Traiter et résoudre un cas pratique en management

Traiter et résoudre un cas pratique en management

Traiter et résoudre un cas pratique en management Cécile AYERBE Olivier MEIER Audrey MISSONIER Stratégie 28 GRH p g Marketing Préface de Claude Lo et Thierry Teboul @ Dunod, Paris, 2008 ISBN 978-2-10-053623-8 Sommaire Préface – L’étude de cas : un exercice professionnalisant Introduction décisions réalistes Savoir gérer son temps et la répartition des activités Savoir rendre un travail finalisé 4 Étude de cas : Matis-Fluidy Les objectifs de développement Les opportunités de développement Étape 1 : La prise de connaissance du cas Etape 2 : L’identification de la problématique ?tape 3 : Organiser les tâches et gérer son temps Étape 4 : L’analyse du cas Etape 5 : L’élaboration de solutions Étape 6 : Rédaction et formulation des réponses 5 Entretien avec Charles Croué 91 93 95 97 103 106 108 110 11 115 119 122 125 2 28 plus TRAITER ET RÉSOUDRE UN CAS PRATIQUE… dans ces conditions pour un recruteur de faire la part des choses entre le déclaratif et le réel quand il a affaire à un candidat à peine sorti de son école de commerce ou de management. Bien sûr, il y a le diplôme. Ce dernier garantit l’acquisition de qualités techniques, souvent éprouvées lors de

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tages ou de périodes d’alternance. Pourtant ce dont a besoin le recruteur, c’est d’éléments tangibles lui permettant d’évaluer l’ensemble des compétences évoquées précédemment et la façon dont le candidat les mobilise dans un contexte donné.

Pour ce faire, il a alors recours à différents outils : il peut s’agir de batteries de tests, de logique ou de personnalité auxquels d’ailleurs le candidat peu s’être préparé : il peut s’agir aussi de mise en situation lors d’un entretien. Là encore, la façon dont se sera préparé le candidat fera au moins autant la différence que les compétences supposées u candidat. Certains recruteurs enfin auront recours à des évaluations in situ. Cest une pratique particulièrement répandue pour les postes de top manager, comme elle l’est encore pour les jeunes artisans dont on mesure le « beau geste » l’outil à la main. Là aussi, nous rétorquera-t-on, tout est affaire de préparation et d’entraînement. Sans doute. Mais ? la différence des deux aut ‘évaluation 3 28 l’objet d’une attention particulière. @ Dunod.

La photocopie non autorisée est un délit Comme le rappellent les auteurs de cet ouvrage dans l’introduction, les études de cas sont nées ans le monde anglo-saxon, dans la prestigieuse Harvard exactement. La chose ne doit pas nous surprendre : que ce type de pratique pédagogique naisse dans un pays qui affirme la préséance des savoir-faire sur les savoirs est somme toute assez logique. Comme il est logique qu’une école professionnalisante comme peut l’être l’ICD soit aussi des lieux d’implantation de ce type de méthode. On aurait tort toutefois de sous-estimer les risques associés à une utilisation mal maîtrisée de la méthode des cas. Pour notre part, nous identifierons au moins trois conditions qui président à une erformance significative de cette approche pédagogique.

La première concerne l’effet d’apprentissage nécessaire à la maîtrise de ces méthodes. Pour obtenir des résultats probants, il faut multiplier les expositions de l’étudiant à ces résolutions de cas. Et les études en sciences de l’éducation rappellent ? 3 souhait que la valeur formatrice de cet exercice augmente avec le nombre d’expériences vécues en la matière. Seule la répétition des participations actives à ce type de séance portera ses fruits. La deuxième condition renvoie, elle, à la réalité des situations soumises à l’étudiant. Trop souvent, il a été proposé aux apprenants des constructions de problématiques fictive reprises 4 28 banques de cas aujourd’hui relatent des situations réelles.

C’est bien d’ailleurs dans cet esprit qu’avait été élaborée cette méthode à l’université d’Harvard. Et on comprend pourquoi : la richesse de l’expérience pédagogique en dépend. Quel confort en effet pour l’animateur du jeu que de fonder ses arbitrages sur des événements réels, qui ont effectivement affecté la vie de l’entreprise. De l’animateur, il en est justement question dans la troisième condition au bon usage de la éthode en question. La réussite pédagogique d’un cas passe avant tout par la mise en œuvre de qualités d’un genre différent de celle qu’il faut pour enseigner. Bien sûr, Panimateur doit être resté un pédagogue. En amont, il aura à expliquer le contexte du cas et la méthodologie attendue.

En aval du travail d’équipe, il aura également à faire émerger les acquis fondamentaux qui traversent la problématique. Et entre les deux ? Entre les deux, il Préface aura dû arbitrer, susciter et canaliser les prises de position des uns et des autres. pas facile encore une fois de rassembler toutes ces compétences. Elles sont pourtant nécessaires au bon déroulement du cas, nous avons pu le vérifier à maintes reprises. À récole comme en entreprise, jamais une situation ne se reproduit à Pidentique. Pourtant, la professionnalisation de nos étudiants l’exposition répétée à ce S 28 asse par Avec le d’improvisation. À ce stade-là, nous aurons rempli, nous membres de communauté éducative, notre mission.

Claude LOMBARD Directrice de FICD Thierry TEBOUL Directeur de la Recherche cara/lCD a méthode des cas repose sur l’utilisation de situations réelles dans le domaine des affaires – ppelées cas – à des fins pédagogiques. L’utilisation d’études de cas constitue un élément clé de la plupart des dispositifs de formations au management et à la gestion des entreprises. Aussi bien en formations initiales qu’en formations en alternance ou continues, la méthode des cas est plébiscitée par les enseignants, tout autant que par les étudiants et autres participants. Cette approche pédagogique permet, en effet, de contextualiser les enjeux de gestion et de management étudiés ainsi que d’appliquer les principes et les méthodes dispensés par la théorie. Elle autorise en outre des mises en ituation vivantes favorisant l’échange et l’apprentissage.

La méthode des cas permet enfin d’évaluer des aspects comportementaux chez l’apprenant ; elle facilite l’évaluation du processus qui amène à la prise de décision. Dans les formations en gestion, cette approche pédagogique vise par conséquent un apprentissage des réalités or anisationnelles et l’acquisition des capacités vnthèse et S 128 un cas pratique. Le premier chapitre présente les attentes des enseignants et des étudiants qui futilisent. Le deuxième chapitre la définit et propose une méthodologie de résolution d’un cas. Le troisième chapitre met l’accent sur les compétences et aptitudes développées par cette approche. Le quatrième chapitre fournit une illustration en proposant un cas résolu selon la grille présentée dans le second chapitre.

Le cinquième chapitre, enfin, propose un entretien de Charles Croué, dont l’expertise en la matière nous permet de mieux rendre compte des enjeux actuels de cette méthode dans les pratiques d’enseignement. 8 LA MÉTHODE DES CAS : LES ATTENTES DES ENSEIGNANTS ET ÉTUDIANTS c e chapitre s’articule autour de deux parties . – la première partie se place essentiellement du ôté des enseignants. Nous proposons d’étudier les raisons qui les incitent à recourir à la méthode des cas et leurs attentes ; – la deuxième partie s’intéresse plus particulièrement aux utilisateurs : les étudiants. Nous identifions, à l’issue d’une enquête, les principales difficultés auxquelles ils sont confrontés lors de la résolution d’une étude de cas. QUELLES SONT LES ATTENTES DU CORRECTEUR ? 8 qualitatifs semi-directifs ont été conduits sur une période de quatre mois, auprès de 23 professeurs de l’enseignement supérieur et de l’enseignement secondaire 1 Les entretiens ont eu une durée moyenne d’une heure trente. Chaque entretien a débuté par une première et principale question : « Pourquoi soumettez-vous un cas pédagogique aux étudiants ? » ou en d’autres termes, « Quelles sont vos attentes lorsque vous placez vos étudiants en situation de résolution d’un cas ? » À la suite de quoi, des questions plus précises ont été posées afin de guider l’interviewé : 1. Nous ne pouvons citer tous les enseignants ici, mais nous les remercions très sincèrement pour leur participation à cette enquête. Nous tenons à remercier plus particulièrement

Messieurs Jean-Charles BAGNERIS, Professeur de Finance à Sup de Co. Montpellier, Jean-Marc FROIN, Professeur du secondaire en Économie et Patrick TOPSACALIAN, Professeur en Finance Sup de Co. Montpellier pour leurs précieux conseils. 10 La méthode des cas : les attentes des enseignants et étudiants • Comment construisez-vous un cas ? Comment le cas est-il structuré ? • Quelles sont vos sources de données ? • Comment définissez-vous un cas « difficile » ? • Comment définissez-vous un « bon cas » ? • Quelles sont les compétences et les connaissances requises pour résoudre des cas ? ?? Dans quelles conditions les étudiants résolvent-ils le cas ?

Quelles sont, selon vous les meilleures conditions pour la résoluti 8 28 difficultés rencontrées par les étudiants pour résoudre le cas ? • Comment établissez-vous la grille de correction du cas ? C Dunod. La photocopie non autorisée est un délit Résultats de l’enquête Les résultats de l’enquête sont présentés et articulés autour de 8 thèmes abordés par l’ensemble des enseignants interviewés : – la problématique du cas ; – les attentes des enseignants, le rôle de Pétude de – le cas dit « difficile » – le « mauvais » cas , la construction du cas , RATER ET RÉSOUDRE UN CAS PRATIQUE.. – la résolution et l’animation du cas ; – la notation – les difficultés identifiées par les professeurs.

La problématique du cas Généralement, la problématique du cas repose sur – l’appréciation d’une décision qui a été prise ; – l’analyse d’un problème et la proposition de quelques solutions ; – l’analyse d’une situation et détermination de la nature du problème qu’elle comporte Le choix de la problématique dépend le plus souvent du niveau des étudiants ou candidats auxquels le cas est soumis. En fonction du niveau d’étude, la problématique ins À la différence, pour les niveaux d’étude compris entre Bac +4 et Bac +5, les étudiants sont 12 beaucoup plus livrés à eux-mêmes comme nous l’explique le même enseignant en finance : « Par exemple, en Master, les étudiants n’ont plus besoin d’être pris par la main ! Le cas est clairement moins balisé, parfois, je ne pose même pas la question ! ? Les attentes des enseignants : le rôle de la méthode des cas e point abordé ici consiste à répondre à la question Pourquoi les professeurs soumettent-ils aux étudiants une étude de cas ? La méthode des cas répond à une exigence ssentielle qui se pose à tous les enseignants : la nécessité de mettre les étudiants en situation réelle. Ainsi, le cas pédagogique vise à placer les étudiants « dans la peau du gestionnaire ou du dirigeant d’entreprise Il a ainsi pour vocation à assurer la constance du lien avec la réalité. Toutefois, l’intérêt du cas pour les enseignants ne s’arrête pas là. Il ne s’agit pas seulement de structurer, de commenter, de mettre à jour et de formaliser les décisions d’un chef d’entreprise ou d’un manager. S’en tenir à ces seuls affectifs réduirait le cas pédaeoeique à un simple 28