Le Pouvoir Des Fables

Le Pouvoir Des Fables

« Le Pouvoir des fables in Fables, Livre VIII (recueil de fables ; 1678) de Jean de La Fontaine (1621-1695) a qualité d’ambassadeur0Peut-elle s’abaisser à des contes puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères? Cl S’ils osent quelquefois prendre un air de grandeur,0Seront-ils point traités par vous de Vous avez bien d’autres affaires0A démêler que les Du lapin et de la belette. Lisez-les, ne les lisez pas;[] Mais empêchez qu’on ne nous metten Toute l’Europe sur les bras. 2Que de mille endroits de le terre0 Il nous vienne des ennemis,D J’y consens; mais que l’Angleterren Veuille que nos deux digérer la chose. N’e I p or 5 repose? DQuel autre to View nextggge cette hydre ? Et faut-‘ efforts de son bras? l is,DJ’ai peine ? ue Louis se lasDDe combattre uvelle tête aux souplesse,n par éloquence et par adresse,ûPeut adoucir les coeurs et détourner ce coup,DJe vous sacrifierai cent moutons: c’est beaucoupC Pour un habitant du Parnasse. l Cependant faites moi la grâceCDe prendre en don ce peu d’encens;n Prenez en gré mes voeux ardents,0Et le récit en vers qu’ici je vous dédie. 2Son sujet vous convient, je n’en dirai pas plus:û Sur les éloges que l’envien Doit vouer

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qui vous sont dus,n Vous ne voule page voulez pas qu’on appuie.

Dans Athène autrefois, peuple vain et léger,0Un orateur, voyant sa patrie en danger,CCourut à la tribune; et d’un art tyrannique,D Voulant forcer les coeurs dans une république,ûll parla fortement sur le commun salut_flOn ne l’écoutait pas. L’orateur recourutn A ces figures violentes0Qui savent exciter les âmes les plus lentes:0 Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu’il vent emporta tout, personne ne s’émut;: L’animal aux têtes frivoles,0Etant fait à ces traits, ne daignait l’écouter,DTous regardaient ailleurs; il en vit ‘arrêterCA des combats d’enfants et point à ses paroles. Que fit le harangueur? Il prit un autre tour. D« Céres, commença-t-il, faisait voyage un journ Avec l’anguille et l’hirondelle;DlJn fleuve les arrête, et l’anguille en nageant,û Comme l’hirondelle en traversa bientôt. » Liassemblée à l’instantElCria tout d’une voix: « Et Céres, que fit-elle Ce qu’elle fit? Un prompt courroux0 L’anima d’abord contre vous. DQuoi? de contes d’enfants son peuple s’embarrassen Et du péril qui la menace0Lui seul entre les Grecs il néglige l’effet!

CQue ne demandez-vous ce que Philippe fait ? C A ce reproche l’assemblée,o Par l’apologue réveillée,o Se donne entière à l’orateur:D Un trait de fable en eut l’honneur. Nous sommes tous d’Athènes en ce point, et moment que je fais cette moralité,D Si Peau d’Ane m’était conté,û Jiy prendrais un plaisir mon fais cette moralité,n Si Peau d’Ane m’était conté,n J’y prendrais un plaisir extrême.

DLe monde est vieux, dit-on: je le crois; cependantûll le faut amuser encor comme un enfant. Remarques pour l’analyse du texte et son utilisation en dissertation. La fable est un type d’apologue. un apologue est composé d’un écit et d’une leçon morale : le récit permet d’illustrer la leçon morale et, par le biais du plaisir qu’il procure (le plaisir de se faire raconter une histoire), permet à la leçon morale d’être mieux écoutée et donc plus efficace.

L’apologue repose sur un paradoxe : c’est un mensonge qul dit la vérité. Cest un mensonge puisque le récit est une fiction, c’est-à-dire par définition quelque chose de fictif, qui n’existe pas. Cependant, ce mensonge dit la vérité puisqu’il permet de délivrer une leçon morale, c’est-à-dire un propos supposé exact ou qui se veut exact sur l’homme et sur a vie en société. A l’époque de La Fontaine, la fable est considérée comme un genre mineur.

Cette fable tend à montrer que, bien que mineur, ce genre peut avoir une réelle efficacité argumentative. C’est un texte métalittéraire : c’est une fable qui parle des fables. Plusieurs termes du texte l’attestent : « des contes vulgaires » (v. 2 ; allusion à la fable comme genre mineur, « vulgaires » étant ici à comprendre au sens de « commun « ordinaire ») ; « mes vers et leurs grâces légères » (v. 3 ; la légèreté désigne ici ce qui ne p