la vie devant soit

la vie devant soit

Cahier pédagogique @ i. de Beir La Vie devant soi Romain Gary /// Michel Kacenelenbogen Adaptation de Xavier Jaillard une création et production du Théâtre Le Public Salle de La Grande Main 25 et 27 février 20141/ 13:30 Sni* to View Sommaire Romain Gary Biographie Bibliographie 7 8 Résumé ors2 personnage souvent central de bien des œuvres de Gary, et la Madame Rosa de La Vie devant soi doit beaucoup à cette figure de mère julve, forte et angoissée à la fois, lionne défendant son petit contre le monde entier et ne doutant jamais qu’il deviendra un grand fauve admiré de tous.

Mina, algré les difficultés financières, élève donc Roman comme s’il était un prince, l’éduquant notamment dans l’amour de la France. Cette France lumière du monde, terre promise de liberté et de culture, berceau des grands poètes, patrie des arts. Fuyant les pogroms du communisme, elle l’emmènera à Nice où ils s’installent en 1928. Roman, qui est devenu Romain, a 14 ans. Il fait ses études au lycée de la ville tandis que sa mère parcourt les grands hôtels de la Riviera cherchant à fourguer aux richards de passage les pièces que lui confient quelques bijoutiers et antiquaires de Nice.

Elle inira

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
par s’offrir une pension de famille, l’hôtel Mermonts, qu’elle gèrera d’une main ferme et douce à la fois jusqu’à sa mort. En 1933, Romain décroche son bac et monte à Paris pour étudier le droit. En 35 il obtient enfin cette nationalité française tant désirée. Cest le temps où sont publiées ses premières nouvelles, mais son premier roman Le Vin des Morts est refusé par tous les éditeurs. Sa licence de droit en poche, il entre en 1938 ? l’Ecole de l’Air de PAGF OF alors les Forces Françaises Libres et vouera jusqu’au bout une admiration sans faille à De Gaulle.

Il commence durant la guerre ? eter sur le papier les ébauches de ce qul deviendra Education européenne, son premier succès littéraire. En 1941, Mina meurt sans que Romain ait pu la revoir. Après un passage en Afrique, il combat au Proche-Orient où il contracte le typhus dont il réchappe par miracle. De retour en Angleterre, il est incorporé au groupe de bombardement Lorraine et participe à de nombreux raids. En 1944, il est grièvement blessé puis est décoré de la croix de guerre. ? Londres, il fait la connaissance de Lesley Blanch, une journaliste qu’il épouse en 45. La même année, la Légion d’Honneur lui est attribuée, ais surtout, Education européenne est publiée chez Calmann- Lévy et obtient le prix des Critiques. Malraux, Camus, Aragon et Kessel, entre autres, reconnaissent la naissance d’un grand écrivain. Romain Gary entre alors en diplomatie et se retrouve en poste à Sofia. Aux prémices de la guerre froide, on juge qu’un homme qui parle 4 couramment le russe, le polonais, l’anglais et l’allemand peut y être utile.

Il songe ? écrire une pièce de théâtre pour Louis Jouvet qu’il admire, mais le maître se montre critique et difficile. Suite à cet échec, Romain renoncera presque définitivement ? écrire pour la scène. uivante, il achète avec Lesley une vieille maison de Roquebrune dont il fera un temps son havre de paix. Au début des années 50, il se retrouve affecté à Berne où il s’ennuie prodigieusement, tandis que les traductions anglaises de ses romans le font connaître aux Etats-Unis. Romain Gary devient officiellement son nom d’état civil.

Il fait paraitre Les Couleurs du jour alors qu’il est porte-parole de la délégation française ? IONIJ. Puis il quitte New York pour Los Angeles où il sera Consul général de France jusqu’en 1961. Il fréquente alors tout le beau monde d’Hollywood. Il est à La Paz, en mission de emplacement, lorsqu’il apprend que le Goncourt 1956 lui a été attribué pour Les Racines du ciel et il rentre à Paris précipitamment pour recevoir son prix. En 1959, il rencontre l’actrice Jean Seberg et ils tombent éperdument amoureux.

En 60, publication de La Promesse de l’aube, qui décrit son parcours et dans lequel la figure maternelle est centrale et omniprésente. La longue procédure de son divorce avec Lesley Blanch trouve son terme en 1963. Jean et lui, entre deux tournages, s’installent à Majorque où, en octobre, nait leur fils Alexandre Diego. Romain écrit en anglais ce qui deviendra Adieu Gary Cooper. En 66, il visite avec elle Varsovie et ce qui fut l’emplacement du ghetto. Ce voyage bouleversant donnera naissance ? Oiseaux vont mourir au Pérou.

Il publie Chien blanc qui parait en 1970, l’année de la disparition du Général De Gaulle, où l’on verra Gary sortir de sa tanière pour assister aux obsèques, revêtu de son vieux blouson de pilote, toutes ses médailles à la poitrine et arborant sa Légion d’Honneur. Il publie aux Etats-Unis un hommage vibrant dans Ode to the Man who was France. Séparé de Jean Seberg depuis 1968, les ex- amants vivent cependant dans la même rue à Paris. Gary n’arrête pas d’écrire, ous divers noms.

En 1975, Gallimard fait paraître au Mercure de France un roman signé d’un certain Émile Ajar : La Vie devant soi reçoit le prix Goncourt la même année, le deuxième de Gary qui se cache sous ce pseudonyme avec la complicité de son petit cousin, Paul Pavlowitch. Gary, sous son vrai nom, publie encore en 77 Clair de femme. Cette même année, l’adaptation cinématographlque de La Vie devant soi vaut un César ? Simone Signoret. En 1 979, Jean Seberg meurt. L’année suivante Romain Gary met fin à ses jours avec son vieux pistolet d’ordonnance. Il laisse un mot déclarant que ce uicide n’a aucun lien avec la mort de Jean.

En 1981 enfin, le mystère Ajar est levé : Gary et lui ne font plus qu’un définitivement. 6 Nouvelles publiées sous le nom de Romain Kacew : 1935 : L’orage et une PAGF s OF du jour : Les Racines du ciel (prix Goncourt) 1956 1960 : La Promesse de l’aube : Johnnie Cœur (théâtre) n 1961 : Gloire à nos illustres pionniers (nouvelles) 1962 n 1963 . • Lady L. : Adieu Gary Cooper (The Ski Bum) 1965 n 1965 : Pour Sganarelle (Frère Océan 1) (essai) : Les Mangeurs d’étoiles (La Comédie américaine 1) 1966 La Danse de Gengis Cohn (Frère Océan 2) n 1967 .

La Tête coupable (Frère Océan 3) 1968 : Adieu Gary Cooper (La Comédie américaine 2) 1969 Chien blanc n 1970 . : Les Trésors de la mer Rouge 1971 Cl 1972 . • Europa . Les Enchanteurs 1973 • n 1974 La Nuit sera calme (entretien fictif) : Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable 1975 n 1977 : Clair de femme : Charge d’âme 1977 La Bonne Moitié (théâtre) 1979 . : Les Clowns lyriques Cl 1979 . Les Cerfs-volants 1980 • : Vie et mort d’Émile Ajar (posthume) n 1981 : L’Homme à la colombe (version posthume définitive) 1984 Sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi : 1958 : L’Homme à la colombe

Sous le pseudonyme de Shatan Bogat 1974 : Les Têtes de Stéphanie Sous le pseudonyme d’Émile Ajar : Gros-Câlln : La Vie devant soi (prix Goncourt) • Pseudo • L’Angoisse du roi Salomon C] 1974 Cl 1976 . 6 OF mais repart aussitôt en croyant que Momo, son enfant musulman, est devenu juif ! Et puis, après tous ceux qu’elle a recueillis et élevés dans le quartier, Momo, c’est le dernier enfant qui lui reste ? Rosa, elle ne veut pas le voir partir. Même si ce n’est pas vraiment le sien, il est son souffle de vie le petit…

Alors oui, entre la vieille dame juive et le petit musulman, c’est ne histoire d’amour qui se tisse au quotidien, qui les lie l’un ? l’autre avec tendresse, avec ironie, mais surtout avec une fidélité féroce, sauvage, pour faire face au monde qui gravite autour de leur petit univers cocasse… Ils vont être ensemble, complices, jusqu’au bout de la vie. Le roman Dès les premières pages, on est embarqués dans ce quartier de Bellevillel des années 70.

Momo (Mohammed) a 10 ans (en réalité, il a 14 ans), il a été recueilli dès son plus jeune âge par Madame Rosa « qui s’est spécialisée en nounou de fils de putes Cest à Belleville, au sixième sans ascenseur, chez Madame Rosa, une vieille Juive ui a connu Auschwitz, et qui autrefois, il y a bien longtemps, se défendait2 rue Blondel. Elle a ouvert une pension sans famille pour les gosses qui sont nés de travers, autrement dit une crèche clandestine où les dames « qui se défendent » abandonnent plus ou moins leurs rejetons de toutes les couleurs.

Momo raconte sa vie chez Madame Rosa et ur la seule maman qui lui PAGF 7 OF qu’il aime de tout son cœur – presqu’autant que son parapluie Arthur, une poupée qu’il s’est fabriquée avec un vieux parapluie , il n’a pas de père et chez Madame Rosa, les autres gosses s’appellent Moïse ou Banania. Lorsque Madame Rosa meurt, il lui eint le visage au Ripolin, l’arrose des parfums qu’il a volés et se couche près d’elle pour mourir aussi. Le quartier de Belleville est le 77e quartier administratif de paris situé dans le 20e arrondissement. Dans les représentations des Parisiens, le « quartier de Belleville » est plus vaste.

Au 19e siècle, l’habitat y est de mauvaise qualité générale (construction avec des matériaux peu coûteux et faible entretien). Le tissu social du quartier est largement défavorisé. La Ville de Paris va débuter une rénovation du quartier dès 1952. Voir pp. 15-17. 2 Se défendre signifie ici se prostituer. Le langage Dans La Vie devant soi, Gary/Ajar invente un style, dans le genre parlé, familier, mais sans argot, qui éclate en formules cocasses, incongrues, lapidaires. Les phrases sont déformées et provoquent un effet comique. La Vie devant soi est avant tout une histoire de langue.

Dès les premières pages, on tombe sous le charme du parler du etit Momo. Élevé à l’école de la rue, Momo PAGF 8 OF parfaitement réussi puisque dès la première page, on oublie totalement l’écrivain. Toute l’attention du lecteur est portée vers cet enfant singulier qui nous raconte la vie de tout ce petit monde à sa manière. Extraits ? La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines.

Elle nous le rappelait chaque fois qu’elle ne se plaignait pas d’autre part, car elle était également juive. Sa santé n’était pas bonne non plus et je peux vous dire aussi dès le début que c’est une femme qui aurait mérité un ascenseur. Je devais avoir trois ans quand j’ai vu Madame Rosa pour la première fois. Avant, on n’a pas de mémoire et on vit dans fignorance. J’al cessé d’ignorer à l’âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque. Il y avait beaucoup d’autres Juifs, Arabes et Noirs à Belleville, mais Madame Rosa était obligée de grimper les six étages seule.

Elle disait qu’un jour elle allait mourir dans l’escalier, et tous les mômes se mettaient à pleurer parce que c’est ce qu’on fait toujours quand quelqu’un meurt. On était tantôt six ou sept tantôt même plus àdedans. Au début je ne savais pas que Madame Rosa s’occupait de moi seulement pour toucher un mandat à la fin du mois. uand je l’ai appris, ça m’a fait un coup de savoir m’aimait pour rien et qu’on était 9 uelqu’un l’un pour l’autre. J’en ai pleuré toute une nuit et c’était mon premier grand chagrin.

Madame Rosa a bien vu que j’étais triste et elle m’a expliqué que la famille ça ne veut rien dire et qu’il y en a même qui partent en vacances en abandonnant leurs chiens attachés à des arbres et que chaque année il y a trois mille chiens qul meurent ainsi privés de l’affection des siens. Elle m’a pris sur ses genoux et elle m’a juré que j’étais ce qu’elle avait de plus cher au monde mais j’ai de suite pensé au mandat et je suis parti en pleurant. » pp. 9-10 « Pendant longtemps je n’ai pas su que j’étais arabe parce que personne ne insultait. On me l’a seulement apprls à l’école.

Mais je ne me battais jamais, ça fait toujours mal quand on frappe quelqu’un. Madame Rosa était née en Pologne comme Juive mais elle s’était défendue au Maroc et en Algérie pendant plusieurs années et elle savait l’arabe comme vous et moi. Elle savait aussi le juif pour les mêmes raisons et on se parlait souvent dans cette langue. La plupart des autres locataires de l’immeuble étaient des Noirs. Ilya trois foyers noirs rue Bisson et deux autres où ils vivent par tribus, comme ils font ça en Afrique. Il y a surtout les Sarakollé ui sont les plus nombreux et les Toucouleurs,