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‘homme face à la mort. Il/ Le bouddhisme. Pour les bouddhistes, la mort ne s’oppose pas à la vie mais se définit comme un processus inverse de celui de la naissance. Cette conception, caractéristique d’une vision spirituelle de l’existence, s’ancre profondément dans une réflexion sur la condition humaine et la possibilité de s’affranchir de la souffrance. Dans le bouddhisme, en effet, tout effort de compréhension et d’explication philosophique a une visée sotériologiquel et débouche sur une pratique spirituelle libératrice.

La mort a séparation douloure en bref comme une est notre lot. Or, le b l’enseignement d’un OF p g omme une bre voir une injustice, e la souffrance qul périence et de ha, dont la quête était essentiellement motivée par la compréhension du processus de la souffrance et la possibilité de s’en délivrer définitivement. La mort occupe donc une place centrale dans les préoccupations de tout bouddhiste. 1 science théologique traitant du salut de l’humanité, de sa rédemption Grand Bouddha de Kamakura. A/ L’impermanence.

La mort est une rupture, avons-nous dit. Rupture qui nous renvoie immédiatement au terme antinomique « continuité ». La mort est d’autant plus ressentie comme une rupture tragique, ruelle et inique2 que nous avons l’espoir ou le sentiment de la continuité,

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de la prolongation de I la vie, bref de la permanence. Pourtant, à bien y regarder, la « permanence » n’est guère une caractéristique de l’existence elle n’est qu’une impression trompeuse liée à une tentative toujours renouvelée d’éviter la souffrance du changement.

Cest précisément le changement qui est omniprésent, tant en nous que dans tout ce qui nous entoure : notre corps change chaque jour, nos sentiments et nos humeurs varient à chaque instant tandis qu’à l’extérieur les saisons passent, le temps hange, les enfants grandissent, les adultes vieillissent, les uns naissent tandis que d’autres meurent. La vie est un foisonnement d’événements transitoires, un bouillonnement d’impermanence.

Et même ce qui nous semble le plus stable, la pierre, la montagne, la terre, le soleil, tout ce qui compose l’univers, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, tout est sujet au changement et ? l’impermanence. 2 qui n’est pas juste, pas égal ; qui manque d’équité; Qui est injuste en parlant des personnes Parmi les trois types de souffrance, identifiés par le Bouddha dans son enseignement des Quatre Nobles Vérités, figure la ouffrance du changement. Or, il y a précisément souffrance parce qu’il y a refus ou négation de l’évidence de l’impermanence.

Tout se passe comme si nous ne voulions pas voir cette partie de l’existence. Si elle nous angoisse tant, n’est-ce pas parce qu’elle remet en cause ce que nous croyons être le fondement de notre vie ? Nos buts immédiats et matériels ? Mais aussi notre sécurité, notre bonheur, notre pouvoir et notre dési 20F 14 buts immédiats et matériels ? Mais aussi notre sécurité, notre bonheur, notre pouvoir et notre désir d’éternité ? Tout être humain recherche au fond de lui-même le bonheur. C’est indéniable.

La question est : s’y prend-il comme il faut ? La réponse du bouddhisme est non. Ce n’est pas en refusant la réalité ni en se lançant éperdument dans la conquête du monde matériel que l’homme échappera à la brièveté de sa destinée. Cette attitude orgueilleuse est au contraire génératrice de souffrance et non de bonheur : ce désir immédiat de sécurité et de permanence n’est que le reflet d’un souci égotique3 de bonheur personnel et, paradoxalement, il est le fruit d’une vue matérialiste à très court terme.

Dans celle-ci, ni le bonheur dautrui ni le souci d’un avenir spirituel ne semblent présents. our le bouddhisme, c’est l’ignorance fondamentale de notre vraie nature qui est à l’origine de cette vision illusoire génératrice de tourments sans fin. Pour vaincre cette ignorance, l’acceptation de l’impermanence est une première étape 3 sentiment exagéré de sa personnalité, et, en particulier, manie de parler de soi, culte du moi B/ Des existences conditionnées. Pourquoi les choses sont-elles ainsi ?

Tous les phénomènes et donc les êtres de ce monde sont « composés », c’est-à-dire constitués par la réunion temporaire de divers éléments en relation causale : tout phénomène composé naît de causes, sert e cause au phénomène suivant et se détruit en lui donnant naissance. Il y a donc succession de naissances et de morts. L’être hu 30F 14 se détruit en lui donnant naissance. II y a donc succession de naissances et de morts. L’être humain n’échappe pas à la règle le nouvel individu est conçu lors de la fusion du spermatozoïde et de l’ovule.

Composé des éléments matériels du corps, de sensations, de perceptions, de programmations inconscientes et d’une conscience immatérielle, il naît, grandit, mûrit, vieillit et meurt. A sa mort, il y a désagrégation du « composé » et ses éléments se combinent à d’autres phénomènes. II ne saurait en être autrement. La causalité domine le monde et Implique le changement constant de tous les phénomènes : à bien y regarder, pas une seule chose ne demeure tel quel plus d’un instant.

Mais qu’en est-il de la conscience ? Immatérielle, constituée dune succession d’impulsions instantanées et subtiles, elle poursuit sa route vers de nouvelles combinaisons, de nouvelles vies. Le fil conducteur entre les vies est donc le flux de la conscience. Et le moteur qui la pousse à s’unir à un nouveau corps est encore une fois la causalité. Mais cette fois- ci, la causalité en question dépend de la nature des actes de ‘individu. E Ile est donc chargée d’une valeur morale, le karma4.

Notre conscience individuelle est à l’origine de nos actes : elle commande nos paroles et notre corps. Mais elle est elle-même sous l’influence des émotions qui la traversent. Le plus souvent, nous nous identifions à l’émotion sans réfléchir : la colère monte et nous « sommes » colère, le désir nous envahit, etc. Ces impulsions émotives nous poussent à agir physi 4 4 « sommes » colère, le désir nous envahit, etc. Ces Impulsions émotives nous poussent à agir physiquement ou verbalement.

L’ennui, ce sont les dégâts possibles de telles actions sur autrui. Colère, désir, indifférence, orgueil, jalousie sont autant de passions égoïstes créatrices de souffrances pour soi-même et les autres. A l’inverse, la bonté, la générosité, la tendresse sont source de bonheur. 4 « acte » Non seulement nos actes causent bonheur et souffrance, mais selon le bouddhisme, il y a aussi mémorisation de chacun d’eux au plus profond de notre esprit : toute action crée une impulsion, une trace « karmique » inconsciente qui s’imprime en nous.

C’est une force conditionneuse qui influera notre avenir, en bien ou en mal selon la tonalité de l’acte initial. Comme nous gissons en permanence sous l’emprise de nos pensées et de nos émotions, innombrables sont ces traces en nous. La répétition des mêmes actes crée une force d’habitude, des tendances à agir de la même manière : la colère répétée peut susciter une haine tenace, cultiver des sentiments altruistes développe amour et compassion. Le devenir de notre conscience dépend ainsi de nos comportements passés et présents.

De plus, quand mûrissent les traces, les circonstances de notre vie deviennent telles que nous récoltons les fruits amers ou doux de nos actes passés. Tel est donc le karma. A la mort, la conscience subtile est encore chargée d’une multitude de traces karmiques : c’est cette force qui la projette vers l’existence suivante, laquelle sera bien-sûr tei 4 karmiques : c’est cette force qui la projette vers l’existence suivante, laquelle sera bien-sûr teintée par la qualité de nos actes passées. Ce phénomène est appelé « ‘transmigration de vies en vies » ou samsâra.

C’est à proprement parler une errance douloureuse créée par notre aveuglement. Si la mort et l’après-mort dépendent de la qualité de nos actes antérieurs, il est captal d’acquérir de bonnes habitudes et de aîtriser, si possible, notre esprit et nos actes durant cette vie-ci. Ainsi raisonnent les bouddhistes, qui considèrent cette existence comme une préparation. Selon le Bouddha, la cause de la souffrance est l’ignorance de notre véritable nature. Ne sachant pas qui nous sommes, nous nous identifions à notre sentiment du « moi », lequel, pour survivre, manifeste diverses émotions.

Ces émotions nous poussent à agir égoÉtement et donc à créer du karma, le germe de notre souffrance à venir. Sachant cela, le pratiquant s’efforce de s’abstenir d’actes nuisibles par la discipline de l’éthique. Il apprend à mieux se connaître en se tournant vers l’intérieur pour observer et maîtriser son esprit dans la pratique de la méditation. Pratique de la méditation. Enfin, il étudie les enseignements du Bouddha, y réfléchit et les applique dans sa pratique, développant ainsi la sagesse.

II peut espérer ainsi mener une bonne vie et donc avoir une bonne mort garante dune meilleure renaissance. Selon la vie que le bouddhiste a eu, il pourra atteindre l’Éveil, qui est la dissipation de tous les conditionnements, l’apaisement 6 4 il pourra atteindre l’Éveil, qui est la dissipation de tous les onditionnements, l’apaisement de toutes les émotions perturbatrices et l’épanouissement de toutes les qualités de notre être véritable. Tel est l’enjeu de cette vie, la mort étant le fidèle miroir de ce qu’aura été notre existence.

Le moment de la mort est crucial : en lui se récapitule la totalité de la vie qui vient d’être vécue. D’où l’importance de régler litiges, dettes, rancœurs et conflits avant le dernier instant et d’aborder en paix et sans regret le grand passage. C/ Le processus de la mort selon le bouddhisme tibétain. Le moment de la mort est une rupture dans l’apparente continuité de la conscience. Mais elle n’est pas la seule : l’entrée dans le sommeil et dans les états altérés de conscience, l’évanouissement, les états de choc sont aussi des ruptures par rapport à la conscience de veille.

Un nouvel état mental émerge, qui se prolonge Jusqu’à la rupture suivante, et ainsi de suite. L’état de conscience qui se déroule entre deux ruptures est appelé bardo, « état intermédiaire » (sk. antarabhâva). ous les courants bouddhistes n’acceptent pas cette notion de bardo mais, selon le Vajrayâna, on dénote l’existence de six bardo majeurs : trois appartiennent à la vie et trois à la mort. Entre le moment de la conception et le début du processus de mort se déroule le bardo naturel de la vie.

S’y trouvent inclus le bardo du sommeil que nous expérimentons chaque nuit et le bardo de la méditation qui n’arrive qu’aux méditants quand ils s’absorbent da chaque nuit et le bardo de la méditation qui n’arrive qu’aux méditants quand ils s’absorbent dans la sagesse. Entre le début du processus de la mort et la fin réelle de la vie se déroule le bardo du moment de la mort. Il est suivit du bardo de la réalité puis du bardo du devenir qui dure jusqu’à la conception de la vie suivante.

Tous les moments de rupture entre deux bardo successifs présentent des points communs. Le sommeil, à ce titre, présente de grandes analogies avec la mort : les processus y sont semblables, quoique réversibles et partiels. Aussi les yogis se préparent-ils à la mort en pratiquant les yogas du sommeil. A l’inverse de la conception, où s’unissent graduellement les éléments psychophysiques du futur être, la mort est une dissolution progressive de ces mêmes éléments dans l’ordre inverse.

Une première dissolution, dite « grossière » concerne les aspects physiques de l’individu : l’élément terre se dissout le corps s’immobilise), puis l’eau (arrêt de la circulation), le feu (refroidissement) et enfin l’air (cessation de la respiration) : pour la médecine occidentale, la fin de la respiration et l’arrêt du cœur, immédiatement suivis de la mort du cerveau, constituent le moment de la mort clinique. Pourtant, selon le bouddhisme, le processus n’est pas achevé.

La conscience va être le siège de « dissolutions subtiles » : les émotions vont se dissiper tandis que l’essence subtile issue du père et celle issue de la mère se réunissent au cour pour sy dissoudre, libérant l’esprit de la gangue des tendances h B4 la mère se réunissent au cour pour s’y dissoudre, libérant l’esprit de la gangue des tendances habituelles. Se manifeste alors la claire lumière, l’esprit pur dans sa nudité, vide et lumineux. Cet instant crucial est mis à profit par les yogis qui y reconnaissent leur nature éveillée et sy fondent, se libérant ainsi définitivement des renaissances.

Les autres s’évanouissent et se réveillent bientôt dans les bardos suivants. Après un bref passage du bardo de la réalité, qui n’est profitable qu’à certains yogis confirmés, la plupart des défunts reprennent conscience dans le bardo du evenir, semblable à un rêve, où, séparés du cadavre, dotés d’un corps subtil et poursuivis par les images hallucinantes suscitées par leurs habitudes karmiques passées, ils vont endurer de nombreux tourments et chercher refuge dans une nouvelle matrice et renaître.

Entre la mort et la renaissance, quarante-neuf jours au plus se déroulent, dit-on, mais la durée de ces jours est incertaine et varierait selon chacun. D/ Les pratiques spirituelles du moment de la mort. Il n’est généralement pas souhaitable de cacher à un pratiquant bouddhiste qu’il va mourir. Le moment précédant la mort est n effet pour lui d’une importance cap tale s’il a le bonheur de demeurer conscient. En dehors des prières invoquant l’aide des Bouddhas et des pratiques de purification, la pratique spécifique pour le moment de la mort est appelée p’owa ou « transfert de conscience ».

Cette pratique spéciale, très populaire au Tibet, consiste à s’entraîner de son vivant à pro consiste à s’entraîner de son vivant à projeter sa conscience dans le cœur d’un Bouddha, visualisé à cet effet au-dessus de sa tête. La conscience, visualisée comme une petite sphère lumineuse au niveau du cœur, s’élève dans le canal central jusqu’au sommet du râne, d’où on la projette vers le haut à l’aide de sons spéciaux.

Le Bouddha auquel on unifie la conscience est celui que l’on pratique habituellement ou bien, d’une manière plus générale, le Bouddha Amitabha, « Lumière Infinie », qui a fait des vœux spéciaux pour venir en aide aux êtres qui se tournent vers lui avec foi au moment de mourir. Lors de l’entraînement, on fait de nombreuses fois monter et descendre la conscience, jusqu’à ce que des signes d’accomplissement apparaissent. Ces signes sont des démangeaisons, un ramollissement au sommet de la tête, parfois une boursouflure de la fontanelle, que l’on peut percer à l’aide un brin d’herbe kousha, une herbe sacrée de l’Inde.

Ces signes indiquent qu’à la mort, il sera facile de transférer sa conscience dans une Terre Pure de Bouddha telle que celle d’Amitabha. Un très grand pratiquant cherchera sans doute à demeurer seul pour se préparer à la mort. Ayant la parfaite maîtrise de son esprit, il nia pas de « transfert » à effectuer mais s’absorbera simplement dans la claire lumière à son dernier soupir. Sil est moins sûr de lui, après avoir réglé ses affaires matérielles et rassuré ses proches, il souhaitera certainement avoir auprès de luis 0 4