Texte de contraction prépa: Pierre Bourdieu, Les Règles de l’art, Paris, Seuil, 1998

Texte de contraction prépa: Pierre Bourdieu, Les Règles de l’art, Paris, Seuil, 1998

Résumé de texte HEC Texte : Pierre Bourdieu, Les Règles de l’art, Paris, Seuil, 1998 Thèse : Le texte montre la place problématique de l’intellectuel dans la société. Au fil du temps, il hésite entre l’engagement politique et le repli de l’art sur lui-même. Certes, il a trouvé un équilibre depuis le XIXème siècle, mais sa position est loin d’être acquise pour autant : de nouvelles menaces pèsent aujourd’hui sur lui. . Introduction : la d’ l’intellectuel • Problème (S 1). m Ité Svipe nextp g Igure de igure de l’intellectuel sans dépasser Fopposition entre deux images : d’un côté ‘intellectuel retiré du monde, de l’autre l’intellectuel engagé dans la vie publique. Ce dépassement se fait au moment de l’affaire Dreyfus, lorsque les intellectuels mettent leurs qualités et valeurs spécifiques au service d’une cause politique. • Développement (5 2). Le second paragraphe reprend les deux aspects opposés de cette définition pour inviter le lecteur ? dépasser la contradiction. • Il énonce en effet deux conditions si et seulement si »).

L’intellectuel existe s’il affirme une autorité spécifique que lui confère le monde intellectuel dont il respecte les règles et s’il ngage cette autorité dans une bataille politique. • Bourdieu précise dans

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la fin du paragraphe (à partir de « loin qu’il existe ») la manière de dépasser cette antinomie : c’est précisément l’autorité que lui confère son autonomie qui permet son engagement est efficace. • Transition (S 3). • Bourdieu conclut qu’il faut dépasser le vieil antagonisme entre un art pur et un art engagé pour comprendre l’action de l’intellectuel. ?? La conjonction « mais » introduit toutefois une objection de méthode : il est difficile de changer notre façon de penser. ?? En découle une conséquence c’est pourquoi ») d’ordre méthodologique. Il faut retracer « historique de la posture intellectuelle au fil du temps pour bien comprendre comment on en vient peu à peu à cette conciliation de deux attitudes. Cette conclusion a bien sûr une valeur de transition avec le second mouvement du texte. Il. L’histoire de l’intellectuel entre autonomie et engagement • Annonce (S 4).

Les trois premières lignes du paragraphe 4 annoncent clairement le mouvement de cette histoire, sous la forme d’une métaphore (le balancier) : au fil du temps, la posture e l’intellectuel oscille entre deux positions, qui alternent systématiquement : l’autonomie et l’engagement. • Tout d’abord (fin du S 4), une période d’engagement au temps des Lumières. L’auteur nuance son propos en rappelant qu’une génération d’écrivains réactionnaires fustigera les désordres révolutionnaires et s’opposera aux philosophes (inutile de retenir cette nuance). ?? Nous avons ensuite (début du 5) une période de retraite, après la Révolution. La première génération romantique se méfie des écrivains engagés, tenus pour responsable des excès de la Révolution. L’écrivain romantique refuse d’intervenir dans la vie de la cité. • La conjonction « mais » (5 5) marque un revirement : retour ? une période d’engagement, sous le régime de la Rest 2 « mais » (5 5) marque un revirement : retour à une période d’engagement, sous le régime de la Restauration, qui menace la liberté des intellectuels. Hugo s’engage à l’Assemblée nationale et n’hésite pas exprimer son opposition.

Le poète, selon Lamartine, ne se contente plus de se lamenter sur son sort : sa parole est au service des plus défavorisés. On bascule dans une autre forme de omantisme, engagé et populaire. • Nouveau revirement (S 6). Avec l’échec de la Révolution de juin 1848 et l’instauration du second Empire en 1851, les écrivains perdent toutes leurs illusions. Rappelons qu’une première révolution, en février 1848, parvient à renverser définitivement la Monarchie de Juillet (1830-1848). Mais la nouvelle république reste conservatrice, comme le montre la répression sanglante de la seconde révolution qui éclate en juin 1848.

En décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte, président de cette seconde république, refuse de rendre un pouvoir qu’il n’avait pas le droit e conserver. Il proclame l’Empire un an plus tard en décembre 1852. Dans ce contexte réactionnaire, les écrivains n’ont plus aucune illusion et se désengagent. L’art n’a désormais d’autre finalité que lui-même. Cette revendication se construit dans deux directions : les Intellectuels refusent d’une part l’art engagé, d’autre part l’art bourgeois (soumis au marché et aux désirs de la clientèle). ?? L’auteur en vient à l’avènement de l’intellectuel moderne à la fin du XIXe siècle (S 7). • Paradoxe : c’est au moment où l’écrivain semble le plus détaché du monde politique qu’il s’engage. ?? Explication (c’est-à-dire) : c’est l’autorité que lui confère son indépendance 3 qu’il s’engage. indépendance politique (« autonomie du champ et de toutes les valeurs associées ») qui permet à l’écrivain de s’engager. (L’affaire Dreyfus illustre cet engagement). Ceci revient à définir un « type nouveau » d’intellectuel, qui dépasse la contradiction entre art pur et art engagé. ?? Justification en effet L’artiste agit au nom de valeurs universelles supérieures, qui rendent son engagement plus efficace. • Transition (S 8). Dans les cinq premières lignes, l’auteur squisse d’autres pistes de réflexion qui ne seront pas développées. II tire surtout une conclusion de sa réflexion : la situation actuelle de l’intellectuel n’est que le terme d’une série d’alternances qui semble trouver sa résolution avec l’engagement de Zola. Rien de nouveau ne semble pouvoir se produire. Ill. La situation actuelle de l’intellectuel • La conjonction « mais » relance la réflexion au S 9.

Malgré l’équilibre atteint, l’histoire ne s’arrête pas. • Première justification (« en effet »). La position de l’intellectuel telle qu’elle se définit à la fin du XIXe siècle n’est pas entérinée éfinitivement. L’intellectuel peut régresser vers l’une ou l’autre des positions évoquées précédemment (l’art pur ou l’art engagé). • Deuxième justification : l’autonomie dont semble jouir l’intellectuel à partir de l’affaire Dreyfus n’est jamais acquise, elle est sans cesse remise en question par des pouvoirs externes et internes. ?? Difficulté (S 10- 11) Bourdieu développe la seconde idée, celle d’une menace pesant sur l’autonomie des intellectuels. Cette menace prend des f 4 idée, celle d’une menace pesant sur l’autonomie des intellectuels. Cette menace prend des formes diverses et risque de les diviser. • D’un pays à l’autre, les menaces ne sont pas les mêmes, ce qui induit des variations quant au rapport des intellectuels au pouvoir. • Or, ces variations masquent l’essentiel : une même volonté d’affirmer son autonomie.

En somme, tous les intellectuels défendent leur autonomie mais ces revendications peuvent prendre des aspects apparemment contradictoires. • Conséquence : nécessité pour les intellectuels de ne pas se laisser tromper par ces différences pour rester solidaires. Deux exemples montrant comment une même revendication ‘autonomie peut prendre, selon le contexte, des formes opposées. Inutile de conserver ces exemples. • Conclusion (5 12 et 13). Les paragraphes 12 et 13 réaffirment, ? partir d’exemples, la conclusion dégagée au S 10.

Les intellectuels doivent prendre en compte avec lucidité les conditions historiques propres à chaque civilisation afin de comprendre comment se manifeste la lutte pour l’autonomie. IV. La nécessité de se mobiliser pour sauver Pautonomie des intellectuels • Transition (S 14). Bourdieu introduit clairement l’objet de cet ultime mouvement : je veux en venir maintenant… ». Il est urgent que les Intellectuels s’unissent pour défendre leur autonomie. Deux raisons : de nouvelles menaces remettent en cause l’autonomie des intellectuels ; par ailleurs ils sont exclus du débat.

La suite du texte va développer ces deux points. Il faut être attentif à l’emploi des italiques qui signale très clairement les deux sous-parties structurant le propos. • Première sous-p S qui signale très clairement les deux sous-parties structurant le propos. • Première sous-partie : analyse des menaces (S 15). Bourdieu explique les nouvelles menaces. Le passage s’articule autour de la ocution « mais… aussi • Première raison, extérieure : l’argent prend de plus en plus de place dans le monde de l’art, en effet la culture dépend du mécénat et du sponsoring. ?? Deuxième raison, intérieure : l’économie contrôle les moyens de production allant jusqu’à imposer une manière de faire. • Approfondissement (5 16). Au XIXe deux marchés de l’art : un marché restreint et un marché de grande distribution (« littérature industrielle Le second semble aujourd’hui absorber le premier. La logique commerciale prend le dessus dans le domaine de la production intellectuelle. ?? Suggestions (S 17). Ce paragraphe ébauche des pistes qu’il faudrait développer pour mieux comprendre la mainmise de l’argent sur la culture. Inutile de retenir cette ébauche. ?? Deuxième sous-partie : analyse de l’exclusion (5 18 et 19). Bourdieu reprend le second point de son analyse pour le développer. Comme les menaces remettant en cause l’autonomie des intellectuels, leur exclusion du débat public justifie une réaction urgente. Comment expliquer cette exclusion ? • Première raison : spécialisation de Vintellectuel dans son domaine. • Deuxième raison : une emprise de plus en plus grande de la echnocratie (gouvernement dans lequel les techniciens de différentes natures ont le pouvoir) : les technocrates confisquent le débat aux citoyens et ont recours aux stratégies de la communication. ?? Conséquences (5 19). Cette main mise du monde de l’argent recours aux stratégies de la communication. • Conséquences (S 19). Cette main mise du monde de l’argent et de la politique sur les medias a des conséquences. Ceux qui contrôlent les média ne cherchent pas à transmettre un contenu solide. Ils pratiquent une forme de censure : il faut jouer le jeu de a concurrence, et pout cela se contenter d’aborder des questions superficielles qui font le plus d’audience.

Une forme d’autocensure double par ailleurs cette censure : les producteurs culturels intériorisent les contraintes et choisissent leur sujet en fonction. Résumé rédigé Il est impossible de comprendre la figure de l’intellectuel sans dépasser Popposition entre l’art pur et l’art engagé. Cest en effet l’autorité que l’intellectuel acquiert dans un champ d’action coupé de tout pouvoir extérieur qui rend son engagement efficace. Il n’est / pas évident de s’extraire de l’antinomie classique pour epenser la figure de Pintellectuel. un détour par fhistoire peut nous y aider.

Au fil du temps, les périodes d’engagement et les périodes de retrait alternent. A l’engagement des philosophes et des écrivains révolutionnaires succède ainsi / la méfiance de la génération romantique. Il faut attendre les menaces réactionnaires de la Restauration pour que certains défendent leur liberté d’expression. Mais avec les désillusions de 1848 et de l’Empire, les écrivains se désengagent de nouveau. Ils affirment l’indépendance du champ culturel et s’opposent aussi / bien ? ‘art politique qu’à l’art bourgeois.

Cest paradoxalement à cette époque que surgit la figure nouvelle de Vintellectuel, conciliant deux postures jusqu’ici antagon surgit la figure nouvelle de l’intellectuel, conciliant deux postures jusqu’ici antagonistes. En effet, l’artiste prend part au débat au nom des valeurs universelles qu’il défend. Tout semble alors définitivement / joué. Il ne faut cependant pas désarmer. Non seulement l’intellectuel peut retomber dans l’une ou fautre des postures évoquées précédemment, mais plus encore, son autonomie est aujourd’hui menacée.

D’un pays à l’autre, la résistance prend des formes différentes, qui risquent de faire oublier que la / volonté d’autonomie reste commune à tous les intellectuels. Ils doivent s’en souvenir pour rester unis. Cette union semble particulièrement nécessaire de nos jours. Cindépendance des Intellectuels semble en effet menacée. Le monde des affaires a une main mise de plus en plus importante sur leur domaine d’/ action. L’économie finance la culture et la recherche ; elle contrôle les moyens de production et de diffusion, influençant la façon de travailler des penseurs.

La grande distribution commerciale semble absorber le marché de la culture. Par ailleurs, les intellectuels sont écartés du débat public. D’une part leur spécialisation / n’intéresse qu’un auditoire restreint ; d’autre part le pouvoir des technocrates confisque ce débat. par conséquent, les nouveaux maîtres de la communication se concentrent sur les seuls sujets susceptibles de faire de l’audience au détriment des vraies problématiques. Cette concurrence instaure une forme de censure voire d’/ autocensure, tant les nouvelles contraintes sont intériorisées. 407 mots 8