Écriture d’invention: Oedipe et Laïos aux Enfers

Écriture d’invention: Oedipe et Laïos aux Enfers

Écriture d’invention : Œdipe et Laïos Œdipe, après s’être crevé les yeux pour ne plus voir « ni le mal que j’ai subi, ni celui que j’ai causé » (Œdipe Roi, Sophocle) et avoir fini ses jours loin de Thèbes, exilé par sa propre volonté, arrive aux Champs d’Asphodèle où il retrouve son père, Laïos. Swp to page ŒDIPE : ô dieux, pou Mon crime est innom abl d’inceste ; je les méri Ou de rester aveugle jus s’approche, hésitant) s Châtiments ? rtre, de parricide et i est mon châtiment, r l’éternité… (Laios ‘ai pas pu revoir, que deviendront-ils ? Créon les aura sans doute écartés du trône e Thèbes… LaÎos, debout en face d’Œdipe, l’examine et tourne autour de lui, puis, se tenant à sa gauche, pose sa main sur son épaule) Ah I Qui est là ? Qui me touche ? Vais-je finalement recevoir ma sentence ? Ô Furies, je suis prêt, emmenez-moi ! LAIOS : Je suis bien loin d’être une vieille perdrix geôlière, mon ami ! Ne pense pas que tu vas être emporté vers un tourment éternel, tu resteras ici, dans les Champs d’Asphodèle, ce qui, je te l’accorde, pourrait devenir une punition en soi.

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Mais qui es-tu, et quel est ce crime dont tu parles, qui mériterait un tel châtiment ? ?DIPE : Ah ! Étranger, tu ne sais pas à qui tu t’adresses !

Je suis le pire des criminels. Déjà de mon vivant je me suis ôté la vue pour ne plus avoir à regarder les horreurs que j’ai créées, mais ma sentence devrait être plus sévère encore. J’ai tué… LAÏOS : Qui donc ? ŒDIPE : C’est trop affreux ! LAÏOS : personne n’est innocent. ŒDIPE : J’ai tué… Ô dieux, comment l’avouer ? LAÏOS : Enfin, décide-toi ! ŒDIPE: . LAÏOS : Je ne te jugerai pas. ŒDIPE, dans un murmure : J’ai tué… j’ai tué mon père. LAÏOS : comment ? ŒDIPE, à voix haute cette fois : J’ai tué mon père. La-los semble choqué ; il retire brièvement sa main de l’épaule d’Œdipe, puis la repose.

Il hésite à parler. Ily a un court silence. ŒDIPE : Est-ce le dégoût qui te fait taire, étranger ? (Il rit nerveusement) Et tu ne sais même pas le pire de mon offense. LAÏOS : Que pourrait-il exister de lus horrible ? Je tremble à l’idée de ce que cela pourrait êtr également coupable d’inceste. (Laïos a un mouvement de recul) Vois-tu, après avoir assassiné mon père, j’ai épousé ma mère, et j’ai couché dans le lit qu’ils avaient partagé ; elle fut à la fois la mère et la grand-mère de ses propres enfants… ais elle ne souffrit pas longtemps de cet affront.

Elle prit sa propre vie peu après avoir compris qui j’étais. LAÏOS, sa main serrant l’épaule d ‘Œdipe : Quel était son nom ? ŒDIPE : Jocaste. Elle était reine de Thèbes. LAÏOS, portant une main à sa poitrine et se détournant soudainement d’Œdipe : Ah ! Ô Apollon, Ô oracle, votre prophétie s’accomplit donc ainsi ! Cruel destin que de m’avoir mis en face de lui dans ce lieu désolé ! Que dire ? Que faire ? ŒDIPE : Pourquoi t’agite-tu ainsi ? Quelle est cette prophétie ? LAÏOS : Elle m’a été livrée par l’oracle d’Apollon : mon fils premier é me tuerait, et épouserait sa mère. ?DIPE : Je ne peux y croire ! Serait-ce possible ? LAÏOS, il parle sans interruption et sans regarder Œdipe : Et pourtant j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour l’empêcher de se réaliser ! Jusqu’à assassiner mon propre fils, pour être à terme moi-même assassiné par lui ! Mais il a survécu, et le dessein des dieux s’est accompli. Quelle folie de ma part d’avoir pensé qu’il me s et le dessein des dieux s’est accompli. Quelle folie de ma part d’avoir pensé qu’il me serait possible d’y échapper ! (il se tourne vers Œdipe) Tu as compris, n’est-ce pas ? Ah ! Je ne peux pas te faire face. ?DIPE, froidement : Tu es Laïos, mon père, celui que j’ai tué et déshonoré, celui qui m’a abandonné dans un effort désespéré pour contourner les projets divins. LAÏOS : Ma blessure est double ; tu es coupable de m’avoir tué, oui, mais je suis également coupable d’avoir tenté de te tuer. ŒDIPE : Mais ne pense-tu pas, père, que si tu m’avais gardé auprès de toi, il nous aurait été plus facile d’empêcher la réalisation de la prophétie ? J’aurais grandi à tes côtés, et je t’aurais connu ; ta faute en effet a été de rester un anonyme pour oi, et jamais je ne taurais tué en sachant la vérité..

LAÏOS, avec une colère soudaine : Comment ? Tu oses m’accuser ? Te crois-tu devin, pour ainsi prétendre pouvoir deviner un autre futur ? Comment peux-tu te permettre une telle arrogance, en accusant ainsi le père dont tu fus le meurtrier ? ŒDIPE : Mais suis-je vraiment coupable ? Je ne te connaissais pas ! Comment aurais-je pu savoir qui je tuais ? LAIOS : Tu n’aurais pas dû tuer ! As-tu vraiment un orgueil si grand qu’il te donne le droit de vie et de mort sur PAGF pas dû tuer ! As-tu vraiment un orgueil si grand qu’il te donne le roit de vie et de mort sur tous les autres hommes ?

Sans même un avertissement, tu nous as massacrés, simplement pour avoir été en travers de ton chemin ! ŒDIPE : J’étais pressé. LAÏOS : Ah ! Cest au nom du Temps que tu as commis un crime si atroce ? Pour que tu puisses te hâter vers Thèbes et la faire passer des mains bestiales de la Sphinx à tes propres griffes, tout aussi ignobles ; de Charybde en Scylla, vraiment ! ŒDIPE : J’étais ton successeur légitime ! J’al sauvé la ville. LAÏOS : Et pour cela tu as pris Jocaste ! Tu n’aurais d’ailleurs jamais dû pouvoir me succéder… ?DIPE : Ah, parlons-en, de ton propre crime !

Pense-tu être moins coupable que moi, alors que tu as voulu te rendre toi-même responsable d’un infanticide ? LAÏOS : Je n’avais pas le choix ! C’était ta vie ou la mienne. ŒDIPE : Tu devrais pourtant savoir qu’on ne peut pas se jouer ainsi des dieux. La faute que tu as commise annule presque la mienne. LAÏOS : Si tu dis « presque P, peut-être es-tu conscient de ce que tu as fait ? ŒDIPE : Ça crève les yeux. LAÏOS : Entends seulement ceci : ma faute, je la reconnais ; mais en aucun cas elle ne peut annuler la tienne. J’ai voulu échapper ux dieux ; ils rep reconnais ; mais en aucun cas elle ne peut annuler la tienne.

J’ai voulu échapper aux dieux ; ils reprennent toujours le dessus. Nous autres mortels ne pouvons pas lutter contre eux, malgré tous nos efforts. C’est la tragédie de la vie humaine, avec les histoires que le crime a tachées de sang. Nous sommes tous deux criminels, mais il est difficile, voire impossible, de savoir lequel d’entre nous devrait se sentir plus coupable que l’autre ; cependant, en ce lieu sur lequel les grands Olympiens n’ont aucune prise, je les accuse et je les prends comme responsables de nos malheurs. Que les Parques le leur disent !

Nous sommes déjà morts, de toute façon. Il ne sert plus à rien de se battre alors que nous sommes déjà aux Enfers, Œdipe. Faisons la paix. (Il lui tend la main avant de réaliser qu’il ne peut pas le voir ; il lui prend alors le bras. ) Je ne te demande pas de me pardonner, et je ne peux pas te pardonner, mais nous pouvons au moins oublier ces choses pour l’instant. Hier appartient au passé. Viens, mon fils. Nous avons bien des choses à nous dire. Œdipe semble hésiter, mais il hoche finalement la tête et Laïos le guide hors de la scène, le tenant toujours par le bras.