JR

JR 2004 – 2012 SOMMAIRE I . STATEMENT & CV . PROJETS Ill. LIVRES IV. FILMS V. LIENS l. STATEMENT & CV JR possède la plus gr librement dans les ru de ceux qui ne fréquentent pas les or 16 dû Sni* to View nde. Il expose rant ainsi l’attention Son travail mêle l’art et l’action et traite d’engagement, de liberté, d’identité et de limite. En 2006, il réalise Portrait d’une génération, des portraits de jeunes de banlieue qu’il expose, en très grand format, dans les quartiers bourgeois de Paris. Ce projet illégal est devenu officiel lorsque la mairie de paris a affiché des photos de JR sur ses bâtiments.

En 2007, avec Marco, il réalise Face2Face, la plus grande expo photo illégale jamais créée. JR a affiché d’immenses portraits d’Israéliens et de Palestiniens face à face dans huit villes palestiniennes et israéliennes et de part et d’autre de la barrière de sécurité. En 2008, il est parti pour un long periple international pour Women Are Heroes, un projet dans lequel il souligne la dignité des femmes qui sont leurs rides et les sillons sur leurs visages comme les marques du temps, des traces de la vie se confondant avec l’histoire de

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leur ville.

L’artiste a choisi des villes ayant connu des fortes mutations ocio-culturelles telles que Cartagéne en Espagne, Shanghai, Los Angeles ou Cuba. JR crée d’art infiltrant » qui s’affiche, sans y être invité, sur les immeubles des banlieues parisiennes, sur les murs du Mayen- Orient, sur les ponts brisés d’Afrique ou dans les favelas, au Brésil. Des gens qui vivent souvent avec le strict minimum découvrent quelque chose d’absolument superflu. Et ils ne se contentent pas de voir, ils particpent. Des vieilles dames deviennent mannequins pour un jour, des enfants se transforment en artistes pour une semaine.

Dans cette action artistique, il n’y a pas de scène qui sépare les acteurs des spectateurs. Après les expositions locales, les images sont transportées ? New York, Berlin ou Amsterdam où les gens les interprètent à la lumière de leur propre expérience. En 2010, dans le cadre du Festival Image de Vevey en Suisse, il propose le projet LJNFRAMED. Avec ce projet, JR réinterprète dans des formats gigantesques des images de célèbres photographes ou de simples anonymes récupérées dans des fonds d’archives. Pour cela, il intervient sur la photo en la recadrant, en isolant un détail, ou en passant de la couleur au noir et blanc.

Son geste devient réellement subjectif en fonction de ‘endroit choisi pour le collage qui donne une nouvelle clé de lecture à la photographie mais également au bâtiment, à la rue, au quartier, voir ? la ville tout entière qui devient un musée a ciel ouvert. 16 bâtiment, à la rue, au quartier, voir ? Le 2 mars 2011, lors de son discours à Long Beach en Californie, JR appelle à la création d’un projet d’art global – Le projet INSIDE OUT – inspiré de ses collages de rues grand format. Le concept du projet est de permettre à chacun de partager son image et ses intentions avec le monde entier.

Ces expositions sont documentées, archivées et consultables en ligne sur le site : www. nsideoutproject. net. Grâce au site, plus de 100 000 portraits ont été récupérés par les partlcipants dans plus de 108 pays entre Mars 2011 et Mars 2012. Associées à ce projet, des cabines photographiques Inside Out ont été installées dans différentes villes – permettant au gens de récupérer leur poster instantanément et gratuitement. Des centaines de portraits ant déjà été imprimés par les cabines photographiques.

Elles furent installées au Centre Pompidou (Paris), aux rencontres photographiques d’Arles, en Israél et en Palestine, à l’ émiratie Expression (Abu Dhabi), et à la galerie Perrotin (Paris). Comme JR reste anonyme et n’explique pas ses immenses portraits grimaçants, il laisse un espace libre pour une rencontre entre un sujet/acteur et un passant/interprète. C’est sur cela que JR travaille, poser des questions… 2 Il. PROJETS 28 MIL IME RES Portrait D’une Generation 2005,cette cité est le foyer de départ des émeutes sociales : 10 000 véhicules sont incendiés au cours de ce mois.

Tout le monde était collé à la télévision, regardant les images effrayantes de jeunes hors de contrôle qui lançaient des cocktails Molotov, attaquaient les policiers et les pompiers et pillaient tout sur leur passage. Les politiciens de tous bords, qui s’étaient montrés impuissants à améliorer les choses, sont partout dans les médiaset parlent de prévention, répression, intégration, immigration, jeunesse, éducation, citoyenneté, respect, langue, génération et football. Tous débattent des symptômes de cette éruption soudaine sans la considérer comme l’expression d’un véritable malaise qui touche la société française.

En 2006, JR s’installe au cœur même de ce quartier. Avec Ladj Ly, un artiste de la cité, il monte un projet rassemblant les jeunes des Bosquets. Bien sûr, tous ne sont pas des anges. Dans le quartier, on ne fait as trop dans les ailes et les auréoles. Néanmoins, ces jeunes ne se reconnaissent pas dans Fétiquette de « racaille » qu’on leur accole. Avec son objectif 28 mm, JR photographie les jeunes de la cité Les Bosquets, qui se donnent des airs menaçants comme pour mieux caricaturer l’image véhiculée dans les médias.

JR expose ensuite ces photos grand format sur les murs de la cité et dans les quartiers bobo de la capitale. Provocation que ce Portrait d’une génération : regarder dans les yeux ces hommes qui jouent aux voyous suscite des questions. Qui sont-ils vraiment ? Des étudiants prometteurs ou des voyous ? Sont-ils la France de demain ou une menace contre l’identité nationa 6 ou des voyous ? Sont-ils la France de demain ou une menace contre l’identité nationale ? Si les reporters partent, continueront-ils à brûler des voitures ? Que sont leurs rêves et leurs cauchemars ? Devons-nous les motiver ou les punir ?

Est-ce une éruption de violence ou le début d’une révolution ? Et surtout, devons-nous fermer nos portes ou ouvrir nos bras ? Avec une certaine dureté, les portraits interpellent les passants, questionnent la représentation médiatique de cette génération ambivalente, et témoignent de la complexité d’une situation que ‘on ne peut résoudre avec de simples slogans. 4 Collage sur le bâtiment BI 2 de la cité de Bosquets, Montfermeil. France, 2004 Exposition sur l’espace des blanc manteaux, paris 4éme Octobre 2006 Nettoyage de l’exposition, sur respace des blancs manteaux, Paris Octobre 2006.

Byron, Paris 20éme , Octobre 2006 Portrait d’une génération , Paris 1 léme , Octobre 2006 FACE 2 FACE JR & Marco 2007 PAGF s 6 une semaine, nous sommes arrivés à la même conclusion : ces gens se ressemblent, ils parlent presque la même langue, comme des jumeaux élevés dans des familles différentes. IJne religieuse sa soeur jumelle de l’autre côté. l. Jn fermier, un chauffeur de taxi, un professeur, a son frère jumeau en face de lui. Et il combat sans fin contre lui. C’est évident, mais ils ne peuvent plus le voir. Nous devons les mettre face à face.

Le projet Face2Face consiste à faire des portraits de Palestiniens et d’Israéliens faisant le même métier et de les coller face à face, dans des formats géants, à des endroits inévitables, du côté israélien et du côté palestinien. Nous voulons qu’enfin chacun rie et réfléchisse en voyant son propre portrait et celui de l’autre. Dans un contexte sensible, il faut être clair. Nous sommes en faveur dune solution dans laquelle deux états, Israél et la Palestine, vivraient en paix à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues.

Tous les projets de paix discutés (Clinton / Taba, Ayalon / Nusseibeh,accords de Genève) convergent dans la même direction. Nous pouvons donc être optimistes. Nous souhaitons que ce projet puisse contribuer à une meilleure compréhension entre ces deux peuples. Aujourd’hui, Face2Face est nécessaire. Dans quelques années, nous reviendrons pour Hand in Hand.  » 6 7 Face 2 8 Holy Tryptich, 2006 6 6 séparation/Barrière de sécurité côté Israélien. Jerusalem, Mars Eplciers, Muhammad et Yosef.

Jerusalem, 2007 WOMEN ARE HEROES 2008 – 201 1 Women are heroes est un projet fait de beaucoup d’images et de peu de mots. L’intention de JR est de mettre en valeur la dignlté des femmes qui occupent un rôle essentiel dans les sociétés, mais qui sont les principales victimes des guerres, des crimes, des viols ou des fanatismes politiques et religieux. Lorsque JR a lancé ce projet et a interrogé des femmes, il ne savait pas ce qu’il allait faire avec leurs mots. II n’a pas essayé d’appréhender les raisons des difficultés ou d’identifier les protagonistes des onflits.

Il a tout simplement observé ces femmes et compris qu’elles voulaient partager leur douleur pour soigner leurs blessures. Il a eu envie de faire ce qu’il fait de mieux : prendre des photos et les afficher dans des lieux qui leur donnent du sens. Il a demandé à toutes ces femmes de raconter leur histoire. Et elles l’ont fait comme si elles attendaient depuis toujours l’opportunité de revivre certaines scènes gravées dans leur mémoire, de se souvenir qu’elles ne sont pas responsables du viol qu’elles ont enduré ou du décès de leurs proches.

Parfois, il n’y avait pas de phrases, as de mots, juste des larmes. Après cela, JR leur a demandé si elles voulaient faire des grimaces ser silencieusement pour ce projet. Certaines les mannequins d’un jour et sont passées, en quelques secondes, d’une tristesse silencieuse à un éclat de rire incontrôlable. Elles montraient qu’elles avaient survécu, elles existaient, elles résistaient. Elles savaient que les grimaces étaient quelque chose d’universel, qui serait compris en Europe, en Amérique et dans leur propre village.

Certaines femmes ont insisté sur un point : elles voulaient que leur photo soit affichée au milieu de leur village, comme une éclaration en public. D’autres ont préféré que leur portrait soit exposé dans une autre ville. Mais elles étaient ravies de savoir que leur photo serait présentée à Bruxelles, Londres, paris ou New York. Comme si une part d’elles mêmes allait également voyager, cachée entre le papier et l’encre. Lorsque JR revenait dans la région pour monter l’exposition, il était attendu avec impatience.

Suivi par une foule d’enfants, il collait les portraits. Celui de Benedita a recouvert les escaliers de la favela à Rio, Musu a été fièrement exposée sur l’église de son VIIIage en Sierra- Leone, Sara a trouvé sa place sur un pont cassé toujours indispensable pour traverser la rivière, le visage d’Ebby a enveloppé un train au Kenya, Nou s’est tenue courageusement sur le mur d’une maison en cours de destruction au Cambodge, urmila s’est logée sur les briques qui ont servi à construire une maison en Inde.

Et dans la piscine vide et sèche de Monrovia, on peut voir les yeux d’Haya, qui a versé suffisamment de larmes pour remplir cette piscine PAGF des photos, les réactions ont été immédiates et parfois brutales. Les gens posaient beaucoup de questions. Pourquoi des visages ? Pourquoi des femmes ? Pourquoi ici ? Qu’est-ce que tout cela signifie ? pourquoi les photos sont-elles en noir et blanc, les photos ne sont-elles pas en couleur en France ? Ces femmes sont-elles toutes mortes ? Et souvent, ceux qui étaient arrivés plus tôt partageaient avec les autres ce qu’ils avaient compris.

Ils le faisaient à leur manière. En Afrique, à quelqu’un qui demandait ce qu’était une exposition artistique, un homme a répondu : « ça fait un moment que tu es là, que tu regardes les portraits, que tu poses des questions, que tu essaies de comprendre. Pendant ce temps, tu n’as pas pensé à ce que tu mangerais demain. C’est ça, l’art. Et pour évoquer le pouvoir des images, un adolescent brésilien disait : « Avec une balle, tu touches un homme, avec une photo, tu peux en toucher cent L’Art trouve parfois sa place comme ces fleurs qui émergent entre des dalles de béton. 0 • BRESI – Favela Morro da Providencia, Rio de Janiero. Août 2008 12 Favela Morra da Providencia, Arbre et Lune, Rio de Janiero. Août 2008 – AFRIQUE PAGF 16 THE CITY Ce projet inédit constitue le témoignage de la rencontre entre JR et les personnes âgées de grandes VIIIes en mutation. A travers cette aventure, JR met en relation la mémoire des «anciens» et rarchitecture morcelée des illes marquées par les cicatrices de l’histoire, leur expansion économique, leur mutation socioculturelle.

En rencontrant et en photographiant ces personnages pour coller leur portrait sur les murs, JR imagine leurs rides et les sillons sur leurs visages comme les marques du temps, des traces de la vie se confondant avec l’histoire de leur ville. Ces grands pères et grands mères sont le témoignage vivant des villes qui changent plus vite qu’ils ne vieillissent… Chacune de leurs rides et chaque jour passé se sont inscrits dans les immeubles, dans les rues, dans les visages de ces architectures en mouvement. Précieux vestige du temps qui passe, la vieillesse s’affiche sur les murs de Carthagéne à l’automne 2008.

Les habitants les plus âgés de cette cité espagnole apparaissent sur les hauteurs de la ville. Le projet voyage ensuite à Shanghai où l’ultra-modernité côtoie les ruines pour ensuite s’épanouir à Los Angeles, où la jeunesse et le présent sont rois. En 2012, JR collabore avec l’artiste José Parla sur les murs de la Havane. Ils mélangent collages et peintures calligraphiques pour raconter l’histoire de 25 citoyens cubains ayant vécu la révolution Cubaine. 19 – CARTHAGENE – 20 Marino Saura Oton, vue d na, Espagne, 2008