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Quelques précisions sur la finance et son rôle économique échanges n0132 – printemps 2010, p. 52-57 Nous vivons dans un système capitaliste. Cela signifie que toute personne physique ou morale disposant d’une somme d’argent (à l’échelle mondiale, cela reste une minorité) voudra non to nextÇEge seulement la conserver, mais auss- éventuellement, l’acc re or 11 l’immense majorité d eu. faibles montant, cet argent, augment paiement (le pécule mis Ion et, que de sommes de moyen de de coté pour parer aux coups durs de la vie, pour un achat plus important ou pour arrondir une retraite).

Aujourd’hui, la majorité des paiements de la vie courante (salaires, allocations diverses, règlements par chèques et cartes bancaires) se font par l’intermédiaire d’établissements financiers qui tiennent les comptes des particuliers ainsi que les pécules éventuels ; certains de ces particuliers peuvent se laisser séduire par des promesses de gains plus importants dans des opérations financieres plus aléatoires.

Mais si dépôts et économies vont, aux mains des établissements financiers, ainsi se transformer en capital, ils ne restent pour l’immense majorité que des moyens de ?té empruntées, l’argent n’est plus un simple moyen de paiement immédiat ou différé, mais un capital qui doit être non plus simplement placé pour

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un simple intérêt et une protection, mais investl pour produire un « retour » aussi élevé que possible.

Cela peut se faire directement en fondant une entreprise ou en participant à sa fondation (investissement) dans laquelle l’exploitation de la force de travail (la sienne propre ou celle de salariés) permettra de dégager une plus-value suffisante pour assurer non seulement le maintien du capital investi mais son accroissement.

Dans la majorité des cas cette ransformation de l’argent en captal se fait sot par l’achat de titres divers de collectivités ou d’entre- prises qui participent directement ou indirectement à l’activité capitaliste, soit par la contribution à des fonds qui collectent de l’argent en garantissant un intérêt, soit tout simplement par un dépôt bancaire.

Quel que soit le mode retenu pour cet investissement direct ou indlrect dans une activité capitaliste, l’élément primordial du choix initial et éventuellement de déplacement d’une solution sur une autre est le montant de l’intérêt offert. Même, comme nous l’avons relevé, ceux qui « mettent de ‘argent de côté » ne pensent qu’à l’utiliser éventuellement comme moyen de paiement et n’assignent à l’intérêt que le maintien de la valeur de l’argent ainsi epargne, les organismes qui collectent cette épargne l’utilisent comme capital.

D’une manière ou d’une autre, au centre de toute cette circulation de l’argent, quelle que soit son utilisat- oyen de paiement ou 11 quelle que soit son utilisation comme moyen de paiement ou comme capital, se trouvent non seulement les banques mals ce que l’on peut englober sous le nom d’établissements financiers, tant leur diversité est grande, epuis l’usurier et prêteur sur gage jusqu’au plus sophistiqué et obscur des « funds of hedge funds en passant par les caisses d’épargne, le micro- crédit, les transferts de salaires d’un pays à l’autre, et les circuits clandestins de déplacement d’argent.

Le rôle central de tous ces établissements financiers, qu’ils reçoivent de l’argent comme moyen de paiement ou comme moyen d’investissement, est d’assurer, par des canaux divers, la redistribution de la plus-value extorquée aux travailleurs dans la production (en gros la différence entre les coûts de production et le prix de vente).

Mais ils ont une autre fonction, non mons * « Hedge Fund » : fonds d’investissement spéculatif, sorte de club privé, accessible seulement aux grosses fortunes ou aux fonds de pension (l’accès ne s’y ouvre qu’avec une mise minlmale de 1 million de dollars) qu garantissent des rendements élevés autant que des déculottées de taille. Ils ne sont soumis à aucune réglementation et ne rendent jamais de comptes au public, seulement aux « partici ants Plus de la moitié d’entre e à Londres, les autres aux PAF 3 1 tous les produits ou marchandises possibles.

Toutes les tentatives de ontrôle étatique récentes ont jusqu’à présent totalement échoué… Le « hedge fund of hedge funds » est une association de hedge funds visant à se prémunir par des compensations contre les risques spéculatifs. 2 Cela ne veut pas dire que les mesures prises, si importantes soient-elles, vont résoudre la crise : elles assurent un minimum de fonctionnement de l’activité économique, et elles éloignent le spectre d’un mouvement social de grande ampleur.

De ce dernier point de vue, ce n’est pas un hasard si les gouvernements ont assuré, dès les débuts de la crise financière, que les dépôts ancaires des particuliers (les comptes courants) seraient garantis par l’Etat. Il pouvait sembler que les aides financières directes qui ont suivi étaient, ? cet égard, beaucoup plus importantes que ces garanties qui n’ont pas eu ? jouer et ont évité toute forme de panique financière. De fait elles l’étaient et, indirectement, étaient également une garantie de paix sociale, atténuant les conséquences de la crise sur l’activité des entreprlses.

Il était essentiel en ce sens que les entreprises, bien plus que les particuliers, puissent avoir un accès au crédit ancaire, qui est une partie im artante du mécanisme de gestion du système capitaliste. PAGFd0F11 n’est pas tant ces avances des Etats qui permettent aux établissements financiers de se redresser et d’engranger des bénéfices substantiels mais, essentiellement, la possibilité d’emprunter à des taux d’intérêts proches de zéro auprès des banques centrales des sommes importantes qu’elles prêtent ? leurs clients ? des taux parfois à deux chiffres.

Bien sûr, si tout ce que nous pouvons observer dans le secteur financier depuis deux ans ne résout pas la crise mondiale du capital et ne oncoure pas directement au relèvement du taux de profit, il n’en apparait pas moins que jusqu’à maintenant (on pourrait se demander jusqu’? quand ? ) les mesures financières et sociales ont évité des mouvements de grande ampleur pouvant menacer le système capitaliste. L’ensemble du système, qui s’affine pour échapper à tout contrôle et à toute réglementation, ne fonctionne qu’autour de la plus-value, de la circulation des capitaux et de l’argent en général. Toutes choses qui ne se valorisent que par l’appropriation de masses monétaires du secteur financier ou des Etats, à défaut de reposer sur l’activité de production.

Les mécanismes complexes dont nous parlons permettent de réaliser une s 1 gauche », y compris dans les marginalités ultra-gauche, que les Etats ont déversé des sommes impressionnantes pour aider les banques ? surmonter leurs difficultés, sommes qui pourraient tout aussi bien être utilisées soit à relancer l’économie (capitaliste bien sûr, même s’il s’agit de « grands travaux ») et/ou à aider les travailleurs que la crise accule à d’insurmontables difficultés.

D’une certaine façon, c’est inverser le problème : ce ne sont pas es Etats et les hommes ou partis politiques qui commandent les mouvements du capital, même à l’intérieur des frontières, mais l’inverse : les mesures polltlques nationales ou internationales (style G8 ou G20) en faveur des capitalistes sont dictées par leurs intérêts.

Quant aux mesures elles-mêmes, elles doivent permettre aux différentes fonctions des circuits financiers dans l’ensemble de l’activité économique de continuer à être assumées, afin que le système survive, afin de ne pas accentuer la crise économique elle-même, cause des difficultés financières, et la transformer en débâcle. Le mécanisme financier permettant de gagner de l’argent avec la baisse du prix de n’importe quelle marchandise (actions, créances, monnaie, matières premières, etc. est facile à comprendre même s’il ne semble pas rationnel. Il consiste ? vendre à un certain cours une grande masse de cette marchandise sans la posséder, ceci pour une date fixe : une telle vente réalisée à grande échelle fait baisser les cours (baisse que d’autres ent accroître) : il suffit au PAGF60F11 accroître) : il suffit au spéculateur d’acheter à ce cours pour honorer le contrat initial.

La différence ntre les deux cours est le profit du spéculateur. 6 importante, de régulateurs de cette production par le mécanisme du crédit qui évite aux entreprises comme aux particuliers les inconvénients parfois graves du manque de liquidités. Le crédit, l’avance d’argent destiné en prlncipe à un paiement, n’est qu’une anticipation de remboursement.

L’argent qu’un établissement financier quelconque reçoit de quelque source que ce soit (dépôt ou éventuellement emprunts), il l’utilise pour financer l’ensemble de ses activités (investissements, placements, crédits) : l’essentiel est que ela lui procure un intérêt supérieur à celui qu’il doit donner ? de ses créanciers – déposants ou prêteurs. Mais, pour ces deux fonctions de la finance, l’ennemi est l’incertitude, le risque de perdre, car tout est basé finalement sur l’activité économique qui, par principe, est concurrentielle et aléatoire.

Parallèlement ? l’extension du rôle des établissements financiers comme moyens de transferts d’argents et à la recherche de rendements (intérêts procurés par une opération), ce risque prend de l’importance, d’autant que sa base, l’activité économique, est essentiellement fluctuant oint la préoccupation PAGF70F11 existants mais aussi dans des établissements spécifiques, des combinaisons de plus en plus élaborées qui visaient à garantir l’intérêt voire ? l’accroitre au maximum, à garantir le remboursement des emprunts et des prêts, à garantir une stabilité des prix des matières premières.

Ce que l’on fustige sous le nom de spéculation n’est que la résultante du fonctionnement normal du capitalisme, qui, dans un monde d’incertitudes, tente de sécuriser son activité et ses profits. Cette interdépendance entre innovations technlques, globalisation économique, course aux bas rix des matières premières et de la main-doeuvre, expansion effrénée du capital et ses conséquences, rend cette sécurisation impossible.

Cette dérive masque ce qui reste les fonctions essentielles des banques dans le système capitaliste de production : Assurer, de toutes les manières possibles et Imaginables, la circulation – et l’accroissement – de la part de la plus-value extorquée par le capital.

Dans la mesure où l’extension du capitalisme au monde entier et dans tous les domaines de la vie a entraîné une énorme accumulation de capital, le rôle des banques dans ce recyclage est devenu de plus en plus mportant : comme il devenait en même temps de plus en plus difficile de trouver des sources nouvelles d’exploitation et conséquemment de profit, les formes et B1 comme des sujets et des formes de spéculations également inconnues jusqu’à une date récente. ents de fermeture ou de « dégraissage » le terme LBO* est apparu pour fustiger le genre d’opération spéculative destinée à garantir une rentabilité élevée du capital. Mais, plus récemment, d’autres opérations ont gagné la faveur des médias, par exemple les « Credits Default Swap » (CDS) ». ulgarisés à l’occasion des déséquilibres budgétaires de la Grèce. Il n’est pas nécessaire d’entrer dans les détails, dont seuls quelques-uns se dévoilent à la faveur des crises des Etats ou des établissements financiers.

Tout ce que l’on appelle « scandale comme s’il ne s’agissait pas du fonctionnement normal du capital En ce qui concerne la forme de ces organismes financiers, chacune ayant en principe un but spécifique, la division traditionnelle en banques de dépôt (qui pour l’essentiel géraient les comptes des particuliers ou d’entreprises mais devaient, pour conserver des liquidités, se garder d’opérations rop hasardeuses) et banques d’affaires (ou d’investissement) (qui engageaient leurs capitaux ou celui de leurs clients dans l’opération plus risquée de financement des entreprises) est devenue totalement inadaptée. Le « Leverage Buy Out » » (LBO) est une des opérations pratiquée par les PAG » 1 ») deviennent totalement inopérantes ne sont, au mieux, que des opérations politiques médiatiques. Les politiques précisément tentent de nous faire croire qu’il y aurait de « bons » établissements (les banques traditionnelles bien connues du public, qui est contraint de les utiliser) et des établissements « uspects » responsables de la crise économique et financière par leur opérations risquées.

Dans cette médiatisation, qui rejoint la dlabolisation apparue dans les restructurations d’entreprises des « grands méchants » que sont les fonds d’investissements divers, autant que possible étrangers, on a vu apparaître des établissements méconnus aux noms plus ou moins barbares – fonds de pension, « hedge funds « funds of hedge funds ». En même temps on vouait aux gémonies certains de ces financiers, du genre Soros ou Madoff, qui apparaissent plutôt comme des victimes expiatoires asquant l’immensité des problèmes financiers inhérents à la crise économique.

Sans doute, à l’occasion des méfaits des restructurations entraînant licencie- 4 hedge funds mais aussi par d’autres établissements financiers. Elle a toujours été pratiquée, mais est devenue dans la pér10de récente plus systématique et plus importante. Elle consiste à acquérir le moins cher possible et avec un apport minimum une entreprise connaissant des difficultés passagères, le reste du prix étant emprunté à bas taux d’intérêt. L’entreprise acquise est, dans la recherche de immédiats, épurée,