La litt rature romanesque regorge de personnages r solument s ducteurs et donc fatalement

La litt rature romanesque regorge de personnages r solument s ducteurs et donc fatalement

. Une perfection tant physique que morale Certains personnages sont dotés de telles qualités physiques et morales qu’ils répondent au rêve de perfectlon du public et lui permettent une identification narcissique. Ils relèvent d’ailleurs plus d’un toposque de l’ancrage réaliste. Ce sont les chevaliers invincibles des romans courtois médiévaux, ou les belles dames pour lesquelles ils risquent leur vie, tels Lancelot et Guenièvre, Tristan et Iseult.

Tristan est le parfait chevalier, « glorieux vainqueur du Morholt » le géant qui réclamait un horrible tribut Swipe page humain au roi Marc, I ar le roi Marc, lui es Insi or 20 conteste, la plus bell Sni* to nextÇEge le chant et le jeu des vertus secrètes des h ux d’or » convoitée « Elle est, sans Elle excelle dans pris de sa mère les racines, en sorte qu’il n’est point de meilleur médecin que cette jeune fille. ? Ce sont aussi les héros et héroïnes parfaits et édifiants des romans sensibles des xviie et xviiie siècles qui font l’objet de descriptions hyperboliques et redondantes. L’évocation de la princesse de Clèves, hérolne éponyme du roman de Madame de Lafayette, dont la beauté et la grâce font l’admiration de tous lorsqu’elle arait à la cour,

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ne peut que faire rêver le lecteur : « C’était une beauté parfaite, puisqu’elle donna de l’admiration dans un lieu où l’on était si accoutumé à voir d de belles personnes.

La blancheur de son teint et ses cheveux blonds lui donnaient un éclat que l’on n’a jamais vu qu’à elle » Le duc de Nemours qui tombera amoureux d’elle, n’a d’ailleurs rien à lui envier : « Ce prince etait un chef-d’œuvre de la nature ; ce qu’il avait de moins admirable, c’était d’être l’homme du monde le mieux fait et le plus beau. Ce qui le mettait au-dessus des autres était une valeur incomparable, et un agrément dans on esprit, dans son visage et dans ses actions que lion n’a jamais vu qu’à lui seul. ? Citons également Paul et Virginie, les touchants et vertueux héros éponymes du roman de Bernardin de Saint- Pierre, disciple de J. -J. Rousseau, qui incarnent une humanité bonne et naturelle, dotée d’une saine beauté, qui a échappe à la perversion de la civilisation, vivant dans la lointaine ile de France (future île Maurice). Comme tous ces héros relèvent d’une certaine idéalité, ils ont aussi ce pouvoir de permettre au lecteur de s’évader du monde réel peuplé d’êtres toujours décevants et mparfaits. . Un pouvoir de séduction irrésistible Certains personnages de séducteurs des romans réalistes des xixe et xxe siecles, davantage ancrés dans la réalité, héros bien en chair et en os, tout comme leurs lecteurs, peuvent dégager un pouvolr de séductlon tel qu’ils sont susceptibles de les faire fantasmer à l’instar des protagonistes de papier.

C’est le cas de Nana, héroïne éponyme du roman de Zola, pourtant dépourvue de talent artistique, mais qui affole le public masculin lorsqu’elle interprète OF pourtant dépourvue de talent artistique, mais qui affole le public asculin lorsqu’elle interprète la blonde Vénus sortant des eaux, au théâtre des Variétés . « Les hommes braquaient leurs jumelles elle donna un coup de hanche qui dessina une rondeur sous la mince tunique, tandis que, la taille pliée, la gorge renversée, elle tendait les bras. Des applaudissements éclatèrent. ? Carmen, l’héro(ne éponyme de la nouvelle de Mérimée, exerce aussi sa séduction sur le lecteur comme sur don Jasé qui ne peut résister à la beauté provocante de l’incandescente Andalouse « au jupon rouge fort court » et qui « écartait sa mantille afin de montrer es épaules », puisqu’il ramasse la « fleur de cassie qu’elle avait à la bouche, [lui] lança, d’un mouvement de pouce, juste entre les deux yeux Les jeunes et beaux héros masculins ambitieux des romans de formation, comme le Rastignac de La Comédie humaine de Balzac, font également rêver les lecteurs.

De même que ceux de Stendhal : Fabrice Del Dongo, héros de La Chartreuse de Parme, ou Julien Sorel, héros du roman Le Rouge et le Noir ; ce dernier séduit aussi bien la vertueuse et timide Mme de Rênal que l’arrogante aristocrate Mathilde de La Mole. « Bel ami » est e surnom suggestif donné à Georges Duroy, héros du roman de Maupassant, qui multiplie les conquêtes féminines pour gravir les échelons au sein du journal dans lequel il travallle.

Il deviendra significativement à la fin du roman le baron Georges Du Roy, adulé par la foule admirative qui se presse à son prestigieux mariage le baron Georges Du Roy, adulé par la foule admirative qui se presse à son prestigieux mariage avec la fille de son patron en l’église de la Madeleine à Paris : « Lorsqu’il parvint sur le seuil, il aperçut la foule amassée, une foule noire, bruissante, venue l? pour lui Georges Du Roy.

Le peuple de Paris le contemplait et l’enviait. » Ce pouvoir de séduction peut aussi être exercé par des personnages inquiétants qui fascinent par leur marginalité, comme la « gitanilla » Carmen, ou leur étrangeté.

Cest le cas des femmes fatales que Barbey d’AurevilIy met en scène dans les six nouvelles desDiaboliques, en particulier la flamboyante et fascinante courtisane de La Vengeance d’une femme, comparée à « la reine de Saba » et dont « la robe d’or » attire le héros, le comte de Tressignies, dans une ruelle ténebreuse des bas-fonds de Paris, telle une satanique créature qui mérite bien son nom e « diabolique Cest aussi le cas de l’héroïne des Yeux d’eau, nouvelle de Rémy de Gourmont, une servante d’auberge pourtant « vieille et laide » mais qui sait prendre les hommes au piège de ses « yeux d’eau » au pouvoir inquiétant et glaçant : « Je viens je prends doucement la main qui se lève. On m’obéit, on garde mes doigts, on les baise mais redressant la tête, je fixe le mâle de mes yeux froids, de mes yeux d’eau, et il lâche ma main. Je le regarde, jusqu’à ce que son désir glacé lui glace le cœur. ? C’est son « arme contre le désir des hommes ! Mais la séduction peut ?tre d’un autre ordre que purement physique. 3. L’incarn des hommes » ! Mais la séduction peut être d’un autre ordre que purement physique. 3. L’incarnation de valeurs Certains héros des grands romans humanistes du xxe siècle incarnent des valeurs, telles que le courage, la générosité, la résistance à l’oppression, l’exploitation, qui forcent l’admiration du public qui partage ces valeurs. Cest le cas du Dr Rieux, qui se bat de toutes ses forces et jusqu’à l’épuisement pour soigner les malades atteints de la peste dans le roman du même nom d’Albert Camus.

Mais cette maladie est à la fais la métaphore du azisme qui sévissait dans ces années 1940 où se déroule l’action, et du mal inhérent à la condition humaine. Cela donne alors toute sa force à la déclaration que fait Rieux à son ami Tarrou qui lu propose son aide : « Quand on voit la misère et la douleur qu’elle apporte, il faut être fou, aveugle ou lâche pour se résigner à la peste. » Et quand Tarrou lui objecte que ce sont des « victoires provisoires », il répond : « Toujours, je le sais. Ce n’est pas une raison pour cesser de lutter. » Dans La Condition humaine, André Malraux construit, quant à lui, la figure du héros révolutionnaire ? travers les personnages des jeunes communistes chinois que sont Kyo ou encore son compagnon Katow.

Ce dernier se sacrifie, en donnant sa dose de cyanure aux deux camarades prisonniers qui attendent avec lui qu’on vienne les jeter vivants dans la chaudière d’une locomotive dont ils entendent le sifflet lancinant depuis leur prison : « Malgré tous ces hommes qui avaient combattu comme lui, Kat PAGF s OF sifflet lancinant depuis leur prison : « Malgré tous ces hommes qui avaient combattu comme lui, Katow était seul, seul entre le corps de son ami mort et ses deux compagnons épouvantés, seul entre e mur et ce sifflet perdu dans la nuit. Mais un homme pouvait être plus fort que cette solitude et même peut-être que ce sifflet atroce : la peur luttait en lui contre la plus terrible tentation de sa vie. Il ouvrit à son tour la boucle de sa ceinture » Dans Vol de nuit, Saint-Exupéry, célèbre les pionniers de l’Aéropostale qui ont risqué leur vie pour assurer la liaison avec l’Amérique du Sud.

Dans ce roman, Rivière, le directeur de la compagnie Aéropostale veut prouver que l’avion est le moyen de transport le plus rapide pour acheminer le courrier à condition d’assurer des ? vols de nuit Fabien, l’un des pilotes, pris dans une tempête, ne parviendra pas à rejoindre son port d’attache au cours d’une de ces dangereuses missions nocturnes, il se sera sacrifié pour que réussisse cette entreprise humaine comme tant d’autres, persuadés qu’ils doivent agir « comme si quelque chose dépassait en valeur la vie humaine De grands romanciers du xixe siècle se sont engagés contre l’injustice sociale, comme Victor Hugo qui a créé les personnages emblématiques de Jean Valjean ou de Gavroche ou encore Zola qui raconte la lutte héroïque des mineurs du Nord contre le Capital qui les exploite, dans Germinal, ? travers le militant et combatif Étienne Lantier. Pourtant, même si tous ces personnages, pour des raisons différentes, séduisent Étienne Lantier. ifférentes, séduisent tout naturellement le public, il reste que d’autres, sans atout aucun, et même repoussants, savent attirer le lecteur. Il. Des personnages peu séduisants mais qui plaisent parce que plus humains 1 . Des personnages banals, voire médiocres Ces personnages, sans attraits physiques ni qualités morales particulières, sont toutefois proches des préoccupations des lecteurs et suscitent leur intérêt car ils peuvent se reconnaitre n eux, s’identifier à eux et à leurs difficultés. Cest le cas de bon nombre de personnages des romans réalistes des xixe et XXe siècles. Jeanne de Lamare, héroïne de Une vie de Maupassant, ira de désillusion en désillusion après son mariage avec le vicomte de Lamare, un hobereau volage et cynique.

Jeanne, menant une existence ennuyeuse et vide, est en fait la figure emblématique de la femme du xixe siècle, victime de l’éducation nourrie de rêves qu’elle a reçue, et du sort réservé aux femmes mariées de son époque, dépouwues de droits. Une vie est à cet égard une histoire exemplaire, comme le souligne arfaitement le titre : la vie de Jeanne est une vie de femme comme tant d’autres, Jeanne de Lamare rejoint d’ailleurs Emma Bovary, héroïne éponyme du roman de Gustave Flaubert, qui, comme elle, s’est vue condamnée à une vie décevante et sans joie. Beaucoup de lectrices désenchantées ont dû se reconnaître dans ce type de personnage. On a d’ailleurs appelé « bovarysme » cette tendance très répandue à l’insatisf 7 OF type de personnage. On a d’ailleurs appelé « bovarysme » cette tendance très répandue à l’insatisfaction chronique.

Gervaise, l’héroine deL’Assommoir de Zola, plutôt jolie mais oiteuse, s’est vue affublée du surnom de « Banban Mais elle incarne la femme du peuple accablée par la misère : elle travaille dur pour acquérir une blanchisserie mais, victime du sort et de l’hérédité familiale, elle finira par sombrer dans l’alcoolisme et la déchéance. Si ce roman et son personnage ont remporté un tel succès depuis leur création, c’est que le lecteur pouvait y voir un reflet de la vie du peuple des quartiers populaires de Paris, restituée avec un réalisme tel que Zola a pu dire : « Cest le premier roman sur le peuple qui ne mente pas et qui ait l’odeur du peuple. ? Dans tout autre contexte et milieu, Thérèse Desqueyroux, l’héroïne éponyme du roman de François Mauriac, a simplement pour elle un sourire qui fait dire à son entourage « On ne se demande pas si elle est jolie ou laide, on subit son charme. ? Et le charme qu’elle exerce sur le lecteur, c’est d’être la touchante victime des conventions sociales de son milieu : la bourgeoisie bordelaise. Mariée sans amour, elle vit comme étrangère au côté de son mari, se sentant prise au piège de cet univers provincial étouffant et c’est presque par hasard que lui vient l’idée d’empoisonner son marl. Il n’en mourra pas, Thérèse bénéficiera d’un non-lieu mais sera condamnée par la famille ? sa chambre et au silence. Aurélien, le personnage éponyme du roman de Louis Aragon, mène lui, 8 OF famille à sa chambre et au silence. Aurélien, le personnage éponyme du roman de Louis Aragon, mène lui, une existence oisive de rentier dans la période de l’entre-deux-guerres.

Sans ambition et sans identité dans cet univers parisien où il se sent inutile, il tombe dans « le piège amoureux quand il rencontre Bérénice, la jeune épouse idéaliste d’un pharmacien de province qu’elle n’aime pas. Or, cette rencontre est tout le contraire d’un coup de foudre : « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut ; enfin. » Cest ainsi d’ailleurs que débute le roman, or, si le lecteur poursuit sa lecture malgré cette accroche peu engageante, c’est qu’il est intrigué par cette rencontre, par le couple improbable qui va se former. Leur amour sera voué à l’échec, mais n’est-ce pas le lot de bien des couples de la vie ordinaire ?

Tous ces personnages aux destins ordinaires ou chaotiques rencontrent la compréhension, voire la ompassion des lecteurs. 2. Des antihéros Certains personnages se distinguent même par leur absence de qualités, leur absence d’héroiSme. C’est le cas de Bardamu, le héros du roman de L. -F. Céline, Voyage au bout de la nuit. Bardamu n’est qu’un pauvre bougre embarqué malgré lui dans la folie guerrière de 1914-1918 , son nom d’allleurs est significatlf: mû par son barda ! Pour lui, la seule façon raisonnable de résister à une telle folie, c’est la lâcheté : « ma frousse devint panique. Avec des êtres semblables, cette imbécillité infernale pouvait continuer indéfin PAGF OF