Sujet : que veut-on dire en parlant de loi de la nature ?

Sujet : que veut-on dire en parlant de loi de la nature ?

Sujet : Que veut-on dire en parlant de loi de la nature ? Analyse du sens du sujet : La question qui est posee ici n’est pas simplement de savoir ce qu’est la loi de la nature, autrement dit, qu’appelle-t-on lois de la nature ? Il est question ici d’une intention (« vouloir dire ») du discours. Que visons-nous a exprimer a travers l’expression « loi de la nature » ? Quel est le sous-entendu implicite ? Qu’admettons- nous qui ne va peut-etre pas de soi ? Ce n’est donc pas tant la loi de la nature qui nous interesse mais ce que presuppose l’affirmation selon laquelle il y aurait a propos de la nature uelque chose comme des lois. Quel discours, philosophie voire ideologie sous-tend l’affirmation selon laquelle il y aurait des lois de la nature. Serait-elle simplement imputable a l’homme ? Y a-t-il quelque chose comme des lois propres a la nature ou bien sont-elles seulement le fruit d’une intention ou d’un projet humain ? Problematique : Comment les lois de la nature pourraient-elles relever de l’homme ? Et si elles relevent effectivement d’une volonte humaine, comment peuvent-elles alors objectivement pretendre etablir ce qui regit la nature ? ere

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Partie : (Le Realisme) En parlant de loi de la nature, on entend faire etat des mecanismes qui regissent la nature, a savoir des rapports de cause a effet qui s’exercent necessairement sur tous les phenomenes du monde empirique. On admet par la que le monde est soumis a un ordre, a des principes connaissables. Lequel ordre permet d’expliquer l’enchainement des phenomenes. En ce sens, la loi de la nature suggere que la nature entiere est soumise et obeit a quelques lois qui en sont comme la cle. Pourtant, l’existence de ces lois va-t-elle de soi ? Cette question peut surprendre. Les sciences ’ont-elles pas fait la preuve de leur efficacite ? Certes, elles ont fourni la preuve de leur efficacite ; elles sont au sens propre efficaces c’est-a-dire qu’elles permettent mieux qu’aucune autre theorie d’agir. Le critere de « verite », la caution des sciences, c’est leur efficacite ; si bien que l’on pourrait dire: ‘savoir, c’est pouvoir agir’. Or, il y a la un glissement qui _formule aussi simplement_ ne manquera pas de surprendre. Est-il necessaire de connaitre stricto sensu une chose pour pouvoir agir ? Peut-on identifier savoir et agir ? Comment peut-on se fier a cet efficace ?

Autrement dit, comment etre sur qu’il y a bien des lois qui sont celles de la nature i. e. celles propres a la nature et non pas celles projetees fortuitement par l’homme ? 2eme Partie : (Le Positivisme) En depit de l’apparente evidence, il n’est peut-etre pas sur que les lois etudiees par les sciences soient reellement dans la nature. C’est la la these assumee par le positivisme. En effet, la nature ne serait pas soumise a un absolu determinisme. Mais le travail des sciences consisterait plutot a projeter sur la nature, et certains phenomenes recurrents ou reguliers, un modele d’explication plus ou moins efficace.

Einstein, qui pourtant n’appartient pas a la mouvance positiviste, ne dit-il pas que le travail du scientifique consiste a inventer des modeles ou des theories grace a l’imagination ; or, le scientifique ne pourra jamais etablir si le modele propose est le seul acceptable. Il ne dispose d’aucun moyen de comparaison entre sa theorie et la realite. On pourrait dire qu’en un sens, le scientifique projette sur le monde un modele au sens litteral c’est-a-dire une modelisation simplifiee d’un monde immediatement complexe. L’evolution des sciences a ainsi consiste a laborer des modeles de plus en plus proches de la realite, c’est-a-dire de plus en plus efficaces. Mais on ne peut etre sur de parvenir a un modele qui « coincide » tout a fait avec la nature et, meme alors, on peut envisager plusieurs modeles possibles. 3eme Partie : Kant (Nietzsche cf. texte du commentaire) La position adoptee par Kant peut apparaitre comme une conciliation. L’observation des phenomenes en depit de leur apparente regularite ne permet pas d’affirmer l’existence de lois inherentes a la nature. Ce n’est pas parce que tels phenomenes se suivent de facon recurrente ue l’on peut etablir l’existence d’une loi de la nature. Ce n’est pas de l’experience que nous pouvons tirer la connaissance des lois (cf. la critique de l’induction). Ce n’est pas l’esprit qui s’adapte a l’objet mais c’est l’objet qui s’adapte a la connaissance. Et si les lois sont connues prealablement a l’experience, c’est parce qu’il n’y a de loi i. e. de rapport universel et necessaire qu’en vertu d’un ordre qui est prescrit par notre entendement aux phenomenes qui lui apparaissent. L’ordre n’est pas dans les choses elles-memes mais il est etabli par notre esprit dans la maniere dont les choses se montrent a nous.

En effet, les choses que nous connaissons sont les phenomenes ; autrement dit, les choses telles qu’elles nous apparaissent. Alors que les choses en soi ou telles qu’elles sont en elles-memes independamment de nous, nous ne les connaissons pas. Il est necessaire de bien les distinguer. Les lois de la nature que nous pretendons connaitre sont les lois des « phenomenes » naturels. Autrement dit, ce sont les lois qui valent pour les phenomenes naturels. Et ces lois resultent de la facon dont notre entendement organise ces phenomenes qui lui apparaissent. Ainsi la ausalite est-elle une des categories de notre entendement. La conscience perceptive m’arrache a l’inertie du monde et m’eleve a la liberte de l’initiative. Ce par quoi j’appartiens au regne du vivant et non au regne de l’inerte, du mineral. La conscience implique ma possibilite de reagir voire d’anticiper laquelle constitue ma liberte fondamentale. Je ne subis pas mecaniquement les forces naturelles qui s’exercent sur moi. Je n’obeis pas a la simple loi de la chute des corps, je ne recul pas sans resistance a la poussee d’un autre corps, je ne me laisse pas devorer par un predateur. A chaque fois, qu’il a menace ou une pression exterieure, je reagis. La reaction, c’est ce sursaut de liberte par lequel je romps le cours naturel et previsible des choses. J’introduis dans le cours des choses une part d’imprevisible, de possibilite, d’alterite. (Je partage cette faculte avec l’animal ; l’animal est en l’occurrence aussi libre que moi). Mais, c’est aussi la forme la plus fruste de la liberte. II. Reagir, c’est encore obeir. C’est agir en fonction de quelque chose d’exterieur. C’est encore dependre de quelque chose d’etranger. Refuser, repousser telle ou telle chose, c’est encore dependre de telle ou telle chose.

C’est refuser telle ou telle sollicitation. Mais, je peux aussi choisir de refuser toute chose en bloc. Ce refus global, c’est celui de Descartes lorsqu’il doute radicalement. Il refuse de croire ou d’accorder sa confiance a tous les pretendus savoirs. Douter, c’est lever son adhesion aux choses. (c’est une facon de tenir la chose a distance). Il ne doute pas simplement de telle ou telle chose parce qu’elle est douteuse ; Il choisit de douter de tout. Ainsi, il oppose de son propre chef un “non” global aux choses ; il n’attend pas d’examiner chaque chose pour etre amene par elle a douter.

L’animal ne sait pas dire non ! Il ne connait pas la negation ! (cf. E. Weil Logique de la philosophie p. 7-8) L’homme est cet etre insatisfait aux besoins deregles. Etre libre, cela consisterait a ne dependre que de moi. Or, je suis toujours expose aux sollicitations du monde exterieur. Seule ma conscience se tient hors d’atteinte. Elle est fermee sur elle-meme, intouchable, imprenable, inaccessible. S’il doit y avoir une source de liberte, ne doit-elle pas resider dans ma conscience ? En effet, elle est un pur pouvoir d’affirmation ! Je peux affirmer a tout moment ce que je veux.

N’y a-t-il pas dans ce pouvoir d’affirmation, une liberte plus grande encore que dans la liberte du refus ? Dans le refus, il y va de mon rapport aux choses existantes. J’acquiesce ou non ; je demeure donc dependant de ce qui existe : du monde et du “moi” comme objet predonne. Alors que dans l’affirmation s’exprime une dimension creatrice ! Ainsi lorsque ma conscience forme des choix, elle est source de ma liberte. Chaque fois que je choisis, j’affirme ma liberte. Elle est source de liberte non pas au sens ou elle est elle-meme libre ; Mais au sens ou, elle initie un acte totalement indetermine.

Elle engendre de la nouveaute, de l’imprevisible. III. Je suis libre en tant que mes choix emanent de ma personnalite. A partir de ce moi, j’invente de la nouveaute. Le “moi” n’explique en rien cette nouveaute. En meme temps, il n’est pas si sur que je sois libre de faire n’importe quel choix i. e. que ma conscience soit en mesure de produire de l’indetermine et de l’imprevu ; ma conscience ne peut pas vouloir n’importe quoi. Il y a aussi une resistance de ma conscience. Certaines pensees s’imposent a moi : les lois mathematiques. Mais aussi certains desirs que je ne controle qu’avec difficulte.

Ou encore certaines associations d’idees. Mais enfin et surtout, la presence de ma conscience ! Ma conscience me precede depuis toujours ; Elle etait la avant que je n’en prenne conscience ! Enfin, il y a cette resistance morale de la conscience a elle-meme. Ma conscience me dissuade de mettre a execution certains projets ; elle distille en moi le sentiment de culpabilite qui me ronge La question posee est de savoir si l’immoralite d’une action l’empeche d’etre libre, ce qui ne signifie pas a contrario qu’une action doive etre morale pour etre libre ! Elle peut encore etre tout simplement amorale.

C’est donc l’immoralite qui occupe une place centrale. THESE : Une action immorale est une action qui enfreint les regles morales ; or, l’experience de l’infraction procure un sentiment de liberte ou de puissance dans la mesure ou l’on fait ce que l’on a envie de faire malgre les interdits. La liberte s’eprouve d’autant mieux que ma volonte s’affirme contre un obstacle et s’en affranchit. En outre, ces regles conventionnelles, etablies par la societe ne sont-elles pas l’expression d’une ideologie sclerosante qui visent en realite a mutiler ma creativite ? (cf. Nietzsche La genealogie de la morale) ANTITHESE :

Pourtant, une action immorale est une action que l’on ne peut pas raisonnablement vouloir. C’est toujours notre interet que l’on souhaite mais non pas l’immoralite elle-meme. On ne veut pas le mal pour le mal. C’est accidentellement que l’on accomplit le mal c’est-a-dire en visant autre chose, une satisfaction autre. Des lors, c’est contre sa volonte et contre sa raison (ou encore par manque de lucidite) que l’on accomplit une action immorale. L’erreur consiste a vouloir pour soi une exception a la regle dont on puisse tirer profit. On veut un interet particulier. Ainsi il n’est pas vrai que l’on soit libre.

Pour etre libre, il faut etre pleinement en accord avec soi-meme i. e. avec sa raison. Si je veux quelque chose pour des raisons particulieres et non pas pour des raisons generales telles que cela pourrait etre voulu en soi, alors je ne suis pas libre. L’accord avec soi-meme reside dans l’auto-nomie (autos, nomos) c’est-a-dire dans le fait de se donner a soi-meme les Lois et d’agir ainsi pour des raisons qui ne me sont pas particulieres mais pour des raisons valables en soi, desinteressees ! (cf. Kant Critique de la raison pratique et Fondements de la metaphysique des moeurs)

SYNTHESE : Certes l’action immorale n’est pas libre parce que l’immoralite induit une structure de l’action telle que le sujet ou l’auteur n’est pas en accord avec lui-meme. Neanmoins, il faut aussi se demander si l’action immorale notamment en politique, une fois accomplie et consideree independamment de son auteur, ne saurait etre libre d’un point de vue historique. En effet, des actions immorales par elles-memes ne peuvent-elles servir des fins, un projet historique plus general qui soit l’avenement de la liberte ? Ainsi, selon que l’on considere l’action du point de ue de sa cause subjective ou du point de vue de ses consequences, le resultat ne sera pas forcement le meme. Une action en soi immorale (ex. : le crime) peut du point de vue du domaine politique en fonction duquel elle est accomplie trouver une legitimite au moins partielle. Ce n’est plus simplement une action immorale mais une action necessaire a la sauvegarde de l’ordre politique, lequel ordre politique est selon Rousseau la condition d’une authentique liberte. Ne dit-il pas,par exemple, que l’on peut, si necessaire, contraindre les citoyens a etre libres ? Or, la contrainte est acte immoral ! (cf. Hegel, Rousseau)