Le développement

Le développement

1- Peut-on « mesurer le développement ? (cf. [1], Sylvie Brunel). Laurie Le Rapport sur le développement humain de 1 990 a remis en question l’idée selon laquelle le produit intérieur brut (PIB) était un moyen adéquat et suffisant pour mesurer la croissance économique, et a introduit un nouvel Indice de Développement Humain (IDH) permettant de mesurer les progrès réalisés par les pays du monde entier en termes de développement humain.

Cet IDH met Paccent sur trois indicateurs que le Rapport de 1990 avait définis comme essentiels : l’espérance de vie a la naissance (qui mesure le niveau de santé générale d’un pays), ip next page l’éducation (à travers et d’alphabétisation ( 7 partir du PIB indexés le des individus aux res C’est donc un indice (pondération 1/3) venu par habitant (? ur mesurer l’accès est établi sur la base d’une pondération égale des trois indicateurs (un tiers chacun). Son calcul aboutit à un indice compris entre O et 1.

Plus l’indice est proche de 1, plus le pays est considéré comme développé sur le plan humain. Le Pnud (programme des nations unies pour le développement) classe les pays en quatre catégories selon leur indice : de à 1 (développement humain rès élevé), de

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0,8 à 0,899 (développement élevé), de 0,5 à 0,799 ((développement moyen) et de O à 0,499 (développement faible). Donc a priori oui on peut mesurer le dev ! qq chiffres : en 2013, pays en tête est la Norvège avec un IDH de 0*955, suivie de l’Australie 0. 38 puis des USA 0. 937. France en 20e position avec 0. 89 Sv. ‘ipe to 0,893. Les limites de l’IDH Tout d’abord, une notion aussi complexe et multidimensionnelle que le développement humain – amalgamant réalité et perception de cette réalité – ne saurait être saisi par un seul indicateur, aussi élaboré soit-il. 1. Pb de rigueur des sources statistiques des indicateurs de l’IDH L’IDH souffre en premier lieu de l’hétérogénéité – en termes de rigueur – des sources statistiques de ses indicateurs élémentaires.

Le PNUD peut être amené à utiliser pour certains pays des données peu pertinentes et non comparables avec d’autres pays et ce, dans l’unique objectif de calculer l’IDH. Si la mesure du développement humain se base en effet sur des données de la Banque Mondiale pour ce qui est du PIB, de l’UNESCO pour l’alphabétisation et la scolarisation et de la Division de la Population des Nations-Unies pour Vespérance de vie à la aissance, ces trois institutions utilisent les données statistiques nationales (elles les estiment lorsqu’il n’ y en a pas).

Or le niveau de développement des systèmes statistiques reste très variable dans le monde. Seuls 64 pays dans le monde, dont 4 pays en Afrique (Maroc, Tunisie, Afrique du Sud, Egypte) ont un système statistique qui adhère à la Norme Spéciale de Diffusion des Données (NSDD), du FMI. Sur les 118 pays qui n’ont pas le niveau statistique requis par le FMI, 67 sont pourtant classés entre le 20 et 128ème rang (le Maroc étant classé au 130ème rang par exemple).

S’agissant de a comptabilité nationale, seuls 18 pays (dont le Maroc) sur 53 en Afrique ont adopté le système comptable de l’ONU. La fiabilité des informations statistiques communiquées par les pays n’adhérant pas à ces normes d’excellence, coûteuses 2 OF E,’ informations statistiques communiquées par les pays n’adhérant pas à ces normes d’excellence, coûteuses au demeurant, ne peut être que sujette à caution. Le taux d’alphabétisation peut être ainsi surestimé.

CIDH a de plus le défaut de tous les agrégats puisqu’il suppose que ses composantes sont commensurables. Or, une augmentation de l’espérance de vie ne peut se substituer à une ugmentation de la production marchande (ex : si PIB augmente et espérance de vie diminue peut être que IDH va rester le même mais est ce que même niveau de dev pour autant ? ) 2. Limites du PIB comme critère de développement humain. Economiquement, le PIB est le résultat d’une accumulation sur une longue période de capital physique et humain propre à un pays.

Ainsi, en fonction de pré-acquis historique en matière de capital physique et humain ou de mannes provenant de ressources minières, un pays doté d’une faible population aura mécaniquement un PIB / habitant élevé. Le Botswana, avec 1,9 millions d’habitants, a un PIB de 13604 $ /hab. , et ce grâce aux diamants. Le Qatar avec 1,1 millions d’habitants a un PIB de 74882 S/hab. , grâce à la rente pétrolière. L’exploration d’une rente est par conséquent valorisée dans un classement par indicateur de PIB.

Mais un PIB provenant d’une rente minière mal utilisée (ce qui est souvent le cas) est beaucoup moins soutenable ? long terme qu’un autre PIB provenant de sources diversifiées de production. Le PIB est également un critère de développement artificiel. Un pays améliorera son classement uniquement par l’appréciation du prix du pétrole sans pour autant que le taux de pauvreté de sa opulation n’ait été réduit par exemple. Il ne renseigne pas sur 3 OF E,’ pauvreté de sa population n’ait été réduit par exemple.

Il ne renseigne pas sur la répartition des richesses et sur le niveau de vie réel de la population. 3. Limites des autres indicateurs de calcul de l’IDH L’espérance de vie a la naissance est un indicateur important de mesure du développement humain, puisqu’il reflète globalement le niveau de santé d’une population donnée. Mais sa mesure, dépendante du système de collecte du pays, peut être entachée d’une telle incertitude qu’elle prive cet indicateur de la rigueur écessaire.

Cette incertitude devrait en tout état de cause interdire de classer des pays avec des capacités de mesure trop dssemblables. Par ailleurs, Hespérance de vie pourrait être avantageusement remplacée par l’indicateur de l’espérance de vie en bonne santé, tout aussi rigoureux mais plus satisfaisant intellectuellement. Les niveaux de scolarisation et d’alphabétisation d’un pays sont étroitement liés à l’espérance de vie de sa population. Un paradoxe veut que l’amélioration de ce dernier indicateur se traduise par la résistance à la hausse des taux d’alphabétisation retenus également par FIDH.

A titre d’exemple, toutes choses étant égales par ailleurs, si le Maroc avait une espérance de vie limitée à 50 ans, il aurait gagné 10 points dans son alphabétisation, puisque les personnes âgées sont prépondérantes parmi la population analphabète. Ceci ne peut se déduire de la simple lecture de PIDH. 4. Limite conceptuelle de l’IDH La dynamique et la multidimensionnalité de pauvreté et des inégalités ne sont pas prises en compte dans le calcul de l’IDH, pas plus que ne sont discutées les disparités entre pays.

Absence de prise en compte des lib 4 OF E,’ que ne sont discutées les disparités entre pays. Absence de prise en compte des libertés publiques dans l’IDH est un autre défaut sérieux. Les dimensions cruciales d’autonomisation et de libertés politiques et civiques ne sont pas appréhendées, tout comme la soutenabilité et la vulnérabilité environnementales. Autant de défauts qui militent aujourd’hu pour une réforme de l’IDH. 2- Rostow ou Gerschenkron ? Matthieu On doit à W. W.

Rostow une vision extrêmement linéaire du développement en cinq grandes étapes des sociétés industrielles (Les étapes de la croissance économique, 1960) : la société traditionnelle (Traditional society) es conditions préalables au décollage (Preconditions for take-off) le décollage (Take-off) la phase de maturité (Drive to maturity) l’âge de la consommation de masse (Age of High mass consumption) La société traditionnelle ne vit que de l’exploitation de la terre, elle est relativement hostile au progrès et les hiérarchies sociales y sont figées.

Le PIB par habitant ne peut pas augmenter, et tend même à décliner. Le taux d’investissement tend à être le même que celui de la croissance démographique. Sa lente évolution l’amène progressivement à remplir les conditions préalables au décollage. Le changement y est plus facilement accepté, permettant que la croissance économique dépasse la croissance démographique, grâce à la révolution agricole notamment.

On assiste en effet à une augmentation de la production et de la productivité agricole. Le travail peut être alors ré-affecté à d’autres secteurs productifs. Des premières formes d’accumulation capitalistique apparaissent. Le capital humain augmente graduellement sous l’effet de la formalisation de l’éduc s OF E,’ apparaissent. Le cap tal humain augmente graduellement sous l’effet de la formalisation de l’éducation et de la diffusion des ompétences techniques.

Des bouleversements politiques et religieux s’y produisent (la Réforme, la révolution anglaise, la guerre d’indépendance des États-Unis, etc)[] puis arrive l’étape la plus courte et la plus décisive, « le décollage » ou take-off : durant une vingtaine d’années les investissements massifs dans l’industrie permettent une inflexion majeure et durable du rythme de la croissance (0,2 % en moyenne par an avant le XVIIIe, 1,2 % au XIXe).

Une soixantaine d’années plus tard, de nouvelles industries vont se substituer à celle du take- off (seconde révolution industrielle, pour les pays de la première évolution industrielle) : les niveaux de vie s’améliorent. Le processus de croissance est auto-suffisant. Grâce à de nouvelles configurations socio-politiques, ce qui n’est qu’une simple accélération économique peut être transformé en un processus daccumulation générale, qui in fine produit un accroissement du revenu individuel.

Les sociétés ont alors atteint le stade de « la maturité » avant le début de la production de masse. L’accélération économique s’étend à dautres secteurs économiques qui jusqu’alors n’avaient pas décollé. L’investissement compte désormais pour une roportion entre 10 % et 20 % du PIB (ce qui sera contesté par de nombreux économistes). Lorsque la part de l’investissement commence à décliner, un plus grand nombre de ressources est allouée à la consommation et la cinquième étape est atteinte.

La croissance mène à l’étape ultime de la société : la « consommation de masse » (les roaring twenties aux États-Unis, l’après Seconde Guerre 6 OF E,’ société : la « consommation de masse » (les roaring twenties aux États-Unis, l’après Seconde Guerre mondiale en Europe occidentale). Le pouvoir d’achat y est largement mieux réparti. Élargissant le modèle au-dehors des cadres historiques, on peut dire que les « pays les moins avancés » en sont encore à la première étape, la seconde caractérise les « pays en développement la troisième les « nouveaux pays industrialisés Ce modèle a suscité de nombreuses critiques.

D’aucuns ont contesté la distinction en différentes étapes, arguant qu’en réalité, le passage d’un stade à l’autre ne fut pas d’une telle clarté. une des critiques les plus sérieuses de cette théorie a été développée deux ans plus tard par l’économiste Alexander Gerschenkron (Economic backwardness in historical perspective, 962). Elle montre que les pays connaissant un développement plus tardif, profitant de l’histoire des nations les ayant précédés, connaissent un rattrapage accéléré et sautent même certaines étapes.

Gerschenkron dans Economic backwardness in historical perspective (1962) reformula la théorie du développement économique par étapes linéaires qui postule que le développement économique se déroule dans un ordre relativement déterminé. Cependant, il démontrait qu’à différentes périodes historiques correspondent différents types de développement : par exemple, en raison de la coexistence à une ême époque de pays avancés et d’autres en retard, ces derniers peuvent éviter de franchir certaines étapes que les premiers avaient suivies, en adoptant leurs avancées technologiques.

Cela est illustré par les voies particulières d’industrialisation suivies par le Japon de l’ère Meiji ou par l’Union soviétique. G ers OF E,’ particulières d’industrialisation suivies par le Japon de l’ère Meiji ou par l’Union soviétique. Gerschenkron postulait que les économies les plus attardées étaient au début de leur décollage – il ne définit jamais exactement comment mesurer leur « retard », quoique se apportant à leur placement sur un axe nord-ouest/sud-est européen, avec le Royaume-Uni à la pointe la plus avancée et les pays des Balkans à l’autre extrême.

Les conditions de décollage les plus certaines devaient intervenir pendant la croissance : la consommation étant freinée en faveur de l’investissement (l’épargne) dans les pays partant de loin, ils devaient plus encore s’appuyer sur les banques et utiliser d’autres moyens de mobilisation des investissements, parmi d’autres conditions. 3- STABEX et SYSMIN.

Laura Tout part de la Convention de Lomé, qui est un accord de oopération commerciale signé le 28 février 1975 entre la CEE et 46 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (dits pays ACP), renouvelé en 1979 (Lomé Il, 57 pays), en 1984 (Lomé III, 66 pays) et 1990 (Lomé IV, 70 pays). En 2000, la Convention de Lomé est remplacée par l’accord de Cotonou, et compte désormais 79 pays. Cette coopération avait pour but de favoriser l’adaptation des pays ACP à l’économie de marché. Dans les années 1970s, de nouveaux instruments ont été introduits pour affronter la crise sur le marché des produits de base.

Par exemple, lors de Lomé en 1975, fut mis en place le STABEX fond de stabilisation des recettes d’exportation sur les produits agricoles) : l’idée est que le fonds européen de développement (FED) compense la perte des recettes à l’exportation (via des transferts financiers) subie par tous les pays ACP, li 8 OF E,’ recettes à l’exportation (Via des transferts financiers) subie par tous les pays ACP, liée aux fluctuations des prix sur les marchés mondiaux (cacao, café, arachides, thé, etc. ) ou aux mauvaises récoltes.

Le STABEX fut aboli en 2000 lors de la signature des Accords de Cotonou. Le but de ce système était de remédier aux effets désastreux sur les économies en développement es pays ACP des instabilités des prix des matières agricoles et donc des recettes à l’exportation pour ces pays (éviter que les recettes d’exportation des pays ACP ne varient parfois du simple au double). Mais depuis 1987 il ne pouvait plus faire face à ses engagements financiers en raison de la chute des prix du cacao et du café.

Le Fonds SYSMIN (Système de Développement du potentiel minier) était également une innovation des années 70. Un pays fortement dépendant d’un minerai particulier et enregistrant une baisse de ses exportations pouvait accéder aux prêts SYSMIN, onçus pour amoindrir la dépendance d’un pays à l’exploitation de ses ressources minières ». Le SYSMIN est donc une facilité de financement spéciale pour les pays ACP miniers qui exportent vers la CEE. Il constitue un instrument de développement au service des pays fortement dépendants de leur secteur minier et confrontés à des circonstances graves.

L’idée était de maintenir ou rétablir la viabilité de leur capacité de production au moyen de prêts à des conditions très avantageuses. 4- La CNUCED, hier et aujourd’hui. Lola CNUCED : En 1963, 75 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, appellent u lancement d’un organisme destiné à aider les pays en développement à tirer le meilleur parti des possibilités de commerce, d’investissement et d E,’ commerce, d’investissement et de développement qui s’offrent ? eux, et à s’intégrer de façon équitable dans l’économie mondiale. La CNIJNED voit ainsi le jour l’année suivante. La Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) est un organisme de l’ONU créé en 1964 visant à intégrer les pays en développement dans l’économie mondiale de façon à favoriser leur essor. La CNUCED cherche à affirmer la cohésion des pays u Sud autour d’une revendication majeure : -des échanges commerciaux rééquilibrés, ce qui suppose l’accès des pays du Sud aux marchés du Nord et l’amélioration des termes de l’échange.

CCréation : -La première Conférence du CNUCED s’est tenue à Genève en 1964. Étant donné l’ampleur des problèmes en jeu et la nécessité de trouver des solutions, il a été décidé que la Conférence se tiendrait tous les quatre ans. -Parallèlement, les pays en développement ont créé le Groupe des 77 (c’est une coalition de pays en développement, conçue pour promouvoir les intérêts éco collectifs de ses membres et réer une capacité de négociation accrue aux Nations unies) pour faire entendre leurs préoccupations (131 membres aujd). -Le premier Secrétaire général de l’organisation est le célèbre économiste argentin Raul Prebisch. DPhase 1 : Les années 60 et 70 : •Au cours des premières décennies de son existence, la CNUCED a pris de plus en plus de poids -En tant qu’instance intergouvernementale de dialogue et de négociations Nord-Sud sur les questions intéressant les pays en développement, notamment le « Nouvel ordre économique international » n -En tant qu’organe se consacrant à la recherche et ? 0 7