La spiritualité du m-a Occidental André Vauchez

La spiritualité du m-a Occidental André Vauchez

Parmi les nombreuses fonctions qu’il a occupé ou occupe encore, on peut citer ses postes successifs d’assistant et de maitre- ssistant à l’université Paris IV, son poste de directeur des études pour le Moyen Âge à l’Ecole française de Rome entre 1972 et 1979 et de maitre de recherches au CNRS, de professeur d’histoire médiévale à l’université de Rouen de 1980 à 1982, puis l’Université Paris X Nanterre jusqu’en 1995.

Outre son rôle certain joué dans l’enseignement et la recherche Italiens, il est, depuis 2009, président de l’Académie des inscriptions et Belles-lettres. L’OUVRAGE L’ouvrage dans sa première version est paru en 1975 . siècle, correspondant au chapitre IV , y a été ajouté. plan du livre comporte donc cinq parties, dont quatre sont thématico-chronologiques, procédant à un découpage temporel de la période sur laquelle porte l’ouvrage, à savoir du VIII ème au XIII ème siècles. Les sous-parties sont systématiquement thématiques.

Le cinquième chapitre est particulier dans la mesure où sa démarche est à dominante thématique : il établit une sorte de tableau des moyens pour l’homme médiéval de communiquer avec Dieu et de se rapprocher individuellement de lui, en se concentrant sur les XII ème et XIII èmes siècles,

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une fois la société odifiée par les principaux bouleversements spirituels. A la fin de chaque chapitre, l’auteur opère une transition, qui consiste en un bref résumé des enjeux du chapitre, dont l’auteur se sert ensuite afin de montrer en quoi cela influera sur les siècles à venir, traités dans le chapitre suivant.

Comme son titre l’indique, l’objet de l’ouvrage est l’étude de la spiritualité chrétienne dans l’occident médiéval, plus précisément, ses moyens d’expression et d’évolution dans les différentes couches de la société au cours des siècles. Nous allons procéder à un résumé de l’ouvrage pour mieux en omprendre les principaux arguments, la logique et les rouages. Introduction Définir la spiritualité est la première chose que l’auteur s’attache faire, puisque c’est l’objet même de son ouvrage.

Il précise que c’est un concept moderne qui n’existait pas en tant que tel au Moyen-Age. lI la comprend plutôt comme la relatio 20F 14 moderne qui n’existait pas en tant que tel au Moyen-Age. Il la comprend plutôt comme la relation unissant les choix faits dans la Sainte Ecriture (les hommes attachant plus d’importance certains aspects qu’à d’autres en fonction des époques), et des ratiques opérées par les hommes du clergé comme par les laïcs (c’est-à dire la religion populaire).

Plus simplement, la spiritualité serait le lien entre le « contenu d’une foi » et la « façon dont celle-ci est vécue par des hô historiquement déterminés ». Plus encore, André Vauchez précise que le Moyen-âge est le théâtre de plusieurs spiritualités, parce que les normes dogmatiques ne sont pas encore véritablement fixées et unifiées, même au sein de la même orthodoxie. Ily a donc « diverses façons d’interpréter et de vivre le message chrétien » CH I : Genèse de la spiritualité médiévale (VIII ème s. – début X èrne s. L’héritage culturel du christianisme vient des royaumes barbares ayant pris le pouvoir après la chute de la puissance romaine, même si on ne sait pas exactement quand s’est faite la transition entre religion antique et religion médiévale. e choix personnel de l’auteur pour le découpage temporel s’est porté sur le VIII ème siècle comme début de période car il correspond au moment où la conversion des peuples occidentaux s’achève (vers 700). L’auteur explique que cette époque est caractérisée par une bsence de rapport intime à la religion chez les fidèles, et de véritable vie spirituelle intérieure.

Ils ont surtout la crainte de cette entité méconnue qu’est Dieu, et so 30F 14 spirituelle intérieure. Ils ont surtout la crainte de cette entité méconnue qu’est Dieu, et sont fascinés par l’idée de puissances surnaturelles détenues par les éléments naturels ou encore les archanges, d’un aspect magique, plus qu’ils ne sont sensibles une communication avec Dieu et à une conduite sainte Cela est notamment dû à une exclusion relative des fidèles des ctes spirituels et de la vie de l’Eglise : rarement lettrés ou du moins peu connaisseurs du latin, ils n’ont pas accès aux textes bibliques .

De même l’organisation des messes et cultes dans les Eglises les rendent simples spectateurs et non acteurs des prières faites à Dieu. Seuls les hommes de dieu ont la connaissance divine et un rapport intime à dieu. De plus, le sacre des rois carolingiens leur donnent un pouvoir divin et les font dépendre de l’Eglise ; c’est à eux d’organiser les sacres et la vie liturgique. ll y a là l’idée qu’un ordre a été établi par a Providence et que le but est de le faire respecter par le peuple, par le biais de lois morales à respecter et d’actes liturgiques accomplir.

Cela limite la possibilité pour le peuple d’avoir un rapport investi et personnel à la religion, le système de hiérarchie verticale ne les met pas dans une position d’acteurs. ‘âge monastique et féodal (fin X ème s. – XI ème s. ) CH II : L Cette période est marquée par une montée du spiritualisme chez la population laïque, qui va se manifester de différentes manières.

Dans un contexte préalable de déviances morales vis à vis de la eligion, notamment dues à la poursu 4 4 Dans un contexte préalable de déviances morales vis à vis de la religion, notamment dues à la poursuite du processus de sécularisation du clergé, certains religieux comme les prêtres ou les évêques mènent une vie décadente marquée par les activités profanes : ils sont peu surveillés et en contact avec la culture populaire.

Cest là l’origine de l’idée qui naît alors, à savoir que seul le clergé régulier, donc les moines, échappe à ces abus. Les moines eux- mêmes se voient comme une élite du clergé, d’autant plus que a nouvelle société qui se fait jour se base désormais sur la Tripartition , les trois « ordres » allant du plus au moins honorable : les oratores prient, les bellatores combattent, et les laboratores travaillent.

Ily a bien reconnaissance de l’utilité sociale de la prière , et donc du bien prier : ainsi se retirer du monde pour dédier sa vie à dieu semble être le meilleur moyen d’en éviter l’impureté et la décadence. La spiritualité monastique gagne l’admiration du peuple laïc, qui se fait à l’idée qu’obtenir le salut est difficile et nécessite un sacrifice autant mental que physique.

Certains semblent lors compenser la noblesse qui leur manque pour entrer dans les ordres par la contrition parfois excessive (jeûnes, prières, penitences diverses) L’auteur présente la réforme grégorienne comme le moment charnière de la période, en ce qu’il marque concrètement un nouveau type de spiritualité. Il s’agit de donner l’indépendance au clergé qui seul peut gérer les questions de l’Eglise et décider du devenir de la société en t 4 au clergé qui seul peut gérer les questions de l’Eglise et décider du devenir de la société en terme de religion. En cela, elle se présente comme supérieure.

Une fois passée la crainte d’une fin des temps de l’an mil, le jugement dernier ne semble pas imminent : c’est donc au clergé, sous l’égide de la papauté, de créer le royaume de dieu « Hic et nunc », ce qu’on appellerait aujourd’hui la chrétienté, et ce à tout prix, même si cela implique de prendre les armes : c’est un processus global. Paradoxalement l’action du clergé sur et dans la société ne les rapproche pas des laits mais contribue à les en éloigner, car la réforme grégorienne manifeste l’omnipotence du pape et des clercs, en termes de culture religieuse et de moyens d’action.

CH Ill : La religion des temps nouveaux (fin XI ème s. – XII ème s. ) Ce chapitre est de loin le plus long de l’ouvrage, dans la mesure où il couvre la période où se produisent les plus grands bouleversements. Dès le départ, l’auteur parle de « spectaculaire bond en avant ». Dans un premier temps, l’essor économique et commercial, avec la création de nouveaux groupes sociaux et davantage de dynamisme urbain, fait naitre une mentalité de profit.

Face à un monde dominé par les préoccupations de l’argent, la théologie et la spiritualité telles qu’elles se présentent alors se révèlent nadaptées, et ce d’autant plus que le peuple a tendance à avoir une vision désacralisée du monde : déjà parce que la réforme grégorienne a désacralisé le pouvoir impérial et la prééminence des nobles dans la société re 6 4 réforme grégorienne a désacralisé le pouvoir impérial et la prééminence des nobles dans la société religieuse, et par l même a permis le développement parallèle d’une société profane, mais aussi parce que le développement économique entraine une existence moins précaire et plus séduisante, remettant en cause la vision monastique du monde comme vallée e larmes à fuir. Pour autant, les hommes ont bien conscience de s’éloigner peu peu de la religion originelle et brillante.

Il s’agit alors, en réponse aux problèmes posés par la société en mutation, de revenir à la pureté du temps des apôtres et des martyrs. Jusqu’à présent, les moines s’étaient présentés comme les dignes et seuls successeurs des apôtres, vivant en communauté autour de dieu et partageant tout. Mais ils ne vont pour autant pas aux autres, ne cherchent pas à agir au sein de la société comme le Christ et ses apôtres. Or, justement, le Christ obtient une nouvelle place entrale à cette période, il n’est plus simplement la deuxième branche de la Trinité, mais le seul modèle valable à suivre avec ses disciples : le texte de référence devient alors l’Evangile.

Cela implique la mise en place d’une mentalité religieuse du subjectif : chacun, dans son individualité, peut chercher imiter Jesus-christ, d’où une nouvelle importance accordée au dévouement personnel, à la vocation religieuse face au simple ritualisme sans véritable dévouement intérieur. Les masses s’impliquent alors davantage : elles répondent à l’appel à la croisade de 1095 pour libérer les lieux saints, s’indi lles répondent à l’appel à la croisade de 1095 pour libérer les lieux saints, s’indignent de l’enrichissement de l’Eglise en Incohérence avec le dépouillement du Christ, et commencent demander un accès direct aux Textes Saints. De plus, à l’instar du Christ qui évoluait au sein du monde, aussi imparfait soit-il, il convient de s’adapter à la nouvelle société marquée par le travail et le profit.

Progressivement, les hommes cherchent à montrer que l’on peut vivre sa spiritualité tout en exerçant son activité de tous les jours : l’idéal de fuite dans le onde peut n’exister que de manière intériorisée et être tout aussi pur et sincère. Les personnes mariées voire même les femmes tendent à être considérés comme des fidèles à part entière. D’ailleurs, les nouveaux « moines blancs » de Cîteaux font du travail manuel et pénible une vertu, en s’y adonnant eux- mêmes et quotidiennement. On voit bien que l’Eglise elle-même accepte qu’il convient damoindrir l’écart entre l’idéal religieux et la réalité vécue par les fidèles.

CH IV : l’évangile dans le monde : christocentrisme et recherche de la sanctification (XIII eme s. début XIV eme s. ) Ce chapitre correspond au rajout ultérieur décidé lors de l’édition de 1994. L’évangélisme entamé au siècle précédent se poursuit, et est porté à son apogée. Ce siècle est essentiellement marqué par la naissance des Ordres Mendiants, conséquence directe de ce qui avait été initié précédemment. L’ordre des Franciscains, celui des Frères Mineurs, ce titre indiquant leur statut, est créé en 1209 par S B4 des Franciscains, celui des Frères Mineurs, ce titre indiquant leur statut, est créé en 1209 par Saint François.

Ses membres, ‘image du Christ, se caractérisent par leur pauvreté et leur statut d’errants, ainsi que par la charité aux pauvres qu’ils pratiquent. Par ailleurs, en cohérence avec l’idée que tous les fidèles de dieu sont égaux, leur hiérarchie est horizontale : il s’agit d’une correction mutuelle et fraternelle. L’orde des Dominicains, quant à lui, apparait en 1215 sous l’impulsion de Saint Dominique. Les Frères Prêcheurs sont des prédicateurs évangéliques, en lien donc avec la société. Ils partagent les valeurs des Franciscains, mais leur priorité est l’étude des Textes Saints et le savoir livresque de dieu, afin d’être apable d’enseigner, comme d’aborder les questions doctrinales les plus complexes.

Du côté des laics, on voit que leur religiosité est toujours plus active dans la mesure où ils cherchent à créer des mouvements confraternels sur le modèle de ces confréries sacerdotales, preuve qu’elles correspondent selon eux à ce que doit être le rapport à dieu et à la religion. C’est le cas des Confréries de Pénitents, qui cherchent à faire pénitence tout en restant dans le monde. Il s’agit de s’approprier des pratiques qui étaient jusqu’à présent l’apanage des moines. A une échelle plus radicale ncore, on trouve à partir de 1260 les épisodes de flagellants qui cherchent à imiter le christ jusque dans ses blessures.

La sainteté n’est donc plus simplement une noblesse d’état et une perfection morale que les autres fid sainteté n’est donc plus simplement une noblesse d’état et une perfection morale que les autres fidèles jugent comme telle • quitte à agir de manière insensée aux yeux des autres, prime toujours ce qui est dicté par une foi personnelle et sincère, au même titre que les agissements du Christ. Cette spiritualité pénitentielle joue également en faveur des emmes, dans la mesure où elle lie le salut à la contrition et l’amour plus qu’à un état de vie donné. Les femmes gagnent peu à peu une émancipation religieuse, en témoignent la construction de nombreux monastères de nones, mais aussi le succès des recluses s’enfermant volontairement dans des cellules auprès des églises, et n’en sortant qu’à leur mort, parfois érigées en saintes.