Le regard anarchiste de L o Ferr sur la pratique du pouvoir dans la seconde partie du XXe si cle

Le regard anarchiste de L o Ferr sur la pratique du pouvoir dans la seconde partie du XXe si cle

TABARIE Julien – Ml recherche études anglo-américaines NO étudiant : 21303679 email : [email protected] om Séminaire transversal La parole littéraire face à la dictature Le regard anarchiste de Léo Ferré sur la pratique du pouvoir dans la seconde partie du XXe siècle Introduction Léo Ferré naît en 19 durant une période o fascisme en Italie et du fascisme dans un et or 15 aura donc vécu es était très forte, gaiement montée nce, où des partis et organisations d’extrême droite, bien souvent d’inspiration maurassienne, faisaient montre de leur présence et de leur volonté d’influer sur la politique française (de nombreuses anifestations, marches et autres démonstrations de force, de nombreux débordements aussi… , tout comme il aura assisté à la montée de l’antisémitisme en France et dans une bonne partie de l’Europe. Ferré était donc vivant lors de l’accession au pouvoir de Mussolini en Italie en 1922, de Hitler en Allemagne en 1933, de la guerre d’Espagne et de l’accession au pouvoir du Général Franco de 1936 à 1939, et de Staline en URSS tout au long des années 1930, quatre des plus importants chefs de régimes totalitaires du XXe siècle.

Tout comme il aura été témoin de la prise de pouvoir u

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Maréchal Pétain après la déroute française de Juin 1940, suivie de la création du régime répressif et autoritaire de Vichy, et nous pourrions citer d’autres exe exemples à travers le monde. Il aura également vu l’ascension du Général de Gaulle, de ‘grand sauveur’ de la France en 1945 à sa prise de pouvoir en 1958, jusqu’à sa démission en 1969.

Nous voyons donc que Ferré fut témoin de nombreux événements politiques d’ordre totalitaire ou qu’il jugeait comme tel (de Gaulle encore), qui ont sans doute forgé sa pensée anarchiste. A noter qu’il était titulaire d’un diplôme en sciences olitiques, ce qui prouve que même si il était en totale opposition à bien des politiques menées de son vivant, il fut tout de même un témoin avisé de ces nombreux événements.

Ferré commence sa carrière musicale progressivement tout au long des années 1940 et c’est Édith Piaf qui l’encourage à se rendre à Paris pour y tenter sa chance. En 1946 commence réellement sa carrière, qui ne s’arrêtera qu’à sa mort en 1993, une carrière longue de 47 ans. Nous pouvons dire que Ferré fait partie du fameux tria Brel-Brassens-Ferré, trois des plus grands et marquants acteurs de la chanson française du XXe siècle.

II était ‘inventeur de la chanson symphonique (il dirigea d’ailleurs ? plusieurs reprises des orchestres symphoniques, il se produisit plusieurs fois avec l’orchestre de Milan), sa musique tenait plus de l’ordre du classique que de la variété. Son écriture était populaire et contenait beaucoup d’argot. Il mettait en musique et il assurait l’héritage de nombreux de ses modèles et influences, comme Baudelaire, Rimbaud ou Verlaine. Il était l’auteur de chansons populaires ayant eu un énorme succcés, comme Avec Le T 15 Verlaine.

Il était l’auteur de chansons populaires ayant eu un énorme succcés, comme Avec Le Temps ou encore Cest Extra. Une partie de son œuvre était également teintée d’érotisme et de poésie. Mais Ferré était également un artiste très politisé, ne cessant jamais de revendiquer son anarchisme absolu, et il était sans doute en France l’un des plus grands auteurs de chansons politiques du XXe siècle. – Ferré, la chanson politique et l’anarchie Ferré refusait l’étiquette d’artiste ‘engagé’, tout comme il refusait d’être rangé dans la catégorie des auteurs de ‘textes à message’.

Bien qu’il repoussait l’idée d’artiste engagé, politisé, Ferré s’est engagé dans bien des combats et a dénoncé bien des politiques tout au long de sa carrière. Il était entre autres l’auteur de textes contre la guerre d’Indochine et du Vietnam, il critiquait Margaret Thatcher ou encore l’impérialisme des États-Unis et il était un farouche défenseur de la liberté d’expression. Il se revendiquait du courant anarchiste, ce qui est une des plus importantes caractéristiques de toute son œuvre. Qu’était l’anarchie selon Ferré ?

Sa définition consiste en trois points : l’anarchie est la formulation politique du désespoir l’anarchie est l’ordre moins le pouvoir l’anarchie est un état d’âme, ce qu’il reste de liberté à l’homme, c’est une expression individuelle, un art de vivre. Ferré écrivit un éditorial(l) à propos de l’anarchie pour le Monde Libertaire de Janvier 1968, où nous pouvons vair qu’il était un homme qui cultivait le refus, il y déclarait notamm Janvier 1968, où nous pouvons voir qu’il était un homme qui cultivait le refus, il y déclarait notamment ‘Une morale de l’anarchie ne peut se concevoir que dans le refus.

C’est en refusant que nous créons’. pour lul la société n’était que contraintes, contraintes multiples (règles sociales, règles législatives) et l’humain n’était qu’un complice de la société, dans le sens où l’humain accepte toutes ces contraintes sans se poser e questions, et se plie au jeu du manichéisme, de la morale du bien et du mal, ce qui est à faire, ce qui n’est pas à faire.

Ferré disait dans cet éditorial ‘Cette force contraignante qui me fait m’habiller aux mieux des canons de la mode contemporaine afin de ne point forcer le rire de ceux qui me regardent, en dit assez long sur l’accoutumance du citoyen à la règle du ça se fait, ça ne se fait pas’ pointant cette complicité du citoyen face aux règles édictées par la société, ou encore Qu’est-ce que le Bien social sinon ce qu’aujourd’hui je définis comme étant le Mal, mon Mal, e Mal qui me bâillonne, qui me soumet’, considérant la société et ses lois comme totalitaires, imposant tout au citoyen soumis et obéissant, l’anarchie et le ‘non’ était donc la réponse du chanteur face à la société et ses règles qu’il abhorrait. Ferré était également opposé à la religion, il reprenait à ce propos notamment l’auteur russe Michel Bakounine (une de ses grandes inspirations), ce grand théoricien de l’anarchisme, révolutionnaire et tenant du socialisme libertaire (opposé au socialisme autoritaire de Marx), qui réflé 5 tenant du socialisme libertaire (opposé au socialisme autoritaire e Marx), qui réfléchissait sur le rôle de FÉtat et qui était également un grand ennemi de la religion (voir Dieu et l’État par exemple, publié en 1882).

Ferré, dans Le Chien en 1969, reprenait donc de Bakounine la fameuse déclaration, tirée justement de Dieu et FÉtat Et si vraiment Dieu existait comme le disait Bakounine, ce camarade vitamine, il faudrait s’en débarrasser’. Ferré fut victime de pratiques pédophiles dans l’institution chrétienne de son enfance, ce qui a contribué sans nul doute ? façonner sa pensée athéique. Il était également opposé à la vie de couple et opposé au mariage. Mais concernant ce point Ferré a montré qu’il pouvait également être un homme de contradictions, puisque oppose au mariage, il s’est tout de même marié trois fois et avait donc une certaine expérience de la vie de couple. Concernant la politique, les institutions et le rôle du citoyen, Ferré était opposé au vote.

Ils Ont Voté (1967), est l’une de ses plus emblématiques œuvres anti-institutionnelles, féroce pamphlet contre les institutions, où il s’attaque au vote, qui n’était pour lui que vaste mascarade, inutile et inefficace ‘Ils ont voté et puis, après à la politique et à ses représentants, aux tenants du ouvoir, qui se moquent du peuple et qui ne travaillent que pour eux-mêmes, tout comme il s’attaque à la France et à ses citoyens. Il y déclare ‘C’est un pays qui me débecte, pas moyen de se faire anglais, ou suisse ou con ou bien insecte, partout ils sont confédérés, fau PAGF s 5 débecte, pas moyen de se faire anglais, ou suisse ou con ou bien insecte, partout ils sont confédérés, faut les voir à la télé-urne, avec le général Frappard, et leur bulletin dans les burnes, et le mépris dans un placard l’.

Il réinterprète Ils Ont Voté en 1969, où il s’attaque aux français toujours, dégoûtés de les avoir vu ‘insurger en mai 1968 (contestations dont il se sentait proche, car elles concernaient directement le peuple), et qui, appelés aux urnes en juin 1968 pour des élections législatives, juste après les événements de mai, avaient finalement reconduit au pouvoir la droite très conservatrice du général de Gaulle, ce qui était en totale contradiction avec les événements de Mai 68, raison de cette attaque violente, désabusée et acerbe des français par Ferré. ‘Le général Frappard’ désignait bien entendu le général de Gaulle, et son amour pour la force de frappe militaire française, en particulier sa force de frappe nucléaire.

Ferré était d’ailleurs très critique envers le nucléaire, qu’il ne voyait finalement que comme un nouvel engin de mort dévastateur (ce qu’avait prouvé les attaques nucléaires américaines d’Hiroshima et de Nagasaki en août 1945), il disait dans Yen A Marre en 1961 ‘Monsieur Einstein, loin des canons, croyant travailler pour lui seul, a découvert des équations, qui vont nous tomber sur la gueule’. Nous allons voir deux aspects de la lutte de Léo Ferré, peut-être les plus emblématiques de toute sa carrière, avec pour commencer sa lutte contre le général de Gaulle et ensuite sa lutte e cœur 6 5 avec pour commencer sa lutte contre le général de Gaulle et ensuite sa lutte de cœur pour l’Espagne libre et contre le général Franco. a – Ferré et de Gaulle Ferré ne portait pas le général de Gaulle dans son cœUr loin s’en faut d’ailleurs.

Son opposition au général était très forte. Il l’accusait notamment d’avoir appelé à la résistance (l’appel du 18 juin 1940), d’avoir acquis l’image de grand chef de la résistance française face à l’occupation allemande, de s’être présenté comme le chef des français, alors que lui même avait fui la France our se réfugier à Londres, ce que Ferré n’a pas pardonné à de Gaulle. Dans Mon Général, écrite en 1947, Ferré s’attaque à de Gaulle. Il donne la parole à un résistant mort, pour mieux dénoncer ce qu’il jugeait comme l’utilisation du courage, de l’héroiSme et de la mort des autres pour prendre le pouvoir, ce qu’il jugeait également comme un abus de confiance.

Concernant l’exil de de Gaulle à Londres, Ferré y fait allusion lorsque le soldat résistant mort dit ‘Mon Général, j’ai souvenance de mes prisons hors de la France, vous étiez Ion, vous ne saviez pas’. Il est vral ue la véritable résistance se passait en France, donc loin de de Gaulle, que les nombreux dangers auxquels faisaient face la résistance française (la Gestapo, les SS, l’armée allemande, tout comme les institutions du régime de Vichy), de Gaulle lui ny faisait bien sur pas face. De Gaulle n’était d’ailleurs rentré en France qu’à la fin de la guerre, quand l’Allemagne Nazie s’effondrait comme un château de cartes et que le 7 5 la fin de la guerre, quand l’Allemagne Nazie s’effondrait comme un château de cartes et que le régime de Vichy était détruit.

Il n’a donc pas résisté sur le terrain, mais à distance, loin de tous angers et par l’intermédiaire des autres, ce qui lui a permis sans aucun doute de survivre, pas comme d’autres chefs de la résistance française, qui eux, se battaient sur le terrain, et c’est bien tout ce que lui reprochait Ferré à ce propos. Ferré prévient également de Gaulle de ne pas revenir au pouvoir, surtout si c’est par l’intermédiaire de ‘manœuvres par en dessous pour revenir au pouvoir’ comme il l’avait déclaré plus tard en 1971. Le soldat mort de Mon Général dit ‘J’vous raconterai l’histoire de France, des fois que vous comprendriez’ comme pour avertir de Gaulle u’il vaut mieux qu’il ne revienne pas dans le paysage polltique, comme pour l’avertir de ne pas en faire trop.

En 1958 de Gaulle revient au pouvoir, considéré à nouveau comme le sauveur de la France, embourbée dans les problèmes avec l’Algérie (colonie française qui uttait alors pour son indépendance). La même année la constitution déclarant la Se République est adoptée. Pour Ferré, cette prise de pouvoir n’est rien d’autre qu’un coup d’État. Beaucoup pensaient la même chose à l’époque, et pas des molndres, par exemple François Mitterrand publia en 1964 Le Coup d’État Permanent, critique du énéral de Gaulle qu’il qualifie de ‘tout puissant’, qui critique les nombreux abus en matière de justice et de police, tout comme les abus et violations institutionnelles depuis le 5 en matière de justice et de police, tout comme les abus et violations institutionnelles depuis le retour de de Gaulle en 1958.

Ferré écrit La Gueuse (terme péjoratif qui désigne la République Française, utilisé par les royalistes dès la fin du XIXe siècle) en 1961, où les accusations de coup d’État par de Gaulle sont explicites. pour Ferré la France a été abusée par les militaires au rofit du retour de de Gaulle ‘as ton fichu qu’est tout fichu… ton bonnet qu’est tout délavé… c’est des soldats qui t’ont fait ça’, ‘La Gueuse pour des soldats t’as fait tout ça’. Dans Les Temps Difficiles en 1961, Ferré, autre des critiques pelle-mêle des médias Pour faire face à la vérité j’al poussé jusqu’à la télé, où l’on m’a dit ‘Vous demandez qui ? La vérité ? Cest pas ici l », de la religion et surtout du Vatican ‘A Rome, il y a lioecu.. _ménique, de quoi remplir la basilique, il faut être conciliants, mes frères, les con… iles, c’est si rare, mon père u de la politique de certains régimes à travers le monde (le régime chinois, l’attitude des États-Unis et du président Kennedy face au Cuba de Fidel Castro, Castro d’ailleurs qu’il n’épargnait pas non plus), s’en prend une nouvelle fois au général de Gaulle et à l’une de ses décisions politiques favorites, le référendum, qui selon Ferré ne demandait finalement que le plébisclte d’un homme (on s’approche ici dangereusement du culte de la personnalité) et pas d’une politique ni d’un parti iMa femme veut jouer les présidents, elle dit que c’est très plébixcitant, pour lui montrer que j’sui PAGF 15