Le classicisme

Le classicisme

FRANCAS LE CLASSICISME Le mot « classique » a aujourd’hui plusieurs sens. par « classique », ont peut entendre « habituel », ou « conforme » ? l’ordre social. Nous allons dans cet exposé définir le classicisme littéraire et énoncer les caractéristiques communes à tous les écrivains classiques.

Nous aurons donc à aborder l’Histoire de ce mouvement à travers les siècles Le classicisme est un dérivé du mot « classique », emprunté au latin classicus, « de première classe » ; par métaphore, le terme a été employé dès le deuxième siècle pour désigner un auteur ou une euvre d’excellence, Le classicisme littérai propres aux grandes siècle. Le classicisme OF p g mble de caractères ntiquité et au WII éraire qui recherche l’imitation des anciens et des auteurs du XVII siècle.

Le classicisme est plus qu’une simple mode artistique éphémère, c’est avant tout une philosophie, une façon de voir les choses qui est née avec la Renaissance et les pensées des humanistes europeens. En effet, si pour nous, le terme « classiques » évoque avant tout les auteurs français du siècle de Louis XIV, il englobait à cette époque les grands auteurs de PAntiquité grecque t latine : Homère, Ovide, Cicéron, Socrate, Phèdre, Plaute, Horace, Aristophane ou

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encore Aristote.

Ces auteurs avaient été redécouverts à la Renaissance et même traduits en français. Ces « anciens » devinrent très populaires et, dès le XVIème siècle, firent l’objet d’ d’un véritable culte par les auteurs français. Le mot lui-même est plus tardif, on l’attribue à Stendhal vers 1825. Le seul terme d’époque était « atticisme », qui renvoie bien à l’antiquité gréco- latine. Il fallait d’abord imiter, puis égaler, enfin dépasser ce modèle.

A ce but fondamental des écrivains classiques s’ajoute a volonté de définir la littérature, de s’imposer des règles et des contraintes et de tout codifier. Les écrivains classiques cherchent à s’imposer des règles, des contraintes, au nom de la vraisemblance, et à peindre la vie telle qu’elle apparaît à leurs yeux et à leur philosophie. Voici les caractéristiques du classicisme : -Le culte des anciens : il se retrouve dans les tragédies classiques, le plus souvent tirées de la mythologie grecque ou de l’Antiquité historique.

Ce culte transparaît également avec l’établissement des règles classiques, exposées par Boileau dans l’Art poétique 1679) et directement inspirées par Horace et Aristote. On peut également rappeler que la majorité des Fables de La Fontaine sont adaptées de leurs équivalentes antiques, et que même un auteur comique, Molière, s’est inspiré de Plaute. -La définition de tous les genres littéraires : c’est à l’époque classique que l’on sépare la littérature en genres (la farce, la comédie, le drame, la tragédie, la nouvelle et le roman).

Et l’on différencie les registres de langue, au nom de la sacro-sainte règle de la bienséance. Une certaine vision de la réalité : les classiques, obéissant ? Aristote, veulent avant toute chose instruire leurs lecteurs. Or, pour instruire, il faut décrire la vérité. Cest pourquoi 0 toute chose instruire leurs lecteurs. Or, pour instruire, il faut décrire la vérité.

C’est pourquoi le classicisme s’attache ? exposer la complexité de la vie psychologique et à analyser sans complaisance les comportement des hommes. Cependant la réalité est idéalisée, du moins stylisée pour plaire et frapper les esprits. Il en résulte une apparente contradiction : mais la conformité à la réalité n’est pas un but, mais un moyen. Il faut ussi ajouter que ce sont les classiques qui ont crée l’image de l’ « honnête homme contre laquelle les romantiques s’élèveront.

Comme en littérature, l’esthétique classique se réfère aux conceptions esthétiques héritées de l’antiquité, de Platon, dAristote, de Vitruve (que Charles Perrault traduit en 1 673) notamment, s’inspirant également des réflexions des artistes italiens du quattrocento. L’état quand à lui contrôle l’art par le biais des Académies royales ; Louis XIV lui-même dirige les constructions de Claude Perrault, de Jules Hardouin-Mansart, Le Vau, etc. et avant tout les agrandissements du château de Versailles, sur le modèle de Vaux-le-Vicomte, et qui deviendra ? son tour le modèle de l’architecture classique.

L’art classique est avant tout un art officiel, chargé de donner à la France et au roi l’éclat, le prestige et la noblesse dans toute l’Europe Les finalités de l’esthétique classique, sont les mêmes que dans la littérature. Cart classique tend à l’intemporalité, se veut le triomphe de la raison sur les passions, recherche l’équilibre, les bonnes proportions, la clarté, Ilharmonie, l’ordre et la mesure, et prend ainsi le contre-pied sur le baroq roportions, la clarté, l’harmonie, l’ordre et la mesure, et prend ainsi le contre-pied sur le baroque.

Si la fin du XVIème siècle et le début du XVIIme siècle avaient vu l’ébauche des pensées fondamentales du mouvement classique, on peut qualifier la période 1660-1680 de véritable « règne » du classicisme dans tous les domaines artistiques, et ce parallèlement avec l’apogée du règne personnel de Louis XIV, durant laquelle la France dominait l’Europe, imposant son style et ses valeurs. Cette période relativement courte a vu s’épanouir des genres comme la comédie, avec notamment Molière, la tragédie, avec

Jean Racine ou Pierre Corneille, ou encore la poésie, codifiée par Boileau et La Bruyère. A la fin du XVIIème siècle et jusqu’à la mort de Louis XIV, le style classique va connaître un long déclin, conséquence de plusieurs facteurs : perte de prestige de la France à l’étranger avec la révocation de l’Édit de Nantes et la guerre de la ligue d’Augsbourg, perte de goût du Roi pour ses « plaisirs de jeunesse » avec l’influence toujours grandissante des dévots au sein de la Cour, perte de prestige du théâtre aux dépens du roman (genre plus souple) et surtout, querelles intérieures.

L’HONNETE HOMME Chaque période littéraire voit naitre des normes et des modèles particuliers qui correspondent à la pensée et aux idéaux caractéristiques de l’époque. En 1528 est publié Il Libro del Corteggiano de Baldassare Castiglione, ce livre fondateur, présenté sous la forme de conversation d’hommes et de femmes « de qualité » à la cour du roi Urbino, eut une influence considérable pendant environ deu 4 0 à la cour du roi Urbino, eut une influence considérable pendant environ deux siècles dans toute l’Europe.

C’est de l? que naissent deux idéologies sociales assez prochent l’une e l’autre: celle du courtisan, mais surtout celle de l’honnête homme. Par l’intermédiaire du XVIe siècle qui avait amené une grande réflexion sur la vie sociale, la société du XVIIe siècle composée principalement de l’aristocratie ancienne (noblesse « d’épée de la noblesse parlementaire (dite « de robe ainsi que quelques Individus de la haute bourgeoisie décident de codifier le comportement social idéal que l’on désignera par les mots: « honnêteté » et d’ « honnête homme D.

Pour ce faire ils s’inspirent de la littérature du temps, des salons parisiens et de ‘ambiance de la cour. Il n’est cependant vraiment apparut que grâce à la plume dl écrivains et de moralistes de l’époque. Ce nouveau modèle d’humanité, témoigne en outre de l’essor de la classe bourgeoise. En effet, dans une société jusqu’alors dominée essentiellement par la noblesse, puisque l’ancien modèle était le courtisan, c’est à dire un idéal exclusif à la cour est remplacé parle modèle de l’honnête homme qui, bien qu’il soit souvent noble et vive à la cour, peut tout de même être un riche bourgeois.

Dès le début de son règne, Louis XIV concentre tous les pouvoirs ? Versailles et il oblige la noblesse à y séjourner. Pour obtenir des postes, maintenir ses avantages et participer quelque peu aux affaires politiques: l’obligation de plaire devient une contrainte permanente à la cour engendrant ainsi des conduites qui n’ont plus de l’honnêteté que l’apparence. La so plus de l’honnëteté que l’apparence.

La société de cour est dès lors fondée sur la dissimulation; la politesse masque l’intérêt, l’attention à autrui se corrompt en flatterie. Ainsi au XVIIe siècle, c’est la figure de l’honnête homme qui domine. ‘honnête homme est souvent noble. S’il ne l’est pas, il doit avoir les qualités de la noblesse et assez de mérite personnel pour aspirer à faire partie de cette classe. Il a été éduqué dans le monde et ne travaille pas. Il cherche à plaire et à briller en société.

Pour ce faire il obéit à la lettre aux bienséance, c’est à dire savoir ce qu’il convient de dire ou de faire dans des circonstances données ou avoir du goût ainsi que de bonnes manières, comportement clée dans la vie sociale du XVIIe siècle. Grâce à cela Il sait parfaitement se tenir en société, et fait preuve de nombreuses qualités qui montrent son goût de l’échange umain et des bonnes mœurs il se montre ainsi galant et courtois.

Cest de prime abord par ses manières raffinée, sa mise élégante et son attitude très ouverte à tout type de conversation que les gens le remarquent et l’abordent, d’un naturel charmant il se montrera le plus agréable possible envers ses interlocuteurs et parviendra ainsi avec simplicité à les séduire. La cour n’est pas l’endroit idéal pour exposer ses sentiments : il convient donc de toujours y présenter un visage détendu et souriant, jamais sa mauvaise humeur ou son irritation.

En somme, l’honnëte homme araît bien, il est beau, charmant et charismatique. Il doit en outre faire preuve d’une grande capaci 6 0 beau, charmant et charismatique. Il doit en outre faire preuve dune grande capacité d’adaptation. Cest la seule façon de faire bonne figure dans tous les milieux et dans toutes les circonstances. L’honnête homme n’aura pas la même attitude devant un cardinal, un marquis ou une jeune fille et n’abordera pas avec eux les mêmes sujets de conversation mais s’exprimera toujours avec élégance et humour. u cardinal, il parlera de théologie, au marquis, il posera des questions sur sa dernière campagne ilitaire et tiendra des propos galants à la jeune fille. D’ailleurs son charme lui vaut beaucoup de succès auprès de la gent féminine qui l’admire énormément, les hommes quant à eux l’éstiment et l’apprécie. Il est finalement l’opposé du provençal qui ignore tout des bonnes manières. La politesse mondaine devient, finalement, avec l’Honnête homme -à la différence du modèle du Courtisan qui l’a précédé- une sorte d’obligation morale.

Nicolas Faret a écrit le premier grand traité portant sur L’honnête Homme (1633). Pour comprendre la théorie de l’honnêteté, il faut se souvenir u précepte latin: Intus ut libet, foris ut moris est (A l’intérieur, fais comme il te plaît, à l’extérieur, agis selon la coutume). L’opposition entre l’espace social et le for intérieur, que nous ne comprenons plus guère aujourd’hui, est capitale au XVIIe siècle : elle ménage une sociabilité harmonieuse, condamne les conduites agressives tout en faisant place à la liberté que chacun conserve de juger pour son propre compte.

Elle peut avoir pour conséquence un conformisme ou une hypocrisie sociale : dans les deux cas, l’idéal de l’honnête pour conséquence un conformisme ou une hypocrisie sociale : ans les deux cas, l’idéal de l’honnête homme devient équivoque, la vie sociale apparaît comme un théâtre où les personnages jouent des rôles convenus, et où l’intelligence consiste ? déchiffrer les apparences. L’honnête homme est profondément modeste et humble par conséquent il ne se mettra jamais en avant, il est de plus très discret.

Il fait preuve de modération dans ses désirs et ses actes. L’honnêteté est évidemment l’une de ses grandes qualités. II montre aussi non seulement son ouverture, mais son altruisme et sa capacité à dominer son amour-propre. Deux autres de ses ualité essentielles sont la tolérance et le respect. Pour être agréable, l’honnête homme montre aussi un sens de l’humour remarquable puisqu’à la fois fin subtil et vertueux, qui témoigne de son de sa noblesse et de son élégance d’ésprit. De ce fait il fait davantage sourire que rire aux éclats.

Malgré ce que l’on pourrait penser au départ, Ihonnête homme n’est pas un flatteur. Au contraire, pour lui, il est extrêmement important de se montrer naturel, c’est-à-dire d’avoir la Nature pour guide, ainsi il sait aussi se montrer maitre de ses émotions. Il fait de l’intégrité et de la probité les principales qualités u courtisan. Il rejette donc l’affectation et ne cherche pas ? paraître ce qu’il n’est pas — il souhaite être agréable et brillant naturellement, sans chercher à l’être.

De même, il refuse l’exagération, l’excès, et recherche en tout le juste milieu – il est donc normal qu’il rejette à la fois la préciosité et la pédanterie. Sa recherche de naturel l’amène parfois B0 normal qu’il rejette à la fois la préciosité et la pédanterie. Sa recherche de naturel l’amène parfois à critiquer les défauts de l’homme et de la société, cependant il croit que l’amélioration e la morale personnelle plutôt qu’une transformation des institutions amènera le progrès de la civilisation.

Cest un être de raison, qui sait s’adapter aux usages de son temps sans abdiquer sa liberté de jugement. L’Honnête homme est un être de contrastes et d’équilibre. II incarne une tension qui résulte de cette recherche d’équilibre entre les exigences de la vie et celles de la pensée, entre les vertus antiques et les vertus chrétiennes, de l’âme et du corps. Il lui faut fuir les excès, même dans le bien. En un mot, il est un idéal de modération et d’équilibre dans l’usage de toutes les facultés.

Pour ces diverses qualité il représente aussi l’incarnation de modèle classique. L’honnête homme a une bonne culture générale (il n’est spécialiste dans aucun domaine, sous peine de s’enfermer dans son savoir), qu’il n’étale jamais fièrement : il sait montrer qu’il est cultivé quand il le faut. Il fait preuve d’une grande réflexion alliée à un usage parfait de la raison. Sur ce théâtre, la maitrise de la parole est centrale : raffinement des formules, goût des jeux de mots (c’est l’esprit), art de la conversation.

La valeur la plus haute reste pourtant insaisissable, c’est le naturel, le je ne sais quoi, que a plupart s’efforcent d’imiter, et que fort peu rencontrent, s’il faut en croire Molière. Sil cultive l’art de la conversation, il n’est pas du genre ? monopoliser la parole et à tout ramener à lui-même, conversation, il n’est pas du genre à monopoliser la parole et ? tout ramener à lui-même, au contraire il laisse plutôt la parole à son interlocuteur, dont il souligne la justesse des idées ou l’à- propos d’une formule. Cette capacité d’adaptation n’est rendue possible que via une grande souplesse d’esprit.

L’honnête homme a aussi un rapport particulier à la culture. Il est instruit de out, voire expert de tous les domaines, c’est un « généraliste » qui représente donc une représentation unifiée du savoir. Par conséquent il s’oppose au « spécialiste » (en grec, idiôtès : celui qui s’enfermant dans un savoir unique, devient stupide, idiot) mais cet idéal de formation a davantage pour but de faire naître le « bon goût » que de développer un savoir encyclopédique, c’est surtout un moyen universel de communication – comment, autrement, discuter avec tous? ?? sans pour autant être pédant. En effet,il veille à ce que son vaste champ de connaissances ne ‘amène pas au jargonnage ou au didactisme: il doit toujours s’adapter à ses interlocuteurs, qui n’ont pas nécessairement une spécialisation aussi grande que la sienne, et ne souhaite surtout pas les ennuyer.

On pourrait dire, avec son intelligence polyvalente, qu’il est un « dilettante ». Il apprécie les arts, les lettres et le théâtre, qui sont des suets de conversations importants autant à la cour que dans les salons. Cette conception de l’Honnête homme renvoie au principe de Montaigne voulant qu’il est préférable d’avoir ala tête bien faite que bien pleine». 0 0