DP OhBoy

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Comment aborder les sujets les plus graves avec humour… Oh Boy ! [ Théâtre de récit et d’objets – CRÉATION 2009 ] d’après le roman de Marie-Aude Murail édité à L’École des Loisirs mise en scène Olivier Letellier adaptation Catherine Verlaguet avec Lionel Erdogan création lumière Lionel Mahé or 18 Sni* to View Production > Le théâtre du Phare (94) Production déléguée Ici même 57 quai de la prévalaye – 35000 Rennes T > + 33 (0)2 99 79 24 35 – +33 (0)2 99 79 26 07 [email protected] fr / muriel. [email protected] fr – www. icimeme. r Diffusion > Agence SINE QUA NON 7 rue Fidèle Simon – BP 164 – 44613 — Saint-Nazaire cedex T > +33 (0)2 51 0+33 (0)2 51 10 04 05 [email protected] com – www. agence-sinequanon. com l’équipe de création Résumé Trois enfants : Siméon, 14 ans, surdoué, Morgane, 8 ans, que tout le monde oublie, et Venise, 5 ans, que tout le monde rêve d’avoir, sont orphelins depuis peu. Leur père, Georges Morlevent, a disparu et leur mère, Catherine, est morte en tombant dans l’escalier (elle s’est en réalité suicidée, mais les enfants ne le savent pas).

Ils sont donc placés dans un foyer mais

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leur objectif premier est de le fuir pour se trouver une famille. Siméon mène donc ses propres recherches (sans demander à la juge à qui est confié leur dossier) et découvre qu’ils ont deux parents : Josiane Morlevent, 37 ans, ophtalmologue, et Barthélémy Morlevent, 26 ans, sans emploi fixe et homosexuel. Barthélémy s’attache rapidement aux enfants. Josiane est mariée et sans enfants et souhaite vivement avoir la garde de la jolie petite Venise, mais les deux autres enfants ne l’intéressent guère. Oh boy ! st le livre de Marie-Aude Murail le plus primé et le plus traduit. Ce livre a obtenu le « Prix Jeunesse France Télévision 2000 », décerné par un public de lecteurs e 11 à 14 ans, le « Prix Tam-Tam Je Bouquine » 2000, le « Prix Pot de Bille » de Montbéliard 2000, le ‘Prix Sésame » décerné par la ville de Saint- paul-Trois-Chêteaux, le prix « Julie des lectrices » décerné par les lectrices du magazine julie (Milan presse), le « Prix Ados » de la ville de Rennes 2001, le prix « LIVRENTETES » 2001 et le « Prix Farniente » 2001 (Belenue) 18 italienne a recu le prix le prix Paolo Ungari- Unicef 2008. ‘histoire Quand Barthélémy Morlevent, 26 ans, reçoit une convocation de la juge des tutelles, il se demande ce qu’il a fait. Quand il y retrouve sa demi-sœur Josiane, il se demande de uoi elle va encore l’accuser. Lorsqu’il découvre qu’il a un demi-frère, Siméon (14 ans) et deux demi- sœurs, Morgane (1 1 ans) et Venise (5 ans) orphelins, il se dit que ce n’est pas la première fois que son père abandonne des gosses. Et quand la juge lui apprend qu’il doit être leur tuteur, il se demande où est la porte. Bart est mis à l’essai.

Tous les samedis, les enfants quittent leur foyer et débarquent chez lui. Bart est vite soulagé • ils s’occupent très bien d’eux-mêmes. Et bientôt, il se surprend même à les attendre. Puis, il y a ce samedi où Bart découvre des tâches sur le bras de son frère. ? Siméon, le médecin parle d’anémie. À Bart, il dit la vérité : leucémie. La vérité, c’est que Simeon aurait été davantage capable de gérer la situation que Bart. Le service du professeur Monvoisin demande à Siméon de choisir un objectif, pour que son mental reste fort : en terminale à 14 ans, il veut avoir son bac.

Tous les jours, alors que son frère s’affaiblit, que Venise est de plus en plus souvent « kidnappée » par Josiane et que Morgane est oubliée au foyer, Bart court entre hôpital et lycée. Le jour où Siméon n’ouvre plus les yeux, le professeur Monvoisln tient la main de Barthélémy qui ourne vaillamment de l’œil en faisant don de ses plaquettes. De son côté, Morgane craque : ils avaient fait le vaillamment de l’œil en faisant don de ses plaquettes. De son côté, Morgane craque : ils avaient fait le Jurement de ne jamais être séparés !

La juge tape du poing sur la table : si Josiane veut continuer à voir Venlse, il faut qu’elle prenne Morgane avec. Siméon vainc son cancer et s’installe en convalescence chez son frère. Les filles peuvent enfin le voir régulièrement. Une conciliation familiale des cinq Morlevent a lieu chez une psychologue : Josiane et Bart, pour le bien des nfants, doivent s’entendre. Bart parle du mépris de sa sœur, Josiane de sa jalousie : depuis tout petit, tout le monde préfère Bart. Sauf leur père ! s’exclame Bart : pour elle, il est resté, alors que pour lui…

Son père ne l’a pas abandonné, précise Josiane : il ne savait pas qu’il était en route ! [Yun seul coup, le cœur de Bart est soulagé d’un poids. Bart, nerveux, emmène son frère aux épreuves du bac. Et le jour des résultats, c’est lui qui va les voir, parce que Siméon est à l’hôpital pour un « traitement d’entretien Hystérique, il découvre qu’il l’a !!! Il a le bac !!! Après avoir été congratulé par les élèves, par le service médlcal puis par le charmant professeur Monvoisin, Bart annonce la nouvelle à Siméon.

De cet humour qu’il a appris de son frère, Siméon dit qu’il sait bien qu’il l’a ! Il est surdoué, oui ou non ? Ce qui l’intéresse, c’est sa mention !? Avant la réunion de décision avec la juge, Siméon briefe son ainé. Chez la juge, Josiane (plus que diplomate) lui enlève les mots de la bouche. Il ne demande pas la tu 8 Josiane (plus que diplomate) lui enlève les mots de la bouche. Il ne demande pas la tutelle des enfants, mais il les voudrait un week-end sur eux et la moitié des vacances. Et que Siméon soit libre de demeurer chez lui, comme il le désire.

L’accord est conclu, comme dans un divorce. Au fast-food où Bart et les enfants fêtent leur victoire et renouvellent leur jurement, ils sont rejoints… par le charmant professeur Monvoisin. Marie-Aude Murail, auteur pour la jeunesse  » écrivain pour non-lecteurs  » À travers les creations se livre un terrible combat, se joue une dernière chance, celle de donner aux enfants les mots pour dire ce qu’on souffre, ce qu’on désire, ce qu’on aime, les mots pour désigner le mal, le bien, la peur, la haine. Tous les mots qui font l’homme debout.

Et quoi qu’on veuille dire aux enfants, on doit d’abord faire une histoire intéressante qui ne dégorge pas de l’éducatif dès qu’on y pose le doigt.  » Marie-Aude Murail Marie-Aude Murail écrit depuis toujours. Elle achève ses études de lettres modernes à la Sorbonne sur une thèse consacrée à l’adaptation du roman classique au public enfantin. Elle publie maintenant depuis plus de vingt ans et a plus de quatre- vingts titres à son actif. Des contes, des feuilletons, des essais, des récits. Des romans d’amour, d’aventures, policiers, fantastiques…

Ses livres ont reçu des dizaines de prix, sont étudiés en classe. Elle est allée partout, dans les ZUP et les ZEP, les campagnes et les villes, les déserts et les iles, en France et ailleurs… Elle a renc PAGF s 8 ZEP, les campagnes et les villes, les déserts et les îles, en France et ailleurs… Elle a rencontré beaucoup, beaucoup d’enfants et d’adolescents. Depuis sa première histoire, C’est mieux d’être bleu, parue en septembre 1985 dans la revue Astrapi, Marie-Aude Murail a écrit plus de 80 textes pour la jeunesse et notamment trois séries, les Emilien, les Nils Hazard et L’Espionne.

La plupart de ses romans sont publiés à l’EcoIe des Loisirs, chez Bayard et plus récemment chez Pocket. Dans sa série des Emilien (1989 à 1993), elle exploite tous les ressorts comiques et dramatiques de la famille monoparentale contemporaine. Parallèlement, elle entame une série daventures policières avec son personnage, Nils Hazard, 1 991 ? 1998. Vers la fin des années go, elle diversifie sa production en explorant un quotidien légèrement décalé vers le fantastique, Ma vie a changé, 1997, voire le plus franchement délirant, Amour, vampire et loupgarou, 1998, et Tom Lorient, 1998.

Marie-Aude Murail change maintenant à chaque roman de genre et d’époque. Si l’adolescence et ses parcours restent au cœur de chacun de ses livres, la famille, les considérations sociales et politiques, s’invitent de plus en plus dans son œuvre. La question des enfants sans papiers et la necessaire sanctuarisation de l’école avec Vive la République ! , 2005, la question des impératifs de la mondialisation et du « travailler plus » dans Papa et maman sont dans un bateau, prévu au printemps 2009. Malgré la gravité des thèmes abordés, sa « pédagogie dramatique de la vie 6 8 au printemps 2009. e la vie » n’est ni noire, ni énuée d’humour. Bibliographie complète > http://•muw. marieaudemurail. com Oh Boy ! Note d’intention L’histoire de trois enfants adoptés dans un monde de tragédies, d’insouciance et de rires. Le roman raconte l’histoire de la fratrie. Nous, nous avons décidé de raconter l’histoire de Bart, parce que cette histoire lui arrive autant à lui qu’à eux et que fondamentalement, intrinsèquement, c’est lui qu’elle bouleverse et change Bart nous raconte l’histoire de la fratrie et, à travers elle, sa propre histoire.

Il est seul en scène et tout ce qu’il nous dit passe forcément par son prisme à lui. Cest son point de vue que l’on traite, uniquement. Parfois narrateur, parfois personnage, il imite aussi « les autres » pour nous les rendre plus présent. Et pour nous raconter son histoire au mieux, Bart va se servir des objets qui l’entourent (cf. notes de mise en scène). Dans le roman Le liseur Bernard Schlink écrit : « fuir, c’est aussi arriver quelque part Cette phrase pourrait être la devise de Bart, au début de l’histoire.

Parce que son père l’a abandonné avant même sa naissance, et que sa grande demi-sœur Josiane, ophtalmologue respectable, trouve tout ce qu’il fait pathétique, uérll et sans intérêt, Bart a développé, telle une muraille de protection, une insouciance à toute épreuve. Oui, il est irresponsable, et alors ? Quand on ne prend pas de responsabilités, on peut se permettre d’être irresponsable 7 8 irresponsable, et alors ? Quand on ne irresponsable, non ?

Tournant tout en dérision, refusant responsabilités et engagements, Bart avance dans la vie avec désinvolture, prenant les directions qu’il prend non pas par choix mais pour en fuir d’autres. À 26 ans, il n’a ni job fixe, ni relation établie, ni point de vue particulier sur rien et toujours peur de se faire engueuler par ceux qu’il onsidere encore être « les adultes Mais Bart est beau et drôle. Sa maladresse est touchante et son irresponsabilité, attendrissante. Tout le monde s’attache à ce Peter pan qui refuse de grandir. Les femmes ont envie de le protéger.

Les hommes d’être « son pote Tout le monde aime Bart, c’est comme ça depuis toujours. Mais derrière la muraille, Bart a un cœur en or qui ne met pas longtemps à s’ouvrir au contact de cette fratrie qu’ on lui Impose. Au fur et à mesure de l’histoire, Bart va devoir être responsable, jusqu’à vouloir l’être. Il va voulolr trouver l’adulte en lui, être l’adulte pour ces enfants. Et il va se rendre compte qu’être adulte, ce n’est pas forcément correspondre à quelque chose de particulier, mais simplement apprendre à être là, à se construire la vie qu’on se décide.

Ce qui m’intéresse personnellement dans cette histoire, au-del? du parcours initiatique de Bart, c’est la relation Bart/Siméon. La façon dont cet adulte puéril et cet enfant trop adulte vont chacun apprendre l’un de l’autre, le premier à être plus adulte et le deuxième à êtr 8 apprendre l’un de l’autre, le premier à être plus adulte et le deuxième à être plus enfant. J’aime le silence de Siméon, la façon dont il rovoque Bart, lui qui n’est que brut, brut à tout prix pour remplir le temps et l’espace, bruit pour justifier qu’il est en vie, bruit pour fuir le vide et les pensées douloureuses.

Siméon, lui, n’est que pensées, raison. Siméon assure, assume, décide et gère pour lui, pour ses sœurs et parfois pour Bart, le rôle que ses parents ont abandonné. Dans le récit de Bart, le silence de Siméon trouve sa place et le révèle. Oh Boy ! Notes de mise en scène Comment grandir dans l’absence de ses parents ? Pourquoi Oh, boy ! ? Quand on perd un parent, qu’il meure ou qu’il s’en aille, on se ent abandonné. Seul, l’enfant est confronté ? des douleurs d’adultes et doit prendre en charge tout ce que l’adulte ne prend plus en charge pour lui.

Il dot avancer, se construire, trouver ailleurs ses repères/modèles familiaux et faire ses choix de vie. Siméon cherche dans le code pénal, une loi qui obligerait son frère Bart à les adopter tous les trois. Les petits Morlevent font le jurement de ne pas être séparés. Ils se battent avec des armes d’enfants -Morgane en pleurant chez la psy- ou d’adultes – lorsque Siméon négocie avec l’assistante sociale – contre les institutions. Dans cette construction à l’aveuglette, l’humour est une arme redoutable : elle permet de cacher au monde et à soi-même – la douleur.

Cette arme, c’est celle de Bart. Le silence permet le deuil, et la PAGF 18 à soi-même – la douleur. Cette arme, c’est celle de Bart. Le silence permet le deuil, et la reconstruction. C’est le choix de Siméon. Ayant moi-même perdu ma mère enfant, je me reconnals dans ces deux mécanismes. Bart ayant jusque-là fuit la douleur d’avoir été abandonné par son père, va réparer ses blessures d’enfance en affrontant la réalité de ses frère et sœur, faisant our, ou avec eux, des choix. Ainsi, sous couvert d’histoire contemporaine, « Oh, boy » raconte le parcours initiatique de Barthélémy.

J’ai envie d’oser aborder avec les plus jeunes ces thèmes d’fficiles que sont le suicide d’une mère, la difficulté de l’adoption, la maladie… Mais la force de cette histoire, c’est l’humour qu’apporte, envers et contre tout, le personnage de Bart. Profondément ancré dans la réalité des situations, sa personnalité de diva égocentrique, sa lâcheté, sa maladresse et sa force absolue de dérision nous permettent de prendre de la distance, de ompre purement et franchement certaine émotion dramatique par un trait d’humour qui permet d’avancer.

J’ai envie de raconter l’histoire de cette fratrie avec l’humour et la légèreté dont fait preuve le personnage de Barthélémy, comme une proposition de point de vue sur la manière d’appréhender la Comment ? Barthélémy est seul en scène. Parce que c’est lui que cette histoire fait grandir et change fondamentalement, c’est son point de vue qui m’intéresse. Le comédien passera donc d’un registre à l’autre (conteur/acteur). pour raconter son histoire, quelques objets : support d’imag