Tristesse blanche – etude

Tristesse blanche – etude

Ustav romanskych jazyku a literatur Filozoficka fakulta Masarykova univerzita OLGA VALASKOVA 262042, Francouzsky jazyk a literatura, II. rocnik, KS Seminarni prace z literatury IV Analyse du poeme d‘Emile Nelligan : Tristestesse blanche Bruntal, 2009 Bily smutek[1] Tristesse blanche A nase srdce jsou hluboka a prazdna jak propast, Et nos c? urs sont profonds et vides comme un gouffre, Draha ma, odejdeme, ty mas strast a ja mam strast. Ma chere, allons-nous-en, tu souffres et je souffre. Utecme k zamku nasich Idealu bilych, Fuyons vers le castel de nos Ideals blancs,

Ano, utecme Hmote o ocich uhrancivych. Oui, fuyons la Matiere aux yeux ensorcelants. Na plaze v Thule, na ostrov Lzi, Aux plages de Thule, vers l’ile des Mensonges, Na arse z dvaceti let utecme jako sny. Sur la nef des vingt ans fuyons comme des songes. Je zeme zlata plna ptaku a pisni, Il est un pays d’or plein de lieds et d’oiseaux, Budeme spat na svezich postelich z rakosi. Nous dormirons tous deux aux frais lits des roseaux. Odpocineme si od nasich nestesti, Nous nous reposerons des intimes desastres, V rytmech fletny, kdyz hvezdy tanci.

Dans des rythmes de flute, a la valse des astres. Utecme k zamku nasich Idealu bilych, Fuyons vers le chateau de nos Ideals blancs, Ach! Utecme Hmote o ocich uhrancivych. Oh!

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Fuyons la Matiere aux yeux ensorcelants. Chces umrit, rekni mi? Ty mas strast a ja mam strast, Veux-tu mourir, dis-moi? Tu souffres et je souffre, A nase srdce jsou hluboka a prazdna jak propast. Et nos c? urs sont profonds et vides comme un gouffre. Prohlasuji, ze seminarni praci jsem vypracovala sama. La vie d‘Emile Nelligan Emile Nelligan est ne a Montreal le 24. ecembre 1879. Son pere est un immigrant irlandais „peu sensible a la langue et a la culture canadienne-francaise“[2] et qui parle a son fils qu’en anglais. Sa mere est une canadienne-francaise douee pour la musique et fiere de sa culture et de son patrimoine. Emile rentre au College Sainte-Marie en 1896 et se revele comme un etudiant mediocre et qui ne s’interesse qu’a l’etude est l’ecriture de la poesie. C’est dans ce college ou il redige un devoir dont la copie sera bien plus tard imprimee : C’etait l’automne… et les feuilles tombaient toujours.

La meme annee, alors qu’il a 17 ans, Le Samedi publie son premier poeme Reve fantasque sous son pseudonyme d’Emile Kovar. En espace de trois mois Nelligan publient sous le meme pseudonyme huit autres poemes, puis cinq sonnets, signes Emile Nellighan. Au grand mecontentement de ses parents il quitte l’ecole en 1897, apres seulement un an d’etude. Il reve que de la poesie et veut devenir un poete celebre. Il s’interesse aux romantiques : Millevoye, Lamartine, Musset… Tres tot, il decouvre Verlaine, Baudelaire, Nerval, Rodenbach, Heredia ou encore Leconte de

Lisle. Le 10 fevrier 1897, apres avoir soumis au comite d’admission deux poemes: Berceuse et Le Voyageur, Emile Nelligan est elu membre de l’Ecole litteraire de Montreal, un cercle de jeunes ecrivains et intellectuels qui se reunissent chaque semaine pour discuter des arts. Il y lit ses poemes avec une profonde sensibilite, „ se considerant comme un poete dans la tradition romantique, et qui en a certainement l’apparence physique, avec sa belle et triste apparence a la Byron, ses grands yeux expressifs et son air songeur et distant. “[3]

Les poemes de Nelligan demontrent une sensibilite remarquable au pouvoir des mots et a la melodie de la langue; ils sont empreints de melancolie et de nostalgie. Selon Louis Dantin „C’est la premiere fois au Canada francais qu’une ? uvre poetique suscite une lecture si personnelle, si precise et si riche au plan litteraire, une lecture ou la sympathie et la complicite, le partage de references dominent a ce point. “[4] En meme temps, Nelligan a amene dans la poesie canadienne-francaise la poesie parnasiste et symboliste et il l’a confronte avec une thematique nouvelle. 5] Emile Nelligan a ecrit la plupart de ses poemes entre l’age de 16 ans et 20 ans, c’est-a-dire de 1895 – 1899, des poemes d’une inspiration etrange, morbide, mais geniale, et, comme nous l’avons deja dit, a la fois parnassienne et symboliste. Ce poete sombre a 19 ans „dans l’abime du reve“. En effet, a la demande de son pere en 1899, Nelligan est interne a l’asile Saint-Benoit-Joseph-Labre. Les docteurs diagnostiquent chez lui la degenerescence mentale, une folie polymorphe. Selon eux, Nelligan souffre de demence precoce, une forme de schizophrenie incurable.

Il reste interne pendant 41 ans, jusqu’a sa mort. Son destin tragique d’un poete incompris et meconnu qui passe la plupart de sa vie de genie interne dans une maison de sante comme un « fou » le place dans la Nouvelle France comme l’un des premier d’une longue lignee de poetes maudits. En effet, choisir l’art et la poesie de maniere exclusive, comme le seul metier, « …c’etait a coup sur la mort et la folie. […] Le poete comme le fou devait etre refoule, exile, interne. Les qualifications respectives du poete et du fou graduellement se confondaient.

Lorsque Nelligan ecrivait « je veux etre fou », il disait en meme temps « je veux etre poete » et vice versa. La passion de la litterature etait assimilee a la passion de la folie, la folie de la litterature devenait la litterature de la folie. »[6] Aujourd’hui est Emile Nelligan considere comme le premier grand auteur quebecois. En effet, comme le dit A. B. Garay, ce poete « …incarne, plus qu’aucune autre figure au Quebec, le symptome d’une litterature quebecoise. Le culte qu’on lui voue aujourd’hui montre son importance dans la culture du Canada Francais, il est venu conjurer l’angoisse de perdre une langue par ’avalanche d’une autre que s’imposait a toute vitesse. Grace a cette ecriture tatonnante d’un jeune homme de 17 ans, le Quebec peut se derober au regard de l’autre comme une tentative de rapprochement culturel et intellectuel d’egal a egal. »[7] Mais sa poesie qui depasse les frontieres ne s’interesse pas beaucoup aux sujets nationales[8] ; elle devient un art gratuit, desinteresse et authentique; c’est le reflet vivant de son ame, c’est la force ou reside son triomphe. [9] De meme, les themes de la souffrance et de la mort assument, parmi d’autres, un chemin nouveau de la poesie.

D’ailleurs, la souffrance et la mort sont les themes principaux du poeme Tristesse blanche que nous allons maintenant etudier. L’etude du poeme Tristesse blanche Regardons d? abord ensemble le poeme du point de vue d‘analyse formelle. Le poeme contient sept strophes, chacune de deux vers. Ce sont alors des strophes distiques. Les strophes sont isometriques et contiennent des vers de douze pieds : ceux sont des vers alexandrins. Il s’agit alors de strophe verticale, car elle a plus de vers que de syllabes.

Les rimes sont plates et sont soit riches : gouffre – souffre ; Mensonges – songes ; desastres – des astres, soit suffisantes : blancs – ensorcelants, oiseaux – roseaux. En meme temps on peut voir que le poeme respecte la loi de l’alternance des rimes masculines et feminines : gouffre – souffre (rime feminine) x blancs – ensorcelants (rime masculine) x Mensonges – songes (rime feminine) x oiseaux – roseaux (rime masculine) x desastres – astres (rime feminine) etc. En ce qui concerne l’analyse stylistique, le poete utilise plusieurs figures. Il s’agit souvent de figures d’analogie : les comparaisons « nos c? rs sont profonds et vides comme un gouffre » et « sur la nef des vingt ans fuyons comme des songes » et la personnification : « la Matiere aux yeux ensorcelants » ou « a la valse des astres ». En meme temps nous trouverons dans le poeme plusieurs metaphores : « le castel de nos Ideals blancs », « la nef des vingt ans », ou encore par exemple « la Matiere aux yeux ensorcelants ». Nous pourrons aussi interpreter le vers « Et nos c? urs sont profonds et vides comme un gouffre » comme l’antithese pour « les ideals blancs », le gouffre nous faisant penser au quelque chose d’obscur et tenebreux.

L’apostrophe « Ma chere » nous indique l’allocutaire, c’est-a-dire la personne a laquelle le poete s’adresse. Les verbes comme « allons-nous-en », « fuyons », « dormirons », « mourir » nous montrent le desir profonde du poete de vouloir s’echapper, s’enfuir « la Matiere aux yeux ensorcelants » qui represente une metaphore du monde reel. Il veut aller « vers le castel de nos ideals blancs », « aux plages de Thule, vers l’ile des Mensonges », dans un « pays d’or plein de lieds et d’oiseaux » il veut fuir « comme des songes ». Dans ce ers, la metaphore «  la nef des vingt ans » pourrait representer sa vie. La couleur blanche qui est mentionnee dans le titre du poeme aussi que dans le vers trois « Fuyons vers le castel nos Ideales blancs » peut nous faire penser a la lumiere au fond du tunnel, c’est-a-dire a la vie apres la mort. D’ailleurs, nous retrouverons ce theme de la mort dans le vers treize, ou le poete demande a sa chere : « Veux-tu mourir, dis-moi ? Tu souffres et je souffre ». Nous pouvons sentir dans ce vers le malaise profond du poete, qui est aussi exprime dans le vers premier et dans le vers dernier : « Et nos c? rs sont profonds et vides comme un gouffre ». Mais en meme temps la couleur blanche signifie pure, supreme, innocent… Ainsi, des le premier vers, dans le titre meme et tout le long du poeme Tristesse blanche nous sentons le desespoir, la douleur, la souffrance. En effet, cette « obscurite » de la pensee se met en opposition directe avec de « la luminosite » : avec l’espoir, avec la reverie, avec l’amour. De cette facon, les ideals s’oppose a la matiere, et pour le poete le depassent largement en importance, ils sont « supremes, pures ».

Le poete veut fuir le monde reel et materiel qui le deprime, il veut fuir vers le « monde naturel » de la liberte et de la fantaisie. Dans le poeme, le locuteur parle a « sa chere » avec laquelle il veut fuir vers « l’ile des Mensonges ». Comme nous le savons, l’ile represente quelque chose d’isole, avec les frontieres naturelles qui le separe « du reste du monde ». Selon le dictionnaire, c’est un espace delimite permettant l’isolement et pouvant servir de refuge, aussi qu’un lieu imaginaire, paradisiaque.

En meme temps, le nom d’ile : „Des Mensonges“ represente quelque chose d’irreel et fictif, quelque chose de „mensongere“. Ainsi, le poete cherche par sa poesie une fuite du monde reel qui le fait souffrir, il cherche son refuge dans le reve. Sur cette ile, « aux plages de Thule », dans « un pays d’or plein de lieds et d’oiseaux », il cherche a se reposer « des intimes desastres ». En effet, ce refus du realisme et le gout du reve sont typiques pour les symbolistes. Le symbolisme se developpe pendant la seconde moitie du XIXe siecle en reaction contre les descriptions parnassiennes qui devoilent trop clairement le monde.

Il dessine un ideal poetique celebrant le reve, le mystere et le sens cache des choses. Or il ne s’agit plus pour le poete de decrire le reel, car nommer un objet, c’est l’appauvrir, mais de le suggerer au moyen du symbole qui etablit des correspondances secretes entre le visible et l’invisible. [10] Comme le dit G. -E. Clancier, le poete symboliste transforme son etrangete sociale en solitude victorieuse. De sa blessure et de sa revolte jailli sa colere. La poesie, qui se voit refuser la place dans la vie quotidienne,  decouvre des nouvelles espaces.

Elle les trouve dans l’infini, dans le reve, dans l’irrationalite ou dans l’inconscience ou le poete aspire d’obtenir un lien avec les autres, qui lui est refuse. Pour Nelligan, « meprise par son pere et place en soumission avec sa mere, cette enfance sera marquee par le signe de la frustration et sans doute, c’est a ce moment qu’il exprimera a travers sa poesie. Comme Rimbaud, il exprime que la vie est absente, que l’amour est a reinventer et que la poesie et son arme do combat en meme temps que son seul espoir de changer de vie. …] C’est un poete qui se sent comme en exil, en dehors du lieu ou il voudrait etre, cherchant a faire ce voyage vers l’au-dela, a arriver a l’inconnu ». [11] De meme, le poete symboliste cultive la musicalite pour mieux parler a l’ame et atteindre ainsi la sensibilite du lecteur. Chez Nelligan, la melodie aussi semble avoir une grande importance, comme le prouve les mots tels que « lieds », « des rythmes de flute », « la valse ». Dans cette analyse nous avons parle plusieurs fois de l’allocutaire mentionne dans le vers deux : « Ma chere ».

Il est difficile de dire s’il s’agit vraiment de l’appellation de quelqu’un qui lui est chere – une amie ou par exemple sa mere ou si ceci represente une metaphore de la religion ou peut-etre de la poesie elle-meme, si « chere » a Nelligan. Bibliographie Pouzita literatura : • GARAY Alfonso Buelvas, Emile Nelligan et la litterature Quebecoise • POTELET Helene, Memento de litterature francaise, Hatier, Paris 2004 • SAINT-JACQUES Denis et LEMIRE Maurice, La vie litteraire au Quebec; tome V, Les presses de l’Universite Laval, Paris 2005 Slovnik francouzsky pisicich spisovatelu, Libri, Praha 2005 Internetove zdroje : • http://pcf44azadunifr. blogspot. com/ • http://opusculosdeunperegrino. blogspot. com/2008/06/mile-nelligan-raoul-gmez-jattin-pote. html • http://books. google. fr/books? id=BiXHz8F8N9AC&pg=PA56&dq=Emile+Nelligan+etude&lr=#PPA62,M1 ———————– [1] Preklad Olga Valaskova [2] http://pcf44azadunifr. blogspot. com/ [3] http://pcf44azadunifr. blogspot. com/ [4] Denis Saint-Jacques et Maurice Lemire, La vie litteraire au Quebec; tome V, Les presses de l’Universite Laval, 2005, p. 25???????????????? [5] Slovnik francouzsky pisicich spisovatelu, Libri, Praha 2005, str. 523 [6] Jacques Michon [7] Alfonso Buelvas Garay, Emile Nelligan et la litterature Quebecoise, p. 673 [8] Epoque de Nelligan est celle de la formation du Canada qu’on connait aujourd’hui et du declenchement posterieur d’une deuxieme vague nationaliste. [9] http://opusculosdeunperegrino. blogspot. com/2008/06/mile-nelligan-raoul-gmez-jattin-pote. html [10] Potelet Helene, Memento de litterature francaise, Hatier, Paris 2004 [11] Alfonso Buelvas Garay, Emile Nelligan et la litterature Quebecoise, p. 677 – 679