstenu de pratiquer le prosélytisme et qui a fortement influencé la population berbéro-hellène. Le judaïsme helléniste africain était deux fois plus grand que celui de la population raméophone israélobabylonienne. Nous sommes alors en droit de nous poser les questions : l’envergure de cette population est-elle due uniquement à sa croissance naturelle ? Était-elle totalement judéenne du point de vue ethnique ?

Les données démographiques nous amènent à la conclusion : l’ampleur de la communauté n’était due que partiellement à l’origine israélite ancienne mais plutôt à l’attraction qu’avait la classe intellectuelle berbère hellénisée pour le culte et la civilisation judaïque. À ce Jour nous n’avons aucun indice sur une pénétration judéenne dans les régions de angue tamazight avant la conquête musulmane. Le processus de « judaÉation » a commencé avant même la révolte de la diaspora.

Ainsi les premiers habitants de Tunisie, d’Algérie et du Maroc étaient déjà mélangés du point de vue ethnique. Nos connaissances sur les Juifs à l’ouest de la Cyrénaïque se basent sur deux types de sources : de courtes Inscrptions commémoratives et les écrls de penseurs chrétiens contre la vague de prosélytisme juif. À partir du deuxième siècle on découvre des vestiges archéolo i ues à l’ouest de la Libye avec des inscriptions et s 1 aléographiques souvent incertaines. À ce jour l’épigraphie nous a révélé 96 noms juifs ou judaïsants.

Dans la catégorie des judaiSants, on inclut les berbéro-hellènes qui ont adopté le judaïsme ou les « craignant Dieu », sebomenoi, non circoncis mais qui étaient très attirés par les coutumes juives. La liste de ces noms nous fournit une certaine indication sur l’ampleur de cette communauté à l’ouest de la Libye. La quantité de pierres tombales portant une inscription, est infime par rapport aux tombes dépourvues d’inscription. Mais cette quantité est de loin plus importante que elle des tombes juives portant une inscription dans la communauté juive de Rome. 1 de ces patronymes furent découverts en Tunisie, la plupart à Carthage, 5 à Tripoli, 17 au nord de l’Algérie, et 7 au Maroc, à Volubilis (Walili), Lixus (Larache) et Tingis (Tanger). 26 patronymes sont féminins et le reste masculins. 15 patronymes sont composés de trois noms cognomina, ce qui prouve l’appartenance à un haut social. 72 patronymes sont en caractères latins, 21 en grec et S en hébreu. Deux patronymes ont été découverts à Carthage Adel, ‘Anina. Trois noms hébraïques ont ?té trouvés au Maroc l’un à Salé : Matrona et deux à Volubilis : Yehuda, et Matrona fille de Yehuda.

HAMMAM-LIF Mosaiques de la synagogue de hammam Lif La synagogue de Hamma e unis), la Naro romaine, 11 une inscription sur mur en ces termes : « Asterius filius Rustici doyen de la synagogue et Margarita fille de Riddeus qui a bâti une partie de la Stoa La troisième, signale à deux reprises : « Les livres de la Tora appartenant à votre sewiteur citoyen de Naro Sur la mosaïque on remarque des symboles décrivant apparemment le Jardin d’Éden, le chandelier à sept branches menora), de nombreux animaux, des lulab (branches de palmier), des cédrats et des pains. Une menora estampillée se retrouve sur plusieurs lampes en argile.

Dans ces vestiges on a trouvé aussi une lampe chrétienne avec Jésus sur la croix et une menora renversée, symbole de la défaite du Judaïsme face au christianisme. À Gammarth au sud de Carthage on a dévoilé un cimetière souterrain avec une capacité de 4500 tombes juives. À Naro et à Césarée de Maurétanie (Cherchell sur la cote algérienne) on a trouvé des Juifs avec des titres honorifiques tels que archonte (magistrats) ou ême des archiarchonte, patersynagoges, matersynagoges et archisynagoges qui témoignent d’une structure administrative hiérarchisée de la communauté.

Six inscriptions tombales en hébreu et en grec ont été découvertes à Volubilis (Walili) au nord du Maroc. Trois d’entre elles : Yehuda (YHWDH), Matrona fille de Yehuda (MTRWN’ BT YHWDH) repose et Yossef ben Rabi, sont parmi les premières inscriptions hébrai ues trouvées loin d’Israël. Sur une autre inscription PAGF70F11 d’autres inscriptions, mais le protopolites (npororroRirn) est unique et peut être interprété comme « premier citoyen Il incarne le rôle de chef de la ommunauté.

Une autre inscription fut trouvée à Sala Colonia (Salé) sur une pierre tombale avec une inscription en grec : « Aurelius Ptolomeus le juif » à côté de neuf noms grecs et latins on a ajouté la dénomination « juif » : ludea, ludaea, ludus, ludaeus. un nouveau groupe d’Inscriptions en Afrique du nord est relié à la magie, et témoigne de l’usage d’amulettes et de serments, fréquent chez les païens, Chrétiens et Juifs.

Les inscriptions (textes d’exécration) trouvées à Carthage et à Hadrumète (Sousse au sud de Tunis) estampillées sur des plaques de fonte, enroulées ou liées, comprenaient des inscriptions latines avec des noms hébraïques de divinités et d’anges transcrits en caractères grecs. LE PROSÉLYTISME JUIF Grace aux écrits des Tertullien de Carthage (environ 150-225) un des pères de l’Église, on peut évaluer l’envergure du prosélytisme juif dans l’empire.

Il se plaignait fréquemment de la persécution par le pouvoir romain des Chrétiens qui devaient se cacher sous une identité juive, la religion juive étant considérée comme légitime, religio licita, dans rempire. C’était aussi une des raisons de l’attraction des païens vers le JudalSme. Dans ses ie » Apoloeeticus pro E 1 synagogue de Tipasa (à l’ouest d’Alger) qui était précédemment un temple païen, les Juifs faisaient de la propagande anti Chrétiens et les accusaient d’adorer un âne.

Les attaques de Tertullien attestent, plus que tout, de l’attrait des païens et des nouveaux Chrétiens vers JudalSme et de son ampleur en Afrique. Les nouveaux Chrétiens ne se seraient pas tant défendus contre cette influence juive si elle n’avait pas un impact considérable sur les païens et les partisans de Jésus. Plus le groupe des judaisants et des adeptes du judaïsme se renforçait, plus s’aggravaient les ttaques des pères de l’Eglise.

Cette rivalité religieuse et philosophique entre les deux religions et entre elles et la religion de FEmpire se déroulait entièrement au sein de la culture helléno-latine. Les Juifs disposaient d’un avantage supplémentaire qui attlralt encore plus la population paienne : une très riche littérature de centaines de livres, principalement en hébreu mais aussi en grec et en latin Néanmoins, il est toujours difficile d’évaluer l’ampleur de cette communauté juive en Afrique du Nord entre le troisieme et le sixieme siècle de n. e..

Aux premiers siècles de l’ère chrétienne, on distingue quatre ypes de populations en Afrique byzantine : la première berbère, hellénique et latine, une seconde judéenne intégrée dans la culture helléno-latine, la troisième berbère helléniste qui a adopté la nouvelle religion chrétienne, la quatrième est composée d’un groupe PAG » 1 qui on décidé de se circoncire, « les craignant dieu », se contentaient de leur admiration pur le Judaïsme sans passer par le rite contralgnant de la circoncision et ne respectaient pas obligatoirement le Shabbat ni les interdits alimentaires. ? l’intérieur du continent vivait la population Imazighen parlant le amazight loin de toute influence juive ou chrétienne. L’Empereur byzantin Constantin (337-272) s’efforça d’endiguer le prosélytisme juif et interdit le mariage entre Ju’fs et Chrétiens. Il défendit aux Juifs d’avoir des servantes chrétiennes et de circoncire des esclaves païens. Durant le règne de Justinien la situation des Juifs d’Afrique du Nord se détériora.

Selon un décret de 535 il fut interdit au Juifs, aux ariens et aux donatistes d’occuper des postes dans l’administration ou de posséder des esclaves chrétiens. Les décrets de 545 et 553 interdisaient aux Juifs de convertir des Chrétiens. ar la promulgation de ces décrets on apprend que le mouvement prosélyte juif n’a pas cessé mais s’est plutôt renforcé au point qu’il fallait l’interdire par décret.

Une hypothèse suggère que ces persécutions ainsi que le commerce caravanier international ont incité des Juifs ? émigrer à l’intérieur du continent, loin de la culture byzantine- chrétienne. C’est ansi que l’on pourrait peut être expliquer la présence de communautés juives, non hellénisés, à Wargala et au Draa aux confins du Sahara. Pendant que l’orthodoxie chrétienne officielle était occupée par des débats stériles