Sujet Francais

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Texte 1 De retour en France après son séjour à Rome où ses fonctions le conduisirent à fréquenter la cour du pape, Du Bellay poursuit sa peinture des courtisans. « Seigneur(l), je ne saurais regarder d’un bon œil Ces vieux singes de cour, qui ne savent rien faire, Sinon en leur marcher les princes contrefaire(2), Et se vêtir, comme eux, d’un pompeux appareil(3). Si leur maitre se moque, ils feront le pareil S’il ment, ce ne sont eux qui diront le contraire, Plutôt auront-ils vu, a La lune en plein midi, m ora Si quelqu’un devant Ils le vont caresser, b Sni* to View 4),

S’il le reçoit mauvais(5), ils le montrent au doigt. Mais ce qui plus contre eux quelquefois me dépite(6), Cest quand devant le roi, d’un visage hypocrite, Ils se prennent à rire, et ne savent pourquoi. » Joachim Du Bellay, Les Regrets, « Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon œil… 1558 Texte 2 « La Génisse, la Chèvre, et leur sœUr la Brebis, Avec un fier Lion, Seigneur du voisinage, Firent société(7), dit-on, au temps jadis, Et mirent en commun le gain et le dommage. Dans les lacs(8) de la Chèvre un cerf se trouva pris. Vers

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ses associés aussitôt elle envoie. dépeça

Prit pour lui la première en qualité de Sire : « Elle doit être à moi, dit-il, et la raison, C’est que je m’appelle Lion À cela l’on n’a rien à dire. La seconde, par droit, me doit échoir(10) encor : Ce droit, vous le savez, c’est le droit du plus fort. Comme le plus vaillant, je prétends la troisième. Si quelqu’une de vous touche à la quatrième, Je l’étranglerai tout d’abord. » » Jean de La Fontaine, « La Génisse, la Chèvre et la Brebis, en société avec le Lion », Fables, livre l, 6, 1668 Texte 3 « Je ne sais rien de gai comme un enterrement ! Le fossoyeur qui chante et sa pioche qui brille,

La cloche, au loin, dans l’air, lançant son svelte trille(1 1), Le prêtre en blanc surplis(12) qui prie allègrement, L’enfant de chœur avec sa voix fraiche de fille, Et quand, au fond du trou, bien chaud, douillettement, S’installe le cercueil, le mol éboulement De la terre, édredon du défunt, heureux drille(1 3), Tout cela me paraît charmant, en vérité ! Et puis, tout rondelets, sous leur frac(14) écourté, Les croque-morts au nez rougi par les pourboires, Et puis les beaux discours concis, mais pleins de sens, Et puis, cœurs élargis, fronts où flotte une gloire,

Les héritiers resplendissants 5) » Paul Verlaine, « L’enterrement » Poèmes saturniens, 1866 PAG » OF d pelouses, Square où tout est correct, les arbres et les fleurs, Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses. Liorchestre militaire au milieu du jardin, Balance ses schakos(16) dans la Valse des fifres . – Autour, aux premiers rangs, parade le gandin(17) ; Le notaire pend à ses breloques à chiffres. Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs : Les gros bureaux(1 8) bouffis traînent leurs grosses dames

Auprès desquelles vont, officieux cornacs(19), Celles dont les volants ont des airs de réclames , Sur les bancs verts, des clubs d’épiciers retraités Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme, Fort sérieusement discutent les traités, Puis prisent en argent(20), et reprennent : « En somme » Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins, un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande, Savoure son onnaing(21) d’où le tabac par brins Déborde — vous savez, c’est de la contrebande , — Le long des gazons verts ricanent les voyous ; Et, rendus amoureux par le chant des trombones,

Très naifs, et fumant des roses, les pioupious(22) Caressent les bébés pour enJôler les bonnes… – Moi, je suis, débraillé comme un étudiant, Sous les marronniers verts les alertes fillettes . Elles le savent bien ; et tournent en riant, Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes. Je ne dis pas un mot : je re p. GF3CFd pas un mot : je regarde toujours La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles : Je suis, sous le corsage et les frêles atours, Le dos divin après la courbe des épaules. j’ai bientôt déniché la bottine, le bas…

Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres. Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas… – Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres… » Arthur Rimbaud, Poésies, « À la musique 1870 l. Question En quoi les quatre textes du corpus relèvent-ils de la poésie satirique ? Il. Travaux d’écriture Vous traiterez au choix l’un des trois sujets suivants. Sujet 1 : commentaire de texte Vous ferez le commentaire du texte de Paul Verlaine, « L’enterrement » (texte 3). Sujet 2 : dissertation Dans quelle mesure la poésie est-elle un genre efficace pour résenter une critique de la société ?

Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés en classe et sur vos lectures personnelles. Sujet 3 : écriture d’invention Vous imaginerez un dialogue entre deux critiques littéraires au cours d’un débat sur la poésie. L’un pense que la poésie doit être utile et éveiller l’esprit critique du lecteur ; l’autre estime que l’on ne saurait la réduire à cette seule fonction. Chacun des points de vue devra comporter plusieurs arguments, illustrés par des références précises à des poèmes.