Les sciences satisfont-elles notre désir de vérité?

Les sciences satisfont-elles notre désir de vérité?

Bonvarlet Aymée PSI DEVOIR MAISON DE PHILOSOPHIE Les sciences satisfont-elles notre désir de vérité? orn Sni* to View Les sciences désig sur le donné, perme naissances portant n éfficace. Corps de connaissances constituées, articulées par déduction logique et susceptibles d’être vérifiées par l’expérience. Le désir provoque un tension vers un objet que l’on se représente comme source possible de satisfaction ou de plaisir. Comme Object, c’est ce ? quoi nous aspirons comme acte, c’est cette aspiration même.

Le désir se déstingue de la volonté,qui n’est pas un simple ouvement mais une organisation réfléchie de moyens en vue d’une fin. Le désir peut aller sans ou contre la volonté (un désir, par exemple, que je sais interdit et que je ne veux pas réaliser); la volonté peut aller sans le désir (la volonté d’ingurgiter un médlcament quand, pourtant, je ne le désire pas). Flnalement, on peut dire que vouloir, c’est désirer au point d’agir effectivement pour atteindre ce qu’on désire.

Ce qu’on veut, c’est toujours ce qu’on fait, de même que ce qu’on fait, c’est toujours ce qu’on traditionnellement comme l’adéquation entre le réel et le iscours. Qualité d’une proposition en accord avec son objet. La vérité formelle, en logique, en mathématiques c’est l’accord

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de l’esprit avec ses propres conventions. La vérité expérimentale c’est la non-contradiction de mes jugements, l’accord et l’identification de mes énoncés à propos d’un donné matériel. On distinguera soigneusement la réalité qui concerne un Object (ce cahier, cette lampe sont réels) et la vérité qui est une valeur qui concerne un jugement.

Ainsi le jugement «ce cahier est vert» est un jugement vrai ou bien un jugement faux. La varité ou la ausseté qualifient donc non l’objet lui-même mais la valeur de mo, assertion. La philosophie, parce qu’elle recherche la vérité, pose le problème de ses condltions d’accès et des critères du jugement vrai. La science désigne la connaissance discursive, positive, établissant des relations ou lois causales entre les phénomènes de la Nature. Ces savoirs objectifs dépassant le niveau des opinions contentent-ils le désir de vérité de l’homme?

Les savoirs objectifs contentent-ils son aspiration dynamique à une connaissance adéquate au réel? On peut légitimement se demander si ces connaissances bjectives peuvent entièremenr satisfaire le désir de vérité d’un homme qui est essentiellement subjectivité. Le désir de vérité implique que soit atteinte une satisfaction de l’élément subjectif et affectif de chaque homme. D’autre part, le désir de vérité suppose que la possibilité de parvenir à une vérité unitaire dépassant les OF dépassant les diverses vérités éparpillées dans les sciences.

Qu’est-ce que désirer le vrai? Ce n’est pas seulement viser un certain nombre de réponses fragmentaires, c’est vouloir atteindre une réponse globale, un sens profond ultime de l’être. D’où le problème: les sciences ne sont-elles pas en opposition avec l’aspiration métaphysique et unitaire de la subjectivité? Autrement dit, si la science laisse l’homme sur sa faim-fin, l’art, la philosophie voire même la religion ne peuvent-ils pas satisfaire ce besoin métaphysique d’une subjectivité vivante et désirante?

En opérant un contrôle rigoureux sur tous les faits empiriques, la méthode expérimentale semble satisfaire notre désir de vérité, notre aspiration à la compréhension. Nous désions le vrai, conçu colle adéquation avec le réel pour échapper à l’angoisse d’un mande inconnu. Nietzche a bien souligné l’aspect psychologique de ce désir de vérité. «Je me suis demandé ce que le peuple entend au fond par connaissance; que cherche-t-il quand il la demande? Rien que ceci: ramener quelque chose d’étranger à quelque chose de connu.

Nous, philosophes, que mettons nous de plus dans ce mot? Le connu, c’est-à-dire les choses auxquelles nous sommes habitués, de telle sorte que nous ne nous en étonnons plus; nous y mettons notre menu quotidien, une règle quelconque qui nous mène, tout ce qui nous est familier Eh quo’? Notre besoin de connaitre n’est-il pas justement notre besoin de familier? Le désir de trouver, parmi tout ce qui nou n’est-il pas justement notre besoin de familier? Le désir de trouver, parmi tout ce qui nous est étranger, inhabituel, énigmatique, quelque chose qui ne nous inquiète plus?

Ne serait- ce pas l’instinct de la peur qui nous commanderait de connaitre? Le ravissement qui accompagne l’acquisition de la connaissance ne serait-il pas la volupté de la sécurité retrouvée? » Nietzche. Comment la religion ou la philosophie pourraient-elles se prévaloir d’instrument aussi objectifs que ceux des sciences? Les sciences qui énoncent des lois et renoncent à la connaissance e l’absolu (Dieu, âme), se contentant de relations constantes entre les phénomènes, paraissent satisfaire notre désir de vérité. Toutefois, l’homme est aussi un être subjectif.

On peut alors se demander si les sciences mathématisées et objectives, satifont pleinement un désir de vérité enraciné dans le coeur de l’homme et sa subjectivité profonde. « La science elle-même repose sur une coryance; il n’est pasde science sans postulat. «La science est-elle nécessaire? » Il faut, pour qu’elle puisse se former, que cette question ait reçu auparavant une réponse non seulement affirmative, mais ffirmative à tel point qu’elle exprime ce principe, cette foi, cette conviction: «Rien n’est plus nécessaire que le vrai; rien, à son prlx, n’a d’importance que secondalre. ? Qu’est-ce que cette volonté absolue de vérité? Est-ce volonté de ne pas se laisser tromper? Est-ce volonté de ne pas se tromper soi-même? Car rien n’empêche d’interprêter aussi de cette seconde façon le beosin absolu du vrai, si l’on admet rien n’empêche d’interprêter aussi de cette seconde façon le beosin absolu du vrai, si l’on admet que «Je ne veux pas tromper» comprend comme cas particulier «je ne veux pas me tromper moi-même». Mais pourquoi donc ne pas tromper? Et pourquoi ne pas se laisser tromper?

Remarquons que les raisons qui répondent à la première de ces questions relèvent d’un tout autre domaine que celles qui répondent à la seconde: si l’on ne veut pas se laisser tromper, c »est qu’on suppose qu’il est nuisible, dangereux, néfaste d’être trompé. La science, dans cette hypothèse, serait donc une longue ruse: mesure de précaution, affaire d’utilité. Mais on pourrait lui objecter à juste tittre: la volonté de ne pas se laisser tromper est- elle vralment moins nuisible, moins dangereuse, moins néfaste que son absence?

La foi dans la science, cette foi qui existe en fait de façon incontestable, ne peut avoir son origine dans un calcul utilitaire; elle a dû se former au contraire malgré le danger et l’inutilité de la «vérité à tout prix», danger et inutilité que la vie démontre sans cesse. «Vauloir la vérité» ne signifie donc pas «vouloir ne pas se laisser tromper» ou «vouloir ne pas tromper les autres ni soi-même», ce qui nous ramène dans le domaine moral.

Qu’on se demande sérieusement en effet: «pourquoi vouloir ne pas tromper? ». Que la vie soir montée en vue de l’apparence, j’entends qu’elle vise ? ?garer, à duper, à dissimuler, à éblouir, à aveugler, et si, d’autre part, elle s’est toujours montrée sous son plus grand format du côté des fourbes les moins scrupuleux? Inte PAGF s OF s’est toujours montrée sous son plus grand format du côté des fourbes les moins scrupuleux?

Interprété timidement, ce dessein de ne aps tromper peut passer pour une donquichotterie, petite déraison enthouslasme; mals il se peut qu’il soit aussi quelque chose de pire: un principe destructeur, ennemi de la vie: «vouloir le vrai» ce pourrait être, secrètement, vouloir la mort. En sorte ue le pourquoi de la science se ramène à un problème moral: «paurquoi, d’une façon générale, toute morale, quand la vie, la nature, l’histoire sont immorales?

Sans aucun doute qui veut le vrai, au sens intrépide et suprême que suppose la foi dans la science, affirmé par cette volonté mêmeun autre monde que celui de la vie, de la nature et de l’histoire; et dans la mesure où il affirme cet «autre monde», ne nie-t-il pas nécessalrement du même coup de son antipode: ce monde, le nôtre? » Nietzche, «Le gai savoir», livre V « On se fait une idole de la vérité mêmes disait Pascal. La hilosophie échappe-t-elle à cette remarque?

Elle veut depuis Platon éviter l’erreur, dissiper l’illusion, condamner le mensonge, et par la connaissance de la vérité libérer les hommes de l’oppression politique comme de la servitude des passions. Mais pourquoi la vérité serait-elle à ce point aimable? En faisant de la vérité non seulement le de but de la connalssance mais une suprême valeur morale, ne sacrifions-nous pas d’autres valeurs qu’on pourrait estimer plus essentielles ou plus vitales? Philosopher, c’est en tout cas aussi oser, comme Nietzsche en ce texte, mettre la votonté de vérité ? exte, mettre la votonté de vérité à l’épreuve du souçon.

La vérité est érigée en valeur absolue, à laquelle toutes les autres doivent se subordonner ou être sacrifiées. Mais il s’agit d’évaluer cette valeur: examiner ce q’elle vaut réellement. Deux hypothèses se présentent: le «besoin absolu du vrai » vient de la volonté de ne pas se laisser tromper ou bien de ne pas tromper soi-même. La première hypothèse suppose qu’il est dangereux d’être trompé. Or, il est tout aussi dangereux de vouloir la vérité à tout prix et d’être prêts à lui sacrifier toutes nos croyances, y compris les plus vitales.

Reste donc la seconde hypothèse: on veut le vrai pour ne pas tromper, c’est-à-dire par impératif moral. Mais celui-ci est contraire à la vie même. Il nous pousse dans un «autre monde» négateur du monde réel. La morale de la vérité est donc une morale morbide, comme toute morale qui pose des valeurs absulues et transcendantes, qui jugent la vie au lieu de l’affirmer. Cest avec Galilée que la méthode scientifique se constiture. Galilée fait prédominer le modèle géométrique, la formulation logico-mathématique qui deviendra progressivement le paradigme de toutes les sciences.

Avec cette mathématisation, es sciences désormais font abstraction de toute forme de subjectivité. Dès lors, ce qui va primer, c’est l’idée d’une nature écrite en langage mathématique. Galilée est un savant du Wleme sicèle, connu comme le véritable fondateur de la physique moderne, et l’homme auquel « Inquisition inte 7 OF connu comme le véritable fondateur de la physique moderne, et l’homme auquel l’lnquisition intenta un procès pour avoir soutenu que la Terre tournait sur elle-même et autour du soleil.

Dans un ouvrage polémique «L’essayeur», écrit en 1623, on lit cette phrase: «La philosphie est ecrite dans ce très vaste livre qui constamment e tient ouvert devant nos yeux mais on ne peut le comprendre si d’abord on n’apprend pas à comprendre la langue et à connaître les caractères dans lesquels il est écrit. Or il est en langage mathématique et ses caracteres sont les triangles, les cercles, et autres figures géométriques, sans lesquels il est absolument impossible d’en comprendre un mot, sans lesquels on erre vralment dans un labyrinthe obscur. ? Dans notre citation, la nature est comparée à un livre, que la science a pour but de déchiffrer. Mais l’alphabet qui permettrait de lire cet ouvrage, d’arracher à l’univers ses secrets, ce sont les mathématiques. Faire de la physique, saisir les lois de la nature, c’est d’abord calculer, faire des mathématiques. Galilée est le premier à pratiquer la physique telle que nous la connaissons: celle où les lois de la nature sont écrites sous forme d’équations mathématiques, et où les paramètres se mesurent. our un homme du vingtième sicèle cette imbrication de la physique et des mathématiques va de soi, comme il semble évident que nous devons mesurer et calculer les phénomènes observés. Pourtant, c’est une véritable révolution qui se manifeste dans ces lignes: elles signent la fin d’une tradition d’au moins vingt e 8 OF