Le loup et le chien

Le loup et le chien

En effet, cette fable est composé d’un récit, mettant en scène un loup affamé, ui, devant un chien gros et gras, se laisse tenter par son mode de vie, jusqu’à ce qu’il remarque le prix de son confort : Habsence de liberté. Comment la narra l’argumentation ? Nous verrons d’abor plaisant et varié, puis morale. p g r,’ice de e comme un récit e au service d’une La fable se présente comme un récit plaisant et varié. D’abord, le récit respecte les étapes du schéma narratif. On distingue la situation initiale, aux v. et 2, rapide, à l’imparfait ayant une valeur descriptive, décrivant rapidement le loup maigre. Vient aux v. 3 à 7 1’élément perturbateur qui consiste en la encontre avec le chien, on remarque le Swige to next page passage au présent de narration (« rencontre »), qui montre que ce passage est important. L’action est racontée des v. 8 à 32 : elle est marquée par la conversation entre le loup et le chien, qui lui explique comment être bien nourri en se faisant domestiquer. Le loup se laisse séduire.

L’élément de résolution a lieu entre les v. 33 et IO : le loup remarque le cou

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pelé du chien, et comprend que son confort se fait au prix de sa liberté. La situation finale, des v. 41-42 raconte que le loup s’enfuit et retourne vivre dans les ois. On a un retour à la situation initiale. Ce récit est marqué par l’alternance des temps du récit au passé (imparfait/passé simple) et des passages au présent de narration pour rendre le récit plus vivant. De plus, ce récit est plaisant grâce aux personnages imaginaires.

Les animaux sont personnifiés, ce qui est repérable aux majuscules (« un Loup », « Ce Loup Un Dogue h), aux marques de l’anthropomorphisme (les animaux parlent, on évoque « le salaire « la pointe de l’épée », leur titres « Sire Loup », « beau Sire Ils sont opposés. L’opposition est marquée ans la description physique de chacun des animaux : celle du loup est caractérisée par la restriction « n’avait que les os et la peau», dans un décasyllabe, celle du chien s’étend sur 2 vers avec une enumération qui se poursuit sur un enjambement v. -4 de termes mélioratifs : «puissa 2 2 vers avec une énumération qui se poursuit sur un enjambement v. 3-4 de termes mélioratifs : «puissant, beau, gras, poli L’antithèse à la rime « hardiment » désignant le chien, « humblement » l’attitude du loup renforce leur opposition. Celle-ci se retrouve sur le plan moral. Le loup est présenté, omme dans la tradition populaire, comme un animal cruel, féroce de nature, mais intelligent. Son premier réflexe quand il rencontre le chien est de « l’attaquer, le mettre en quartiers ».

Cassonance en « k » souligne cette violence, mais il choisit la flatterie. On remarque les allitérations en « I » et « m » dans les vers « Le Loup donc l’aborde humblement, Entre en propos, et lui fait compliment /Sur son embonpoint, qu’il admire b, qui sont beaucoup plus douce et montre le ton mielleux et flatteur qu’il adopte. Pourtant, c’est le chien qui est en position de supériorité, e qui se voit aussi par la longueur de ses répliques au style direct. Il utilise l’impératif pour parler au loup « quittez- suivez ce qui montre qu’il domine le loup dans le dialogue.

Enfin, ce récit est plaisant parce qu’il est varié. On remarque que la narration est entrecoupée de paroles rapportées, au style indirect « lui fait compliment/Sur son embonpoint, qu’il admire », mais aussi au style direct : « Il ne tiendra qu’à vous, beau Sire,’ D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien », et 3 direct : « Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,/D’être aussi gras que oi, lui repartit le Chien et les nombreuses interrogatives « « Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. – Quoi rien? – Peu de chose. – Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché ‘De ce que vous voyez est peut-être la cause. – Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas/ Où vous voulez ? – pas toujours, mais qu’importe ? avec le jeu de questions/réponses qu’elles suscitent contribuent à la vivacité du dialogue. Enfin, la versification variée du texte, mélange d’alexandrins comme aux v. 3 et 4, de décasyllabes comme aux v. 1 et 11, d’octosyllabes comme aux v. t 5, ainsi que la disposition des rimes qui peuvent être croisées (des vers 1 à 4 par exemple), embrassées (comme des v. 19 à 22), ou bien plates (tels les v. 5 8) évitent toute monotonie au texte. Cette fable se présente donc comme un récit plaisant, vif et varié. Mais même sans morale explicite, il délivre un message. Ce récit délivre est un apologue qui délivre un message. Le lecteur est amené à réfléchir par le biais de l’argumentation des deux animaux.

Les arguments du chien reposent essentiellement sur le confort, notamment sur la ourriture, obtenue sans efforts et sans risque. On remarque le champ lexical de la nourriture franche lippée », « Os de poulets, os de pigeons ») pour désigner sa condition qu’il opp 4 (« franche lippée », « Os de poulets, os de pigeons ») pour désigner sa condition qu’il oppose à celle du loup et des animaux de son espèce, désignés par lui par des termes péjoratifs : « Vos pareils y sont misérables, Cancres, hères, et pauvres diables ».

Il fait preuve de mépris, de condescendance vis-à-vis des faibles. Son argumentation repose sur une comparaison. Elle st efficace puisque le loup est convaincu « Le Loup déjà se forge une félicité/Qui le fait pleurer de tendresse Mais à la fin, il y a un retournement de situation lorsque le loup remarque le cou pelé du chien.

Aux répliques brèves des lignes 32 à 37 qui ressemblent à des stichomythies et qui montrent les réponses évasives du chien (« rien « peu de choses ») aux questions du loup, succèdent la réponse du loup sur 3 vers composés de deux alexandrins et un octosyllabe. Il importe si bien que de tous vos repas/ Je ne veux en aucune sorte,/Et ne voudrais pas même à ce rix un trésor. La morale de cet apologue est Implicite, c’est-à-dire qu’elle doit être déduite du récit. Pourtant, elle n’est pas difficile comprendre : il vaut mieux être libre et affamé que riche et asservi.

La liste de verbes à l’infinitif qui désignent les actions que doit faire le loup pour obtenir le confort matériel du chien (chasser les mendiants, flatter) montrent que ce ne sont pas des actions nobles, contraireme S (chasser les mendiants, flatter) montrent que ce ne sont pas des actions nobles, contrairement à celle de l’action du loup : à la pointe de l’épée Implicitement, La Fontaine dévalorise les courtisans qui gravitent autour du roi, Louis XIV étant un monarque absolu ne supportant pas la contradiction, et s’entourant donc de courtisans discrets et asservis.

Mais bien que la morale soit implicite, La Fontaine réussit faire entendre sa voix. A la fin, le loup est désigné par l’expression « maître loup », le fabuliste prend donc parti pour lui, puisque le terme « maître » est ici mélioratif. Il devient maître parce qu’il a choisi la liberté. De plus, c’est lui qui a le dernier mot. Ainsi, La Fontaine choisit une fable pour délivrer sa morale, d’une part parce cette forme d’apologue répond au grand principe du XVIIe siècle « plaire et instruire mais aussi parce qu’elle permet d’échapper à la censure.

En effet, revendiquer la liberté et critiquer les courtisans flatteurs et asservis sous le règne de Louis XIV, monarque absolu n’était pas sans risque, et c’est pourquoi de nombreux écrivains, même au XVIIIe siècle, choisiront l’argumentation indirecte pour remettre en question pouvoir et religion, comme Voltaire avec Candide ou Montesquieu avec Les Lettres persanes.