Toxicomanie

Toxicomanie

Colloque International : « Violences et maltraitance des enfants » 8 et 9 mai 2010- ISTS Ben Aknoun- Alger. L’enfant : violence et/ou education. Approche anthropologique et historique. – Zidan Naima, CC,sociologie, Universite de Mascara – B. Sellak, Professeur de Sociologie de l’Education Universite d’Oran Es-Senia. – Introduction : Les violences contre les enfants constituent, tout au long de l’histoire, une realite recurrente, voire constante, toleree, admise, parfois recommandee.

Il est toutefois surprenant de constater un certain parallelisme entre les punitions corporelles infligees aux enfants dans les familles et celles employees dans les ecoles, sous toutes les latitudes, depuis des siecles. Les documents consultes, malgre leur disparite, n’abordent souvent le sujet que de maniere indirecte ou par allusions relatives a l’autorite parentale et a son exercice.

Les Textes referentiels -religieux surtout- n’abordent pas la facon dont se reglent reellement les conflits entre parents et enfants au sein des familles, mais abondent en injonctions morales, en prescriptions a caractere educatif – souvent repressives a l’egard des enfants -, dictees par la religion ou selon les us et coutumes. La plupart des remarques relatives aux punitions corporelles sont fournies, neanmoins, par des auteurs (hommes de lettres, historiens, philosophes, theologiens, chroniqueurs) qui, sciemment ou non, ont brise un tabou assez general

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(les sevices infliges aux enfants), dont, du reste, ’accommodait, la plupart des civilisations, a travers les ages. Traditionnellement, les societes reconnaissaient aux pere et mere le droit d’imposer des chatiments corporels a leur enfant mineur. Ce pouvoir, appele actuellement « droit de correction » a, de tout temps, existe. Il pouvait meme etre exerce par delegation, par des personnes proches ou ayant une autorite sur l’enfant : educateur, enseignant, voire esclave charge de veiller sur l’enfant.

Les chatiments corporels infliges aux enfants etaient des pratiques courantes dans les familles et etaient considerees comme un reel moyen d’education, comme il est possible de l’observer a travers quelques etapes historiques que nous evoquerons[1]. Dans l’antiquite : L’Ancien Testament : Le Texte le plus explicite en la matiere, est la Bible. Dans l’Ancien Testament, on peut relever beaucoup d’indications relatives a la facon dont on conseillait aux parents, et aux adultes, de traiter les enfants, citons: – « lorsqu’un homme a un fils rebelle et revolte, qui n’ecoute pas ses parents…il doit l’amener aux portes de la ville… ou il sera lapide a mort… » (Deuteronome). [2] *- « Qui epargne le baton n’aime pas son fils,mais qui l’aime se hate de le chatier»(proverbe) *- « celui qui aime son fils lui donne souvent le fouet afin de pouvoir trouver sa joie en lui ». *- « meurtris ses reins tant qu’il est enfant, sinon, devenu retif, il ne t’obeira plus ».

Le Nouveau Testament quant a lui, est moins directif, il semble meme aller a contre-courant lorsqu’il parle de Jesus, non violent, qui formule un autre avis sur les enfants : « laissez venir a moi les petits enfants », puis plus loin, il dit « si vous ne retournez a l’etat des enfants, vous ne pourrez entrer dans le Royaume des Cieux »… St-Paul, a son tour, ne formule pas de directives menacantes, mais plutot : « Enfants obeissez en tout a vos parents. Parents, n’exasperez pas vos enfants de peur qu’ils ne se decouragent ».

Epoque grecque : Les textes litteraires ou historiques de la periode hellenistique, romaine, chretienne, insistent beaucoup plus sur le role du pere, sur son autorite. Le pere de famille apparait comme le veritable patriarche soucieux de dominer totalement ses enfants, son epouse et ses serviteurs. En ce qui concerne l’enfant, il est mentionne qu’il pouvait etre « maudit » pour ses fautes, abandonne, exclus, depossede de tout… Par sa mise au ban de la societe, sa famille pouvait se regenerer.

Il pouvait lui-meme se regenerer[3] par un sacrifice (tel ? dipe se crevant un ? il : l’? dipe, symboliserait la culpabilite enfantine, quoique la faute initiale ne lui incombe pas). Cependant la mise a mort de l’enfant etait consideree comme un « sacrilege ». Les pratiques pedagogiques, utilisaient systematiquement les punitions corporelles, aussi bien dans les ecoles d’Athenes qu’a Sparte, ou l’enfant etait eleve dans la rudesse et dans la violence. Il etait puni par ses parents, par ses educateurs et meme par ses paires.

Epoque romaine : Le pater familias pouvait appliquer des peines, des souffrances voire la mort a son enfant, sans avoir a se justifier. Il pouvait tout aussi bien  le flageller (verges), l’emprisonner, l’accabler de travaux forces, voire le vendre comme esclave[4]. L’enfant selon les idees de l’epoque, etait expose a « la coercition, aux chatiments corporels ». Pour les anciens romains, le souvenir de l’ecole est associe a celui des coups : « tendre la main a la ferule » (manum ferulae subducere) equivaut a etudier [5].

En cas de fautes graves l’enfant etait soumis a des supplices plus importants : le coupable etait porte sur les epaules d’un camarade et « fustige de main de maitre ». Ainsi, l’Empereur Claude garde-t-il une haine tenace pour son pedagogue qui avait, selon lui, abuse du fouet. Le precepteur de Neron, Seneque, affirmait que : « par la souffrance physique nous corrigeons les caracteres depraves. C’est ? uvre de raison et la colere n’y est pas necessaire…au pere seulement revient le droit de tuer ».

Certains,(Ausone) allerent jusqu’a encourager leurs petits enfants a « supporter les terribles epreuves subies a l’ecole »[6]. Ce n’est qu’a l’epoque de Rome chretienne que ces m? urs furent quelque peu adoucies : « La sensibilite antique commence a s’emouvoir »[7]. A la fin du premier siecle les theologiens de l’Education commencerent a remettre en doute l’efficacite des methodes pedagogiques brutales et « comptent davantage sur l’emulation, la recompense, les jouets, les petits gateaux en forme de lettres –pour inciter les enfants a les apprendre »[8]. Il est interessant de onstater que ces attitudes, nouvelles, souleverent l’indignation des moralistes austeres et severes qui crierent : « Nunc pueri in scholis ludunt » (- maintenant les enfants vont a l’ecole pour jouer – dit le satirique Petrone, au temps de Neron) [9] Au IV°siecle, St Augustin va s’appuyer sur les regles de l’Ancien Testament afin de legitimer les chatiments corporels. Il n’hesite pas a affirmer, meme a soixante douze ans, qu’il n’a jamais oublie les souffrances de ses annees d’ecole… et proclamait : « qui ne reculerait d’horreur et ne choisirait la mort si on lui demandait de redevenir enfant… ». 10] Sous le Moyen age : Empire Bysantin : Le pere de famille pouvait legitimement punir ses enfants, sa femme et ses employes, voire les vendre, les louer. Le fils insubordonne recevait des coups de fouet ou etait enferme dans un cachot, ou etre marque par une cicatrice sur la tete  (mauvais fils). Chez les Germains : « rien ne doit limiter l’autorite du pere sur sa progeniture ». Chez les Francs:le pere n’est autorise qu’a faire emprisonner ses enfants fautifs. A la maison, « pas de bonne education sans coups…des corrections pas furieuses mais frequentes… ». 11] A l’apparition de l’ISLAM Le Texte de reference : LE CORAN, n’evoque pratiquement pas la brutalite envers les enfants. Bien au contraire, il s’oppose au droit de vie et de mort sur les enfants, qu’avait le « pater familias » dans l’Empire romain, et aux anciennes pratiques infanticides des peuples de la region (en Arabie anteislamique). Un verset dit : « ne tuez pas vos enfants par crainte de la misere, a Nous de leur octroyer, comme a vous, subsistance. Les tuer, c’est pure abomination » (Le Coran : sourate « les troupeaux », verset 151)

Bien d’autres versets abordent des aspects tels que : la protection des biens de l’orphelin, les marques d’affection, de piete filiale, envers les parents… Dans le Texte coranique, aucune violence n’est conseillee envers les enfants. Education religieuse et enseignement : Durant les periodes qui ont suivi l’expansion de l’Islam, a travers l’Asie, l’Afrique et la peninsule iberique, l’apprentissage de la langue arabe aux enfants comme fondement a l’enseignement religieux, devint une necessite socioculturelle au service de la propagation de la nouvelle religion.

Ce qui donna un essor considerable a l’edification de mosquees et simultanement a l’implantation d’ecoles coraniques, mitoyennes a ces lieux de cultes. L’alphabetisation puis l’enseignement du Coran, des textes religieux, devinrent une realite sociale importante, tres investie par les populations. De nombreux enfants se mirent a frequenter ces lieux, pousses par la ferveur des parents… Les hommes de culte devinrent aussi maitres d’ecoles, fonction importante mais combien necessaire.

Elle va determiner des comportements, des attitudes, et surtout des pratiques pedagogiques qui font usage de la punition, et des chatiments corporels a l’egard des enfants…  « Dissipes, distraits, inattentifs, insolents ou tout simplement peu enclin a « apprendre les textes sacres ». La ferule (ou la longue baguette, la branche verte, le rameau flexible, le baton, selon les regions) va devenir un « outil pedagogique ! » destine a inciter les enfants a s’interesser plus intensement a l’enseignement dispense.

Ce n’est que plus tard, devenus adultes cultives qu’ils se mettront a en parler, dans leurs livres… Ainsi, on rencontre, dans la litterature arabe, dans des ouvrages tres varies, de nombreux textes mentionnant les institutions d’enseignement, les ecoles (katatib), ils citaient leurs « maitres », ces savants (erudits) qui y exercaient, ils louaient leurs vertus morales et leurs capacites intellectuelles (el Alimo, el Allama) et mais aussi leur fermete educative !

C’est par des evocations de tels ou tels evenements circonstancies que l’on peut relever (parfois dans des textes tres denses) des faits, des actes signalant des punitions infligees a des « fautifs », les distraits, les mauvais eleves (tetes dures) que les maitres se devaient de corriger : «  les apeurer, les frapper, les fouetter, les priver… » le tout, formule dans un souci de les pousser a « s’amender, a s’ameliorer, a assimiler les precieuses connaissances … ». Tout cela, anime de cette intention louable : « pour leur bien » (comme nous le dirions, a present).

D’ailleurs, souvent, de doctes imams enterinent ces violences envers « les apprenants » signalant : « les coups portes par le maitre sont benis ». Les parents eux-memes consideraient, avec force conviction que l’enfant est « par sa nature, predispose a recevoir des coups ». Les moralistes religieux conseillent, avec insistance, a leurs coreligionnaires de « donner une education stricte a leur progeniture : qui obeit a ses parents obeit a Dieu… » Ces moralistes ne pouvaient concevoir une bonne education sans des chatiments corporels qui la raffermissent…

Les chatiments corporels qu’ils infligeaient a leurs eleves (consideres comme jeunes, insouciants, instables…) etaient considerees comme un moyen necessaire ! voire efficaces et salutaires, sans lesquels beaucoup d’enfants n’auraient pas tire benefice de l’enseignement dispense par ces venerables maitres, evoques avec beaucoup de respect, de condescendance…. La punition etait un « moyen » pedagogique, elle apparaissait comme une punition a valeur educative. Pendant des siecles, dans la societe musulmane, le bon maitre etait connu, respecte, pour sa ferule.

L’enfant devait apprendre sa religion de « bonne grace ou contraint » ce qui justifierait donc, le recours a la violence, avec son rituel, souvent cruel : (la falaqa). A LA RENAISSANCE L’Eglise et l’education : l’enseignement religieux Sous la Feodalite, l’iconographie religieuse aidant, l’enfant commence a etre represente dans des tableaux de peinture sous les traits charmants de l’ange (ou de l’enfant Jesus). A travers les monasteres, connus pour leur severite et leur «  educative stricte », certains pedagogues se mettent, peu a peu, a refuser l’usage de la ferule. On commence a s’interesser aux « vertus de l’enfance »[12].

La fonction paternelle est aussi reconsideree : non seulement on indiquait les devoirs des enfants envers les parents, mais aussi il est fait mention de devoirs des parents envers leurs enfants. Les systemes educatifs connaissaient, alors, une periode de transformations radicales (des etablissements scolastiques aux Colleges des Jesuites aux Academies protestantes) dues, notamment, aux guerres de religions, aux epidemies, aux famines. Une reprise en main de l’ecole par l’Eglise et l’Etat va conduire a instaurer une vie scolaire plus severe, ou les chatiments corporels deviennent tres utilises.

Le fouet reprend du service aussi bien parmi les jeunes enfants que chez les adolescents et jeunes adultes. Tout au long des 16eme et 17eme siecles les methodes coercitives et les punitions corporelles deviennent en usage, aussi bien parmi les adultes que dans les ecoles : fouet, bannissement, prison, sevices deviennent monnaie courante : « plus les societes sont despotiques et se maintiennent par la violence et plus les punitions corporelles sont fortes et utilisees a tous les niveaux : familial, scolaire, etatique… » . [13] Siecle des LUMIERES et TEMPS MODERNES

Sous l’influence des philosophies des Lumieres on assiste a un net rejet des tortures, chatiments corporels[14], supplices physiques, peine de mort, des spectacles publics de supplices, auxquels on propose de substituer la prison (enfermement). Une prise de conscience concernant « l’enfance » apparait. On s’interesse a ce petit « etre », a son sort, a sa situation. Des educateurs consacrent des livres a l’education des enfants : Montaigne, Rabelais, J. L. Vives[15], Thomas More, et bien sur, J. J. Rousseau. Le desir d’humilier, de brimer l’enfant, va peu a peu disparaitre vers la fin du 18eme siecle.

Les chatiments corporels seront fortement denonces par des penseurs tels que: Erasme[16], Montaigne[17] au 16eme siecle ; Madame de Maintenon au17eme siecle ; Joubert au 18eme siecle ; Georges Sand, Nietzsche et Victor Hugo au 19eme siecle. Toutefois le pouvoir parental reste entier dans sa rigueur en ce qui concerne toute forme de maltraitance des enfants au sein de leur famille. XIXeme siecle , XXeme Siecle Les chatiments corporels a l’ecole : corrections ou maltraitance pedagogique : Un chatiment corporel est une forme de punition ou une douleur physique est infligee a un enfant.

Elle est souvent associee a une certaine forme d’humiliation. • la fessee, ou les fesses de l’enfant sont frappees a l’aide de la main ou d’un instrument • la flagellation, ou le dos de l’enfant est frappe a l’aide d’un fouet : un tel chatiment peut etre tres douloureux, suivant le type de fouet et le nombre de coups. • la gifle, ou un coup est porte sur la joue de la personne avec la main avec ou sans gant. L’Allemagne : En Autriche et en Allemagne, a la fin du 19eme siecle, va s’instaurer la « pedagogie noire » .

Le Dr Schreber publie des livres a l’intention de ses concitoyens pour leur apprendre a « dresser rapidement les enfants pour qu’on puisse ensuite les diriger d’un seul regard ». [18] L’Angleterre : La brutalite de l’education anglaise s’est encore accentuee durant l’epoque victorienne. Une veritable « flagellomanie » s’appuyant sur la Bible, s’est developpee, la fessee etait donnee meme par des personnels de service affectes a cette tache (parfois en presence des parents). Certaines pratiques de punitions n’ont pas encore disparu a ce jour dans le Royaume.

En France : des 1887, une circulaire du ministere de l’Instruction a interdit les chatiments corporels a l’ecole. Pourtant la Cour de Cassation avait, des fevrier 1889, reconnu aux maitres et educateurs un droit de correction au meme titre que celui attribue aux parents… DE NOS JOURS : L’usage des chatiments corporels a l’egard des enfants est tres conteste, en particulier le recours a la fessee, rappelons que les anglais utilisent meme la « planche a fessee ». Dans certains pays, il est autorise dans les ecoles publiques et legitime en reference a des traditions culturelles justifiant des formes d’education autoritaires.

Dans d’autres, on considere qu’il s’agit d’une forme de maltraitance pouvant causer des dommages aux enfants. Ces formes de punitions ont ainsi, ete interdites en Suede en 1979 pour toute la societe, et au Royaume-Uni, mais seulement dans les ecoles. Les punitions physiques ne sont pas interdites en France…Gifles et soufflets sont toleres dans la mesure ou il n’y avait pas exces. Un groupe de parents a, tout recemment, porte plainte contre un instituteur qui distribuait, a l’occasion, des gifles a ses eleves. La Cour d’Appel de Caen a fini par leur donner tort en affirmant  que les pratiques de l’enseignant relevaient d’une pedagogie normale, puisque les jeunes victimes ne souffraient pas d’une incapacite de travail de plus de 8 jours… » Une enquete, realisee en 1985 [19]aupres des parents, permettait de degager une majorite de 59 % utilisant la force comme pratique educative (pour 72 % « exceptionnellement ») – 25 % etaient adeptes de la gifle, • 34 % de la fessee, • 29,5 % reconnaissaient secouer l’enfant • et 11,3 % pratiquaient d’autres moyens physiques. En Europe, il semble que la definition de ce qui est « violent » et ce qui ne l’est pas , varie avec le temps et l’espace social .

De l’Allemagne, a l’Espagne, a l’Italie, on trouve tous les extremes. La pratique de la gifle (baffe, claque) garde encore des adeptes parmi les parents et les enseignants. Devant l’insolence ou les caprices tenaces d’un enfant, il arrive que tout adulte perde son self-control et puisse « craquer ». Les arguments avances : – « Une claque ou une fessee n’a jamais fait de mal a personne » – « J’ai subi moi-meme de tels actes etant jeune, non seulement je n’en suis pas mort mais cela m’a aide. » – « S’il a pris une claque, c’est qu’il le meritait bien » – « C’est de sa faute, si je l’ai frappe. disent la plupart des adultes, cela satisfait un grand nombre de parents. Ces arguments sont repandus aussi bien chez tortionnaires nostalgiques que chez les educateurs les plus modernes. Or l’utilisation de la force constitue toujours un aveu d’impuissance, et montre que l’on a echoue dans d’autres moyens : ceux de la negociation, de l’autorite, de la contrainte non-violente. « Le Conseil de l’Europe a propose une recommandation qui « estime que les chatiments sont un mal qu’il faut au moins decourager dans une premiere phase pour finir par interdire.

En effet, c’est la conception meme qui rend legitime le chatiment corporel d’un enfant qui, d’une part, ouvre la voie a tous les exces et d’autre part, rend acceptables par des tiers les marques et les symptomes de ces chatiments[20] » Et de proposer aux Etats membres «de revoir leur legislation concernant le pouvoir de correction a l’egard des enfants dans le but de limiter, voire d’interdire les chatiments corporels, meme si la violation de cette interdiction n’entraine pas necessairement une sanction penale »[21] .

A la suite de cette orientation, le Royaume-Uni a du proscrire les chatiments corporels, pierre angulaire traditionnelle de la discipline scolaire, depuis des siecles. Au Maghreb La forme de chatiment corporel la plus repandue, depuis des siecles, dans les « katatib », ecoles coraniques connues durant la periode coloniale pour leur precieux role de foyer culturel, de vivier spirituel, fut « la falaqa » que decrivent de nombreux textes ( tableau de peinture ; Nasredine Dinet –« la falaqa ») .

Cette institution educative tend a disparaitre sous sa forme traditionnelle, en se transformant, se reactualisant, sous l’effet des nouvelles normes pedagogiques en usage dans les ecoles publiques modernes. Celles-ci, d’ailleurs, n’echappent guere au mal de la maltraitance signale dans les ecoles europeennes. Les chatiments corporels sont largement pratiques a la maison et dans les ecoles primaires maghrebines (Maroc, Algerie, Tunisie) en depit de leur interdiction, affirme un rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

Selon l’etude realisee en 2004 a Casablanca a la demande de l’Unicef, 73% des enseignants affirment avoir eu recours a des chatiments corporels, 54% disent avoir frappe les enfants avec une regle, un tuyau ou un baton, et 29% avec leurs mains et leurs pieds. Par ailleurs, 61% des parents reconnaissent frapper leurs enfants, 38% les sermonnent et 27% ont recours a la privation. L’etude realisee en 2004[22] portant sur un groupe de 1. 411 enfants, aupres de 194 ecoles primaires: plus de 5. 000 eleves, de 1. 800 enseignants, 800 parents et 194 directeurs d’ecoles ont ete interrogees dans les differentes regions du pays.

L’Algerie, Djibouti, le Maroc, la Palestine, la Syrie, la Tunisie et le Yemen se sont engages dans la realisation d’etudes sur le theme de la violence en milieu scolaire, phenomene reconnu mais aborde avec difficulte dans chacun de ces pays, explique l’Unicef. Les filles sont moins frappees que les garcons: 64% disent avoir ete frappes contre 54% des filles. CONCLUSION : Force est de constater qu’a l’heure actuelle, le recours aux chatiments corporels demeure une pratique traditionnelle, dans de nombreux pays.

Or, la « tradition » du point de vue sociologique est tenace, difficile a eradiquer. On peut enoncer des mesures, sensibiliser la societe sur les effets negatifs de la violence, plutot sur les differentes formes de violence pratiquees a l’egard de l’enfant, ceci afin de tendre vers la suppression (de les bannir, dit le Conseil de l’Europe) de toute forme de maltraitance, tant physique que verbale. Certaines maltraitances peuvent avoir des effets psychologiques importants, des sequelles traumatisantes.

On ne peut que se rejouir de constater qu’aujourd’hui, les chatiments corporels sont bannis des ecoles dans la majorite des Etats europeens, dans plusieurs Etats africains, asiatiques et oceaniens, et aux Etats-Unis, dans au moins 27 Etats. Quant a son utilisation par les parents, apres la Suede en 1979, la Finlande (1983), la Norvege (1987), l’Autriche (1989), Chypre (1994), le Danemark (1997) [23]et, tout recemment, la Croatie et la Lettonie ont completement aboli le droit d’infliger des corrections corporelles aux enfants. L’Allemagne, est sur le point d’interdire toute forme de chatiment corporel.

Enfin, au Maghreb, beaucoup d’efforts restent a faire pour lutter contre ce mal : Les effets de la violence -ritualisee a l’ecole ou impulsive a la maison- sont tres nefastes sur l’enfant, victime de ces actes. A court terme, atteinte a sa sante physique et mentale, a long terme ils occasionnent des sequelles psychiques et sociales (agressivite envers les autres, deviances, toxicomanie, plus tard sevices sur leurs propres enfants…). Avant tout, il y a lieu d’organiser des campagnes de sensibilisation (mass-media, presse, ecoles) portant sur l’extreme gravite de cette gangrene, sous toutes ses formes.

En effet, la violence est devenue un veritable fleau, dans notre pays : femmes battues, sevices sur des enfants, viols, infanticides, parricides, agressions de toutes sortes… Vaste programme d’alerte, d’eveil social, qui s’etend devant le secteur associatif et universitaire afin de susciter une prise de conscience au niveau de toutes les instances. Alger, le 09 mai 2010, Naima   Zidan; Bounoua SELLAK, _____________________________________________ BIBLIOGRAPHIES : ARIES, Philippe: « L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Regime ». Le Seuil. Paris. 1975 CARON, J. -C. « a l’ecole de la violence, chatiments et sevices » Aubier-Montaigne 1999 CHASSAT,S. ; Forlivesi,L. ; Pottier, F. G. : «  Eduquer et punir ». P. U. de Rennes 2005. CHOQUET, M. et coll. : « Adolescents », Enquete nationale, Inserm, Paris. 1994. CONSEIL de L’EUROPE : « Rapport sur les punitions corporelles » 8 octobre 2002 CORNET, J. : « faut-il battre les enfants ? », Hommes et Perspectives, Paris. 1997. DEBESSE, Maurice et MIALARET, Gaston : Traite des sciences pedagogiques ; Tome 2. P. U. F. Paris. 1971 KARLI, P. « les racines de la violence », Edit. Odile Jacob, Paris. 2002.

MARROU, Henri-Irenee : ; « Histoire de l’Education dans l’Antiquite ». Tome 1  et Tome 2. Edition du Seuil. Collection «  Points Histoire » UH, 7° edition 1975. Paris. MILLER, A. : « c’est pour ton bien », Edit. Aubier, Paris, 1984. OMS : aide-memoire n°150 sur la Maltraitance. Mars 1997. SITES CONSULTES : URL consultes avec les mots cles  : chatiments corporels – violences enfants- punitions scolaires- 1) http://www. lien social. com/spip. php ? Dossier en ligne Publication n° 493 du 1er juillet 1999 – Themes : Punition. Article : « La punition corporelle est-elle maltraitante ou pedagogique » Jacques Tremintin ) Web. me. com/jacornet/site…….. concernant «  l’histoire des chatiments corporels » 3) www. coe. int/ ……. site du Conseil de l’Europe (violences…. ) 4) http://www. cafe-geo. net/article. php3? id_article=10 (Geographie de la violence educative, un tour du monde des chatiments corporels infliges aux enfants) 5) Avec Olivier Maurel, professeur de lettres, auteur de : La Fessee (Editions La Plage) 6) URL : fr. wikipedia. org /wiki/chatiments_corporels: (chatiment corporel) 7) http :www. unicef. org/violencestudy/frensh 8) ………………histoire. presse. fr ) ………………revues. org……. (revue Histoire de l’Education, divers n°…) 10) …………….. quebecadoption. net/ violences 11) …………….. roeq. qc. ca/violence1 12) ……………. Tanmia. ma/article. php3 ? id_article 13) ……………. serpsy. com 14) ……………jssnews. com/….. (article du 14. 01. 10. Algerie) ANNEXES : 1) Pays ayant interdit toute violence educative (en octobre 2008) •  Suede (1979) •  Finlande (1983) •  Norvege (1987) •  Autriche (1989) •  Chypre (1994) •  Italie (1996) •  Danemark (1997) •  Lettonie (1998) •  Croatie (1999) •  Bulgarie (2000) •  Allemagne (2000) • •  Islande (2003)  Ukraine (2004) •  Roumanie (2004) •  Hongrie (2005) •  Grece (2006) •  Pays-Bas (2007) •  Nouvelle-Zelande (2007) •  Portugal (2007) •  Uruguay (2007) •  Venezuela (2007) •  Espagne (2007) •  Costa Rica ———————– [1] -Ouvrages de base consultes, en plus des sites web (voir Bibliographie): Marrou, Henri-Irenee ; « Histoire de l’Education dans l’Antiquite ». Tome 1  et Tome 2. Edition du Seuil. Collection «  Points Histoire » UH, 7° edition 1975. Paris. Debesse, M. ; Mialaret, G. : « Traite des sciences pedagogiques », Tome2 ; « histoire de la pedagogie ». 2] Site consulte: l’ Article sur : «  une histoire des chatiments corporels » web. me. com/jacornet/ site_1Page12. [3] Cf. Article sur : «  une histoire des chatiments corporels »,in web. me. com / Op. cit. [4] Cf. Article sur : «  une histoire des chatiments corporels / Op. cit. [5] Marrou, H. I. opus cite, page 71 [6] Ausone : « exhortations a son petit-fils :EpitresXII) , in . Marrou H. I, Op. Cit. – [7] Marrou, H. I. Opus Cit. p72 [8] Marrou, H. I. idem [9] Marrou, H. I ; op. cit. chap IV, « les ecoles romaines » page 72 . [10] Marrou, H. I. : opus cit. tome2, page 72. [11] Cf. Article sur : «  une histoire des chatiments corporels / op. cit. [12] Debesse,G et Mialaret, G. : Op. Cit. [13] ARIES, Philipe : « L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Regime ». Edit. Le Seuil. Paris. 1975. [14] Montaigne , dans « les Essais » relate ; entre autres sevices : … « cris d’enfants supplicies et maitres enivres en leur cholere …», IN Marrou, Op. cite. page 71. [15] Vives, J. -L. :-1492-1540 ; humaniste, precepteur ; enseigne a Oxford, ouvrage ; «  l’Instruction» IN : Debesse, Mialaret : « traite des sciences pedagogiques » t. , page 245. Op. cit. [16] Erasme-Didier- 1467-1536- : humaniste celebre. Ouvrage : « De la premiere education liberale des enfants » y developpe la pedagogie de la douceur, de la courtoisie, de l’hygiene, s’opposant aux m? urs rudes du My-age. [17] Montaigne, Michel- 1533-1592- : philosophe, -ouvrage : « les Essais » prone une culture generale, proteste contre les chatiments corporels excessifs de l’epoque. In Debesse,Mialaret, Op. Cit. [18] Cf. Article sur : «  une histoire des chatiments corporels « . Op. Cit. [19] Cite par J.

Tremintin, dans son article (site : lien-social. com) publication en ligne,n°493 du 01/07/1999 ou il se refere a un «  article fort interessant de Jean Legal « Chatiments corporels ou intervention physique » Journal du Droit des Jeunes n° 185 mai 1999 ». [20] In site : Conseil de l’Europe : http://www. coe. int …violences…. [21] ibidem [22] Rapport de l’UNICEF(publie par l’AFP) le 18 mai 2006. IN Site : Tanmia. ma/article. php3 ? id_articleUnicef [23] Article : « geographie de la violence educative» IN : http://www. cafe-geo. net/article. php3? id_article=10