Dom Juan scene premiere

Dom Juan scene premiere

ACTE l, Scène première SGANARE LE, GUSMAN. SGANARELLE, tenant une tabatière: Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n’est rien d’égal au tabac: c’est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l’on apprend avec lui ? devenir honnête homme. Ne voyez-vous pas bien, dès qu’on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d’en donner à droit et à gauche,

Swipe Lo nexL page partout où l’on se tro demande, et l’on cou vrai que le tabac insp dc • à tous ceux qui en pr Reprenons un peu n or 5 eme qu’on en des gens: tant il est neur et de vertu de cette matière. c, cher Gusman, que Done Elvire, ta ma resse, surprise de notre départ, s’est mise en campagne après nous, et son cœur, que mon maître a su toucher trop fortement, n’a pu vivre, dis-tu, sans le venir chercher ici. Veux-tu qu’entre nous je te dise ma pensée?

J’ai peur qu’elle ne soit mal payée de son

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amour, que son voyage en cette ville produise peu de frui ruit, et que vous eussiez autant gagné à ne bouger de là. Acte Scène Il DOM JUAN, SGANARELLE. DOM JUAN: Quoi? tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse ? toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux!

Non, non: la constance n’est bonne que pour des ridicules; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être encontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos cours. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige.

Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d’aimable,’ et dès qu’un beau visage e le demande, si j’en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement.

On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d’une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu’on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l’innocente pudeur d’une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites ésistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir.

Mais lorsqu’on en est maître une fois, il n’y a plus rien à dire ni rien à souhaiter; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d’une conquête à faire. Enfin il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une elle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits.

Il n’est rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs: je me sens un cœur a aimer toute la terre; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autre je me sens un cœur à aimer toute la terre; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses. Scène du pauvre : SGANARELLE. – Enseignez-nous un peu le chemin qui mène à la ille. LE PAUVRE. – Vous n’avez qu’à suivre cette route, Messieurs, et détourner à main droite quand vous serez au bout de la forêt.

Mais je vous donne avis que vous devez vous tenir sur vos gardes, et que depuis quelque temps il y a des voleurs ici autour. DOM JUAN. – Je te suis bien obligé, mon ami, et je te rends grâce de tout mon cœur. LE PAUVRE. – SI vous vouliez, Monsieur, me secourir de quelque aumône. DOM JUAN. – Ah, ah, ton avis est intéressé, à ce que je vois. LE PAUVRE. – Je suis un pauvre homme, Monsieur, retiré tout seul ans ce bois depuis dix ans, et je ne manquerai pas de prier le Ciel qu’il vous donne toute sorte de biens. DOM JUAN. Eh, prie-le qu’il te donne un habit, sans te mettre en peine des affaires des autres. SGANARELLE. – Vous ne connaissez pas Monsieur, bon homme, il ne croit qu’en deux et deux sont quatre, et en quatre et quatre sont huit. DOM JUAN. – Quelle est ton occupation parmi ces arbres ? LE PAUVRE. – De prier le Ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque chose. DOM JUAN. – Il ne se peut PAGF jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque hose. DOM JUAN. – Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise.

Hélas, Monsieur, je suis dans la plus grande nécessité LE PAUVRE du monde. DOM JUAN. – Tu te moques; un homme qui prie le Ciel tout le jou , ne peut pas manquer d’être bien dans ses affaires. LE PAUVRE. – Je vous assure, Monsieur, que le plus souvent je n’ai pas un morceau de pain à mettre sous les dents. DOM JUAN. – Voilà qui est étrange, et tu es bien mal reconnu de tes soins; ah, ah, je m’en vais te donner un Louis d’or tout ? l’heure, pourvu que tu veuilles jurer. LE PAUVRE. Ah, Monsieur, voudriez-vous que je commisse un tel péché ?

DOM JUAN. – Tu n’as qu’à voir si tu veux gagner un Louis d’or ou non, en voici un que je te donne si tu jures, tiens il faut jurer. LE PAUVRE. Monsieur. SGANARELLE. – Va, va, jure un peu, il n’y a pas de mal. DOM JUAN. – Prends, le voilà, prends te dis-je, mais jure donc. LE PAUVRE. – Non Monsieur, j’aime mieux mourir de faim. DOM JUAN. – Va, va, je te le donne pour l’amour de l’humanité, mais que vois-je là ? un homme attaqué par trols autres ? La partie est trop inégale, et je ne dois pas souffrir cette lâcheté.