zola

« Le sujet philosophique, écrit-il, est celui-ci : toute une société se ruant sur le cul. Une meute derrière une chienne qui n’est même pas en chaleur et qui se moque des chiens qui la suivent. Le poème des désirs du mâle, le grand levier qui remue le monde. Thématique de l’ouvrage La prostitution est le thème central du récit de Zola. On se rend compte dès le début du roman avec le résumé comme quatrième page de couverture: « Le sujet philosophique est celui-ci : toute une société se ruant sur le cul.

Une meute derrière une chienne qui n’est même pas en chaleur et qui se moque des chiens qui la suivent. Le poème des désirs du mâle, le grand levier qui rem Malgré que se soit U dévoré par le public C’est avec Nana que le naturalisme frança OF4 Svipe nextp g siècle, Nana a été s vendus En 1893. t son essor dans e le ferment de dissolution sociale, la sexualité revêt alors un caractère non seulement polémique mais aussi politique [61. Contrairement aux esquisses des Goncourt et de Huysmans, Zola décrit son héroïne dans toute sa nudité sensuelle, telle un tableau mythologique .

Nana est représentée

Désolé, mais les essais complets ne sont disponibles que pour les utilisateurs enregistrés

Choisissez un plan d'adhésion
telle une Vénus naissant des flots, caractérisée par la blancheur de sa peau et sa longue chevelure. L’idée ShAipe to Wew next page d’un roman sur la femme du demi-monde date du début de l’élaboration des Rougon Macquart, mais c’est surtout à partir de 1878 que Zola se documente sur cette société. Ses lectures d’ouvrages tels que le Paris-guide de 1867 ouL’Année littéraire de Vapereau sont complétées par une visite de l’hôtel particulier d’une grande « cocotte Valtesse de la Bigne, et un souper en compagnie des demi-mondaines.

En tant que journaliste, Zola publie même un article sur les rafles faites par la police sur les filles de rue le 28 septembre 1872 dans La Cloche. Parmi les 344 euillets du « dossier préparatoire » de l’œuvre, nous trouvons des notes prises lors de ses entretiens avec Henri Céard ou Ludovic Halévy qui côtoient ce monde et en rapportent les moindres détails au romancier. Certaines pages sont même une retranscription assez fidèle de ses notes sur le mode de vie de Louise Duval, le modèle de Nana, ou sur les loisirs mondains tels que les courses et surtout le théâtre qui s’apparente vite à un lieu de débauche.

L’homme devient alors la proie sans défense de la sensualité féminine ; le sexe de la femme semble partout enivrant, envahissant, envoûtant . ? II [le Comte Muffat] grandissait, il vieillissait, ignorant de la chair, plié à de rigides pratiques religieuses, ayant réglé sa vie sur des préceptes et des lois. Et, brusquement, on le jetait dans cette loge d’actrice, devant cette fille nue. Lui qui 2 des lois. Et, brusquement, on le jetait dans cette loge d’actrice, devant cette fille nue.

Lui qui n’avait vu la comtesse Muffat mettre ses jarretières, il assistait aux détails intimes d’une toilette de femme, dans la débandade des pots et des cuvettes, au milieu de cette odeur si forte et si douce. Tout son être se révoltait, la ente possession dont Nana l’envahissait depuis quelque temps l’effrayait, en lui rappelant ses lectures de piété, les possessions diaboliques qui avaient bercé son enfance. II croyait au diable. Nana, confusément, était le diable, avec ses rires, avec sa gorge et sa croupe, gonflées de vices. ? [7] Il n’est pas anodin que dans cette page Zola encadre l’émoi du Comte par les deux antagonistes qui régissent sa vie : « les rigides pratiques religieuses » et le « diable » qu’incarne Nana. Enfin, Zola est le seul à avoir consacré deux pages à l’écriture des préliminaires de Pacte amoureux. Sans jamais sombrer dans la vulgarité, c’est néanmoins une peinture qui ne tait aucun tabou : « Un frisson de tendresse semblait avoir passé dans ses membres. Les yeux mouillés, elle se faisait petite, comme pour se mieux sentir.

Puis, elle dénoua les mains, les abaissa le long d’elle par un glissement, jusqu’aux seins, qu’elle écrasa d’une étreinte nerveuse. Et rengorgée, se fondant dans une caresse de tout son corps, elle se frotta les joues à droite, à gauche, contre ses épaules, av 3 une caresse de tout son corps, elle se frotta les joues à droite, à gauche, contre ses épaules, avec calinerie Alors, Muffat ut un soupir bas et prolongé. Ce plaisir solitaire l’exaspérait. Brusquement, tout fut emporté en lui, comme par un grand vent.

I prit Nana à bras-le-corps, dans un élan de brutalité, et la jeta sur le tapis. » [8] La prostitution comme sujet littéraire n’est qu’un prétexte pour l’analyse sociale, comme le constate Alain Corbin dans son étude Les Filles de noces, misère sexuelle et prostitution aux XIXe et XXe siècles : « En imposant au public la description du bordel ou de la maison de passe, Huysmans, Edmond de Goncourt, Zola et Maupassant, qu’ils en aient été conscients ou non, remportent une victoire olitique. ? [91 Il est en effet indéniable que c’est pendant la progression des idées républicaines que naissent les romans de filles. D’ailleurs, un personnage comme Nana est essentiellement symbolique Nana, c’est le Second Empire, elle incarne la dissolution de celui- ci jusqu’à sa mort, rongée par la petite vérole, qui coincide avec la chute du régime. Si la majeure partie du roman traite de la prostitution comme un comportement reconnu et étudié tant au niveau médical que politique, quelques pages s’attachent à une autre forme de déviance : l’homosexualité. 4