Histoire De La Philosophie Chinoise

Histoire De La Philosophie Chinoise

Ernst Viktor ZENKER HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE CHINOISE or 771 Sni* to View un document produit en version numérique par Pierre palpant, collaborateur bénévole Courriel : [email protected] ca Dans le cadre de la collection : « Les classiques des sciences sociales » dirigée et fondée par Jean-Marie Tremblay, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi Site web : http://classiques. uqac. ca/ époque préhistorique. Deuxième partie : L’époque classique. Ill. Les précurseurs. IV. Lao-tse. V.

Koung-tse (Confucius). VI. Le taoisme classique après Lao-tse. VII. Mei-ti et le meitisme. VIII. Les sophistes et le développement de la logique en Chine. IX. Les successeurs de Koung-tse : Mong-tseu et Siun-tse. X. L’aube d’une ère nouvelle. DEUXIEME LIVRE : DE LA DYNASTIE DES HAN A L’EPOQUE ACTUELLE Avant-propos Troisième partie : De Ts’in Che-Houang-ti à la dynastie des Soung (206 av. J. -C. -960). XI. Le mouvement spirituel aux époques des Han et des Tang. XII. L’ancienne psychologie chinoise.

XIII. Le bouddhisme chlnois. XIV. La philosophie confucienne sous la dynastie des Han. XV. Le positivisme de Wang-tch’oung et les confuciistes des époques des Soui et des Tang. XVI. Le taoïsme moderne. Quatrième partie : De la dynastie des Soung à l’époque actuelle (960 à 1911). XVII. L’école philosophique de

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
la nature (Sing-li) sous la dynastie des Soung. XVIII. Tchou-hi et ses disciples. XIX. Les écoles hétérodoxes. Wang-yang-ming. N. De la dynastie mandchoue à l’époque actuelle. uère qu’un jaune soit capable de lui apprendre quelque chose et que les trésors de la sagesse et de l’art chinois puissent l’enrichir de plus d’un bien que nous a refusé notre propre culture. En outre, l’Europe instruite ne manifeste à l’égard des grands événements historiques qui se déroulent dans l’Extrême-Orient u’un intérêt réellement minime, bien que ces evénements ne concernent pas exclusivement la Chine ou l’Asie et que leur cours et leur issue exercent une influence essentielle sur la transformation du monde en général et du nôtre par conséquent.

On ne peut guère se figurer autrement, il est vrai, le rapport de l’Européen avec le Chinois, puisque la compréhension historique et ethnologique de l’Européen moyen instruit et sa connaissance de la spiritualité du plus ancien peuple cultivé de la terre, peuple de plus de quatre cent millions d’âmes, est, pour employer une expression modérée, misérable. Même les jugements des politiciens de profession, des hommes d’État, des journalistes, sur la Chine et les Chinois, sont, la plupart du temps, si superficiels et si erronés que la politique chinoise des cabinets européens ne peut être que fatalement fausse.

Ce que l’Europe sait de la Chine repose, aujourd’hui encore, principalement sur les relations des missionnaires, des agents politiques ou commerciaux, et des gens qui parcourent le monde. Ceux-ci sont influencés par des préjugés religieux ou culturels et ne sont nullement en état de porter un jugement sûr, ou bien, en plus, par suite de p. 0 leur complète ignorance de l’écriture et de la langue chinoises, 771 plus, par suite de p. 10 leur complète ignorance de l’écriture et de la langue chinoises, ne peuvent prétendre parler sérieusement du peuple chinois.

Comme il n’existe pas un homme, serait-ce même le plus impartial et le mieux doué, que ses observations personnelles mettent à même de porter un jugement convenable sur une nation de quatre cent millions dêmes dont le passé historique s’étend sur quatre mille ans, le seul moyen de connaître un peuple si particulier est d’étudier l’histoire de sa ulture et de sa pensée, seule expression sûre et infaillible du caractère national. Or, c’est à ce point de vue précisément que l’Europe, si fière de sa science, ignore beaucoup et que sa prétention habituelle fait place à une extrême modestie.

Ce que l’Européen instruit connait de la littérature philosophico-religieuse et politique si immensément riche de la Chine se borne ? trois ou quatre noms, Confucius, Lao-tse, ainsi que Tchouang tse et Li t’ai Pei. Il tient souvent ce qu’il sait de gens qui ne connaissent pas le chinois, qui se servent, sans aucun scrupule, e traductions anciennes ou étrangères et ajoutent leurs fautes et leurs procédés arbitraires personnels à ceux de leurs modèles. Fait étrange, ces < traductions » rencontrent l'approbation des lecteurs bien plus facilement que d'honnêtes traductions faites directement sur le texte chinois.

Cette histoire de la philosophie chinoise, faite pour la première fois d’après des sources originales, a, d’une part, un but scientifique : compléter la connaissance du travail de la pensée philosophique en général, et de l’autre philosophique en général, et de l’autre un but pratique : donner u jugement que portent les gens instruits sur l’autre moitié de l’humanité cultivée une base plus sûre que celle qu’ils possédaient jusqu’à maintenant. Cet exposé comprend deux livres.

Le premier s’occupe d’une période de deux mille ans environ pour s’arrêter aux grandes transformations sociales qui eurent lieu au troisième siècle avant notre ère, sous Ts’in Che houang ti. Cette époque comprend l’ère classique de la Chine ; ses principaux représentants appartiennent aux esprits les plus élevés et aux personnalités les plus sacrées de tous les peuples et de tous les temps. Le livre second contient l’histoire de la philosophie chinoise jusqu’à l’époque la plus récente, qu’il traite jusque dans ses derniers mouvements spirituels.

Comme cet ouvrage n’est pas p. 1 1 exclusivement destiné aux sinologues — qui moins que tous autres ont besoin d’un tel livre — mais s’adresse en général à ceux qui connaissent la philosophie et aux gens instruits qui ne sont pas à même de se reporter aux textes chinois, j’ai limité les indications bibliographiques des différents chapitres aux œuvres écrites en langues européennes et je n’ai signalé les ouvrages en langue japonaise ou en langue hinoise que s’ils ont été écrits ou traduits en langue européenne.

Exceptionnellement, lorsque les traductions européennes font défaut, comme c’est le cas pour Pœuvre de Kouan-tse, pour le Lu-che tch’oun ts’iou, etc… J’ai donné à propos des textes que j’ai cités les le Lu-che tch’oun ts’iou, etc… J’ai donné à propos des textes que j’ai cités les références nécessaires pour permettre aux sinologues de se reporter aux textes chinois.

Les citations empruntées aux philosophes chinois ont été traduites par nous sur le texte original, chaque fois qu’il n’a pas été mentionné que ous avons utilisé une autre traduction ; cependant, comme c’était mon devoir, j’ai consulté toutes les traductions étrangères que j’ai pu me procurer et les ai comparées entre elles. C’est avec plaisir que je remercie ici toutes les personnes qui m’ont permis de mener à bien cette étude en me fournissant les livres qu’il est difficile de se procurer.

Je dois, à ce propos, des remerciements tout particuliers à Mme Ina Lewisohn, de Londres, et à mes deux amis chinois le Dr. Chen YI et l’Ingénieur C. C. Tcheng, de Nankin PREMIÈRE PARTIE : L’ÉPOQUE PRÉCLASSIQUE. Introduction . 13 Le temps n’est pas encore très éloigné où l’histoire de la philosophie commençait avec Thalès, ce qui signifie que l’on considérait la philosophie, au sens propre, comme un privilège de l’esprit européen.

Depuis que Schopenhauer a mis à la portée d’un public plus étendu la pensée des Indes et que l’indologie moderne a rendu possible l’étude scientifique de la littérature philosophique de ce pays, il a bien fallu reconnaitre qu’il existait aussi une philosophie hindoue et accorder à celle-ci une modeste place dans Phistoire générale de la philosophie. II semble que ‘époque moderne veuille compenser par une surabondance l’omssion d’autrefois, car les études historlques sur moderne veuille compenser par une surabondance l’omission d’autrefois, car les études historiques sur la philosophie hindoue surgissent du sol, pour ainsi dire.

Mais, outre les Hindous, il existe, dans l’extrême Asie, un autre peuple qui, depuis des lointains brumeux, indépendamment de tout héritage étranger, s’est donné une philosophie originale qu’il a portée à la plus haute perfection . ce sont les Chinois. CEurope connaît même la philosophie chinoise depuis plus longtemps que la philosophie indoue, puisque nous avons des traductions de textes chinois qui remontent jusqu’au dix-septième siècle. Confucius a été traduit pour la première fois en 1687 ; Mong-tse, en 1711 ; Lao-tse, en 1842.

Malgré cela, la philosophie chinoise n’a pas encore trouvé un historien qui l’ait imitée pour elle-même, comme manifestation indépendante de la vie de l’esprit. Quelques essais prématurés de l’époque où l’on ne connaissait guère que Confucius et Mong-tse, quelques p. 14 rares œuvres d’histoire religieuse ou littéraire, dans lesquelles on traitait accessoirement de la philosophie, et une série, il est vrai, très mposante de monographies, qui servaient la plupart du temps d’introduction à des traductions, ont formé jusqu’ici tout ce que nous possédions de littérature historique sur la philosophie chinoise.

Il a paru, ces dernieres années, une Histoire chinoise de la philosophie de la Chine jusqu’à Mei-ti par Hou-che (Sou-hou) et son édition anglaise, Development of the Logical Method in ancient China ; puis quelques études sérieuses du japonais Suzuki, parmi lesquelles il conv ancient China ; puis quelques études sérieuses du japonais Suzuki, parmi lesquelles il convient de citer A brief history of arly Chinese Philosophy et, enfin, un court exposé d’ensemble malheureusement épuisé — de FAméricain Paul Carus, bien connu par ses études sur Lao-tse.

J’ai rassemblé tous ces matériaux, à rexclusion des monographies, dans un appendice ? cette introduction. Personne ne pourra prétendre que l’ensemble de ces ouvrages corresponde, en quelque façon, à l’importance de la philosophie chinoise.

On trouvera une foule de raisons faciles pour expliquer cet étrange phénomène : les grandes difficultés que présente l’étude de la langue chinoise écrite, une méfiance, pas toujours njustifiée, à l’égard des traductions du chinois, souvent si différentes les unes des autres que l’on a peine à y reconnaître les copies d’une seule et même chose, et surtout, bien certainement, cette opinion vaniteuse que toute culture qui ne porte pas la marque européenne est inférieure et qu’en particulier, « le jaune » est tout à fait incapable de créer et de répandre des valeurs spirituelles de la plus haute espèce.

Ce préjugé, auquel l’ignorance si répandue de la littérature chinoise a permis de s’enraciner, a fait naître l’opinion courante que la philosophie chinoise n’est utre chose qu’une simple morale quotidienne, prosaïque et commune, figée depuis des millénaires et qui ne valait pas la peine qu’on cherchât, pour la comprendre, à surmonter de si grandes difficultés.

Il faut convenir, en tout cas, que la philosophie chinoise est surtout pratique, et qu’en Chine Il faut convenir, en tout cas, que la philosophie chinoise est surtout pratique, et qu’en Chine toute philosophie, même quand elle commence par la pure théorie, devient, sans qu’on s’en aperçoive, pratique, c’est-à-dire morale. C’est là un trait de caractère marquant du peuple chinois, et qui, p. 5 vraisemblablement, a énormément contribué à la vitalité unique dans l’histoire.

Suzuki (101) dit très justement que si la religion est représentée par les juifs, la philosophie, par les Grecs, la mystique, par les Hindous, l’éthique est l’orientation spirituelle qui a rencontré, dans l’Empire du Milieu, ses représentants et son développement classiques. Cela ne veut pas dire qu’il ny a pas eu en Chine de métaphysiciens et même de mystiques et qu’il n’y en a pas encore ; qu’il n’y a pas eu, dans ce pays, tant au point de vue spécu atif que moral, des opinions d’écoles opposées, es champions spirituels paradoxaux et fantaisistes et parfois de violentes luttes spirituelles.

La philosophie chinoise, dont l’histoire remonte à plus de trois mille ans, ne peut évidemment avoir été pendant tout ce temps comme un volcan toujours en activité ; des périodes de repos de plusieurs siecles lui ont été nécessaires, et cela n’étonnera point ceux qui ont tant soit peu le sentiment de la relativité des rythmes vitaux.

Mals si le reproche d’insipide monotonie et d’engourdissement millénaire tombe déjà lorsqu’on tient compte des manifestations xtérieures de la vie spirituelle chinoise, il est injustifié quand il concerne un système de morale aussi parfait que celui des Chinois ; dans c est injustifié quand il concerne un système de morale aussi parfait que celui des Chinois ; dans ce cas le reproche devient nettement insensé et immoral.

Toute doctrine morale doit contenir, dans ses formules et commandements derniers, quelque chose d’évident et d’incontestable qui, au cours des siècles, peut très facilement sembler trivial. Mais l’originalité et la déconcertante recherche de l’esprit ne sont pas des mesures pplicables aux valeurs morales.

Les Chinais ont eu le bonheur de posséder très tôt un système de morale qui après être sorti victorieusement d’un long combat d’opinions concurrentes et avoir obtenu la reconnaissance unanime du peuple a fait ses preuves pendant la longue histoire de ce peuple où les épreuves pénibles n’ont pas manqué. Les Chinols auraient-ils dû abandonner de temps en temps ces principes moraux éprouvés et les échanger contre d’autres, à seule fin de ne point paraître aux savants européens insipides et banals, peu intéressants et retardataires ? Si l’on p. disait à un chrétien catholique au protestant de changer de morale parce que la morale chrétienne, dans sa monotonie et son engourdissement millénaire, est devenue banale et ennuyeuse, il répondrait probablement que l’on ne change pas de principes moraux comme de modes, et qu’une époque qui le falt à la légère, ou simplement hâte ce changement, n’a pas de morale. Il est très remarquable que la première impression faite par la philosophie chinoise sur l’esprit européen fut d’une toute autre nature. Les missionnaires chrétiens, qui, les premiers s’occupèrent de la philosoph PAGF OF