Les Acadiens francophones de Louisiane S verine DUCOURET

Les Acadiens francophones de Louisiane S verine DUCOURET

Les Acadiens : Francophones d’Amérique or 18 Sni* to View Plan Introduction l- Histoire des Acadiens 1) L’Acadie 2) La Louisiane français cadien, dialecte de la Louisiane. I – Histoire des Acadiens Depuis le XVIème siècle la royauté française a pour ambition d’explorer les territoires qul l’entourent dans le but de développer son empire colonial. Cest ainsi qu’en 1524 Giovanni Da Verazzano est missionné par François Ier pour explorer l’espace entre le Golfe du Mexique et Terre Neuve.

Image 1 : Giovanni Da Verazzano Il découvrit alors un nouveau territoire, où vivent les Amérindiens, qu’il nomma la Nouvelle-France. Plus tard en 1604, Pierre Dugua de Mons accompagné de Samuel Champlain, de Jean de poutrincourt et de quelques français se rend en Acadie, terrltoire du nord de la Nouvelle-France, et s’installe sur Ile Sainte Croix. Pierre Dugua de Mons a choisi cette île notamment pour son climat, mais rapidement le scorbut et le manque de vivres du ? l’isolement géographique rava e une artie de la colonie.

Cest pourquoi la colonie fut ex rt Royale, toujours en PAGF 18 l’apparition de conflits, au sein même de la colonie et avec l’Angleterre. En effet, de 1620 à 1713 1’Acadie alterne successivement entre possession Anglaise et

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Française. Cest le traité d’Utrecht signé le 11 avril 1713 entre la France et l’Angleterre qui met fin aux tensions. A cette occasion, la France cède à l’Angleterre plusieurs territoires : l’Acadie (qui devient la Nouvelle-Écosse), la Baie d’Hudson et Terre Neuve.

Image 3 : Carte de l’Amérique du Nord après 1713 Les Anglais craignant une rébellion demandèrent aux Acadiens de prêter serment d’allégeance à la couronne britannique, ce qu’ils refuserent dans un premier temps. Dans un second temps, les Acadiens acceptèrent de se rallier à la Grande Bretagne en précisant cependant vouloir garder une neutralité politique en cas ‘éventuels conflits franco-britanniques, dans la convention de 1730. Les Acadiens ont émis quelques revendications : « 1) La foi catholique des Acadiens doit être respectée. ) Les Anglais doivent reconnaître que les Acadiens vivent en territoire indien et que les Indiens, complètement loyaux à la France, peuvent commettre des actes de représailles contre tout Acadien accusé d’avoir porté les armes contre la France. 3) Les Acadiens ont une histoire propre que les Anglais doivent respecter. »2 Mais en 1750, comme le redoutait les Acadiens, une guerre éclata entre la France et la Grande Bretagne. En effet, la France qui essaya de forcer les Acadiens à se rallier à elle, s’attira les foudres de l’Angleterre.

Les Acadiens sont alors sommés de prendre position, ce qu’ils refusèrent une nouvelle fois, les anglais prennent donc la décision de les chasser de la Nouvelle-Écosse. Ce 18 les anglais prennent donc la décision de les chasser de la Nouvelle-Écosse. Cest ainsi qu’en 1755, Sir Charles Lawrence, gouverneur de Nouvelle-Ecosse, commença la déportation des Acadiens appelée « Le Grand Dérangement » par bateau vers la France, l’Angleterre, la Guyane, Cuba, et l’Amérique dont l’état de la Louisiane. Il seront 6000 déportés.

Image 4 : Déportation des Acadiens en 1755 L’histoire de la Louisiane commence en 1 682 lorsque Robert Cavelier de La Salle prend possession de la vallée du Mississpi qui appartient à l’Espagne, au nom du Roi de France, Louis XIV. Il nomme la région « Louisiane » en son honneur. Image 5 : Carte de la Louisiane au XVIIème siècle Plus tard en 1718, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, gouverneur de la Louisiane fonde la ville de la Nouvelle-Orléans. Elle devient la capitale de la Louisiane en 1722.

A la fin de la guerre de sept ans en 1763 qui opposa la France ? ‘Angleterre, la Louisiane redevient un territoire Espagnol. Cest à cette époque que les premiers Acadiens arrivent en Louisiane. Ils viennent de l’Acadie, des îles Canaries mais aussi de France puisque certains Acadiens ne se sentent plus Français. Puis en 1800, le traité secret de San Ildefonso rend la Louisiane à la France, qui va être achetée par les États-Unis trois ans plus tard. Napoléon Bonaparte sera à l’initiative de cette vente dans le but de financer la guerre contre l’Angleterre.

La Louisiane deviendra le 18ème état des États-Unis en 1812. ll- Identité et langage en Louisiane 1) La population Acadienne aujourd’hui D’après son histoire, on peut dire ue la communauté Acadienne de Louisiane est issue d’u Ce son 8 histoire, on peut dire que la communauté Acadienne de Louisiane est issue d’une diaspora. « Ce sont les géographes qui ont d’abord travaillé sur le concept de diaspora. Leurs diverses définitions (Bruneau 1995, Chaliand-Rageau 1991, Lacoste 1989) ont permis de dégager trois critères récurrents qui permettent de distinguer une diaspora de la migration dont elle résulte: 1 . ? Des facteurs de déracinement particulièrement puissants » ou « un désastre provoquant la dispersion collective et forcée d’un groupe religieux u ethnique 2. Le fait que la majorité d’un peuple se trouve hors des frontières d’un Etat-Nation. 3. e facteur temps et par conséquent la présence d’une organisation sociale qui n’est pas envisageable au stade de la première génération migrante La communauté acadienne de Louisiane répond aux trois critères cités ci-dessus. Elle constitue donc une diaspora au sens actuel et élargi du terme tel que défini par les géographes.

En effet, les langues de diaspora connaissent une évolution toute particuliere du fait de leur contact avec d’autres langues, déjà en vigueur sur le lieu de migration. La problématique des langues e diaspora a été abordée pour la première fois dans les années 1990 (Donabédian 2001). Pour qu’il y ait langue de diaspora, certains critères doivent être observés: le facteur temps tout d’abord « les cas excédant au moins trois générations afin que les phénomènes de contact soient suffisamment mesurables (M. C. Varol 1994, cité par Donabédian 2001). Il faut ensuite distinguer entre langue de diaspora et langue en diaspora. Selon M-C. Varol (cité par Donabédian 2001), du point de vue de la genèse de ces langues au sens stri PAGF s 8 Varol (cité par Donabédian 2001), du point de vue de la genèse e ces langues au sens strict, le fait de n’avoir pas d’attache avec la langue d’origine (du territoire) est un critère essentiel pour être langue de diaspora. Tentons maintenant de définir la population acadienne de Louisiane.

Tout d’abord, l’État est divisé en paroisses, contrairement aux autres États américains qui sont divisés en comtés, et s’il est vrai que la Louisiane n’est pas uniformément francophone, il est possible depuis 1931 grâce au géographe Peveril Meigs de définir une limite spatiale regroupant la majorité de la communauté francophone sous forme de triangle. La ase est la côte sud, dont les pointes sont formées par les paroisses d’Avoyelles et Lafourche.

Cette région culturelle sera reconnue officiellement en 1971 par l’État de Louisiane et nommée Acadiana. Si le recensement de 1 970 montrait une forte concentration de francophones dans cette région, les données ont maintenant évolué différemment et certaines paroisses situées dans l’Acadiana ont perdu bon nombre de francophones alors que d’autres paroisses en dehors du triangle ont vu leur nombre de francophones augmenter. »3 Image 6: Carte de la Louisiane administrative avec la délimitation des paroisses de ‘Acadiana, reproduction de Rousseau (2000). ? Meme si la population dite « française » s’est généralement assimilée au XXème siècle et a perdu sa langue en raison de la scolarisation et de la politique du melting-pot, il est resté une certaine conscience du fait français en Louisiane : les contrastes culturels entre la Louisiane du Nord et la Louisiane du Sud font de la dichotomie entre les Français et les non-Français l’une des ma 6 8 Nord et la Louisiane du Sud font de la dichotomie entre les Français et les non-Français l’une des manières les plus importantes et les plus couramment utilisées pour classifier la opulation de l’Etat .

Cependant, il convient de noter que les Français sont en fait des groupes extrêmement hétérogènes du point de vue ethnique. Nous avons souligné l’importance de l’apport indien. Il existe aussi des métis. La communauté couramment désignée comme française a assimilé de larges groupes d’éléments ethniques étrangers. Outre de considérables appoints de sang espagnol, quelques générations ont suffi ? des Allemands, des Hollandais, des Irlandais et des Américains pour devenir complètement assimilés aux Français de Louisiane.

Beaucoup de ces groupes ont perdu tout souvenir de leur réelle rigine et de leur culture antérieure, se sont identifiés à la population française, et ont souvent prétendu avoir une origine acadienne. Dans leurs études sur ce phénomène, les écrivains ont été continuellement étonnés par la capacité d’absorption d’éléments étrangers dont a fait preuve la population française du Sud de la Louisiane.

Il n’est pas douteux que les centaines de milliers de gens qu’on appelle les Acadiens ne peuvent tous être des descendants des quelques milliers de réfugiés du XVIII siècle, même si ce groupe a imprimé sa marque à toute la communauté u Sud Ouest. De même les Anglo Saxons, souvent appelés Américains ou Anglais par les Français, et qui constituent environ un tiers de la population louisianaise, comportent un important groupe de Français huguenots totalement assimilés. La religion, ici comme ailleurs, a été un facteur plus décisif que l’origine nationale.

C’e 7 8 assimilés. La religion, ici comme ailleurs, a été un facteur plus décisif que l’origine nationale. Cest une particularité de la Louisiane qu’on distingue encore au XXème siècle. Facteur SI décisif que lors de l’élection au poste de gouverneur de la Louisiane en 1971-1972, c’est un candidat francophone, qui l’a emporté, ce qui ne s’était jamais vu au XXème siècle. Il a fait appel au fait français, ce que certains n’hésitent pas à nommer Cajun Power ». 4 2) Politique d’aménagement linguistique « La Louisiane possède incontestablement une mémoire française.

Longtemps française, puis espagnole et enfin Américaine, la Loulsiane a traversé bien des vlcissitudes. Il en fut de même pour le français en Louisiane. John Smith- Thibodeaux. auteur d’un ouvrage de référence sur le français en Louisiane intitulé Les Francophones de Louisiane, a écrit que la urvivance de la langue française en Louisiane était d’autant plus surprenante qu’elle a du faire face à de multiples obstacles et difficultés. « 5 « Il faut être aveugle et sourd, écrit le docteur Alfred Mercier ? la fin du XIXème siècle, pour ne pas saisir l’invasion de la langue anglaise en Louisiane.

A toute époque on a annoncé la disparition imminente de la langue française : au moment de l’occupation espagnole, puis au moment de l’intégration de l’Etat de Louisiane, à chaque mouvement d’immigration non français. Pourtant la Louisiane reste associée à la langue française en général. Ce ien entre l’État et la langue est d’autre part issu de la politique qui fut adoptée dans l’État. Le XXème siècle fut effectivement particulièrement riche du point de vue de l’évolution de la langue française en Louisiane.

Au XXème 8 riche du point de vue de l’évolution de la langue française en Louisiane. Au XXème siècle, le français fut d’abord banni et dénigré puis dans les années 1960 fut instituée une politique d’aménagement linguistique destinée a développer la langue française dans l’État. »6 « Longtemps, les Pères fondateurs des États-Unis ont refusé de légiférer sur la langue. Ils percevaient la diversité des langues utilisées comme un incroyable atout pour le pays. Lorsque la Louisiane devint un état Américain, on ne chercha pas ? imposer l’anglais comme langue officielle.

Le français conserva sa prépondérance dans les affaires publiques de l’État, en tant qu’il constituait alors la langue la plus usitée chez les citoyens, majoritairement francophones. La langue n’était pas conçue comme appartenant à la sphère publique. Il s’agissait de laisser chaque citoyen libre de parler celle qu’il souhaitait dans l’enceinte de son foyer. Bien entendu, sorti du contexte familial, l’anglais ?tait tout de même la langue dans laquelle la Constitution des États-Unis avait été rédigée.

Par là, elle constituait sans qu’aucune loi n’ait jamais été votée à ce propos, la langue véhiculaire la plus employée. Cependant, avec l’arrivée de millions d’immigrants, de nombreux Américains commencèrent à craindre pour leur langue, l’anglais. Ils théorisèrent la langue et en firent le garant d’une assimilation réussie dans la société américaine. Ces mouvements « nativistes » prétendaient que l’unité dune nation dépendait de l’unité de sa langue. Sous la pression de ces mouvements, des ours furent crées qui se chargeaient d’apprendre aux immigrants des rudiments d’anglais.

II faut se rendre à l’évidence, en rentrant d’apprendre aux immigrants des rudiments d’anglais. Il faut se rendre à l’évidence, en rentrant dans l’Union des États américains, la Louisiane avait tout de même peu de chances de maintenir le français comme langue véhiculaire. Dans un pays autrement aussi majoritairement monolingue et empreint d’un idéal d’assimilation, comment un État aurait-il pu maintenir un bilinguisme de facto et de jure ? Effectivement, le français disparut peu à peu, d’autant lus qu’il était dénigré et méprisé par les autorités américaines.

Il devint honteux de parler français en public. A la suite de ces mesures anti-français, la transmission de la langue fut souvent interrompue dans les familles et le français se perdit peu à peu. Pourtant, dans les années 1960, Raymond Rodgers, professeur d’origine canadienne qui enseignalt en Louisiane, tira la sonnette d’alarme. Il perçut le danger que représentait pour la Louisiane, la perte complète de la langue et de l’héritage français. Associé ? un homme important de la région, il se mit en quête de soutiens afin de préserver cet héritage.

La législature de Louisiane vota finalement une série de lois destinées à présewer et ? développer la langue et l’héritage français en Louisiane. A quoi était dû ce regain d’intérêt pour le français qui eut des répercussions au niveau politique ? Il semble que le mouvement de renouveau identitaire mis en branle par le mouvement des droits civiques ne soit pas étranger à ce phénomène louisianais. En effet, bien que le mouvement des droits civiques fut d’abord l’étendard de revendications fondées sur des préoccupations d’ordre racial, il s’étendit bientôt à d’autres populations. Le mouvement luttait avant tout