Etablissements Portugais

Etablissements Portugais

Les établissements portugais sur les côtes du grésil Manuels -BENNASSAR, Bartolomé, MARIN, Richard, Histoire du Brésil, 1500-2000, pans, Fayard, 2000. -MAURO, Frédéric, SOUZA, Maria de, Le Brésil, du XVe siècle à la fin du XVIIIe siècle, SEDES, 1997. + manuels d’agreg + Armelle Enders + numéro spécial de L’Histoire sur le Brésil avec articles de LF De Alencastro, Laura de Mello, Gruzinski…

Le jésuite Rui Pereira s’exclame en 1560 à Bahia : « S’il y avait un paradis sur terre, de dirais qu’il se trouve maintenant au Brésil. » Les Portugais qui ont découvert le Brésil évoquent à l’envi une ature paradisiaque, une douceur du clim terrestre. Terre découverte le portugaise command or 18 Sni* to View • tation luxuriante, à un paradis portante flotte bral, une découverte issue d’un mélange de hasard et d’attente.

A l’époque, pour le Portugal, l’essentiel est d’assurer la liaison capitale entre l’Atlantique et l’Océan Indien. La nouvelle terre, dite « Terra de Vara Cruz », n’est d’abord tout au plus qu’une escale pratique sur cette route Contexte ici : milieu du XVIIIe siècle, (donc attention : ne pas écraser la chronologie, le Brésil du XVIIIe siècle n’a plus grand hose à voir avec celui des découvertes, même

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ds les structures administratives, sociales… de la colonisation ! Contexte politique depuis 1640, le Portugal est à nouveau indépendant, avec Jean IV, premier des Bragance. En 1752, après le long règne de Jean V Swipe to page (1707-1750) qui réorganise le royaume, règne Dom José (jusqu’en 1777). Au Brésil, naissent des tensions, propres à un pays neuf et aggravées par la découverte de Por, événement fondamental à tous points de vue, à la fin du XVIIe siècle : le pays est agité de révoltes (planteurs créoles contre marchands portugais).

Auteur : l’abbé de la Porte (1714-1779), jésuite, critique littéraire et artistique, poète et auteur dramatique lui-même, touché par les Lumières, il écrit sur l’Encyclopédie, Montesquieu, Rousseau. Nature : extrait du Voyageur français, oeuvre collective de très grande ampleur : 42 volumes, vaste description des différentes contrées du monde, à vocation encyclopédique mais aussi distrayante, une sorte de compilation plutôt que de véritables réclts de voyage. un travail collectif, par trois jésuites : les autres volumes sont de l’abbé de Fontenal (pseudonyme de Louis-Abel

Bonafous), journaliste et compilateur, et de Domairon, homme de lettre et grammairien. Intérêt double : parce qu’il explique le système portugais d’implantation colonial, mais aussi parce qu’il révèle une vision typique d’un voyageur du XVIIIe siècle, dont le regard est fort critique sur les colons portugais. I « ils n’occupent le plus souvent que le rivage » : retour sur la colonisation 1. « Mille (lieues) de côtes cf carte Impression d’une organisation bien réglée.

Mais on a là un texte du XVIIIe siècle • ne pas oublier que le Brésil a d’abord été une imple escale sur la route des Indes, non intégrée au système portugais, au cours d’une première phase de son histoire, de 1501 à 1530. Le roi laisse ce fragme 18 système portugais, au cours d’une première phase de son histoire, de 1501 à 1530. Le roi laisse ce fragment de côte ? l’initiative privée et, du reste, on dénombre des Flamands, des Hollandais, des Vénitiens, des Français, qui viennent pour le commerce du « bois brésil » (ou ibirapitanga, qui procuit une teinture rouge), pourtant de faible rapport.

Français puis Hollandais sont tentés par la création d’autres Brésils. Cependant, l’escale brésilienne est tout de même une garantie pour la route des Indes, et IE-mpire portugais ne peut prendre le risque de le laisser tomber entre des mains hostiles : c’est cet argument qu décide de la mise en place d’une colonisation plus sérieuse. C’est aussi ce qui explique l’intérêt essentiellement tournée vers la côte et les ports, souligné à plusieurs reprises par l’auteur. -la plaine de Bahia : un paradis terrestre ? 1. 2-55 un thème que l’on retrouve ds de nombreux récits, dès la découverte : cf Rui Pereira « Il y a ici tant d’animaux que l’on peut hasser ds les bois alentour et dont la chair est si bonne que (le Brésil) se moque du Portugal Frei Vicente de Salvador « Le Brésil est mieux pourvu en nourriture que toutes les autres régions du monde car on y trouve celles de tous les autres pays Gandavo, in Historia da Provincia de Santa Cruz, 1576, « terre délicieuse et fraîche, couverte d’arbres très hauts et de toute sorte, arrosée de rivières nombreuses et très belles dont toute la terre profite abondamment, qui demeure toujours verte avec cette température printanière ».

Idée d’une nature prodigue, d’un don admirable de Dieu. Une exception : des printanière Idée d’une nature prodigue, d’un don admirable de Dieu. -Une exception . des installations portugaise « depuis l’embouchure du fleuve de la plata, jusqu’à celle du Maragnon, ou rivière des Amazones Y. Des expéditions courtes étaient parties vers l’intérieur dès 1554. En 1638-39, un expédition part du Marahao et remonte l’Amazone. Dans cette région, s’est mis en place un système très vite fondé sur l’esclavage des Indiens, et qui va vite se heurter à la ferme opposition des jésuites c’est là que la population se soulève contre le Père Antonio

Vieira, prédicateur, diplomate, écrivain, parce qu’il condamne en chaire l’esclavage des Indiens, personnage et épisode qui ont profondément marqué le XVIIe siecle brésilien. Mais c’est aussi ici que s’amorce un processus de métissage, avec la naissance du caboclo, métis éleveur. 2. « l’intérieur du pays est habité par des peuples inconnus » ; « guerres continuelles que les Européens ont eu à soutenir avec les naturels du pays » : cf Levi-Strauss, qui a comparé l’arrivée des Européens à ce qui aurait été, pour nous, une explosion atomique à l’échelle planétaire. On a vu le pb intell. t religieux la semaine dernière. L’auteur évoque ici la lutte sur le terrain.

Leur économie, fondée sur la chasse, la pêche, la collecte, l’agriculture, sans commerce, ne pouvait convenir aux Portugais, commerçants par excellence, qui n’ont trouvé aucun intérêt dans les nouvelles terres, surtout par comparaison avec les Indes où le commerce était très lucratif. C’est avec la découverte du bosi-brésil que le commerce devient possible, et le concours des Indiens 8 découverte du bosi-brésil que le commerce devient possible, et le concours des Indiens indispensable pour couper et transporter e bois, en échange de verroterie. Ils sont donc d’abord traités comme une nation avec qui on négocie, avant tout parce que les Européens sont en grande infériorité numérique. Mais l’état de guerre décrit par fauteur s’installe au fur et ? mesure que la colonisation s’organise : les colons veulent utiliser les Indiens comme main d’oeuvre esclaves.

Entre les polémiques de nature philosophique et religieuse qui créent des conflits entre colons et missionaires, la couronne hésite, déclare d’abord tous les Indiens libres (Philippe III, 1 609) puis, devant les protestations, ublie une ordonnance autorisant l’esclavage, pendant 10 ans, des Indiens « capturés lors de guerres justes Or les colons considèrent justement comme justes les guerres menées contre les Indiens qui refusent de quitter leur mode de vie en forêt • dans la mesure où la loi autorise le combat, tout est permis, car les Indiens ont résisté à la colonisation et défendu tenacement leurs terres (1. 15). Dès lors, les peuples « qui jouissent encore d’une certaine liberté » sont effectivement ceux qui se sont repliés loin ? l’intérieur des terres et relèvent de l’ordonnance de 1718 éclarant les Indiens libres et hors de la jurldiction royale, et s’ « ils ne craignent rien tant, que de recevoir la loi des Européens c’est parce que s’ils entrent en guerre contre les colons, ils s’exposent à perdre cette liberté dans une « guerre juste » 3. 1Jne terre de mission ?

Jésuites, missionnaires et piété baroque évo PAGF s 8 « guerre juste » évoqués au sujet de la ville et de Santos puis directement des lignes 24 à 27 -Allusion à Jean Ill et insistance sur son rôle dans l’évangélisation l. 24 : en effet, Jean Ill écrivait au premier gouverneur général, Tomé e Souza : « La principale cause qui m’a conduit à ordonner le peuplement de ces terres du grésil est que leurs populations se convertissent à notre sainte foi catholique ». Pourtant, on assiste au Brésil à un grand retard de cette évangélisation. L’auteur pointe cette « anomalie » en soulignant la différence avec IE-mpire espagnol, 1. 21-23, dans le domaine de la présence des ordres religieux. L’Amérique portugaise fait sur ce point pâle figure.

Cecl peut s’expliquer par le statut particulier du Portugal face à Rome : par la bulle Universalie Ecclesia de 1508, le pape a octroyé à la ouronne portugaise un patronage (patroado) : le roi, comme Maître des grands ordres militaires, perçoit la dîme etnomme les évêques, curés et autorise la construction de nouvelles églises, ce qui fait que les institutions ecclésiastiques séculières, placées sous la dépendance du Trésor qui recueille les dimes, restent en fait assez insignifiantes (le revenu de la dîme est affecté à des dépenses civiles, plutôt qu’à la création de diocèses). De plus, la couronne se garde bien de recourir au Saint-Siège, d’autant que les colons voient avec la plus grande réticence l’implantation des issionnaires jésuites ou franciscains, soupçonnés de saper les bases de la société esclavagistes. Les « six » Jésuites évoqués 1. 26, qui 6 8 soupçonnés de saper les bases de la société esclavagistes. Les « six » Jésuites évoqués 1. 6, qui étaient en fait sept, et accompagnèrent en effet le premier gouverneur, n’arrivèrent en fat à Salvador qu’en 1549, dix-huit ans après la création des premières capitaineries. (Pr mémoire : dès le deuxième voyage de C. Colomb, des religieux étaient de l’expédition, et la cathédrale de Santo Domingo était mise en chantier en 1510 ; es premiers franciscains, flamands puis espagnols, arrivèrent au Mexique dès 1523-1524). L’archevêché (1. 28) a découlé en 1676 du premier diocèse créé à Salvador en 1551. 6 diocèses (Olinda, Maranhaô, Belém, Mariana, Rio de Janeiro, Saô Paulo) (En 1822, ? la proclamation de l’indépendance, le Brésil n’avait toujours qu’un seul archevêché). Apparemment, la perspective d’une fonction épiscopale au Brésil n’enthousiasme guère le clergé portugais..

Parmi le clergé, la couronne favorisa plutôt la promotion de réguliers pour les évêchés, et ce sont eux qui servirent comme chapelains dans les grandes propriétés. Cf Vieira Pourtant, l’auteur nous donnent quelques indices qui permettent de comprendre combien l’arrivée des Jésuites a marqué profondément la vie intellectuelle et spirituelle de la colonie brésilienne. -La communauté possède des résidences ds les principales capitaineries, gère de nombreux villages indigènes, et administre plusieurs collèges (1. 20). -une piété baroque ? 1. 50-51 : « les églises et spécialement la cathédrale, abondent en ornements et en argenterie ». La cathédrale, ou Sé, ou église des Jésuites a été construite de 1657 à 1772, et dotée d’un frontis 7 8