le soupé

le soupé

INTRODUCTION L’auteur de ce texte, Agrippa d’Aubigné vécut au XVIème siècle ; né d’une famille protestante, il reçut une éducation humaniste, dans les principes de la Réforme. Voué à la défense de la cause protestante, il prit rapidement les armes et s’engagea au coté d’Henry de Navarre. Déçu par l’abjuration de ce dernier (devenu Henry IV), c’est par ‘écriture qu’il poursuit son combat : Les Tragiques, dont est extrait le texte qui suit, est une œuvre poétique de combat, liée à l’action du parti protestant au cours des guerres de religion.

Le premier chant présente la tragédie de a France à travers une grande allégorie. I – LE RECIT D’UN EPI Dès le premier vers e ors et solennellement so nt•: • mère affligée » – Le terme « peindre » à la manière d’un tableau NCE nonce clairement indre la France une ruction progressive, – L’expression « mère affligée » met bien en valeur l’ambivalence du thème : la France est à la fois « mère » (et le texte va développer cet aspect protecteur et nourricier) et « affligée » ce qui annonce déjà le thème de la peine et de la violence.

Ces deux aspects vont être largement développés dans le texte et vont contribuer à étoffer l’allégorie. A.

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
L’image de la mère nou Swipe to View next page nourricière Relevé du champ lexical correspondant Le sein est ici une synecdoque de la mère nourricière B.

Le registre de la violence physique relevé du champ lexical correspondant Les sonorités rendent bien l’idée du déchirement : – Vers 8 • « Fait dégât du doux lait qui doit nourrir les deux » (opposition entre les dentales dures [d] et les assonances douces [u]) – Vers 12 : « Ayant dompté longtemps en son cœur son ennui » (apposition entre les allitérations de début de vers en [d] et en [t] et l’allitération en [s] de la fin) – Vers 18 : « si bien que leur ourroux par leurs coups se redoublent » (le redoublement des coups est mimé par les assonances en [u] et les allitérations en C.

L’union des 2 thèmes dans la prosopopée finale Les 2 lexiques se rejoignent dans une horrible union formulée dans les paroles de la France à la fin (vers 31 à 34) : l’union du sang et du lait « Vous avez ensanglanté / le sein qui vous nourrit » : v. 31-32 • association mise en valeur par l’enjambement. « Je n’ai plus que du sang pour votre nourriture » v. 34 TRANSITION L’allégorie de la mère affligée frappe l’imagination par la violence des images du combat entre 2 frères. Si lion ressent autant ette violence, c’est que l’auteur ne néglige pas les procédés d’amplification.

Il – LES PROCEDES D’AMPLIFICATION En étant engagé au service d’une cause, l’écrivain refuse En étant engagé au service d’une cause, l’écrivain refuse de rester simple spectateur d’un fait historique : il veut convaincre son lecteur, le persuader et l’émouvoir. C’est pourquoi les procédés d’amplification ont une importance déterminante dans son ecrlre_ A. Figures de l’exagération vers 14 « Rend à l’autre un combat dont le champ est la mère » = le corps de la mère métamorphosée en champ de bataille La gradation : v. 5-16 : « soupirs… cris… leurs » on est dans la recherche du sublime L’imprécation finale (ou prosopopée) qui donne une tournure tragique et grandiloquente au texte Bilan : Ces tournures contribuent à prouver au lecteur l’importance du sujet et la force de conviction du poète. B. Reprises de type anaphorique produisant de puissants effets oratoires Répétition emphatique du démonstratifv. 7 : « Ce voleur… cet Esau » Répétition mise en valeur en début de vers de « ni » v. 15-16 (anaphore) Reprlse insistante du possessif « leur » v. 17 , 18, 19, répétée phonétiquement en écho par « pleurs, malheur, douleur, cœur… > Bilan : un effet oratoire certain qui dramatise volontairement le ton du texte et le rend très solennel. C. Les rythmes confèrent aussi de l’ampleur à l’évocation Le souffle puissant de l’alexandrin soutenu par des enjambements amplificateurs : v. 13-14, 19-20, 27-28… Parfois ce souffle est volonta des enjambements amplificateurs : v. 13-14, 19-20, 27-28… Parfois ce souffle est volontairement brisé de façon à créer des effets de surprise et d’insistance : après l’annonce solennelle des vers 1 et 2, les vers 3, 4 et 5, par leur rythme brlsé introduisent la violence et le désordre.

Conclusion : Sans s’engager en tant que tel dans le texte (il ne dit qu’une fois « je » au vers 1) le poète donne la mesure de son engagement par la force des paroles rédigées qui donnent au texte une tournure solennelle qui n’élude jamais la notion de violence et de souffrance. Ill – L’ENGAGEMENT D’AUBIGNE EN FAVEUR DUN CAMP A. Utilisation des figures bibliques pour marquer son engagement personnel dans le conflit Dans la Bible (Genèse, verset XXV), Jacob, le cadet, le préféré du père, a racheté le droit d’aînesse à Ésaü (pour un plat de lentilles), ainsi dépossédé de son héritage.

Esaü » est « le plus fort, orgueilleux » v. 3 : il symbolise l’Eglise catholique, l’aîné qui agit d’abord sans rencontrer la résistance. Voir le lexique dévalorisant : « ce voleur acharné…  » v. 7 v. 11 : la révolte de l’opprimé introduit une transformation dans le récit : Jacob symbolise le parti protestant, dont la cause est présentée comme légitime : « ayant dompté longtemps en son cœUr son ennui », « sa juste colère » v. 12-13, « celui qui a le droit et la juste querelle » v. 26 A priori, d’Aubigné se situe d PAGF colère » v. 12-13, « celui qui a le droit et la juste querelle » v. 26

A priori, d’Aubigné se Situe donc clairement dans le camp des Protestants (fidèle en cela à son engagement). B. une seule vraie victime : la France Mais, en réalité, la position du protestant d’Aubigné n’est pas aussi manichéenne qu’on peut le croire : si la balance penche en faveur du plus jeune, cependant, la prosopopée finale condamne les 2 frères : « sanglante géniture » v. 33 L’idée majeure du texte : c’est la France qui se stérilise et s’empoisonne de ce combat fratricide « vivez de venin », « Je n’ai plus que du sang pour votre nourriture » v. 34-35 « aux derniers abols de sa proche ruine » v. , « succombe à la douleur, mi-vivante, mi-morte » v. 22 CONCLUSION Un texte au style très oratoire qui marque un engagement fort du poète au service de la cause protestante, mais plus encore pour défendre la patrie en danger. Une allégorie que l’on retrouve dans la littérature de l’époque : voir le cathollque Ronsard • « Je veux malgré les ans au monde publier, D’une plume de fer sur un papier d’acier, Que ses propres enfants l’ont prise et dévêtue Et jusques à la mort vilainement battue » (Continuation du Discours des misères de ce temps, 1522, v. 5 à 8. )