L’homme du Wiel (extraits choisis sur la famille)

L’homme du Wiel (extraits choisis sur la famille)

Extraits choisis sur la famille. L’homme du Wiel. Marilyn Gè, 2012 http://ww. v. expression-exceptionfr/lhomme-du-wiel—marilyn -gegrave. html « Encore une demi-heure et nous décollons. ça va, Pierre ? » Pour toute réponse, Pierre remue deux doigts… La frénésie du début de soirée calmée, il lutte contre le sommeil, affalé sur les genoux de sa demi-sœur Lola, dont le propre corps s’enfonce dans les coussins « pures plumes » d’un antique sofa dont Ana a fini par se lasser. ar crainte de s’endormir, Ana se bouge jusqu’à la cuisine. un peu Swpe to page de café et une cigare or 28 une tasse, elle voit ta e Et à qui elle sourit… S ples affichaient dans des derrière une porte d ir le coup. Attrapant it ! s… « Les vieux les les massifs ; rangés s mal ! » reconnait- elle tout en regrettant que sa fille gaspille des sommes folles dans ces gadgets personnalisés. La famille au complet occupe une étagère… Enfin, la famille « au complet » de Lola se limite ? ses autres fils et à elle-même.

A ce jour, aucun des deux grands n’est lié durablement. Par conséquent, elle n’a pas encore de petits-enfants. Quant au reste de sa famille, pourtant nombreuse, deux

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frères et quatre sœurs, il est éclaté aux quatre coins du lobe. Hormis, les très grands évenements, leurs reunions sont inexistantes. Contrepartie positive : les cérémonies d’enterrement sont r rares ! Pour les enfants, là, c’était fort simple : le petit, c’était Pierre… Les deux grands – Lola et Olivier – issus d’un premier mariage.

Leur père est décédé dans leur prime enfance, à leur grand malheur ne peut-elle que conjecturer sur la longueur d’une vie qui aurait pu – et dû être – manifestement beaucoup plus longue. Tous deux ont une vingtaine d’années d’avance sur Pierre. Conçus alors qu’elle était très jeune, ils lui ont filé entre es doigts : elle n’a jamais eu à s’interroger sur ses qualités maternelles, fonçant prioritairement dans l’adversité, trop souvent présente.

Elle ne peut aujourd’hui que regretter de ne leur avoir pas même diffusé le dixième des connaissances qu’elle aurait souhaité leur léguer… Trop occupée ! Lorsqu’elle en prit conscience, ils étaient déjà de grands ados. Le désir d’un troisième héritier se manifesta alors, pulsé par le singulier besoin d’élever proprement dit un enfant. Ana entendait par là que son éducation fût assortie de la palette des privilèges si chers de l’enfance, si inoubliables… Les « grands » n’avaient pas été privés, mais cet enfant à venir, elle voulait le combler de carrioles pleines à déborder.

Elles seraient emplies de fêtes d’anniversaire anmées, de gâteaux-maison, de bisous-bobos, de lectures câlines du soir et plein d’autres de ces bonheurs à partager. La vie serait- elle autre chose d’autre ? Pour Pierre, son rêve se réalisa. usqu’à présent tout a été assuré pour le mieux jusqu’aux transports privés de la bande de copains OF Jusqu’à présent tout a été assuré pour le mieux jusqu’aux transports privés de la bande de copains aux multiples entraînements sportifs. Tous de futurs athlètes en puissance, qui y croyaient dur.

Aujourd’hui, sa conscience maternelle, naturelle ou insufflée – une de ses multiples interrogations métaphysiques encore sans réponse – est complètement rassérenée_ Le palmarès a correctement rattrapé ses empêchements passés. Le benjamin s’est tout de même fait attendre un bon nombre d’années. Le temps de découvrir à l’époque le nouvel « Homme de sa vie » (à défaut de l’ultime tel qu’elle l’espérait l). une espèce raréfiée, et même en voie d’extinction, si elle s’en fie aux conversations attrapées au vol – et quelle que soit la tranche ‘âge, observe-t-elle depuis quelque temps. ? Après les familles recomposées, quelle sera l’organisation des futures familles de mes petits-enfants ? Yep… de quoi alimenter un débat sociologique… » L’annonce l’avait fait rêver… Pas longtemps : loin de se dissiper, son mal-être devint carrément dramatique. Elle se repassa ses plus mauvais films, le diaporama fut digne d’une descente aux enfers… Ses causes d’aversion avaient débuté très tôt : avant l’adolescence… Elles portaient alors sur le noyau de ladite société « évoluée » : la sacro-sainte famille !

Entre une famille qui s’entre-tue et le sort de celui ou celle sans famille né(e) sous x, une alternative existe-t-elle ? L’idée de pensionnats poussant comme des champignonnières avait rétréci d’emblée sa rech L’idée de pensionnats poussant comme des champignonnières avait rétréci d’emblée sa recherche désespérée, qu’elle avait clos très rapidement au souvenir d’un passage provisoire ? l’Assistance publique. Très court, mais suffisamment pénible : elle en fut marquée au fer rouge.

Enfin, sans grande connaissance réelle du monde à cet âge, elle s’était dit que tous les enfants u monde n’étaient peut-être pas, tout compte fait, tous malheureux ? Un peu plus grande, le terreau était déjà riche, en bonne proportion de fumier et de tourbe blonde… 1968 : elle avait quinze ans . Elle ne resta pas les bras ballants ! Le « Comité représentatif des revendications mixtes des élèves » put fêter la chute du grillage qui divisait les deux cours sexuées de récréation de son collège. Elles devinrent communes, comme dans la vraie vie.

Que ce fut le fruit de leur action (dont elle se souvenait beaucoup mieux d’autres détails, primant alors), elle en a toujours douté, et comme l’humain ne dispose pas encore e boite noire, ce qui ne saurait tarder, elle les a humblement destitués de cette victoire d’adolescents. Quelques années plus tard, les choses devinrent, cette fois-ci, très sérieuses. Les idées « perturbantes » pointèrent du nez ! Les illogismes, voire les absurdités de la société commencèrent à la travailler… Ana fit face à deux crises « existentielles ».

La première éclata à vingt-cinq ans, à son retour de voyage, au terme de son odyssée en terres exotiques. Pas si mal ancrée dans le système, une psychothérapie de quatre mois, suivie comme un r exotiques. Pas si mal ancrée dans le système, une psychothérapie e quatre mois, suivie comme un régime minceur draconien, colmata les brèches : l’aphasie ne fut que passagère. La deuxième crise fut autrement profonde, et même foudroyante Elle aboutit à son divorce. Elle rejoignait alors les quadragénaires. à l’apogée de sa forme, tout lui souriait.

Elle avait un mari aimé, un jeune enfant désiré, un job sur mesure créé par ses soins pour lequel elle était en prime appréciée, et le tout évidemment assorti des bénéfices d’un niveau social enviable par les seuls envieux. Bref, elle avait réalisé tous ses rêves et vivait alors dans sa bulle, ubliant le monde qui grouillait et suintait autour d’elle. Ce jour-là, son monde s’ecroula brutalement ! Sans crier gare, la terre s’entrouvrit sous ses pieds sauvagement, et tandis que les océans débordaient l’engloutissant, des tornades broyaient d’une main tout son univers le réduisant furieusement à néant.

Scratch ! La réponse de Lisa ne traîna pas. Elle n’eut même pas à guetter la sonnerie. Sa réponse tomba peu après dans sa messagerie, lui créant une double et amère surprise : alors que Lisa est plutôt branchée mobile, elle lul expédiait un long discours des plus nhabituels et dont la teneur la souffla littéralement ! « Belle histoire Mam… qui est contrastée par la dure réalité et les soucis de tous les jours. C’est peut être cela qui la rend si irrésistible ? Pas facile à gérer. Tout le monde est partagé, quelles sont les bonnes reactio PAGF s OF rend si irrésistible ?

Pas facile à gérer. Tout le monde est partagé, quelles sont les bonnes réactions ? » La suite était un tissu de choses désagréables ! Paul, son ex-mari, réagissait à sa manière, qui devait être sûrement la même que lorsqu’ils vivaient ensemble. Cest sûr ! pensa Annabelle… Simon était entre son père et sa mère qui se déchiraient plus ou moins ; qu’ainsi tout l’idéal qu’ils avaient pu construire, tout l’équilibre, toutes ses habitudes, tout était chamboulé ! Pour sûr, également…

Mais surtout, qu’il ne fallait pas oublier (ou elle ne devait pas oublier… ) qu’il n’avait rien demandé (comme si elle l’oubliait qu’il était au milieu de tout cela, qu’il devait constater qu’elle « ‘revivait’ comme Anabelle disait… ; qu’il devait être difficile pour lui d’imaginer quel serait l’aboutissement de cette relation et les conséquences que cela pourrait avoir sur sa propre vie : « Il n’a lus la place d’honneur ! Il a douze ans. Il est petit, et on veut le rester longtemps face à ses parents ! » Comme si ça n’était pas suffisant, Lisa ne s’arrêta pas là…

Elle concevait qu’Anabelle revive, qu’elle fasse enfin ce qu’elle veut : « pas autant qu’on le voudrait malheureusement, sinon tu serais déjà au loin en Australie, et moi au soleil, au bord de la mer avec ma maison/mon jet/mes skis/mon bateau/mon chat, bronzée, en jeans et entourée de tout plein de fleurs ! ». Toutefois, elle trouvait important qu’elle ne rejette pas tout ce qu’elle avait fait avec son ex, tout ce qu’ils avaient pu partager u’elle ne rejette pas tout ce qu’elle avait fait avec son ex, tout ce qu’ils avaient pu partager et construire ensemble.

Pour l’équilibre de Simon, sa représentation du couple, le fait de le rassurer et lui exprimer que c’était bien un « bébé d’amour » était important ? ses yeux… Mises à part les formes, Anabelle convenait parfaitement de tout cela. Elle trouvait même les idées de Lisa généreuses, mais elle n’avait pas encore terminé sa lecture… « Même moi, je trouve triste d’entendre que tu t’es sauvée de ce monstre, comme si tu avais gâché une partie de ta vie.

A l’idée ue tu puisses le penser sincèrement, même pour toi, ce n’est pas bon, et à nos yeux, ce n’est pas vral, pas seulement cela, loin de là, et j’espère ne pas me tromper. Ce fut une page de ta vie avec du bon et du mauvais. Tu sais, ces quelques lignes sont difficiles à écrire, chaque mat peut être interprété de différente manière. La personne qui les lit va les ressentir à sa façon, peut-être pas comme on voulait réellement les exprimer, et Indirectement, on porte un jugement. Pas facile, face à sa mère ! Bon, je t’embrasse.

Impossible de changer les dates… Désolée d’avoir cholsi la même pér10de ! Cétait avant toi 2). Je te laisse à tes mails « rêveurs » et ensoleillés ! Ah non… c’est vrai ! Cest l’hiver là-bas ! Je poste ! » Eh oui, Anabelle avait tourné une page de sa vie comme celle d’un livre, sauf qu’aucun broyeur ne viendrait à bout de ce papier-là.. Anabelle fut aussitôt saisie d’une violente amertume : Lisa avait mordu à vif dans c 7 OF papier-là… mordu à vif dans ce qu’elle a de plus fragile. Son hypersensibilité ! Dans les mots, chacun y mange ce qu’il veut…

Il dlsent ce qu’ils disent, écrits clairement ou entre les lignes. Anabelle n’y vit que d’horribles choses… Elle sait sa fille bonne, droite, aimante, mais « A nos yeux, ce n’est pas vrai » et « Pour l’équilibre de Simon » l’attristèrent : « Et le nôtre » lui crevait les yeux… Et le sien ? Ce qu’elle avait enduré n’importait pas ? « Zut ! pesta-t- elle. Quand tu vas chez le médecin, tu ne lui demandes pas de te parler du bobo du voisin ! » De plus, sa fille semblait mettre les faits en doute, comme si tout ce qu’elle lul avait confié n’aurait été que sornettes !

Les avait-elle imaginés ces hurlements qui l’avaient fait fuir ? Ces explosions verbales, quotidiennes, qui frappaient aussi fort qu’un membre ? « Non, sûrement non ! ? se dit Anabelle qui se retint d’éclater en sanglots. A la place, elle envoya valdinguer la pile des dossiers qui encombrait son bureau et s’éparpilla au sol tout en pestant : « Simon, il est en âge de forger son propre discernement ! Il n’y a, hélas, nul besoin de détruire le passé pour qu’il constate le présent… Et encore moins besoin de travestir quoi que ce soit par « délicatesse féminine » ou autre supercherie !

Bébé d’amour, il l’est et le restera toujours. Bébé grandira, et cet amour-là est éternisé Comment peut-elle s’illusionner de la sorte ? » Tout en ramassant la pile défaite 8 OF éternisé ! Tout en ramassant la pile défaite des dossiers, Anabelle dégomma une dernière salve : « Que faut-il donc faire pour que l’humain soit authentique ? Ne s’arrêtera-t-il jamais de se créer des masques et de se cacher derrière ? Même mes propres enfants… Apparence, je te hais ! Apparence trompeuse. Belliqueuse apparence. Évidence perfide… couverte d’oripeaux ! » « Du calme, Anabelle.

Souviens-toi du Deuxième accord : « Ne jamais faire une affaire personnelle de la réalité de l’autre !  » » L’éclairé Don Miguel fut vite envoyé bouler, celul-là aussi ! Ses accords toltèques ne valent pas mieux que toutes ces ugustes citations scotchées sur la toile. Faciles à retenir, certains les apprennent par cœur, comme une recette miracle, sans même se rendre compte que certaines sont bien ambiguës, si ce n’est pas outrageusement creusesl ; quant à leur mise en pratique : elles se transforment le plus souvent en poèmes auxquels il manque juste quelques rimes…

Le morceau fut dur à avaler, lui laissant un désagréable arrière- goût dans la gorge. Un vague « Je t’aime, moi non plus… » Anabelle avait été violemment blessée, outre qu’à sa plus grande consternation, elle découvrait que sa fille ne semblait pas pprouver son départ… Être pleinement aimé pour soi… Serait-ce impossible ? Anabelle continua d’expurger sa désolation la livrant aux murs impavides. Vivre tout court. Exister selon son entendement semblait lui être refusé !

Elle dérangeait un ordre bien PAGF OF Exister selon son entendement semblait lui être refusé ! Elle dérangeait un ordre bien établi ! Eh oui… Elle était mère ! « Le plus dur des métiers » dit la doyenne de sa famille, appuyant généralement son dogme sur cette élégante maxime : « Fabriquer un môme, la première venue peut le faire. L’élever est tout autre chose. ? La grand-mère, Anabelle ne lia jamais démentie. La plupart des mères sont maternelles, adorant ce bébé qui lui témoigne tant d’attachement…

Mais quand il s’affirme, quand il essaie d’exister, combien sont-elles, et combien de pères aussi sont-ils – tous parents – à projeter leurs rêves en eux ? Mais les enfants, qu’attendent-ils d’eux ? Des images immuables ? Comment est-il possible d’ignorer une partie de l’autre ? Voire solliclter de lui une telle abnégation ? « On le prend pour ce qu’il sied… c’est cela ? Mais je ne suis pas que mère ! Ni une image d’Épinal ! » éclata-t-elle en sanglots. Anabelle libérait enfin le flot retenu… Elle se sentait si femme ! ?pouse ou amante, porteuse de projets, et plus encore, animée de cette part authentique de renfant qui l’enjouerait éternellement. Ces autres parts ne représentent rien ? Anabelle finit par essuyer ses larmes. Le calme revenu, elle restait encore interloquée jusqu’au moment où elle se remémora sa fratrie et sa pauvre mère. Ils n’avaient guère été plus brillants ! Esseulée après son divorce, ils avaient déjoué tous ses prétendants et s’étaient même glorifiés den avoir évincés deux d’entre eux, d’une manière remarquable . Leurs visages