– Vous montrerez que candide souligne de voltaire rempli la fonction d’apologue tel que lui-meme la definit dans son conte le taureau blanc.

– Vous montrerez que candide souligne de voltaire rempli la fonction d’apologue tel que lui-meme la definit dans son conte le taureau blanc.

FRANCAIS : DISSERTATION Sujet : «  Je veux qu’un conte soit fonde sur la vraisemblance, et qu’il ne ressemble pas toujours a un reve. Je desire qu’il n’ait rien de trivial ni d’extravagant. Je voudrais surtout que, sous le voile de la fable, il laissat entrevoir aux yeux exerces quelque verite fine qui echappe au vulgaire. » – Vous montrerez que Candide souligne de Voltaire rempli la fonction d’apologue tel que lui-meme la definit dans son conte Le Taureau Blanc.

Voltaire dit : « Je veux qu’un contre soit fonde sur la vraisemblance, et qu’il ne ressemble pas toujours a un reve. Je desire qu’il n’ait rien de trivial ni d’extravagant. Je voudrais surtout que, sous le voile de la fable, il laissat entrevoir aux yeux exerces quelque verite fine qui echappe au vulgaire. » Le Taureau blanc. En effet, Voltaire definit le conte comme un recit d’aventures imaginaires mais qui donne l’apparence de la verite, il souhaite conter de facon amusante des faits qui s’inspirent directement de la realite et qui s’en eloignent peu.

On peut dire ainsi que Candide rempli la fonction d’apologue, texte amusant exposant une verite morale. En outre nous pouvons nous demander de quelle maniere l’’ uvre de Candide rempli-t-elle cette fonction,

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et notamment comment, correspond-t-elle a la definition de Voltaire enoncee auparavant. C’est ainsi qu’apres avoir vu que Candide est une ‘ uvre distrayante nous envisagerons que c’est aussi et par ailleurs une ‘ uvre didactique.

En premier lieu, Voltaire definit le conte comme une ‘ uvre fonde sur la vraisemblance et la realite, il se refuse a conter de longues histoires merveilleuses reposant sur l’extravagance et le reve. Il donne ainsi une definition particuliere du conte, qui par ses nombreuses vertus donne naissance a un nouveau genre, le conte philosophique, et dans notre cas, Candide fait parti de ce registre. De maniere generale, le premier chapitre d’une ‘ uvre porte en germes les themes et les procedes recurrents de l’’ uvre.

Dans Candide, le chapitre d’ouverture evoque une situation qui servira de reference tout au long du recit. A ce titre, il est important de voir comment ce chapitre remplit sa fonction informative et comment se mettent en place des la premiere page, les lignes de force du conte. La construction de l’histoire, le schema narratif du conte est respecte dans ce recit ; l’incipit expose l’equilibre de la situation initiale brise par un element perturbateur, pour trouver enfin un nouvel equilibre dans le dernier chapitre, la situation finale.

Et tout au long du conte le « heros » va surmonter un certain nombre de peripetie dont il se sortira a chaque fois de facon exemplaire. De la meme maniere que le conte traditionnel, l’’ uvre est introduite par la formule introductive, « Il y avait en Vestphalie » (l. 1) ; l’imparfait utilise ici est un imparfait duratif, ce qui exprime une certaine volonte de ne pas situer l’action precisement, de maniere generale les reperes spatio-temporels sont vagues. De ce fait, le lecteur sait deja qu’il s’agit d’un conte se demande ce qu’il va se passer.

Tout comme dans le conte traditionnel, Voltaire donne des noms porteurs de sens a ses personnages, en effet, Candide de son etymologie signifie Blanc, ce qui fait reference a une page blanche ou il est possible d’inscrire quelque chose, on verra que de son voyage initiatique Candide ressortira de ses periples plus fort et se sera forge sa propre philosophie ; son patronyme est associe a la candeur, il fait reference a un garcon simple d’esprit, naif. Aussi, Pangloss, signifie bavard, il parle trop et incarne le raisonnement faux.

Comme par exemple, Cendrillon, ou encore le Petit Poucet, ou l’interet de son nom reside dans sa petite taille. Les heros de Voltaire sont pares de traits de caractere enviables, Candide, donc, est « un jeune garcon a qui la nature avait donne les m’ urs les plus douces ». Le Schema du recit en lui-meme s’apparente au conte, l’histoire debute dans un chateau, la famille du Baron est aristocratique, Candide est amoureux de la « princesse » et designe comme indigne de sa bien aime il se voit chasse du paradis de Thunder-ten-tronckh ; le heros va parcourir des kilometre pour etrouver sa dulcinee et l’epouser enfin ; les peripeties qui constituent le recit s’apparente egalement au conte : rencontre avec d’autres personnages tres diversifies, de haut rang tres souvent, decouverte de la plus grande richesse avec une constante forme d’exageration, proposant une vision elogieuse du lieu : « L’Eldorado » presente de facon utopique dans le chapitre dix-huit. Les lieux sont presentes ainsi comme de veritables edens, les personnages evoluent dans un univers merveilleux ou le temps n’a pas d’effet sur eux, ni les epreuves qu’ils traversent, Pangloss ressuscite, et Candide semble le meme tout au long de son voyage.

Les lieux immuables et hors de l’espace temps, et le schema narratif du recit tiennent du conte traditionnel. Notamment, la description des personnages. Les personnages du recit sont importants car ce sont eux qui vont guider Candide dans sa quete initiatique du progres, pour qu’il se forge sa propre philosophie. Tout d’abord la famille du baron, elle est surevaluee et leur puissance repose sur l’apparence de la richesse et dans le titre en lui-meme.

Voltaire attribue des details sans importance a la puissance des Barons, en utilisant des rapprochements faussement logiques, il cree une relation de cause a effet entre la puissance du baron et une des caracteristiques de son chateau, il associe le poids de la baronne avec sa consideration, et definit Cunegonde comme une denree consommable de part ses vertus physionomiques. Cependant ils apparaissent comme des personnages enviables et importants, leur mode de vie sera le modele reprit tout au long du recit.

Ensuite Pangloss est certainement un des personnages cles, il est tout d’abord presente de facon elogieuse, c’est l’oracle, et il est digne d’admiration, et son discours garantit l’illusion collective du meilleur des mondes. C’est le representant de l’optimisme leibnitzien, « le meilleur des mondes possibles ». Au debut du recit et jusqu’au chapitre dix-neuf Candide va etre guide par Pangloss et sa philosophie bancale ; naif, il venere les discours truffes d’absurdite de Pangloss, aveugle par l’illusion de la puissance.

Il va reapparaitre au cours du periple de Candide, ressuscite comme par enchantement, et va connaitre un sort terrible lors de l’inquisition. Apres Pangloss, c’est Martin qui contribue a l’education de Candide, presente au chapitre dix-neuf comme « l’homme le plus malheureux de la province », il apparait comme l’antithese du precepteur ; il s’oppose a Pangloss de part sa vision manicheenne du monde qui l’entoure, il est persuade que tout est mal et que le Dieu a abandonne son peuple.

C’est lui qui mettra l’accent sur la realite de la vie, et insinuera le doute dans l’esprit de Candide, mais sa vision trop pessimiste le conduira a devoir quitter Candide. Et enfin, les deux personnages responsables du choix de vie du heros, Le bon vieillard et le derviche ; Voltaire en fait l’eloge et l’amplifie davantage par une presentation meliorative de leur choix de vie, « louable dessein ».

Le derviche impose le silence et refuse la metaphysique et le vieillard preconise le travail, « le travail eloigne de nous l’ennuie, le vice et le besoin ». Ce sont eux qui ont le dernier mot, ils font decouvrir a Candide la vraie sagesse, celle du jardin, celle du travail et de l’action ; le travail procure en effet a l’homme sa dignite et le rend libre, en meme temps qu’il rend les malheurs de l’existence plus supportables. Le jardin devient alors le refuge contre les atrocites du monde et creation car on y plante pour l’avenir.

Dans le premier chapitre il etait presente comme « l’esprit le plus simple », il va en consequence traverser les plus grandes maledictions, les pires epreuves sans sourciller ; il quitte les lieux de l’inquisition en s’etonnant que l’on puisse appeler le meilleur des mondes celui ou il se passe tant d’horreurs, il faudra attendre le chapitre dix-neuf pour qu’il remette en question la these enseignee par Pangloss et annonce son intention de renoncer a son optimisme. Candide va donc parfaire son education et apprendre a raisonner par lui-meme, il devient autonome et il est capable de porter des jugements.

Il associe dans son raisonnement les lecons a la fois du Derviche et du vieillard : Le travail, « il faut cultiver notre jardin », et se taire et refuser les discours steriles. On assiste tout au long du recit a une progression de Candide presente comme le heros dans le texte, il va au fur et a mesure devenir quelqu’un de responsable et devient a son tour un philosophe detenteur de savoir. Autour de l’evolution de Candide et des personnages qui l’accompagnent, defile un monde merveilleux, propre au conte, il est question d’un cadre propre a l’imaginaire.

Le recit presente un monde merveilleux, cependant on peut distinguer trois poles autour de lesquels s’exercent une attraction, principalement : le paradis de Thunder-ten-tronckh, l’Eldorado et le jardin de Candide. La baronnie est un petit monde clos presente comme « le meilleur des mondes possibles » ; figee dans ses regles aristocratiques, cette societe est presentee comme un modele illusoire. Le premier chapitre definit un « paradis terrestre » qui servira de reference tout au long du conte. On retrouvera, au cours du recit, les personnages de la baronnie.

Cette premiere etape suggere l’illusion de la noblesse, perpetuation des vanites aristocratiques ; l’illusion de l’amour, Candide se laisse seduire par Cunegonde et sera chasse du chateau pour cela ; et enfin l’illusion de la philosophie, Pangloss devient le centre du monde, et son discours invite a admirer sans comprendre, on assiste a un refus de la remise en question. Ensuite, l’Eldorado, comme la baronnie est un monde clos ; cette societe ideale, utopique, ne connait aucune tension due a l’argent ou a l’ambition.

Tout est plaisir, et l’Eldorado est une autre representation du « paradis terrestre ». Si la baronnie repose sur l’illusion, la vision de l’Eldorado est tres nettement montree comme revelant de la fiction. Pour Candide c’est un pays ou tout est beau, presente de maniere hyperbolique c’est un pays hors du monde, difficile d’acces, mythique et sans doute le pays de la perfection. Enfin, en echo des autres paradis, le jardin de Candide est un monde clos ou chacun a sa place et un role bien defini. Le desir y est egalement absent.

Dans ce dernier pole, tous les personnages du conte sont reunis ; il constitue la morale du recit puisque, apres une succession de malheurs, il laisse une possibilite de sens et de bonheur. Candide y trouve son equilibre dans le travail. Voltaire paraissant respecter d’apres ce que nous avons vu les regles et les lois du conte, detourne les archetypes et renouvelle le genre, ainsi le conte traditionnel devient un conte philosophique, et le recit vehicule une critique implicite. Le lecteur est entraine dans un univers merveilleux, dans un paradis ou finalement tout repose sur l’illusion.

Et Voltaire souligne des effets de distorsion perturbant l’harmonie generale ; encore une fois par l’ironie et le detournement il utilise le cadre du conte pour faire passer un message. Et au-dela du cadre merveilleux du recit, Candide prend une fonction didactique. Et si tout, des le debut du recit, laisse a penser qu’il s’agit d’un conte divertissant, le lecteur ne tarde pas a s’apercevoir qu’en realite l’’ uvre est extremement denonciatrice et fait passer un message philosophique. Candide conte traditionnel destine a divertir, apparait aussi comme un recit didactique comportant des valeurs morales et un enseignement majeur.

C’est a travers les caracterisques du conte, tout comme la fable, que l’auteur nous fait part d’un fait qu’il veut denoncer, et de la, en faire tirer une lecon. En lisant Candide comme un conte traditionnel, on laisse de cote certains aspects essentiels. Certes, Candide a retrouve Cunegonde, comme de coutume dans les contes ; mais Cunegonde est devenue laide, et Candide l’epouse par devoir et pour sa morale. Ainsi, chacune des caracteristiques du conte peuvent etre retournees ; par exemple la baronnie est un monde heureux mais sa representation hyperbolique est suspecte.

L’accumulation et l’hyperbole sont des procedes recurrents dans le conte : l’ecriture de Voltaire est parodique ; s’il reprend les marques du conte traditionnel, c’est pour les parodier en les pervertissant. Le monde merveilleux n’existe que dans l’Eldorado : les malheurs, aux causes naturelles ou humaines, s’additionnent les uns aux autres sans repit. Les recits emboites viennent ajouter d’autres perspectives negatives en presentant d’autres destins malheureux. Cunegonde a ete blessee, humiliee ; la vieille Paquette aussi, et six rois ont ete detrones.

Mais en plus, la degradation des personnages est considerable : Cunegonde est « rembrunie », ses yeux sont « erailles », la vieille a perdu une fesse ; Pangloss n’est plus qu’un « gueux tout couvert de pustules, les yeux morts, le bout du nez ronge » et le visage du fils du baron est defigure. A travers les lignes du conte traditionnel on peut donc decouvrir une realite beaucoup moins merveilleuse qu’elle ne le parait dans le recit. L’illusion de la magie ne dure qu’un temps, et s’effondre sous les realites accablantes enoncees dans le recit. Voltaire cherche a faire transparaitre derriere son ‘ uvre certaines critiques.

Tout d’abord, a travers le personnage de Pangloss, Voltaire s’en prend aux theories de la philosophie de Leibniz, selon laquelle le monde cree par Dieu est le meilleur possible, meme s’il contient le mal et l’injustice. Le conte consiste donc a confronter, sous la direction de Pangloss, le jeune Candide aux differentes sortes de blessures qui existent. Il oppose la double realite du monde et de la nature humaine. Les guerres et leur caractere terrible permettent la creation d’un contexte dans lequel le jeune Candide se trouve jete des sa sortie du paradis.

Il se fait ainsi le reflet d’un monde ou tout va mal et ou la seule solution pour etre heureux consiste a recreer un monde clos, ferme et protege des malheurs par une sorte d’indifference. L’optimisme n’est pas adapte a la realite du monde. Ensuite, l’auteur critique la religion, ce qui n’est pas un theme nouveau pour Voltaire, comme nous l’avons vu dans l’article « guerre ». La premiere attaque est dirigee contre le clerge, charge selon Voltaire, de tous les peches. Il denonce notamment l’avarice, le libertinage, la corruption, et la malhonnetete qui sont regroupees chez les hommes d’Eglise.

Ils incitent aux pires cruautes et sont les allies de la guerre ; Voltaire leur reproche leur manque de tolerance, en insistant sur les abus de l’Inquisition. Le clerge est critique de maniere generale, et plus precisement le desaccord existant entre le contenu du discours religieux et les actions des ecclesiastiques. Par exemple, les jesuites prechent l’amour du prochain mais ils entretiennent l’esclavage. Enfin, l’arbitraire est fortement denonce, a travers le « bel auto-da-fe » et les abus de l’Inquisition.

A travers le frere de Cunegonde, le gouverneur de Buenos Aires, le negociant Venderdendur, et le juge hollandais, l’auteur met en scene un pouvoir autoritaire non justifie et revelant la perversion de l’autorite, qui ne sert en fait seulement qu’a assouvir certains desirs personnels insatisfaits. A travers la guerre, il attire l’attention sur la responsabilite du pouvoir politique ; elle est tres souvent representee comme une sorte de boucherie causant des ravages sur le plan humain, materiel et moral. Par ces critiques Voltaire veut faire tirer a ses lecteurs diverses enseignements et c’est le but de son ‘ uvre.

Un enseignement philosophique, on ne peut sans doute pas resoudre le probleme de l’existence du mal, mais il est possible d’essayer de vivre d’une facon plus supportable. L’ideologie du jardin en est l’illustration : le travail personnel, l’exercice de ses propres talents, apportent quelques modestes satisfactions. Un enseignement religieux, la religion la plus vraie et la plus naturelle selon Voltaire et le deisme ; il permet a l’homme de communiquer directement avec Dieu, comme il l’entend et par ses propres rites, sans une intervention cruelle de L’Eglise qui modifie et pervertie la parole de Dieu.

Un enseignement politique, ou il faut savoir que toute forme de pouvoir autoritaire est a bannir. Presente dans l’Eldorado, le regime ideal est celui d’une monarchie dans lequel le pouvoir est partage et ou le roi est proche de ses sujets (Modele Anglais ideealise). Un enseignement moral, Candide fait passer un message touchant a la formation de l’esprit et du comportement, en effet, on retrouve le refus des prejuges et des superstitions. Le message de Candide principalement est celui de la tolerance, du respect des droits, du respect et de l’honnetete.

Candide est donc une ‘ uvre qui releve du conte traditionnel mais qui va se reveler extremement denonciatrice. Sa structure est semblable a celle d’un conte distrayant comme les contes pour enfants qui relatent generalement et le plus souvent d’une histoire merveilleuse avec une princesse, un chateau, et une fin heureuse. Le recit s’apparente a ce genre de situation et sa structure egalement, en effet, le schema narratif du conte est respecte et l’’ uvre remplie la fonction d’apologue. Mais au-dela du recit distrayant on decouvre un enseignement moral important, et Voltaire parodie le conte et le transforme en veritable conte philosophique.

Sa maniere de presenter les evenements retourne toutes les situations et on y devine une reelle critique. Le conte est ici une arme puissante au service de la denonciation, notamment et surtout, contre l’injustice, l’intolerance et le respect des droits. C’est ainsi que ce recit correspond a la definition enoncee par Voltaire dans le conte Le Taureau Blanc. Cependant on pourrait se demander si les procedes employes au service de la denonciation par Voltaire ne sont-ils pas plus efficaces que le conte en lui-meme.