ELLE ETAIT DECHAUSSEE

ELLE ETAIT DECHAUSSEE

Lecture analytique Elle était déchaussée, elle était décoiffée. Victor Hugo Cette impression découle à la fois du personnage féminin, un peu mystérieux, du rôle actif joué par la Nature dans le scénario amoureux, de la mise en scène du « coup de foudre ». C’est un des n’est pas témoignée. biographie voir fiche Thèmes INFO : -I où la douleur Sni* to View – L’invitation à l’amour – La nature – La sauvagerie, l’absence de société -Les Contemplations sont un recueil à caractère autobiographique -Les Contemplations, publiées en 1856 alors que V. H. st xilé dans les Iles Anglo-Normandes et marqué par le deuil de sa fille. -Les Contemplations se divise en deux parties : « Autrefois » et « Aujourd’hui La mort de Léopoldine, fille de V. H ,trace une réponse de la jeune fille qu’on ne connaitra qu’à la 3ème partie (4ème strophe). 1 0 AXE : UNE MYSTERIEUSEJEUNE FEMME 1) Une « fée » : le pronom personnel de troisième personne, répété en tête des trois premiers quatrains, suggère une femme inconnue, rencontrée au hasard d’une promenade; cette identité floue introduit un élément de mystère accentué par le mot « fée » (v. . 2) La description physique insiste sur son naturel : mise

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négligée (déchaussée, décoiffée, les pieds nus, v. 1-2; ses cheveux dans les yeux, v. 16). 3) Les qualificatifs moraux expriment l’insouciance et la gaieté : insouciance (folâtre, V. 1 1; effarée et sauvage, ,v. 1 5); gaieté (heureuse, v. 15, riant au travers, V. 1 6). 4) Son comportement est audacieux : Elle croise le regard de Ihomme sans aucune trace de timidité, l’adjectif « suprême » indique même une forme de dominatlon exercée sur l’homme tombant sous son charme (Elle me regarda de ce regard suprême, v. elle me regarda pour la seconde fois, v. i0). El le se dirige vers lui sans même une parole, signe de détermination (Je vis venir à moi … r v. 14 à 16). Une femme libre, naturelle : qui tient à la fois de la sauvageonne et de la nymphe des bois. 20AXE : LE ROLE DE LA NATURE DANS LE SCENARIO AMOUREUX 1) La femme et la nature : le ersannage féminin a l’air d’être chez elle dans la nat rait toujours nature comme le montre l’observation des compléments de lieu (assise les pieds nus parmi les joncs penchants, v. ; elle essuya ses pieds ? l’herbe de la rive, v9; je vis venlr à moi dans les grands oseaux verts, v. 14). 2) Le désir du personnage masculin s’exprime de la même façon par des compléments de lieu suggérant l’enfoncement dans la nature : Veux tu t’en venir dans les champs (v. 4); sous les arbres profonds…. (v. 8); au fond des bois (V. 1 2). 3) La description de la nature est érotisée : le printemps est « le mois ou l’on aime » v. 8; l’évocation de l’eau amène l’idée de « caresse » (v. 3); les vers 12-13 suggèrent que c’est l’atmosphère printanière (les oiseaux, le bruit de l’eau) qui alimente la rêverie de la jeune fille « pensive » et la décide ? dire OUI. La Nature apparaît complice des amants, cause ou reflet de leur désir. 30 AXE : LA MISE EN SCENE DU coup DE FOUDRE La rencontre est dramatisée, un effet de mystère et de suspense est créé par : 1) Le coup de foudre : Dés qu’il voit la jeune fille, le poète est fasciné : « je crus voir une fée ». La jeune sauvageonne est décrite comme une apparition surnaturelle. L’embrasement amoureux est immédiat.

La scène se déroule en quelques secondes. Cest ce qu’on appelle un « coup de foudre », d’une expression conçue précisément pour évoquer la soudalneté de la naissance de l’amour. ) L’incertitude sur l’issue de la scène : le poète pose à trois reprises la question « Veux-tu (v. 4,7,8). Cette question constitue l’enjeu de trois reprises la question « Veux-tu … T’ Cette question constitue l’enjeu de l’action de ce mini-récit. Le lecteur attend la réponse à cette question. Dans le cadre extrêmement bref du poème, une certaine durée s’installe. ) Le silence de la jeune fille : A aucun moment la jeune fille ne s’exprime par la parole. Ce silence alourdit et allonge la scène, contribue à renforcer l’impression d’attente. 4) Le jeu des regards : La jeune fille ne s’exprime que par le egard. Dans sa structure même, le texte met en scene l’échange des regards. Cette mise en scène se matérialise dans l’effet de parallélisme Je / Elle ; dire / regarder qui se reproduit tout au long du texte. quatrain Elle était elle était / Moi qui Et je lui dis Elle me regarda . 0 et40 quatrains / Etje lui dis Elle essuya Elle me regarda pour la seconde fois / Je vis venir à moi Le récit décrit en alternance « Je » et « Elle ». ‘je » a l’initiative au début, il parle ; « Elle » se contente de regarder. A la fin le rapport s’inverse : « Elle » agit,  » e » re arde. Cest la réponse attendue. Ce balancement ggère une situation 13-14 sont une sorte de digression : l’histoire semble s’interrompre pour laisser place à une description de la nature qui ne fait que retarder le dénouement. On peut y voir encore un procédé de dramatisatlon. ) L’effet de surprise du vers 14 : Lorsque le récit proprement dit reprend, une action est en cours de déroulement dont le début nous a été dissimulé. Nous avons quitté la jeune fille « pensive » au vers 12, nous la retrouvons s’avançant déjà dans la direction du narrateur. Il y a donc eu une légère ellipse temporelle (un élément de l’action a été auté, le moment de la décision, la mise en mouvement de la jeune fille). Ce procédé a pour effet de surprendre le lecteur et de précipiter le dénouement. On remarque un parfait accord entre cette jeune fille et la nature qui l’environne.

La femme semble sortir de l’eau. Cest une sorte de sirène. Tout est naturel en elle : « pieds nus « cheveux décoiffés « sauvage La nature semble s’incliner devant la beauté de cette jeune fille (« joncs penchants ») ou appeler à l’amour les oiseaux chantent de manière harmonieuse et l’eau caresse le rivage. Cette rencontre est située hors du temps t de l’espace. Il s’agit du rêve d’une scène d’amour qui evaque une epoque sans regles. La composition du poème semble destinée à dramatiser ce court récit. A l’interieur d’une action extrêmement brève (quelques secondes ? inutes ? ), une certaine durée s’installe, suspense fondé sur l’incertitude du dénouement . une tension dramatique s’lnst s’installe, suspense fondé sur l’incertitude du dénouement Une tension dramatique s’instaure par la mise en scène des regards, le silence, le mystère qui émane du personnage féminin. CONCLUSION Cette scène de rencontre amoureuse a quelque chose ‘irréel : le caractère mystérieux de la jeune fille comparée a une fée, son comportement inattendu, cette entente instinctive et immédiate, tout cela ressemble à un rêve.

Dans un volume de poésie qui annonce (dans la préface) sa vocation autobiographique, ce poème suscite une interrogation : dans quelle mesure relate-t-il une histoire vécue? A supposer que ce poème ait une réelle basse autobiographique, on est quand même fondé à souligner les emprunts évidents à des traditions littéraires codées . la classique scène de coup de foudre des romans d’amour, e cliché mythologique de la rencontre entre un mortel et une déesse ou une nymphe, l’environnement campagnard idyllique des « pastorales » (histoires d’amour entre bergers et bergères très à la mode depuis l’antiquité jusqu’au XVIIO siècle).

Ces remarques nous obligent à nous rappeler que l’autobiographie, même quand elle est véridique, est une œuvre littéraire, sujette ? reconstruire la réalité à travers des codes esthétiques qui en dénaturent quelque peu l’authenticité. Ce texte appartient au courant romantique par ses thèmes: expression des sentiments et des sensations, accord avec la nature.