La Cl Des Langues Anglais Le Voyage Initiatique Travers The Brooklyn Follies

La Cl Des Langues Anglais Le Voyage Initiatique Travers The Brooklyn Follies

27/12/13 La clé des langues – Anglais – Le Voyage initiatique à travers The Brooklyn Follies Le Voyage initiatique à travers The Brooklyn Follies Jean-François Dreyfus Introduction Prolégomènes à l’étude du voyage initiatique dans The Brooklyn Fo Ilies Sous l’apparence du A la découverte d’un Conclusion Bibliographie ment du monde 0 p g « I was looking for a quiet place to die. Someone recommended Brooklyn, and so the next morning I traveled down there from Westchester to scope out the terrain… (1) Cest ainsi que Nathan Glass, le narrateur, ex-agent dassurances atteint d’un cancer, évoque, au tout début du livre et posteriori, les circonstances de son premier retour à Brooklyn, lieu de sa lointaine enfance, avec un sens de l’humour et de l’autodérision propre à celui qui s’est aventuré jusqu’aux portes de l’au-delà et est revenu, autre, de ce qu’il croyait être le terme de son séjour dans le monde des vivants.

Ainsi, loin d’être le lieu où tout, ici-bas, devait s’arrêter d’un jour ? ainsi le point de départ de ce qui s’apparente à un voyage intérieur et à une quête de sens, dont reviennent, tout autres, Nathan et « l’ex-Dr Thumb » (alias Tom), à l’issue du

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parcours accompli.

Sil est vrai, en effet, que The Brooklyn Follies a pour cadre une Amérique parfois bien réelle, à la charnière du 20ème et du 21 ème siècle, si, au gré des circonstances, Tom et Nathan sont amenés à participer à une folle équipée jusque dans le Vermont à bord d’une vieille guimbarde, qui menace de les abandonner au bord de la route, il n’en demeure pas moins que, de fait, ce voyage n’est pas tant un déplacement physique au cœUr du Nouveau Monde qu une aventure essentiellement philosophique, mentale et spirituelle, un voyage initiatique, dans tous les sens du terme.

Peut-être serait-il utile, avant même d’étudier The Brooklyn Follies dans le cadre de la thématique retenue, de rappeler brièvement ce que l’on entend, au juste, par « voyage initiatique » ? Si la notion recouvre, à vrai dire, mille variantes et nous renvoie, pour ne citer que quelques œuvres parmi les plus célèbres, à l’Enéide de Virgile, à l’Odyssée d’Homère et à La Divine Comédie de Dante, le voyage initiatique, obéit toujours, selon Michel Serres, au même principe et s’inscrit toujours dans le même schéma, quelles que soient les formes apparentes qu’il puisse revêtir.

II s’agit, selon les termes mêmes du hilosophe, « d’ un déplacement dans un espace symbolique muni d’une loi martiale : « perte de quelque chos 20 un déplacement dans un espace symbolique muni dune loi martiale : « perte de quelque chose et recouvrement avec supplément après retard… Rien, un instant, tout » (Fabre : 37). Une définition quelque peu laconique et amusante, mais d’une grande justesse, et que viendra compléter de façon éclairante ce que Simone Vierne écrit notamment sur le voyage vu par les Romantiques : « Pour le romantisme, tout voyage est une quête du Graal, une aventure non pas humaine, mais sacrée.

Il n’est pas seulement dépaysement il est passage dans une matrice, aux formes symboliques diverses, qui permet au voyageur d’acquérir non pas une sagesse – elle est donnée de surcroît – mais de changer totalement son statut ontologique, de renaître « autre Il rejoint ainsi, ou mieux renouvelle, ce qui était un rite fondamental dans la mentalité archaïque… Romantisme : 37) « Dans les rituels encore observés de nos jours chez les peuples ‘primitifs’» ajoute-t-elle, « dans ce que l’on peut savoir des mystères antiques, de l’alchimie, dans les rituels plus élaborés mais traditionnels de la FrancMaçonnerie, dans les ythes et légendes enfin qui racontent les exploits des premiers initiés, modèles et maîtres des initiations futures, on retrouve toujours un scénario structurellement semblable, même si les symboles qui l’expriment diffèrent selon les cultures et les époques Le novice est arraché au monde profane, il est « entraîné, sous la conduite d’un ‘père initiatique’ dans un voyage qui le mène, suivant les cultures et les degrés initiatiques, vers la brouss initiatique’ dans un voyage qui le mène, suivant les cultures et les degrés initiatiques, vers la brousse, monde de l’informel, du chaos, des morts, dans la ombe, le ventre de la mère, du monstre, de la terre, dans le labyrinthe, dans les Enfers et/ou au Ciel. Très souvent, il voyage d’Ouest en Est, comme le soleil qui meurt et renaît. Les épreuves subies durant ce voyage… ont toutes destinées à détruire l’être profane qu’il était afin que de cet être ancien naisse une ‘nouvelle plante’ Ainsi Simone Vierne explicite-t-elle la formule quelque peu ramassée de Michel Serres, en décrivant de façon précise le cheminement du futur initié, qui passe par plusieurs phases : celle de la séparation ou de la rupture d’avec la vie ordinaire et d’avec le monde, celle de ‘initiation, faite d’apprentissages, de révélations, d’épreuves, celle, enfin, de la réintégration et du retour au bercail du héros au sein de la communauté d’origine, fort de « la réponse mystique » qu’il a glanée au cours de son cle. ens- lyon. r/anglais/le-voyage-initiatique-a-travers-the- 2/10 périple « à la question que l’homme se pose toujours sur son statut d’être humain, sa place dans le cosmos et son destin (Romantisme, 37) Sous l’apparence du quotidien, un questionnement du monde pris par l’histoire, ou plutôt, par ce foisonnement d’histoires qui s’emboitent les unes dans les autres à la anière de poupées russ 4 20 manière de poupées russes, le lecteur de The Brooklyn Follies se laisse souvent entrainer, au fil des pages, dans cet enchaînement d’évènements et de découvertes qui marquent l’existence de Nathan Glass, le narrateur. Et de fait, le livre de Paul Auster se lit, peut-être, avant tout, comme un livre d’aventures et de rencontres parfois insolites dans une Amérique de la fin du vingtième siècle. Reste que pour légitime et rafraichissante qu’elle soit, cette première approche du roman n’en demeure pas moins passablement réductrice. Elle néglige, de fait, certains ?léments du texte, parfois jugés superflus ou obscurs, et qui participent pourtant du sens profond de l’œuvre.

Ainsi, les très nombreuses références littéraires ou philosophiques, qui ponctuent notamment les premiers chapitres de The Brooklyn Follies, font trop souvent figure, aux yeux du lecteur, de simples ornements ou de simples éléments de caractérisation des personnages, l? où elles jouent, au contraire, un rôle essentiel dans la mise en place d’un « protocole de lecture Elles servent d’indices, de fils conducteurs, dans ce qui s’apparente à un véritable jeu de piste à plusieurs inconnues X arks the spot voire à un jeu de cache-cache entre lecteur et narrateur, tissant tout un réseau intertextuel qui permet de mieux appréhender le roman dans toutes ses dimensions.

Loin d’être de l’ordre de l’anecdotique, l’évocation, par exemple, par le narrateur du seul titre de « Clarel », ce très long poème épique de Herman Melville publié en s 0 le narrateur du seul titre de « Clarel ce très long poème épique de Herman Melville publié en 1 876, participe pleinement de tout un processus à l’œuvre dans The Brooklyn Follies de mise en perspective du récit, visant, ? travers un jeu de miroirs, à la fois à élargir et à délimiter le champ d’investigation du lecteur. Le narrateur n’inscrit-il pas ainsi d’emblée le roman dans toute une filiation du voyage intérieur et de la quête spirituelle en établissant implicitement, par le biais d’une référence réduite à sa plus simple expression, un parallèle entre sa propre histoire et celle de Tom, et celle du jeune Clarel, étudiant en théologie américain ébranlé dans sa foi et parti en Terre Sainte en quête d’un signe ?

Tout aussi importantes sont les autres références littéraires ou philosophiques, parfois méconnues d’un public on-spécialiste, qui figurent également dans les premiers chapitres du livre, et viennent éclairer l’œuvre de Paul Auster sous un angle légèrement différent, voire modifier, un tant soit peu, l’horizon d’attente du lecteur, tout en corroborant, dans leurs grandes lignes, les premières hypothèses que celui-ci a pu échafauder. Ainsi, comment ne pas voir dans le rapprochement saisissant qu’établit Tom, ex-thésard devant l’Eternel, entre deux grandes figures de la pensée américaine pourtant aux antipodes l’une de l’autre – « Poe was artifice and the gloom of midnight chambers. Thoreau was simplicity and the adiance of the outdoors. » (15) – et dans l’analyse qu’il fait de leurs œuvres respectives, saisies dans ce qu’elles pe 6 0 outdoors. ? (15) – et dans l’analyse qu’il fait de leurs œuvres respectives, saisies dans ce qu’elles peuvent avoir de points communs, une façon détournée et implicite d’apporter un éclairage complémentaire sur la nature même du voyage dans lequel se voient entrainés les protagonistes dans The Brooklyn Follies ? un voyage intérieur et une quête, qui rappellent cle. ens-lyon fr/anglais/le-voyage-initiatique-a-travers-the- 3/10 l’histoire de Clarel, jeune étudiant en théologie, en proie à des nterrogations d’ordre métaphysique, mais dont ils ne sont plus que le lointain écho, tournés qu’ils sont vers la vie ici- bas plutôt que vers l’au-delà.

La quête de Nathan et de Tom semble, ainsi, davantage tenir d’un mode d’appropriation du monde à la Poe ou à la Thoreau et de la recherche, ici et maintenant, d’un « ailleurs » qui permette parfo•s à l’individu d’échapper à la noirceur de la société et de l’existence. « It’s about non-existent worlds, » my nephew said. A study of the inner refuge, a map of the place a man goes to when life ln the real world is no longer possible. » « The mind- » ? Exactly. First Poe, and an analysis of three of his most neglected works. The Philosophy of Furniture,’ Landors Cottage,’ and The Domain of Arnhem. ‘ Taken alone, each one is merely curious, eccentric. put them together, and what you have is a fully elaborated system of human Ioneine. » have is a fully elaborated system of human longing. » « I have never read those pieces. ont think I ‘ve even heard of them. » « What they give is a description of the ideal room, the ideal house, and the ideal landscape. After that, jump to Thoreau and examine the room, the house, and the landscape as presented in Walden. ? C’est donc bien, entre autres, à la croisée de Clarel et des écrits de Poe et de Thoreau cités par Tom, que se situe, à notre sens, le voyage initiatique de Nathan et de son neveu. Un voyage, qui se situe symboliquement ? l’Est, lieu du soleil levant et de la renaissance spirituelle, et tourne délibérément le dos à l’Ouest, lieu du soleil couchant et des rêves de richesses matérielles et de conquête qul lui sont associés.

Le parcours de Nathan et de Tom s’inscrit ainsi d’emblée dans le schéma du voyage initiatique décrit par Simone Vierne. Il en mime également les différentes phases, ême si, dans The Brooklyn Follies, comme dans d’autres récits d’ailleurs, celles-ci se chevauchent parfois. Ainsi, l’on distingue, peu ou prou, à travers le récit que fait Nathan, toute une phase de rupture et d’isolement des protagonistes d’avec le monde, suivie d’une phase d’initiation avec des seuils à franchir et des épreuves à surmonter, avant d’accéder à une dernière phase de retour des protagonistes au bercail. Mais c’est tout autres qu’ils seront devenus à l’issue de leur parcours.

Ainsi, Nathan, le cancéreux, qui n’attend plus que la mort , et Tom, l’ex- étudiant, qui n’attend plus rien de la ie, se retrouvent , dans un prem mort , et Tom, l’ex- étudiant, qui n’attend plus rien de la vie, se retrouvent , dans un premier temps, coupés du monde alentour et entament ce qui s’apparente à une descente aux Enfers, marquée par une forme de dégoût de l’existence et de repli sur soi, ou plutôt, pour reprendre le titre d’un chapitre du livre, à une traversée du Purgatoire, lieu de purification par excellence et de possible rédemption. Phase très sombre, qui voit les protagonistes se couper du monde, mais phase nécessaire en même temps, qui, après avoir contribué à les laver des scories ont ils sont porteurs, prépare les futurs initiés à accéder ultérieurement à un autre seuil sur la voie de la renaissance.

N’est-ce pas ainsi qu’il faut interpréter, en particulier, et parallèlement au parcours de Nathan, l’expérience que fait Tom, ex-futur universitaire devenu chauffeur de taxi, lui qui aperçoit dans son rétroviseur l’Homme dans tous ses états, sur la banquette arrière du véhicule, dans ce qu’il a de plus animal et de moins raffiné ? « You name it, Harry, and l’ve seen it. Masturbation, fornication, intoxication in all its forms. Puke and semen, shit and p•ss, blood and tears. At one time or another, every human liquid has spilled onto the backseat of my cab. » 4/10 « And who wipes it up? » « I do. It’s part of the job. » ( 29 A travers cette image d’un ise, en wipes it up? » « I do. It’s part of the job. ? ( 29) A travers cette image d’une Humanité, mise, en quelque sorte, ? nu et réduite à une poignée de fonctions corporelles, que lui renvoie le rétroviseur de son taxi, c’est, en effet, à sa propre image d’être humain, dépouillé de tous les faux-semblants et des masques dont s’affuble l’individu en société, que Nathan est confronté. Premier tade d’un parcours initiatique où les futurs initiés reviennent ? un stade initial pour pouvoir accéder aux stades suivants et tutoyer peut-être un jour les étoiles. Dès les premiers chapitres de The Brooklyn Follies s’amorce, de fait, tout un processus de redécouverte et de réappropriation du monde qui nous entraîne au cœur même du voyage initiatique proprement dit. Signe avant-coureur des métamorphoses à venir, Nathan et Tom, encore habités par des images très sombres, s’ouvrent pourtant timidement au monde.

Tous deux ont respectivement le béguin pour Marina, la jolie serveuse u Cosmic Diner et pour Nancy, The B. M. P, he Beautiful Perfect Mother, ici réduites à l’état de clichés issus d’un imaginaire façonné par la télévision, le cinéma et la publicité, chez un jeune et un vieux fous. Mais, au-delà, l’intérêt que portent, de façon quelque peu grotesque, les deux protagonistes à ces deux stéréotypes féminins, symbolise le franchissement de leur part d’un premier seuil, vers un semblant d’appétit de vivre et de reconnaissance de l’existence de l’autre. Autre signe, si ténu soit-il, de la progression de Nathan et de Tom, vers ce lointain ailleurs qui const 0 0