eichmann

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/ Hannah Arendt définit Eichmann comme un être banal, en ce sens elle introduit une notion novatrice du Mal : « la banalité du mal A : Eichmann, qui avait joué un rôle non négligeable dans la déportation des Juifs, durant la seconde guerre mondiale, apparait aux yeux d’Hannah Arendt d’une banalité si affligeante qu’elle le décrit comme un homme commun, moyen En Avril 1961 Hannah Arendt est envoyée comme Journaliste reporter à Jérusalem Son rôle est de couvrir le procès d’un responsable nazi capturé à Buenos Aires en mai 1960 par les services secrets israé début des années 60 nflation mémorielle publique les crimes p en particulier le trau p g ous sommes au me celle d’une ant de la scène ième guerre et Les Premiers responsables nazis sont jugés, Des historiens tells que le couple Klassfeld aident a l’avancée des procès des rescapés de la shoah trouvent après 15 ans de deuil et de silence le courage de témoigner , comme l’illustre le film shoah de Claude lanzmann. Tout converge donc vers la diabolisation des responsables nazis ; percus par l’opinion publique comme des hommes monstrueux, au caractère indéfinissable, d’une cruauté et d’un cynisme sans precedents. Hannah arendt n’échappe

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pas a ce conditionnement. Ainsi lorsqu’elle arrive au lieu dit du procès, elle s’attend à y touver La personification du mal, le diable déguisé en Homme Rien en ce sens ne la préparait donc au spec to next page spectacle qu’offrait rhomme qu’elle vit dans le box des accusés.

Cet homme qui avait joué un rôle non négligeable dans la déportation des juifs, durant la seconde guerre mondiale, demeure à ses yeux et durant toute la période du procès, pour le moins médiocre, et avant tout préoccupé par sa carrière • il s’agissait « d’un bourgeois, ni bohème, ni criminel sexuel, ni anatique pervers, pas même un aventurier » dira-t-elle plus tard dans son ouvrage sur Eichmann. La journaliste le décrit comme des plus ordinaires. Un homme commun, moyen, sans la moindre envergure exemplaire. un homme tristement banal, un petit fonctionnaire ambitieux et zélé, entièrement soumis à l’autorité, incapable de distinguer le bien du mal.

Physiquement , tout en lui nie la monstruosité de ses actes : lors de son procès , il a l’air las, fatigué , parfois donne l’impression d’être dépassé par es évènemens et a un rhume qui l’oblige à souvent se moucher Cette descrition fait écho a l’oeuvre de Primo Lévi dans : Si c’est un Homme. « Ils étaient faits de la même étoffe que nous, c’étaient des êtres humains moyens, moyennement intelligents, d’une méchanceté moyenne : sauf exception, ce n’étaient pas des monstres, ils avaient notre visage. »6 Cette premiere impression d’Arendt modifie sensiblement sa réflexion et annonce la controverse Durant laquelle elle sera taxée d’antisémite. La philosophe ne se pose plus du meme côté de la majorité qui qui le perçoit comme un être monstrueux et sadique . Car Arendt est terriblement frappée par la banalité u personnage .

Cest ce choc qui va l’ammener à abandonner l’interêt porté à son appa 2 banalité du personnage . Cest ce choc qui va l’ammener ? abandonner l’interet porté à son apparence et c’est ce même choc qui va la conduire à étudier la nature de se actes . Si cet homme qu’elle décrit est si banal, alors que dire de ce qu’il a accompli ? Est-ce qu’on peut dire que c’est également banal ? La réponse donnée dans son ouvrage à propos de Eichmann va choquer le lecteur et alimentera toutes les critiquies car Oui ; Adolf Eichmann est l’auteur d’un mal d’une grande banalité. En ce sens qu’il eut été réconfortant de croire qu’Eichmann était un monstre »écrit-elle.

Pourtant, beaucoup comme lui, lui ressemblaient « ni pervers, ni sadiques Ces gens étaient « effroyablement normaux ». B: Que veux dire Hanah Arendt par le choix  » d’une banalité du mal » ( definition du concept) La « banalité du mal » est un concept philosophique novateur et d’une importance sans précédent, car il pose la possibilité de l’inhumain en chacun d’entre nous. Le « mal » que désigne Arendt est Ce postulat de depart qui considère la nature humaine comme faillible , d’une telle fragilité u’elle peut contraindre la nature humaine dans son ensemble ? tout instant et pour n’importe quel individu à commettre le mal L’emploi du terme de  » banal » lui precise le contexte demandé . a possibilité de l’inhumain émerge nécessairement de la nocivité d’un système totalitaire, et suppose que le crime soit commis dans des circonstances telles, que les « criminels » ne puissent sentir ou savoir qu’ils font le mal. « Banal » suppose que le système totalitaire en place ait veillé à tuer « l’animal politique » en l’homme, pour 3 système totalitaire en place ait veillé à tuer « l’animal politique » n l’homme, pour n’en conserver que l’aspect biologique. pour les nazis spécifiquement, il s’agissait, à travers la Shoah, de créer « respèce animale humaine Tendre à supprimer la chose qui faisait d’un concentrationnaire un être humain, en détruisant d’abord ce qui le rattachait à une communauté.

Il s’agt ici de l’insoutenable expérience de « non-appartenance » au monde , qu’Arendt appellera : « la désolation » Ce contexte de destruction de la personnalité morale est important à comprendre, parce qu’il explique pourquoi Eichmann apparait comme un être mediocre et sans remord Face à des êtres parqués comme des animaux dans des camps de concentration et réduit à n’être plus que des choses désolidarisées de l’humain , les Nazis qui ont fabriqué cette espèce humaine, ne sont plus capables de regarder leurs sujets d’expérimentation comme des êtres qui leurs ressemblent. Ces êtres ne sont plus leurs semblables. Ce sentiment est exprimé par Primo Levi dans: Si c’est un homme. l le décrit ainsi : « son regard ne fut pas celui d’un homme à un autre homme ; et si je pouvais expliquer à fond la nature de ce regard, échangé comme ? travers la vitre d’un aquarium entre deux êtres appartenant à deux mondes différents, j’aurais expliqué du même coup l’essence de la grande folie du troisième Reich. » On efface donc à ce moment là, toute culpabilité possible dans l’esprit des bourreaux. Victimes et bourreaux n’appartiennent plus à la même espèce . Cest ce clivage qui explique pourquoi Eichmann n’aura jamais l’impression d’avoir violé un 4 espèce . C’est ce clivage qui explique pourquoi Eichmann n’aura jamais l’impression d’avoir violé un quelconque interdit.

Eichmann n’avait pas conscience d’avoir mal agi, et il avait , d’autre part, ‘intime conviction d’avoir fait son devoir en obéissant à la loi. Ainsi la monstrosité de ces actes d’un point de vue moral est occulté par son devoir d’obéissance envers le fuhrer et le parti nazi. En ce sens et pour l’accusé , ce qu’il a accompli n’est pas monstrueux mais ordinaire puiqu’il n’a fait qu’accomplir son devoir de fonctionnaire en rédigant quotidiennement assis derriere un bureau des papiers d’administration ; bien que ces papiers condamnent à mort des centaines et des centaines de milliers d’individus semblables a lui . Et c’est cette mascarade errière lequel se cachera Eichmann notamment lors de sa plaidoirie que dénonce Arendt par la notion de « banalité du mal ».

Celle ci exprime donc l’idée que le sujet n’est pas la source même du mal, mais un de ses lieux de manifestations, ce qui oblige ? penser différemment sa culpabilité. C : la justification d’Eichmann OU la tentative de justifier pourquoi un être aussi médiocre, banal a accompli des crimes aussi monstrueux Pour se justifier , Eichmann va invoquer sa référence ? « Fimpératif catégorique » kantien. Chez Kant, l’impératif catégorique, c’est l’impératif du devoir, proprement moral. Sa plaidoirie n’est bien entendu pas viable car, sans le savoir, Eichmann a apporté durant toutes ces années, une modification importante à l’impératif de Kant. En efet il a progressivement transformé le « agis uniquement d’après la maxime qui S Kant.

En efet il a progressivement transformé le « agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle » par un « agissez de telle manière que le Führer, s’il avait connaissance de vos actes, les approuverait Eichmann a ici amalgamé le fait de considerer l’imperatif de kant omme un devoir universel d’obéir à la loi et à identifier sa propre volonté au principe de la loi . Cela montre alors à quel point, un impératif moral mal compris peut entrainer un glissement effroyable. Adapté à l’homme ordinaire, l’impératif catégorique devient un principe de soumission absolue à la loi, qui lui interdit toute lucidité, et plus encore le dispense de penser par lui- même.

Cest donc parce qu’il adhère sans réserve mais aussi sans réflexion au principe qui fonde la loi civile que le citoyen ordinaire peut devenir un Eichmann. La leçon de Hannah Arendt et donc en evidence que tout homme peut accomplir des actes immorales , et non pas uniquement une minorité d’êtres monstrueux. Ainsi pour la philosophe , Le mal dans sa forme extrême et dans sa forme banale devient un refus de communiquer avec l’autre, comme si l’identification à la loi se substituait à l’identification au semblable. Hannah Arendt va différencier volonté et responsabilité. On peut faire le mal sans le vouloir ou avoir le sentiment de faire son devoir et pourtant être responsable . Eichmann appartient à cette deuxième catégorie et fut condamner pour cela à la pendaison.