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Claire PERRIN LA SANTE EN EPS : DE L’ÉVIDENCE A L’ÉDUCATION Résumé : Les disciplines scolaires sont invitées à contribuer à la mission d’éducation à la santé confiée à l’école, dans le cadre même de leurs contenus d’enseignement. L’éducation physique et sportive (EPS) a toujours eu des finalités de santé. On observe cependant depuis la fin du XIXe siècle un double glissement. org premier glissement e cel envisagée au niveau Le second est celui d aux sciences médical ns ilité de santé sation de l’individu. à la référence aux sciences humaines.

L’évolution en EPS des notions d’entrainement et de risque permettent d’objectiver ce double glissement des significations attribuées à la santé. La notion plus récente de « gestion de la vie physique » exprime particulièrement bien la responsabilisation de Pindividu. Elle gagnerait cependant à se centrer sur le sujet ? éduquer dans ses caractéristiques actuelles plutôt que de se projeter prématurément dans des perspectives adultes. Les questions de santé de l’adolescent portent davantage sur le corps qui se transforme (notamment par l’apparition du sexuel dans la orphologie), de l’image de soi et de la relation à rautre.

La référence aux sciences 24 novembre 1998 vient de réaffirmer la place de l’éducation à la

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santé dans les missions de l’école, non seulement dans les enseignements, mais aussi à travers l’ensemble des activités éducatives scolaires. L’Education Physique et Sportive (EPS) se distingue des autres disciplines scolaires du fait qu’elle s’est toujours inscrite dans une perspective de santé. La permanence de la notion de santé dans les finalités de l’EPS s’explique en partie par l’évolution de sa signification au cours du emps.

A la fin du XIXe et durant la première moitié du XXe siècle, la discipline est sous ingérence médicale ; ses objectifs se confondent avec ceux des médecins. En soumettant l’élève à l’exercice, l’EPS contribue au bon développement, voire à la restauration de l’état de santé. Il s’agit de rendre l’élève plus fort, plus résistant aux maladies. Cette perspective hygiénique et eugénique SPIRALE – Revue de Recherches en Éducation – 2000 NO 25 (83-88) LA SANTE EN EPS : DE L’EVIDENCE A L’EDUCATION s’appuie sur une approche exclusivement biologique de la santé la vie ans le silence des organes » R.

Leriche). Les Instructions Officielles de 1967 inscrivent PEP dans une perspective sportive dans une société où le sport devient synonyme de santé : être sportif, c’est être actif et combatif et par extension c’est être en bonne santé. L’EP se donne explicitement our aïet Hacquisition de la santé, devenant *AGF 9 rif q l’OMS. L’individu est considéré dans toutes ses dimensions : biologiques, psychologiques et sociales. La santé n’est plus définie dans la seule référence à la biologie, elle fait appel aux sciences humaines et sociales.

Les années quatre-vingt-dix voient une nouvelle évolution de cette relation de l’EP à la santé par l’apparition d’un nouvel objectif qui est « offrir à chacun les connaissances concernant l’entretien de ses potentialités et l’organisation de sa vie physique aux différents âges de la vie Il s’agit de former des individus autonomes, responsables de la qualité de leur vie physique dans une société qui se sédentarise. Nous assistons ici à un double glissement : du biologique aux sclences humaines, de la responsabilité sociale à la responsabilisation de l’individu.

Mais, si elle s’appuie sur les sciences humaines, la discipline continue a se référer prioritairement à l’épidémiologie quand elle se centre sur la santé, comme si ces données avaient valeur de preuve. Dans la mesure où elle se cantonne souvent aux résultats favorables à la pratique sportive, la référence à l’épidémiologie conduit à envisager les rapports EPS-santé en termes d’évidence. Le recours aux sciences humaines et sociales permet de dépasser ces évidences en interrogeant les rapports du sujet à l’EPS et à la santé, permettant d’entrer dans une perspective d’éducation en ntroduisant un rapport de sens.

DU CONCEPT D’ENTRAINEMENT A CELUI D’HABITUS La référence aux études épidémiolo igues dans le but de « démontrer » l’efficacité de ur la santé des élèves des élèves soulève d’emblée un paradoxe : les conditions d’enseignement en EPS qui sont fixées ? deux heures hebdomadalres en lycée et 3 à 4 heures en collège, et qui se déroulent sur le principe de cycles de six à dix semaines dune même activité ne permettent pas d’espérer des effets d’ordre physiologiques conséquents (Piéron, 1996).

Si l’on considère le développement de la capacité aérobie, a pratique de la course de durée sur un cycle de huit séances ne permet pas d’obtenir une réelle augmentation. En EPS, il ne s’agit alors pas seulement d’offrir de 85 CL. PERRIN l’exercice à l’élève pour développer ses capacités organiques et foncières. L’élève est amené à construire des connaissances qul lui permettront de s’entraîner par lui même à un effort long, en prenant des informations sur les réactions de son organisme (essoufflement, sudation, rythme cardiaque… )r en dosant son effort, en choisissant son rythme de course.

La ourse de durée devient l’occasion d’une exploration de son système énergétique et d’une découverte active de soi. R. Dhelemmes et R. Mérand parlent de développer, dans le cadre des établissements scolaires, des habitus au sens où l’emploie P. Bourdieu 1 et plus particulièrement d’un « habitus- santé D’UNE PRATIQUE SECURIS 1993). Après avoir sécurisé la pratique par l’utilisation de matériel adapté (gros tapis de mousse… ) et par une réglementation très stricte des installations sportives (fixation des paniers de basket-ball, des buts de handball… on s’est aperçu qu’il fallait surtout apprendre aux élèves à utiliser ce matériel (contrôler régulièrement la bonne disposition des tapis) et contrôler leur activité les uns par rapport aux autres. L’espace de pratique ne s’investit pas de manière anarchique : il faut prévenir les chocs par des placements et des orientations spatiales raisonnées. Il faut apprendre à s’entraider : parer la réalisation d’un élément acrobatique, s’assurer en escalade.. Il faut également apprendre à entrer progressivement dans l’activité, ? s’échauffer.

Une réelle éducation à la sécurité prend donc forme en EPS (Eisenbeis, Touchard, 1995). DE LA PRISE DE RISQUE A LA CONDUITE D’ESSAI Se poser la question d’une éducation à la sécurité nécessite de définir le risque pour un élève en EPS. L’épidémiologie la définit comme la probabilité qu’un événement survienne, c’est-à-dire en ce qui nous concerne, qu’un élève se blesse durant le cours d’EPS. La psychologie quant à elle la définira comme une concrétisation de l’angoisse préludant à la transformation pubertaire du corps.

Les études de type ?pidémiologique ont tendance ? Systèmes de dispositions durables et transposables qui, intégrant toutes les expériences passées fonctionnent à chaque moment comme des matrices de perceptions, d’appréciatio L’ÉVIDENCE A L’ÉDUCATION analyser les conduites des adolescents comme étant pathologiques (Tursz, 1993). Les éclairages des sciences humaines permettent de considérer le jeu de l’adolescent avec ses limites comme des conduites d’essai (Tomkiewicz, 1989) indispensables à la construction de l’identité, ce qui déplace les questions de la prévention vers l’éducation.

L’EPS propose des situations d’enseignement qui permettent aux adolescents de s’essayer dans des conditions relativement maitrisées. DES PREOCCUPATIONS DE SANTE DE L’ADULTE A CELLES DES ADOLESCENTS Les connaissances à développer chez l’élève devraient permettre la gestion de la vie physique à l’âge adulte. Les contenus que proposent les enseignants d’EPS pour répondre à cet objectif s’organisent essentiellement autour de pratiques d’entretien . la course de durée, les étirements (pour l’échauffement ou la récupération après l’effort) et de la relaxation (Cogérino, 1998).

Or ces pratiques se développent avec l’âge. Dans une étude récente sur les représentation des APS dans leurs relations avec la santé (Perrin, 1999), elles apparaissent surtout chez les adultes de plus de 35 ans et davantage chez les femmes que chez les hommes. En revanche, ce sont les sports collectifs qui ressortent du profil correspondant aux plus jeunes. Par les pratiques d’entretien, les élèves sont censés être sensibilisés ? l’importance de préserver leur capital santé. En ce centrant sur un résultat ? long terme, en raisonnant urs d’adulte, le risque est