Fiches Le feu

Fiches Le feu

BARBUSSE, LE FEU (JOURNAL D’UNE ESCOUADE) CHAPITRE : LA VISION Situation Hôpital•palais en face du Mont Blanc, en 1914. Personnages Ce chapitre ne fait in de Ihistoire, unique d’un sanatorium. Événements ge propre au reste es pensionnaires or 86 Sni* to View – La Guerre ! Cest en effet dans ce chapitre introductif (une « préface » d’après le mot de Barbusse) que l’auteur annonce la déclaration de la guerre entre la France et l’Allemagne. L’action se passe dans un sanatarium : lieu de maladie, lieu hors du temps qui évoque symboliquement l’Europe malade qui entre n guerre d’une part ; le sort réservé aux soldats qui s’en sortiront d’autre part. – L’action se situe à Chamonix. près du Mont-Blanc, l’un des sommets de l’Europe occidentale : Position de domination qui entraine la vision ; évocation d’une nature forte et immense qui fait écho à la petitesse et à la fragilité humaine. Citations tableaux apocalyptiques se ressemblent et reposent sur la même image d’inondation qui emporte tout.

Le combat est évoqué de manière apocalyptique : les soldats sont des « naufragés monstrueux « trente millions d’esclaves la champ de bataille une grande plaine livide Y. uicide » des armées, « massacres

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
» sans interruption aux frontières des nations) : aucune image glorieuse du combat plutôt une malédiction de l’homme déchu. La dernière phrase du chapitre : « L’avenir est dans les mains des esclaves et on voit bien que le vieux monde sera changé par l’alliance que bâtiront entre eux ceux dont le nombre et la misère sont infinis. ? p. 53 : Anticipe la fin de la guerre et le besoin de bâtir une alliance: La SDN. Anticipe également le changement mondial que va apporter cette guerre qui sonne comme la fin dun monde et le début d’un autre. Cl Apport du chapitre à la conception de la guerre de Barbusse Chapitre hors de la guerre, hors de l’espace social, hors du temps et circulaire (puisqu’il fait écho à « L’Aube ») qui permet à fois d’entrer dans la première guerre et dans le livre tout en dépassant ce cadre-là.

La dimension apocalyptique de la guerre donne à récrit de Barbusse une dimension universelle et morale. Le Feu est un titre qui prend tout son sens : la guerre, c’est la vision du feu, d’un feu qui consume terres et guerriers depuis la Bible. Si Le Feu évoque la première guerre mondiale, son titre, ses premier t dernier chapitres inscrivent le roman dans une dimension universelle. N’oublions pas que ce qui situe le titre : « journal d’une escouade » est entre parenthèses.

Mouvement descendant entre le premie 6 « journal d’une escouade » est entre parenthèses. Mouvement descendant entre le premier et le deuxième chapitre : des sommets à la tranchée ; de la vision de la guerre ? la guerre elle-même « dans la terre Le deuxième chapitre file la vision puisqu’il commence par une description apocalyptique du paysage où le thème du déluge est présent. CHAPITRE II : DANS LA TERRE an et demi après le début de la guerre, tranchées, dans le Nord- Est de la France.

Les Membres de rescouade qui appartiennent à la 2e demi- section. L’objet du chapitre est pour le narrateur de présenter les personnages de rescouade. « C’est nous » dit-il. Aussi apprend- on à quoi ils ressemblent, quels étaient leurs métiers dans le civil, quels sont leurs âges, leurs races et à quoi ils occupent leur journée et comment ils se sont harnachés pour survivre. Narrateur : on ne sait rien sur lui, il dit « nous » et parait être membre et témoin de la vie de l’escouade paradis : charretier dans le civil.

Volpatte : prénom Firmin, personnage au visage de « mousquetaire Lamuse: gros bonhomme, paysan du Poitou. Biquet: petit et jeune : « duvetier» aurrait être le fils de Fouillade (qui a 40 ans), br PAGF 3 OF impulsif, « peinturlurait des voitures » Pépin: voyou, pas de travail, a épousé une femme peu de temps avant pour toucher l’allocation des femmes de mobilisés. Tulacque: était bistrot à la barrière du Trône, a une certaine allure.

Eudore: tenait un estaminet Cadilhac: avait des terres à lui Poterloo: ouvrier dans le Nord Caron: a été évacué pour son bras, a chipé des bottes sur le orps d’un mitrailleur bavarois et les a filé à Poterloo lors de son évacuation André Mesnil: cultivé, pharmacien Joseph Mesnil: frère d’André, vendait des journaux dans une gare. Fouillade: 40 ans, ancien batelier à Sète Vigile: jeune, sergent Cocon: frêle, homme-chiffre, travaillait dans une quincaillerie ? Lyon Farfadet: fragile Bécuwe: horrible accent, ouvrier dans le Nord Martin Cesar: cuisinier de la C. H.

R, renommé pour son habilité ? trouver du feu Introduction de l’. escouade » et de son de vie. On passe une journée en compagnie des hommes qui composent ‘escouade dans l’attente de la nuit et du travail. Cette journée est l’objet de ce long chapitre (50 pages) qui a pour Barbusse la double fonction de chapitre introducteur et en même temps de peindre la réalité des tranchées. Qu’est-ce que rescouade ? : une petite unité dune dizaine d’hommes dirigée par un caporal (Bertrand) comprise dans une unité plus vaste : la 2e demi-section, laquelle est comprise dans la section, laquelle se fond dans la compagnie.

Le chapitre divulgue des i r le fonctionnement 6 leur journée. Les informations donnés sur ces hommes sont explicitement données par le narrateur-personnage selon n ordre précis : il présente ces camarades « c’est nous Le narrateur fonctionne selon un principe de questions rhétoriques : « nos âges ? « nos métiers ? » vêtements, âges, fonctions dans le civil. L’objectif est multiple : montrer la diversité des origines sociales, géographiques, temporelles de ces hommes ; montrer que ce sont des hommes du peuple qui composent les tranchées : « pas de profession libérale par mi ceux qui m’entourent. ? Montrer que ces hommes « différent mais se ressemblent. » Ce qui sert de fil conducteur au chapitre est le déroulement de la ournée des poilus : attente — soupe – lettres. Deux événements interrompent le cours de cette journée : l’apparition des « touristes des tranchées » à savoir les journalistes et le défilé des « tabors » qui clôt le chapitre. Apport du chapitre à la dynamique de l’œuvre Chapitre d’introduction à la fois des personnages et de la situation dans les tranchées.

On note dès les premières lignes un parallèle entre le feu et le combat : « coups de tonnerre « explosion « colonne de feu » qui vient justifier le titre du roman et met en place le cadre de la narration. Toutefois ce qui ressort immédiatement c’est surtout une description extrêmement péjorative des tranchées: le bruit, l’odeur, le froid, l’inconfort, l’atmosphère: tout y passe. « Cest la guerre » p. 59 citation du père Blaire au milieu d’une tirade argotique. Ces difficultés sont reprises p. 62 : « contre la pluie qui vient d’en haut, contre la boue qui vient d’en bas, contre le froid b.

Tout ce long PAGF s 6 la pluie qui vient d’en haut, contre la boue qui vient d’en bas, contre le froid Tout ce long chapitre est de surcroit ponctué par l’attente des soldats qui déjoue les attentes du lecteur : le lecteur ense que la guerre, c’est de l’action, alors que la guerre, c’est attendre l’action. Enfin, il apparait également un sentiment d’usure, et c’est important de le noter puisqu’il ne faut pas oublier que c’est seulement le 2e chapitre de l’œuvre et que les soldats sont déj? las d’à peu près tout, cf: p. 1 « Au à un tas j’pense plus » suivi de deux répliques identiques « Moi non plus » : ces soldats vivent machinalement, ils n’éprouvent plus rien (à nuancer bien sûr) ou encore pp. 94-95 la demi-section est promise à un repos en Egypte mais personne n’y croit: « si souvent on l’a cru, et si souvent on a déchantél » En résumé, ce chapitre sert à introduire les nombreux personnages et à introduire l’ambiance de la guerre qu’on retrouvera tout au long du roman. une citation semblant intéressante: c’est que l’armée c’est une « famille sans famille, ce foyer sans foyer » p67 ; i. e. ême si la guerre rassemble les hommes, pour Barbusse le soldat est seul. Apport du chapitre à la conception de la guerre de Barbusse Dans ce chapitre Barbusse s’étend surtout sur le soldat, la diversité entre soldats. Ainsi l’idée principale est que malgré les différences entre êtres humains, les soldats sont tous identiques. ? c’qu’on ne se ressemble pas ! » ; « Nos âges? Nous avons tous les âges. » ; « Nos races? Nous sommes toutes les races? » ; « Nos métiers? Un peu de tout, dans le tas » ; « Oui, c’est v de tout, dans le tas » ; « Oui, c’est vrai, on diffère profondément. » pp. 6-67-68-69 mettent en place ce paradoxe très marqué puisqu’à la ligne d’après vient la citation importante: « Mais pourtant on se ressemble. » ; « les mêmes mœurs, les mêmes habitudes, le même caractère simplifié d’hommes revenus ? l’état primitif » ; « un soldat apparait pareil à un autre » p70. « un soldat c’est moins que rien dans la multitude » p80 ; « Ils sont chacun comme les autres » p93, et même quand on vient ? « la sale race boche ce sont « des hommes à peu près comme nous » p87 Deuxième idée qui apparait importante: il est des différences entre les soldats.

Première différence : soldats et officiers. Les poilus peuvent s’identifier aux soldats allemands parce que ce sont des hommes comme eux mais pas aux officiers. Barbusse initie dès ce chapitre une réflexion sociale sur les soldats. Deuxième différence : soldats de métier et mobilisés. 102 Lamuse déclare : « Nous ne sommes pas des soldats, nous, nous sommes des hommes »; « de simples hommes dont les seuls instincts primordiaux s’accentuent » (toujours pl 02).

Troisième différence : poilus et tabors : le défilé de tabors à la fin du chapitre pousse la réflexion plus loin puisque ces soldats menés en première ligne sont véritablement de la chair à canon. Ainsi la réflexion est la réduction du poilu à son humanité minimale : son existence sociale, politique et intellectuelle est réduite comme nous le montre l’écart entre le poilu et le civil ntellectuel qu’est le journaliste. D’autre part, on peut noter l’animali 7 6 poilu et le civil intellectuel qu’est le journaliste. D’autre part, on peut noter ranimalisation régulière dans le chapitre des poilus.

La constitution d’un bestiaire est importante. Ainsi Camuse a un cou de bœuf et lorsque le narrateur annonce la présentation des personnages qui composent l’escouade, son « c’est nous » est assorti d’une référence aux « ours CHAPITRE Ill : LA DESCENTE A l’aube, bois des Alleux : relève de la 18e compagnie Le titre évoque toujours un mouvement descendant, comme le chapitre précédent. Le narrateur, Caporal Marchal, Vanderborn Evénements Description du camp au Bois des Alleux Le narrateur arrive avec le Se bataillon et vient relever le 5e bataillon qui était en première ligne.

Parmi les compagnies qui forment le 5e bataillon, la 18e a été décimée. Le narrateur rencontre des survivants dont le caporal Marchal et Vanderborn. Evocation de la manière dont les personnages de la 18e compagnie ont été tués dans les tranchées. Apport du chap’tre à la dynamique de l’œuvre A travers l’évocation des poilus de la 18e Cie, on comprend ce qui attend nos personnages. Description des morts qui fait écho à la description des poilus encore bien vivants du chapitre précédent. Apport du chapitre à la co euerre par Barbusse PAGF E 6 une lutte dérisoire entre l’homme et la mort, plus qu’une affaire de gloire.

Ainsi la signification de la gloire n’est plus associée ? l’héroiSme mais à la survie : « Ils jouissent de la gloire infinie d’être debout » CHAPITRE IV : VOLPATTE ET FOUILLADE Au cantonnement. Recherche de Volpatte et Fouillade emmenés en première ligne par le 5e Bataillon. C] Personnages Narrateur, Farfadet, Volpatte et Fouillade D Evénements Deux événements : Volpatte et Fouillade composent le premier, Eudoxie le second. 1) Volpatte et Fouillade manquent au cantonnement. L’escouade est incomplète. Farfadet et le narrateur refont le chemin de la veille en sens inverses pour retrouver leurs camarades.

Ils les retrouvent : Volpatte est blessé et va pouvoir partir en convalescence. 2) Sur le chemin du retour, à l’orée du village, ils aperçoivent Eudoxie. Jeu de chasse : Camuse piste Eudoxie qui elle-même suit Farfadet. CIApport du chapitre à l’économie de l’œuvre La blessure de Volpatte va être reprise au chapitre IX la grande olère quand il revient de permission. La liaison Eudoxie/Farfadet et la blessure amoureuse de Lamuse va courir sur les chapitres re reprise notamment lors PAGF g 6 récits et réflexions sur la première guerre (cf. 4 d’Echenoz) Deuxième réflexion sur l’errance. Transformation de l’errance angoissée de Farfadet et du narrateur pour retrouver les deux disparus en promenade. « On est des promeneurs » dit Volpatte. Fierté de Volpatte d’avoir une bouffée de normalité en marchant dans la campagne sans crainte pour rejoindre le village comme si les personnages étaient des civils en temps de paix. Cela montre u’en temps de guerre, il n’y a pas d’acte léger, pas d’acte gratuit.

Enfin dernière réflexion sur le parallèle entre les deux blessures : celle de Volpatte et celle de Lamuse : « je me dis que le plus blessé n’est pas celui qu’on pense » la guerre n’est pas que destruction physlque, elle abime aussi psychologiquement. Le pathétique dans cette scène est décalé puisqu’il provient de Lamuse alors qu’en début de chapitre, on se concentrait sur Volpatte et Fouillade. L’intérêt du chapitre provient de ce rythme décalé. CHAPITRE V : L’ASILE C] Situation Le chapitre s’ouvre sur une marche nocturne en direction du illage de repos, Gachin-liAbbée.

La marche se poursuit jusqu’au jour : on voit alors les soldats se séparer et investir le village par petits groupes, à la recherche d’un endroit où dormir, et si possible, où se restaurer. L’escouade, qui s’est installée dans une grange, est confrontée à la réticence, si ce n’est à l’hostilité de la population. Celle-ci est présentée comme avare, hypocrite, loin de l’image que se faisaient les soldats. Suivent alors des épisodes de la vie courante de l’escouade (repas, promenade dans le village, réception de lettre (Biquet)) – marqués notamment par la rencontre e