Victor hugo

Victor hugo

Biographie Enfance et jeunesse Victor Hugo est ne le 26 fevrier 1802 a Besancon dans le Doubs, en Franche-Comte, ou son pere est en garnison, puis passe son enfance a Paris. Victor est le fils du general d’Empire Joseph Leopold Sigisbert Hugo (1773–1828) – cree comte, selon la tradition familiale, par Joseph Bonaparte, roi d’Espagne – et de Sophie Trebuchet (1772–1821) et le dernier de trois enfants apres Abel Joseph Hugo (1798–1855) et Eugene Hugo (1800–1837). De frequents sejours a Naples et en Espagne, a la suite des affectations militaires de son pere, marqueront ses premieres annees.

Ainsi, en 1811, il est, avec son frere Eugene, pensionnaire dans une institution religieuse de Madrid, le College des Nobles. Vers 1813, il s’installe a Paris avec sa mere qui s’est separee de son mari, car elle entretient une liaison avec le general d’Empire Victor Fanneau de la Horie. Age de quatorze ans a peine, Victor, en juillet 1816, note sur un journal : « Je veux etre Chateaubriand ou rien »[1]. Sa vocation est precoce et ses ambitions sont immenses. Peu de carrieres ont ete conduites avec une volonte aussi precoce et lucide.

On ne sait pas grand-chose de ses debuts puisque l’auteur a brule

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ses 10 premiers cahiers d’ecole. Qui a initie l’enfant a la technique du vers ? A-t-il ete encourage ou a-t-il travaille seul ? En faisant quelles lectures ? En 1817, il participe a un concours donne par l’Academie des jeux floraux de Toulouse. Le jury est a deux doigts de lui adresser le prix mais le titre de son poeme (Trois lustres a peine) suggere trop son jeune age et l’Academie en est effrayee. Le prix est donc attribue a quelqu’un d’autre. Il sera laureat de cette meme academie deux annees de suite.

En 1819, il obtient un Lys d’or pour l’Ode sur le retablissement de la Statue d’Henri IV, et en 1820, il recoit un ‘illet comme prix d’encouragement pour une autre ode: Moise sur le Nil[2]. Egalement prime par l’academie, Victor Hugo delaisse les mathematiques, pour lesquelles il a un gout marque (il suit les cours des classes preparatoires), et embrasse la carriere litteraire. Avec ses freres Abel et Eugene, il fonde en 1819 une revue, « Le Conservateur litteraire », qui attire deja l’attention sur son talent.

Son premier recueil de poemes, Odes, parait en 1821 : il a alors dix-neuf ans et ses etudes au lycee Louis-le-Grand lui permettent de faire connaitre rapidement cet ouvrage. Il participe aux reunions du Cenacle de Charles Nodier a la Bibliotheque de l’Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son developpement. Des cette epoque, Hugo est tout a la fois poete, romancier, dramaturge et meme journaliste : il entreprend tout et connait une grande reussite dans tout ce qu’il fait. Le jeune ecrivain Victor Hugo jeune hommeC’est avec Cromwell, publie en 1827, qu’il fera clat. Dans la preface de ce drame, Victor Hugo s’oppose aux conventions classiques, en particulier a l’unite de temps et a l’unite de lieu. Il met veritablement en pratique ses theories dans la piece Hernani (1830), piece qui inaugure le genre du drame romantique. Cette ? uvre est la cause d’un affrontement litteraire fondateur entre anciens et modernes, ces derniers, au premier rang desquels Theophile Gautier, s’enthousiasmant pour cette ? uvre romantique — combat qui restera dans l’histoire de la litterature sous le nom de « bataille d’Hernani. Des lors, la production d’Hugo ne connait plus de limites : romans (Notre-Dame de Paris, 1831) ; poesie (Les Chants du crepuscule, 1835) ; theatre (Ruy Blas, 1838). Il epouse, le 12 octobre 1822, Adele Foucher qui lui donne cinq enfants : Leopold (16 juillet 1823–10 octobre 1823) Leopoldine (28 aout 1824–4 septembre 1843) Charles (4 novembre 1826–13 mars 1871) Francois–Victor (28 octobre 1828–26 decembre 1873) Adele (24 aout 1830–21 avril 1915), la seule qui survivra a son illustre pere mais dont l’etat mental, tres tot defaillant, lui vaudra de longues annees en maison de sante.

De 1826 a 1837, il sejourne frequemment au Chateau des Roches a Bievres, propriete de Bertin l’Aine, directeur du Journal des debats. Au cours de ces sejours, il y rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer et redige des recueils de poesie dont le celebre ouvrage des Feuilles d’automne. Il aura, jusqu’a un age avance, de nombreuses maitresses. La plus celebre sera Juliette Drouet, actrice rencontree en 1833, qui lui consacrera sa vie et le sauvera de l’emprisonnement lors du coup d’etat de Napoleon III. Il ecrira pour elle de nombreux poemes.

Tous deux passent ensemble l’anniversaire de leur rencontre et remplissent, a cette occasion, annee apres annee, un cahier commun qu’ils nomment tendrement le « Livre de l’anniversaire »[3]. Hugo accede a l’Academie francaise en 1841, apres trois tentatives infructueuses. Il est le premier academicien ne au XIXe siecle. En 1843, Leopoldine meurt tragiquement a Villequier, noyee avec son mari Charles Vacquerie dans le naufrage de leur barque. Hugo sera terriblement affecte par cette mort qui lui inspirera plusieurs poemes des Contemplations — notamment, son celebre « Demain, des l’aube… . L’exil Un des lieux de sejour pendant l’exil. Maison dite Le Pigeon, a Bruxelles Hauteville House, maison de Victor Hugo en exil a GuerneseyEleve par sa mere vendeenne dans l’esprit du royalisme, il se laisse peu a peu convaincre de l’interet de la democratie (« J’ai grandi », ecrit-il dans un poeme [4] ou il s’en justifie). Son idee est que « la ou la connaissance n’est que chez un homme, la monarchie s’impose. La ou elle est dans un groupe d’hommes, elle doit faire place a l’aristocratie. Et quand tous ont acces aux lumieres du savoir, alors le temps est venu de la democratie ».

Au debut de la Revolution de 1848, il est elu depute de la deuxieme Republique en 1848 et siege parmi les conservateurs. Il soutient la candidature de Louis-Napoleon Bonaparte elu President de la Republique en decembre, avec qui il rompt en 1849 et il se bat progressivement contre ses anciens amis politiques dont il reprouve la politique reactionnaire. Hugo s’exile apres le coup d’Etat du 2 decembre 1851 qu’il condamne vigoureusement pour des raisons morales (Histoire d’un crime). Sous le Second Empire, oppose a Napoleon III, il vit en exil a Bruxelles, puis a Jersey et enfin a Guernesey.

Il fait partie des quelques proscrits qui refusent l’amnistie[5] decidee quelque temps apres (« Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-la » [6]). Pendant ces annees difficiles, il publiera notamment Les Chatiments (1853), ? uvre en vers qui prend pour cible le Second Empire ; Les Contemplations, poesies (1856) ; La Legende des Siecles (1859), ainsi que Les Miserables, roman (1862). Le souvenir douloureux de Leopoldine sa fille — ainsi que sa curiosite — le pousse a tenter, a Jersey, des experiences de spiritisme consignees dans Les Tables tournantes de Jersey.

Pendant les annees 1860, il traverse plusieurs fois le Grand-Duche de Luxembourg comme touriste, alors qu’il se rend sur le Rhin allemand (1862, 1863, 1864, 1865). En 1871, apres la Commune de Paris, tandis qu’il est expulse de Belgique pour y avoir offert asile aux communards poursuivis dans la capitale francaise, il trouve refuge pendant trois mois et demi dans le Grand-Duche (1er juin–23 septembre). Il sejourne successivement a Luxembourg, a Vianden (deux mois et demi), a Diekirch et a Mondorf, ou il suit une cure thermale.

Le retour en France et la mort L’enterrement de Victor HugoApres la chute du Second Empire consecutive a la guerre franco-prussienne de 1870, c’est l’avenement de la Troisieme Republique : Hugo peut enfin rentrer apres vingt annees d’exil. Jusqu’a sa mort, en 1885, il restera une des figures tutelaires de la republique retrouvee — en meme temps qu’une reference litteraire incontestee. Il decede le 22 mai 1885[7], dans son hotel particulier « La Princesse de Lusignan », qui etait situe a la place de l’actuel 124 avenue Victor-Hugo.

Selon la legende, ses derniers mots furent : « Ceci est le combat du jour et de la nuit. » Conformement a ses dernieres volontes[8], c’est dans le « corbillard des pauvres » qu’eut lieu la ceremonie. Il est d’abord question du Pere Lachaise mais le premier juin, suite au decret du 26 mai 1885, il sera finalement conduit au Pantheon, la jeune Troisieme Republique profitant de cet evenement[9] pour retransformer l’eglise Sainte-Genevieve en Pantheon. On considere que trois millions de personnes se sont deplacees alors pour lui rendre un dernier hommage.

Il est alors l’ecrivain le plus populaire et est considere comme l’un des monuments de la litterature francaise. Une ? uvre monumentale SignatureL’ensemble de ce qui a survecu des ecrits de Victor Hugo (plusieurs lettres personnelles ont ete volontairement detruites par ses executeurs testamentaires Paul Meurice et Auguste Vacquerie) a ete publie chez Jean-Jacques Pauvert et represente presque quarante millions de caracteres. « L’ensemble de mon ? uvre fera un jour un tout indivisible. [… ] Un livre multiple resumant un siecle, voila ce que je laisserai derriere moi [… » — Lettre du 9 decembre 1859 A travers ces mots, on devine une volonte farouche de pratiquer tous les genres : roman, poesie, theatre, essai, etc. — autant qu’une passion du Verbe, a condition toutefois que ce dernier soit ancre dans l’Histoire. Par consequent, distinguer la fiction proprement dite de l’engagement politique est, chez Hugo plus que chez tout autre ecrivain, une gageure. Le romancier Un romancier inclassable Hugo a laisse neuf romans. Le premier, Bug-Jargal a ete ecrit a seize ans ; le dernier, Quatrevingt-treize, a soixante-douze.

L’? uvre romanesque a traverse tous les ages de l’ecrivain, toutes les modes et tous les courants litteraires de son temps sans jamais se confondre totalement avec aucun. En effet, on trouve toujours chez Hugo une volonte de parodie et de decalage : Han d’Islande en 1823, Bug-Jargal publie en 1826, Notre-Dame de Paris en 1831 ressemblent aux romans historiques en vogue au debut du XIXe siecle mais n’en sont pas vraiment ; c’est que Hugo n’est certainement pas Walter Scott ; chez lui en effet, les temps modernes pointent toujours derriere l’Histoire.

Le Dernier Jour d’un condamne en 1829 et Claude Gueux en 1834 ne sont pas plus aises a definir. Ce sont des romans a la fois historiques et sociaux qui sont, surtout, engages dans un combat — l’abolition de la peine de mort — qui depasse de loin le cadre de la fiction. On pourrait en dire autant des Miserables qui parait en 1862, en pleine periode realiste, mais qui lui emprunte peu de caracteristiques. Ce succes populaire phenomenal embarrassera d’ailleurs la critique car il louvoie constamment entre melodrame populaire, tableau realiste et essai didactique…

Cosette, illustration pour Les Miserables par Emile BayardDe la meme facon, dans Les Travailleurs de la mer (1866) et dans L’Homme qui rit (1869), Hugo se rapproche davantage de l’esthetique romantique du debut du siecle, avec ses personnages difformes, ses monstres et sa Nature effrayante. Enfin, en 1874, Quatrevingt-treize signe la concretisation romanesque d’un vieux theme hugolien : le role fondateur de la Revolution francaise dans la conscience litteraire, politique, sociale et morale du XIXe siecle. Une uvre de combat Le roman hugolien n’est pas un « divertissement » : il est presque toujours au service du debat d’idees. On l’a vu avec les romans abolitionnistes de sa jeunesse, on le voit encore dans sa maturite a travers de nombreuses et parfois envahissantes digressions sur la misere materielle et morale dans Les Miserables . Toutefois, dans ce dernier roman commence en 1845 et 1848, on a detecte l’influence de Balzac, notamment celle du Cure de village avec lequel Monseigneur Myriel a des points communs.

Et la parente entre Vautrin et Jean Valjean (le second etant l’envers positif de l’autre) est assez evidente, le monde et les coutumes des bagnards etant decrit dans Splendeurs et miseres des courtisanes. [10] et voir aussi : Hugo lecteur de BalzacSes heros sont, comme les heros de tragedie (le dramaturge n’est pas loin), aux prises avec les contraintes exterieures et une implacable fatalite tantot imputable a la societe (Jean Valjean ; Claude Gueux ; le heros du Dernier jour d’un condamne), tantot a l’Histoire (Quatrevingt-treize) ou bien a leur naissance (Quasimodo).

C’est que le gout de l’epopee, des hommes aux prises avec les forces de la Nature, de la Societe, de la fatalite, n’a jamais quitte Hugo ; l’ecrivain a toujours trouve son public sans jamais ceder aux caprices de la mode : qui s’etonnera qu’il ait pu devenir un classique de son vivant? Le dramaturge Hugo, croque par MerimeeA vingt-six ans, dans la celebre preface de Cromwell, Victor Hugo jette les bases d’un genre nouveau : le drame romantique.

Dans ce texte, le jeune homme ambitieux remet en cause les regles bien etablies du theatre classique, et introduit les themes romantiques sur la scene : multiplication des personnages, des lieux, melange des registres — le vulgaire et le recherche, le sublime et le grotesque – et met ainsi davantage de vie dans un theatre trop compasse. Revers de la medaille : Cromwell, piece aux 6 000 vers et aux innombrables personnages n’est pas jouee — « injouable » disent certains… C’est grace a Hernani que le dramaturge accede veritablement, en 1830, a la celebrite et prend une place determinante parmi les modernes.

Les annees suivantes, Hugo se heurtera aux difficultes materielles (scene a l’italienne, peu propice aux spectacles d’envergure) et humaines (reticences des Comediens Francais devant les audaces de ses drames). Il alternera triomphes (Lucrece Borgia) et echecs (Le Roi s’amuse), avant de decider, avec Alexandre Dumas, de creer une salle dediee au drame romantique : ce sera le Theatre de la Renaissance ou il fera donner, en 1838, Ruy Blas. En 1843, l’echec des Burgraves l’affecte durement.

Hugo desespere de parvenir a un theatre a la fois exigeant et populaire. Le dramaturge, frappe en outre par le deuil (Leopoldine meurt cette meme annee), delaisse la scene. Victor Hugo marquera son retour au theatre avec l’ecriture, a partir de 1866, de plusieurs pieces, dont la serie du Theatre en liberte. Le poete Vers de jeunesse A vingt ans, Hugo publie les Odes, recueil qui laisse deja entrevoir, chez le jeune ecrivain, les themes hugoliens recurrents : le monde contemporain, l’Histoire, la religion et le role du poete, notamment.

Par la suite, il se fait de moins en moins classique, de plus en plus romantique, et Hugo seduit le jeune lecteur de son temps au fil des editions successives des Odes (quatre editions entre 1822 et 1828). En 1828, Hugo reunit sous le titre Odes et Ballades toute sa production poetique anterieure. Fresques historiques, evocation de l’enfance ; la forme est encore convenue, sans doute, mais le jeune romantique prend deja des libertes avec le metre et la tradition poetique.

Cet ensemble permet en outre de percevoir les premices d’une evolution qui durera toute sa vie : le catholique fervent s’y montre peu a peu plus tolerant, son monarchisme qui se fait moins rigide et accorde une place importante a la toute recente epopee napoleonienne ; de plus, loin d’esquiver son double heritage paternel (napoleonien) et maternel (royaliste), le poete s’y confronte, et s’applique a mettre en scene les contraires (la fameuse antithese hugolienne ! pour mieux les depasser : « Les siecles, tour a tour, ces gigantesques freres, Differents par leur sort, semblables en leurs v? ux, Trouvent un but pareil par des routes contraires. »[11] Puis Hugo s’eloigne dans son ? uvre des preoccupations politiques immediates auxquelles il prefere — un temps — l’art pour l’art. Il se lance dans les Les Orientales (l’Orient est un theme en vogue) en 1829, (l’annee du Dernier jour d’un condamne).

La Grece sur les ruines de Missolonghi, Eugene Delacroix, 1827Le succes est important, sa renommee de poete romantique assuree et surtout, son style s’affirme nettement tandis qu’il met en scene la guerre d’independance de la Grece (l’exemplarite de ces peuples qui se debarrassent de leurs rois n’est pas innocente du contexte politique francais) qui inspira egalement Lord Byron ou Delacroix. La premiere maturite

Des les Feuilles d’automne (1832), les Chants du crepuscule (1835) Les Voix interieures (1837), jusqu’au recueil les Rayons et les ombres (1840), se dessinent les themes majeurs d’une poesie encore lyrique — le poete est une « ame aux mille voix » qui s’adresse a la femme, a Dieu, aux amis, a la Nature et enfin (avec les Chants du crepuscule) aux puissants qui sont comptables des injustices de ce monde.

Ces poesies touchent le public parce qu’elles abordent avec une apparente simplicite des themes familiers ; pourtant, Hugo ne peut resister a son gout pour l’epique et le grand si bien que, des le premier vers des Feuilles d’automne, on peut lire le fameux : « Ce siecle avait deux ans ! Rome remplacait Sparte Deja Napoleon percait sous Bonaparte » On le voit, Hugo s’applique d’emblee a ancrer le poete dans l’Histoire. Il ne l’en fera jamais sortir, tout au long de son ? uvre. L’exil A partir de l’exil commence une periode de creation litteraire qui se caracterise par sa richesse, son originalite et par sa puissance.

C’est alors que naitront certains des plus fameux poemes de la langue francaise (l’Expiation dans les Chatiments, Booz endormi dans la Legende des siecles, pour ne citer que ces deux exemples). Victor Hugo a JerseyLes Chatiments sont des vers de combat qui ont pour mission, en 1853, de rendre public le « crime » du « miserable » Napoleon III : le coup d’Etat du 2 decembre. Prophete des malheurs qui attendent Napoleon III, executeur du neveu honni, Hugo s’y fait cruel, satirique, voire grossier pour chatier « le criminel ».

Mais Hugo se fait aussi poete de temps meilleurs comme par exemple dans Stella ; le poete prend alors des tons quasiment religieux. Quant a la forme des Chatiments, elle est d’une extreme richesse puisque Hugo recourt aussi bien a la fable, qu’a l’epopee, a la chanson ou a l’elegie, etc. Quelques annees plus tard, Hugo declare, a propos des Contemplations qui paraissent en 1856 : « Qu’est-ce que les Contemplations ? — Les memoires d’une ame » [12] Apotheose lyrique, marquee par l’exil a Guernesey et la mort (cf.

Pauca Meae) de la fille adoree : exil affectif, exil politique : Hugo part a la decouverte solitaire du moi et de l’univers. Le poete, tout comme dans les Chatiments, se fait meme prophete, voix de l’au-dela, voyant des secrets de la vie apres la mort et qui tente de percer les secrets des desseins divins. Mais, dans le meme temps, les Contemplations, au lyrisme amoureux et sensuel, contient certains des plus celebres poemes inspires par Juliette Drouet. Les Contemplations : ? uvre multiforme donc comme il convient aux « memoires d’une ame ». Enfin, la Legende des siecles, son chef-d’? vre, synthetise rien moins que l’histoire du monde en une immense epopee parue en 1859 ; « L’homme montant des tenebres a l’Ideal »[13], c’est-a-dire la lente et douloureuse ascension de humanite vers le Progres et la Lumiere. En juin 1878, Hugo fut victime d’une congestion cerebrale qui mit pratiquement fin a son activite d’ecriture. Toutefois de tres nombreux recueils, reunissant en fait des poemes datant de ses annees d’inspiration exceptionnelle (1850-1870) continuaient de paraitre regulierement (La Pitie supreme en 1879, L’Ane, Les Quatre Vents de l’esprit en 1881, la derniere serie de la Legende des siecles en 1883… , contribuant a la legende du vieil homme intarissable jusqu’a la mort. Une place a part dans son siecle Tantot lyrique, tantot epique ; combattant infatigable et pere vaincu ; tour a tour classique et audacieux, Hugo est tout cela a la fois et davantage : celui qui a profondement emu ses contemporains (qui ne connait le tres celebre « Demain, des l’aube… » ? ), exaspere les puissants et inspire les plus grands poetes de son temps et des temps a venir. Le temoin voyageur Article detaille : Victor Hugo en voyage.

Cette section est vide, pas assez detaillee ou incomplete. Votre aide est la bienvenue ! Sa pensee politique A partir de 1849, Victor Hugo consacre un tiers de son ? uvre a la politique, un tiers a la religion et le dernier a la philosophie humaine et sociale. La pensee de Victor Hugo est complexe et parfois deroutante. Il refuse toute condamnation des personnes et tout manicheisme, mais n’en est pas moins severe pour la societe de son temps. Au fur et a mesure, sa pensee politique va evoluer, quitter le conservatisme et se rapprocher du reformisme[14].

Politique interieure Les representants representes, caricature de Victor Hugo par Daumier, 1849, apres l’election de l’ecrivain a l’Assemblee constituanteDans sa jeunesse, Victor Hugo est proche du parti conservateur. Pendant la restauration, il soutient Charles X de France. En cela, il s’inscrit dans la ligne politique de Chateaubriand. Lors de la Revolution francaise de 1848, Victor Hugo, pair de France, prend d’abord la defense de la monarchie (le president du Conseil Odilon Barrot, le charge de defendre l’idee d’une regence de la Duchesse d’Orleans).

La republique etant proclamee, Lamartine lui propose un poste de ministre (Instruction publique) dans le gouvernement provisoire de 1848, il refuse. Aux elections d’avril 1848, bien que non candidat il obtient pres de 55 500 voix a Paris mais n’est pas elu. Par contre aux elections complementaires du 24 mai, il est elu a Paris avec pres de 87 000 voix. Il siege avec la droite conservatrice. Pendant les Journees de Juin 1848, il mene des groupes de force gouvernementales a l’assaut des barricades dans la rue Saint-Louis.

Il vote la loi du 9 aout 1848, qui suspend certains journaux republicains en vertu de l’etat de siege. Ses fils fondent le journal L’Evenement qui mene une campagne contre le president du conseil le republicain Cavaignac, et soutiendra la candidature de Louis Napoleon Bonaparte a l’election presidentielle de 1848. Etant contre le principe de l’assemblee legislative unique, il ne vote pas la Constitution de 1848. Au debut de la presidence de Louis Napoleon Bonaparte il frequente le nouveau president. En mai 1849, il est elu a l’ Assemblee legislative.

C’est a l’ete 1849, que progressivement il se detourne de la majorite conservatrice de l’Assemblee legislative dont il desapprouve la politique reactionnaire. En janvier 1850, Victor Hugo combat la loi Falloux reorganisant l’enseignement en faveur de l’Eglise catholique, en mai il combat la loi qui restreint le suffrage universel et en juillet il intervient contre la loi Rouher qui limite la liberte de la presse. En juillet 1851 il prend position contre la loi qui propose la revision de la constitution afin de permettre la reelection de Louis Napoleon Bonaparte.

En juin 1851, au palais de Justice de Paris il defend son fils qui est poursuivi pour avoir publie un article contre la peine de mort dans son journal l’Evenement. Au soir du coup d’Etat du 2 decembre 1851 avec une soixantaine de representants il redige un appel a la resistance armee. Poursuivi, il parvient a passer en Belgique le 14 decembre. C’est le debut d’un long exil. Reformiste, il souhaite changer la societe. S’il justifie l’enrichissement, il denonce violemment le systeme d’inegalite sociale. Il est contre les riches qui capitalisent leurs gains sans les reinjecter dans la production.

L’elite bourgeoise ne le lui pardonnera pas. De meme, il s’oppose a la violence si celle-ci s’exerce contre un pouvoir democratique mais il la justifie (conformement d’ailleurs a la declaration des droits de l’homme) contre un pouvoir illegitime. C’est ainsi qu’en 1851, il lance un appel aux armes [15] — « Charger son fusil et se tenir pret » — qui n’est pas entendu. Il maintient cette position jusqu’en 1870. Quand eclate la guerre franco-allemande, Hugo la condamne : guerre de « caprice » [16] et non de liberte. Puis, ‘Empire est renverse et la guerre continue, contre la Republique ; le plaidoyer de Hugo en faveur de la fraternisation reste sans reponse. Alors, le 17 septembre, le patriote prend le pas sur le pacifiste : il publie cette fois un appel a la levee en masse et a la resistance. Les elections du 8 fevrier 1871 portent au pouvoir les monarchistes partisans de la paix avec Bismarck! Le peuple de Paris, quant a lui, refuse la defaite et la Commune commence le 18 mars ; l’on s’arrache les Chatiments. La Commune En accord avec lui-meme, Hugo ne pouvait etre communard : Ce que represente la Commune est immense, elle pourrait faire de grandes choses, elle n’en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des choses odieuses, c’est lamentable. Entendons-nous, je suis un homme de revolution. J’accepte donc les grandes necessites, a une seule condition : c’est qu’elles soient la confirmation des principes et non leur ebranlement. Toute ma pensee oscille entre ces deux poles : « civilisation-revolution ». La construction d’une societe egalitaire ne saurait decouler que d’une recomposition de la societe liberale elle-meme. [17] Il ne soutient pas non plus la reaction de Adolphe Thiers. Ainsi, Victor Hugo defend la grace du jeune officier protestant devenu Ministre de la guerre de la Commune Louis-Nathaniel Rossel face a Adolphe Thiers. Un jeune homme qu’il estime et juge different des autres communards. Devant la repression qui s’abat sur les communards, le poete dit son degout : « Des bandits ont tue 64 otages. On replique en tuant 6 000 prisonniers ! »[18] Combats sociaux Victor Hugo a pris des positions sociales tres tranchees, et tres en avance sur son epoque.

Son chef d’? uvre, Les Miserables est un hymne a la misere et aux plus demunis. La question sociale Denoncant jusqu’a la fin la segregation sociale, Hugo declare lors de la derniere reunion publique qu’il preside : « La question sociale reste. Elle est terrible, mais elle est simple, c’est la question de ceux qui ont et de ceux qui n’ont pas ! ». Il s’agissait precisement de recolter des fonds pour permettre a 126 delegues ouvriers de se rendre au premier Congres socialiste de France, a Marseille. La peine de mort Hugo est un farouche abolitionniste.

Dans son enfance, il a assiste a des executions capitales et toute sa vie, il luttera contre. Le dernier jour d’un condamne (1829) et Claude Gueux (1834), deux romans de jeunesse, soulignent a la fois la cruaute, l’injustice et l’inefficacite du chatiment supreme. Mais la litterature ne suffit pas, Hugo le sait. Chambre des Pairs, Assemblee, Senat : Victor Hugo saisira toutes les tribunes pour defendre l’abolition : « La peine de mort est le signe special et eternel de la barbarie. » (discours du 15 septembre 1848 devant l’Assemblee nationale constituante)