Dossier De Lecture Louise Labe

Dossier De Lecture Louise Labe

Marianne Rouche Mme. Desrosiers FREN 366 1 6/03/1 5 Dossier de Lecture- Louise Labé Louise Labé (1524-1566) est une femme de lettre française, surnommée « La Belle Cordière qui s’établit à Lyon, l’un des principaux centre littéraire de France à la Renaissance. De par son Influence des hu à l’émergence des fe or 12 le contexte historiqu mieux appréhender transitoire qu’est la R t un milieu propice . Nous verrons donc é a évolué pour ans cette période ns la Querelle des Femmes, ce débat litt raire qui tut l’origine du questionnement au sujet de la condition féminine.

La Renaissance permet aux artistes et aux humanistes de s’exprimer plus librement, amenant des idées nouvelles qui engendrent des changements. En effet, les humanistes mettent l’homme, doté d’une soif de connaissances et de savoir, au centre des réflexions. On remet en cause les mentalités du Moyen-Age, on s’intéresse à de nouvelles préoccupations et la vision que l’on a du monde change. On marque le véritable début de la Renaissance en France avec les guerres d’Italie à la fin du XVe siècle.

François Ier, qui accède en pouvoir en 1515, est le premier roi à incarner cet esprit de la Renaissance. II cherche à unifier son

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royaume, auparavant divisé entre les seigneurs féodaux, en imposant le français comme langue officielle de l’administration avec l’ordonnance Villers-Cotterêts en 1539. Le roi accorde beaucoup d’importance à la langue française et à l’éducation. C’est le premier à avoir comprls l’importance de l’art comme un symbole de puissance et de gloire. Ces nouvelles mentalités engendrent des changements tant religieux, qu’économiques et sociales.

L’acces au savoir est donc l’une des premières préoccupations des humanistes. Avec Marguerite de Navarre qui fut l’une des remières femmes de lettres française, ainsi que de nombreux autres écrivains et artistes, commence une période transitoire qui se préoccupe, propre aux revendications humanistes, de la questlon et du statu de la femme. En effet, le sujet est au coeur du débat littéraire « La Querelle des Femmes » qui commence au début du XVIe. Cette polémique s’exprime sous toutes les formes et dans tous les genres, mais ce n’est pas qu’un « jeu littéraire »1 .

Le débat fait écho aux différentes voix et mentalités qui se font de plus en plus entendre pour aider, favoriser et permettre, ou au contraire, empêcher ‘accès des femmes et des hommes aux mêmes occupations, activités, droits, reconnaissance etc. Ceci engendra des questions sur le savoir et donc forcément sur le pouvoir. Officiellement, la Querelle des femmes débute avec des interrogations sur le mariage, mais elle s’étend rapidement aux questions liées ? l’éducation et au statu de la femme dans la société.

Le débat littéraire que représente cette querelle eng 12 et au statu de la femme dans la société. Le débat littéraire que représente cette querelle englobe plusieurs aspects que nous verrons par la suite. C’est donc dans cette période, sous le règne d’un roi qui encourage les arts et se fait appeler « Le Père des Lettres, que Louise Labé a évolué. Son père, Pierre Charly reprit le surnom « Labé » du premier mari de sa première femme. À la mort de cette dernière, Pierre Charly ou Pierre Labé se remaria.

C’est de ce deuxième mariage que Louise Labé, qui reprit le surnom de son père, naquit ; à Lyon en 1524. Son père était illettré mais il fit donner à sa fille une excellente éducation. En effet, elle apprend le latin, le grec, l’espagnol et l’italien. Elle pratiquait aussi ‘équitation, la musique, l’art du combat. Elle émerveille rapidement le monde qui l’entoure. Elle part, du haut de ses seize ans, chevaucher parmi l’armée et les chevaliers français du dauphin (Henri Il) lors du siège de Perpignan en 1542.

Son héroïsme lui vaut le surnom de « Capitaine Lyos Elle fait l’admiration de tous, tant par sa beauté que par sa bravoure et semble être une âme fougueuse, dont le cœur ne peut être dompté. Des poètes parlent d’elle dans le champ héroïque, la comparant parfois à de grands guerriers tels que Hector ou encore Achilles. Il paraitrait qu’elle aurait écrit un sonnet à un hevalier travesti qui est mort en Italie. Apres quoi, elle tire un trait sur la guerre à vie. Elle épouse Ennemond Perrin, un riche marchand et négociateur de corde, en 1543, ce qui 19 guerre à vie.

Elle épouse Ennemand Perrin, un riche marchand et négociateur de corde, en 1543, ce qui lui vaut le surnom de « Belle Cordière Ce mariage amorce une nouvelle période de sa vie et lui assure un statu et une fortune qui lui permet d’entretenir son amour des lettres. En effet, elle possède une vaste bibliothèque avec de nombreux livres rares et plusieurs demeures, dotées de magnifiques jardins dans lesquels Louise Labé passe une grande partie de son temps et où elle profite de cette littérature en compagnie de femmes lyonnaises avec lesquelles elle cause sur la poésie.

Elle passe beaucoup de temps avec Clémence de Bourges, certains disent même qu’elles auraient eu une relation intime. Labé est en effet une femme de lettre. Contrairement à « La Belle Cordiere » qui traduit son rang social, Labé se donne elle même le surnom de « La Belle à Soy ; l’anagramme étant très à la mode à cette époque. De plus, elle appartient au groupe de « l’école lyonnaise » avec, entre autres, Maurice Scève et Pernette du Guillet, qui reprend es grands thèmes humanistes tels que des idées pro-féminines ainsi que la valorisation de la langue française.

Comme nous le verrons ensuite, Lyon est un centre littéraire et un carrefour culturel majeur à cette époque. Elle tient un salon littéraire, où elle fut au contact de grands poètes de son temps, qui la reconnurent tous. Elle écrit de la poésie, en cette période où les productions de ce genre sont nombreuses. Lyon est un grand centre intellectuel qui refl 2 les productions de ce genre sont nombreuses. Lyon est un grand centre intellectuel qui reflète à la fois, la poésie française mais ussi le renouveau italien.

Pour ses écrits, Labé s’inspire d’Ovide mais aussi d’Erasme, dont elle s’inspire pour Le Débat. Elle manie les différents genre avec assurance. La sincérité, l’intensité et la passion des émotions qui se lit dans ses écrits plait tout autant qu’elle crée et incite des rivalités, des jalousies et des scandales mais grâce à son statu, Louise Labé peut se permettre de publier sous son vrai nom. Ses Œuvres sont publiées en 1555 par le célèbre imprimeur Jean de Tournes, elles contiennent aussi des écrits d’hommes (dont Clément Marot) dédiées à Louise Labé.

Son mari, Ennemond Perrin, meurt peu de temps après. Son œuvre, de longueur modeste, est composée du Débat de l’Amour et de la Folie, qui est écrit en prose, ainsi que trois Elégies en vers qui expriment la douleur de la passion féminine. Le poète Olivier de Magny fait la louange de Labé dans un de ses poèmes, il se révèle qu’il en était éperdument amoureux. Elle meurt en 1566, dans cette ville de Lyon qui décline peu à peu en influence Des débats et controverses surviennent plus tard sur la vie et les œuvres de Louise Labé.

Certains disent qu’elle fut courtisane, ‘autres qu’elle n’est pas l’auteur des Œuvres mais que ce serait plutôt un groupe de poète mené par Maurice Scève et que le nom Louise Labé viendrait d’une prostituée nommée « La Belle Louise Nous ne pouvons avoir de certitudes, mais PAGF s 9 viendrait d’une prostituée nommée « La Belle Louise Nous ne pouvons avoir de certitudes, mais nous considèrerons qu’elle en fut l’auteur et que son existence fut bien réelle. Lyon est avec Avignon, la ville la plus italianisée de France.

La ville ainsi que son contexte ont donc favorisé l’émergence littéraire des femmes et celle de Louise Labé dans les années 520-1550. La Querelle des femmes fait ravage au travers des écrits. Ce débat s’exprime premierement parmi les écrits d’hommes, entre ceux qui sont misogynes et prônent la supériorité du sexe masculin et ceux qui sont pro-féminins et qui veulent « donner lieu à la main féminine »2. Comme le révèle ce vers de Marot, un nouveau phénomène se forme, qui veut donner une place et une voix aux femmes à travers l’écriture.

Il existe déjà, un grand nombre de productions littéraires dédiées et adressées aux femmes (la nouvelle a un grand public féminin) mais beaucoup moins de productions sous le nom de femme ; ncore plus si cette dernière n’est pas noble. Louise Labé est d’ailleurs la première femme ne possédant pas de titre à se faire publier. De plus, c’est la toute première fois que l’on utilise le mot « œuvre » pour qualifier un écrit. Jean de Tournes est l’un des rares imprimeurs de France à publier des femmes tandis que les autres imprimeurs ne s’y mettent pas jusqu’en 1555.

Les idées italiennes ont beaucoup influencé ce nouvel état d’esprit, que l’on a nommé « Climat Lyonnais »3. Les femmes sont d’avides lectrices et la dédicace aux fem PAGF 19 que l’on a nommé « Climat Lyonnais »3. Les femmes sont d’avides lectrices et la dédicace aux femmes dans les travaux n’est pas rare. Progressivement, les femmes sont intégrées dans le processus de réception pour les assimiler par la suite, dans la création et la production en soi.

En effet, on retrouve ceci dans L’Heptaméron de Marguerite de Navarre qui écrit au nom de toutes les femmes et pour les femmes ainsi que dans les Œuvres de Louise Labé. Dans sa dédicace à son amie Clémence de Bourge, Louise Labé montre explicitement ses idées pro féminines par le cran de ses conseils aux femmes, auxquelles elle parle au nom de « dames yonnaises Elle souhaite un changement et une évolution dans le comportement des femmes maintenant que « les severes lois des hommes n’empeschent plus les femmes de s’appliquer aux sciences et disciplines[… » une femme qui n’est pas instruite ne peut être indépendante et autonome. Louise Labé revendique l’accès des femmes à la culture et les encourage fortement ? aller s’instruire et arriver a un certain niveau intellectuel pour ensuite écrire et se faire éventuellement publier à leur tour. Non seulement pour acquérir un certain savoir, mais aussi un niveau de respect, d’honneur et bien sur de pouvoir. Il serait quelque part leur devoir, en détenant toutes ces capacités, de s’élever dans la société.

L’écrivain a le devoir de manier sa plume comme une arme et de représenter l’état de la société dans lequel il vit, même si l’obstacle, qui sépare la pratique privée et la pu 7 2 l’état de la société dans lequel il vit, même si l’obstacle, qui sépare la pratique privée et la publication, reste périlleux à franchir. Louise Labé incarne donc un véritable modèle pour toutes les femmes, qui doivent être unies et solidaires. La préface que Labé dédie à son amie sert à donner le ton du Débat d’Amour et de Folie qui est une œuvre pro-féminine.

Il est intéressant de noter que la préface ne fait pas mention d’amour, qui est le thème principal des œuvres. Ce n’est donc pas dans la beauté ou dans l’amour que la femme doit se faire glorifier mais plutôt dans ses connaissances et ses écrits. C’est ici à travers la philosophie d’amour et sa définition, sujet proéminent de l’époque, que s’inscrit le débat sur la nature des femmes. Comme l’indique le titre, c’est un débat. e mot débat indique que c’est ? la fois, ici, une discussion sur un sujet précis entre plusieurs nterlocuteurs mais aussi un procès se déroulant devant un tribunal.

Propre à ce nouvel état d’esprit elle utilise des figures de la mythologie grecque et romaine. Le contexte du débat est le suivant. Jupiter invite tous les dieux ? un banquet. Folie et Amour arrivent en même temps devant la porte et se disputent pour savoir qui devrait pouvoir rentrer en premier. Amour lui lance une flèche en vain, et Folie décide lui ôter les yeux (amour aveugle), et les lui bande à jamais. Venu se plaint et Jupiter demande à entendre leur différend. Mercure est l’avocat de Folie dont le procureur Apollon l’accuse d’avoir blessé Amour. Mer 9