Statistiques

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STATISTIQUES ET INFORMATIQUES Reflexion sur les statistiques en sciences sociales. Statistiques comme cas particuliers des problemes sociologiques. Trois problemes : * epistemologique : reflexion sur l’activite scientifique, sur ses conditions, et sur a quelles conditions un discours peut pretendre a incarner une sce.

Premiere partie sur l’epistemologie des sciences sociales : le rapport aux statistiques au sens de l’interpretation et de l’usage qu’on en fait ou sur l’usage qu’on leur accorde dans la demonstration ne va pas de soit mais depend de choix theoriques et notamment de la maniere dont on repond a deux questions : qu’est-ce qu’une science ? Et qu’est-ce qu’un fait social ? C’est la facon dont on va repondre a ces deux questions qui va determiner le rapport aux statistiques.

Devant un meme fait statistique, des ecoles sociologiques differentes peuvent y voir des choses differentes : pas de lien direct entre un fait statistique et sociologique, ce qui fait que les sociologues peuvent proposer des interpretations antagonistes parce qu’ils ne partagent pas la meme conception du fait social et de la sociologie. Deux grandes ecoles antagonistes : les durkheimiens et l’ethno-methodologie (Schutz, Husserl, Simmel, -allemands- Cicourel, Garfunkel-americains).

Reference de la delinquance et et le suicide (2 phenomenes de deviance). Durkeim,

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1897, Le suicide * politique, historique, sociologique : l’idee centrale est qu’aucune statistique n’est neutre. La neutralite correspondrait a une realite qui leur pre-existerait, c’est l’illusion du constat. Elle a ete fortement critiquee, il faut rompre avec l’empirisme, les statistiques produisent en effet la realite qu’elles disent constater. Elles n’enregistrent pas le reel mais contribuent a le construire. La maniere de les enregistrer suppose forcement un choix.

La premiere grande question est la tradition de la critique de l’empirisme : trois grandes traditions : l’epistemologie francaise (Bachelard) et l’hermetique allemande (Weber) et le pragmatisme americain (James ou Dewey). Ensuite application aux statistiques et expose des 3 grandes traditions : neutralite des questions, neutralite des techniques. Le traitement statistique n’est pas neutre, les ecoles sociologiques n’utilisent pas les memes techniques parce qu’elles n’ont pas les memes hypotheses sur le monde social.

Par exemple : affinite entre la pensee de Bourdieu (pensee relationnelle du reel) et l’analyse geometrique des donnees/ analyse en composante ppale. Bourdieu, La distinction, 1979 (critique sociale du jugement). Enfin la non neutralite des classements. Dans La politique des grands nombres, histoire de la raison statistique, Alain Desrosieres (stat francais contemporain) donne une definition du role des statistiques, comme operation fondamentale est de classer : ‘le travail statistique vise a faire tenir ensemble des choses a priori singulieres et a fournir ainsi realite et consistance a des objets plus omplexes et plus vastes’. Le probleme essentiel de toute statistique est la mise en ordre du monde social, ce qui pose la question de comment le monde social est structure, quels sont les groupes et leurs frontieres et quelles sont les formes legitimes de classification. Question d’Etat comme instance de production des frontieres et des groupes sociaux : comment les categories statistiques sont partie prenante de la construction des esprits (perception de la realite puis realite elle-meme). Question de la genese des categories statistiques : comment, par qui ?

Exemple de la categorie du chomage et des categories socio-pros, des classes d’age. Question des statistiques ethniques : on voit que classer n’est pas un acte neutre, l’operation a des rapports avec des enjeux politiques et avec la perception que l’on se fait de la ste. * Methodo et technique Partie 1 : La question epistemologique Chapitre 1 : La tradition Durkheimienne C’est la premiere grande ecole de sociologie, et c’est une tradition encore dominante en France en particulier. C’est contre elle que d’autres paradigmes vont se construire.

Emile Durkheim : 1858-1917 Les regles de la methode sociologique (1895) : preface de la seconde edition, chap 1, 2 et 5 Le suicide (1997) Les formes elementaires de la vie religieuse (1912) Maurice Halbwachs 1877-1945 Les cadres sociaux de la memoire, Les causes du suicide (1930) Morphologie des classes sociales (recueil d’articles) : La statistique en sociologie, La loi en sociologie, La methodologie de Francois Simiano (economiste social) Marcel Mauss Heritage americain : les fonctionnalistes , annees 50 Merton Parsons Heritage francais : Bourdieu Levi-Strauss > Volonte d’importer le raisonnement scientifique en sociologie pour s’opposer a la tradition lettree. Durkheim veut transposer le raisonnement qui vaut en physique et en biologie a l’etude des faits sociaux. C’est cet objectif de rapprochement des sciences dures qui implique la sur-valorisation des methodes quantitatives comme la statistique et la devalorisation des methodes qualitatives parce que ne permettant pas d’acceder a l’objectivite. La statistique permet au sociologue d’avoir acces a des faits objectifs et lui permet de faire des experiences et donc de progresser (equivalent de l’experimentation).

I. Image de la science Pour devenir une science, la sociologie doit rompre avec deux types de discours et attitudes : * Les discours naifs, les savoirs spontanes, les representations communes, que les individus se font sur le Monde et qui se fondent sur le vecu, sur l’impression, sur le sentiment et sur l’opinion. L’Homme ne peut pas vivre en ste sans se faire des idees, des representations du monde social. Durkheim appelle cela des ‘pre-notions’ ou des notions vulgaires. Il trace une frontiere entre l’observation et la speculation (faits/idees). Observer les faits c’est la science et speculer sur les idees ue l’on se fait de la realite c’est l’ideologie. La science de la realite doit partir des faits et s’opposer a l’ideologie qui part de pre-notions. Le commandement est de rompre avec les pre-notions. * Critique de la philosophie : le sociologie doit rompre avec les modes de pensee philosophiques, Durkheim assimile la philo a l’assimilation, il parle des philosophes comme des individus isoles, replies sur eux-memes et qui produisent des reflexion qui se veulent pures mais qui ne parlent pas de la realite mais des idees. Durkheim met alors sur le meme plan les philosophes et le sens commun.

Au lieu d’une science de la realite, la philo ne fait qu’une analyse ideologique. Ce n’est pas une activite rationnelle ou objective mais sentimentale et artistique. Le chercheur doit avoir affaire a des faits exterieurs qui s’imposent a lui, pour sortir de la speculation et de l’ideologie. ‘Il faut traiter les faits sociaux comme des choses (… ) la chose s’oppose a l’idee’. La statistique permet alors d’annuler la subjectivite du chercheur, elle le force a sortir de lui meme et a lutter contre les pre-notions contrairement aux methodes qualitatives. On a affaire a des faits constatables par tous les autres savants.

On peut juste en prendre acte. La sociologie peut atteindre les memes statuts que les sciences dures : monisme (Auguste Comte, prof de Durkheim) : la science a un meme modele et procede de scientificite quel que soit son objet. Au contraire la tradition pluraliste affirme que quand les objets de la science differe, les methodes aussi, il n’y a pas un seul modele de la science. Comme la sociologie a affaire a l’Homme, il faudrait un modele social. II. Question du fait social Pour faire de la science en sociologie, il faut avoir affaire a des faits sociaux.

La definition du fait social de Durkheim : ‘manieres d’agir, de penser et de sentir qui presentent cette remarquable pte qu’elles existent en dehors des consciences individuelles’. Durkheim a une definition triviale de l’identite des sciences, il les differencie par leurs objets. Il distingue 3 types de sciences : la biologie qui etude des phenomene naturels, la psychologie qui etudie les faits individuels et le fait social qui releve de la sociologie (mot cree par A Comte) . Il y aurait des lois propres et autonomes, l’identite de la sociologie est liee a l’existence de faits specifiques qu’aucune science n’a etudie auparavant.

Le fait social est radicalement different du fait individuel, il est exterieur aux consciences individuelles. Ce qui est social n’est pas une accumulation de l’individuel. Le fait social a une existence propre, il s’impose aux individus. =; existence de la ste Cette exteriorite du fait social est central au durkheinisme, cela ce remarque par le phenomene de coercition sur nous exerce par les faits : il y a des choses que nous sommes obliges de faire sous peine d’etre punis. Des actions qui nous sont imposees ne dependent pas de notre volonte ndividuelle mais de la conscience collective, exterieure, de la ste. => si j’essaye de violer les regles de droit, elles reagissent contre moi, pour m’en empecher ou pour le reparer. Durkeim refute la conception rousseauiste contractualiste du droit, le droit n’est pas concu comme une convention entre des individus libres, il pense que les regles de droit sont la cristallisation des moeurs. Ce ne sont pas les individus qui creent le droit c’est la ste qui le leur impose. C’est donc un reflet de la conscience collective. =; les moeurs : la contrainte est moins violente mais il y en a une quand meme.

Si l’on s’habille mal par exemple on rompt avec les regles de conduite auxquelles nous devons obeir sous peine de sanction comme le rire, la honte. Le fait qu’il y ait des sanctions montre qu’il y a un ordre de fait qui est exterieur a l’individu et qui est doue d’un ordre de coercition en vertu duquel il s’impose a lui. Ces faits constituent une espece nouvelle qualifies sociaux (ste comme substrat). Durkeim est prise dans les dispositifs de son epoque, il est classique alors de distinguer les sciences selon leur objet, il reprend les categories a Auguste Comte (fondateur de la sociologie).

Cette distinction a ete deconstruite par toute la modernite theorique, qui tente de demolir l’idee qu’il y aurait des faits psychologiques, naturels et sociologiques. Le premier des critiques est le neveu de Durkeim, Marcel Mauss (1872-1950) qui a ecrit Essai sur le don, et qui a reflechi sur les rapports entre sociologie et psychologie en essayant de brouiller les frontieres instaurees par Durkeim dans Les techniques du corps (1936) : il essaye de monter que le social dresse le physiologique, comment la ste dresse les corps des individus (facon de marcher, de danser, de nager, de se reposer).

Il veut montrer une empreinte de l’education sur le physique et sur la materialite meme du corps. La ou Durkeim voyait des frontieres il voit des influences. Dans Sociologie et anthropologie , qui contient Effets physiques chez l’individu de l’idee de mort suggeree par la collectivite (1926) il lie des domaines, c’est un travail anthropologique qui repose sur l’observation de tribus australiennes et de Nouvelle Zelande, il etudie ‘ce sont des cas de morts causees brutalement chez de nombreux individus tout simplement parce qu’ils savent ou croient qu’ils vont mourir’.

Il exclut de son etude le suicide (fait volontaire) et les individus qu’ils savent qu’ils sont malades. Il se concentre sur des faits sociaux plus radicaux, ‘ce sont des individus qui croient pour des raisons collectives qu’ils sont dans un etat proche de la mort’. Il distingue trois causes sociales de la croyance de la mort : * la magie : on croit ou sait qu’on nous a jete un sort * la religion : on a profane un element sacre et on a appele la colere des dieux * la societe : on a commis un acte prohibe et on est soumis a une sanction de mort potentiellement Les individus sont persuades que le resultat de leur action est la mort.

Mauss appelle cela les effets de la morale sur le physique. D’abord Mauss attire l’attention sur le fait que les effets de la morale sur le physique ne sont pas toujours aussi graves que la mort. Il prend l’exemple d’une tribu australienne reputee pour sa vigueur, il observe des effets tres puissants des croyances morales sur les capacites physiques. Il prend l’exemple d’une jeune Kurnai sans aucune blessure, fort et sain, un jour un anthropologue le trouve malade, il explique qu’il a vole un opossum, il se croit condamne par les anciens, il ne se releva plus jamais et mourra en 3 semaines.

Il en conclue qu’il est impossible de distinguer le biologique, le naturel et le social et qu’il y a une imbrication fondamentale : ‘ces faits montrent que la nature sociale rejoint tres directement la nature biologique de l’Homme’. Mauss propose une categorie restee celebre : les faits sont toujours totaux, ils sont toujours a la fois les 3, pour les comprendre il faut analyser les 3. La grande question qui s’est posee a partir de la est qu’est-ce qui fait l’identite d’une discipline, si jamais tous les faits sont totaux, y a t’il de la place pour des disciplines differentes ou n’y a t’il qu’une grande science a l’objet identique ?

On va attribuer au sujet de la science et a la maniere de faire de la science que l’on va distinguer les sciences. L’identite de la sociologie ne reside pas dans l’identite d’un fait mais dans le choix d’un point de vue sur les faits. Etre sociologue est choisir devant un fait neutre d’etudier un certain nombre de variables, de considerer un certain nombre de donnees d’existence comme pertinentes et d’autres comme secondaires. > Bourdieu, Homo academicus (1984) ‘la construction sociologique se distingue d’autres constructions possibles par la liste finie des proprietes efficientes des variables agissantes qu’elle retient et du meme coup par la liste infinie des proprietes qu’elle exclut au moins provisoirement comme non pertinentes. ‘ Il prend l’exemple du crime, si en lui meme il n’appelle pas de demarche particuliere, si on est psy on retient comme pertinent le rapport a la famille, et le sociologue prendra en compte la position sociale, le genre etc. ; Ferdinand de Saussure (srtucturaliste) ‘C’est le point de vue qui cree l’objet’ Chez les durkeimiens on a conviction que c’est la statistique qui permet au sociologue de demontrer l’existence de faits sociaux, des faits valables pour un groupe donne et qui sont contraignants pour les individus. La statistique a permis de mettre en evidence des phenomenes qui sont stables dans les groupes et dans le temps, il y a des taux stat qui varient pas ou peu.

Or dans le temps les individus qui constituent le groupe ne cessent de changer, et pourtant les taux restent identiques dans le temps. Donc cela montre que le phenomene est lie au groupe, a sa structure et non aux individus. Les stat permettent de mettre en evidence des regularites qui varient collectivement, qui sont determinees par des forces sociales. =; Halbwacks ‘L’agregation de constats individuels fait voir des faits qui sont distincts de ces elements individuels’ (La statistique en sociologie). Exemples : Esperance de vie : duree de vie moyenne calculee par les stat qui n’est pas la duree de vie exacte d’un individu tire au hasard mais qui est cependant une realite parce que se retrouve a travers le temps. Quand on n’est pas durkeimien, on considere que l’esperance de vie est la moyenne, Durkeim dit au contraire qu’on montre une duree sociale de vie qui est valable pour le groupe et qui a determine la mort des individus du propre. L’esperance de vie moyenne a donne l’esperance sociale de vie, qui est un fait social, valable pour le groupe et qui va determiner les morts individuelles.

Ce qu’on entend par statistique c’est l’agregation des morts. * Suicide : pour montrer que c’est un fait social et non individuel, il remarque que sur une periode par trop etendue et pour une ste, le chiffre des suicides est a peu pres invariable. D’une annee a l’autre, les circonstances de la vie des individus restent sensiblement les memes. Il etablit une loi sociale de suicide, il montre que le nombre de suicide varie selon la structure du groupe et ses caracteristiques, preuve que les suicides obeissent a des forces qui les depassent et qui sont donc de nature sociale.

Question du fait en science et sur la place du fait dans le raisonnement scientifique : C’est la mise en evidence d’une loi statistique, la demonstration du fait qu’il existe des faits ou des regularites qui varient non pas selon les individus mais selon les groupes, qui montrent qu’il existe un fait social. =; Gaston Bachelard (1884-1962), La philosophie du non (1940) : se bat contre ne image naive de la science selon laquelle le scientifique part des faits, construit ses hypotheses et les verifie. Cela supposerait que les scientifiques partent du constat.

Selon lui au contraire, la science commence par un ‘non’, un refus de la realite, une distance avec le Monde tel qu’il est offert par l’evidence. ‘Le fait scientifique est conquit, construit, constate. Il est conquit contre les evidences, il est construit avec un appareillage theorique et methodologique et enfin il est constate’. Le Suicide, Emile Durkeim, 1897 : introduction des methodes quantitatives dans le raisonnement sociologique Il insiste dans son introduction sur le fait qu’il y a peu de faits qui sont consideres comme accidents individuels, choix singuliers, comme c’est le cas du suicide.

Il essaye de montrer que le suicide est un phenomene social et que ce sont des forces sociales qui determinent les individus a se suicider. Il ecrit que chaque societe a a un moment de son histoire une aptitude pour le suicide. Il ecarte toutes les causes extra-sociales qui pourraient expliquer cette regularite : * etats psycho-pathologiques * la race ou l’heredite (trop de consanguinite) * les facteurs cosmiques Il utilise la methode des variations concomitantes, methode qu’il utilise toujours pour etablir une preuve et qui consiste a dire que deux faits sont lies entre eux quand ils varient ensembles.

C’est ce qu’on appelle en stat la covariance. Il va recuser ces trois premieres causes extra-sociales. La quatrieme cause extra-sociale qu’il va analyser est l’imitation. Gabriel Tarde, (concurrent obsessionnel de Durkeim, prof de psychologie sociale au College de France) ecrit en 1890 Les voix de l’imitation (repris par Foucault et Deleuze) : l’imitation est tres importante parce qu’elle permet de comprendre l’existence de faits sociaux sans accepter l’idee de Durkeim de la ste. Tarde considere que la ste est un fantasme.

Il explique l’identite entre les individus par des processus d’auto-imitation et des phenomenes de diffusion immanente. Il prend en exemple la mode, un genie invente un comportement qui va se diffuser entre les individus par des phenomenes d’imitation : processus interindividuel et transversal de diffusion. Durkeim est contre et considere que ce n’est que de la psychologie sociale. Phenomene de diffusion geographique du suicide. Durkeim montre un phenomene de diffusion geographique du suicide, reduite a sa seule force l’imitation ne peut rien a moins qu’elle tombe sur un individu qui est enclin au suicide.

Il parle plutot des phenomenes de contagion en cas de predisposition. L’imitation n’a ete que l’occasion de le faire mais non pas la raison explicative du comportement. Exemple de l’incitation par les jeux video violents ou les films pornos : Tarde etait pour la conception de l’incitation, il voulait qu’on supprime de la presse la publicite d’un certain nombre d’actes notamment les suicides ou les crimes. Est-ce que limiter la publicite d’un acte va en limiter l’occurrence ?

Durkeim parle de l’interdiction proposee par Tarde, et dit que cette politique de censure confond l’occasion et la cause, le pretexte et la determination objective. Les crimes, les suicides sont lies a la constitution morale du groupe, aux regles, a la structure objective. En ce sens l’imitation ne fait que declencher qqch qui etait deja determine par des forces sociales prealables. Si on s’en prend au pretexte, on s’en prend a la justification et non a la cause objective de l’acte, le fait se produira de toute maniere mais d’une autre facon. Il est possible que cette prohibition reussisse a alleger de qques unites le montant annuel de ces differents actes (…) mais l’etat moral du groupe ne serait pas change pour cela’. Selon lui il conclue qu’on ne peut expliquer le taux de suicide que par la sociologie, il existe un fait social du suicide ‘il resulter que le taux social des suicides ne peut s’expliquer que sociologiquement, c’est la constitution morale de la ste qui fixe a chaque instant le contingent de morts volontaires il existe pour chaque peuple une force collective qui pousse les hommes a se tuer’.

Idee du determinisme introduit par la question du suicide comme un fait social, point les plus radical et le plus critique : l’individu n’est jamais a l’initiative ou a la source des comportements qu’il produit, il n’est pas un auteur, lorsqu’il fait un acte il ne fait qu’actualiser une force ou une tendance d’origine sociale qui lui est superieur. C’est l’occasion pour que qqch qui devait de toute facon se produire le fasse. Les individus sont sociologiquement substituables. Cette substitualite entraine que l’on ne peut explique le social que par le social.

Les raisons singulieres ne comptent pas. Cela entraine une distinction entre les raisons et les causes. Toutes les sociologies plus personnelles comme celle de Weber vont critique cette distinction. Les raisons sont les motifs que les agents se donnent pour entreprendre une action. C’est une representation subjective qui renvoie a la facon dont les individus se representent ou vivent la facon dont ils vont faire qqch, renvoie a la conscience, a la deliberation. Tout determinisme affirme que les raisons ne sont pas les causes des actions.

Les causes objectives sont les forces sociales qui determinent le comportement, c’est la position dans l’espace social, la trajectoire, les ptes. Ces forces creent un conglomerat qui determinent une certaine action. Le determinisme va recuser la conscience comme etant a l’initiative des actes. ‘Faire des necessites vertus’ par la cause. Durkeim va recuser la tristesse comme cause du suicide, ‘ce sont des tendances de la collectivite qui determinent des individus a se tuer’, la tristesse n’a d’influence que si on lui donne de l’importance, et cela via la ste.

Il trouve la vie triste parce qu’il est triste, mais cela vient du groupe auquel il fait partie. Perception non deterministe Accident de parcours =; tristesse =; determinisme a se tuer =; suicide Perception deterministe Etat moral de la ste =; disposition morales chez la personne =; determinisme a se tuer =; tristesse =; suicide occasion (accident) Quelles sont les grandes causes sociologiques qui poussent les individus a se tuer ? Deux grands facteurs et 4 types de suicides Integration dans la ste : designe le degre avec lequel nous sommes lies a des institutions, a des groupes ou a des collectifs en general qui donnent du sens a nos existences, qui font qu’on se sent integre. Idee de Blaise Pascal de l’absurdite a la vie humaine, il faut des raisons et des justifications d’exister qui arrache l’individu a l’arbitraire, c’est la ste qui les lui donne. L’integration est le degre avec lequel la conscience individuelle participe de la conscience collective. Distinction de deux types de suicides : Defaut d’integration : les individus sont isoles de la ste, rien ne leur donne du sens : suicide egoiste (romantique ou le celibataire) * Exces d’integration : Suicide altruiste : la conscience individuelle est tellement integree dans la conscience qu’il n’a plus de sens de l’individualite et est capable de mourir pour le groupe (militaire, suicide collectif des sectes) * Regulation : l’Homme est de nature insatiable, la ste a pour role de reguler les desirs des individus pour les rendre realistes pour ne pas qu’il y ait le delire, la folie. Exces : le suicide fataliste, quand la vie est toute tracee, quand le futur colle au present, defaut de fantaisie (femme mariee) * Defaut : le suicide anomique (periodes de grands bouleversements) Deux coefficients de correlation * religion et suicide : se concentre sur les juifs, les protestants et les cathos. Pratique differente selon la religion : les juifs se suicident moins que les cathos, qui se suicident moins que les protestants. Raison theorique : les trois religions interdisent le suicide, et jettent une forme d’infamie sur les suicides.

Les individus qui ont des valeurs identiques ont donc des pratiques differentes, on ne peut pas expliquer les pratiques par les valeurs, ou les comportements sociaux par la conscience des individus. Ce sont des causes morphologiques qui l’expliquent comme la structure du groupe et non les representations subjectives des valeurs et croyances. Il explique que le niveau d’integration du groupe est different selon les communautes. La religion protestante est plus individualiste que le catholicisme donc la conscience sociale du groupe a moins d’emprise sur la conscience individuelle.

Il y aura donc une sur-representation des protestants dans la categorie de suicide egoiste. Les juifs sont selon lui une minorite opprimee, etre victime de l’antisemitisme cree des sentiment de solidarite d’une particuliere energie, l’integration est importante. La Republique peut avant tout moraliser la ste et creer une integration et de la solidarite. On a besoin de groupes coherents qui integrent les individus. * etat civil et suicide : mise a part la femme mariee trop jeune, le taux de suicide varie de maniere inverse par rapport au degre d’integration familiale, plus on est integre moins on a de probabilite de se suicider.

Les celibataires se suicident plus que les non maries, plus on a d’enfants moins on se suicide. Durkeim prend position contre le divorce (supprime par la loi Bonald en 1816 et puis la loi Naquet de 1884 re instaure une autorisation pour des fautes precises comme l’adultere,la condamnation du mari ou de la femme ou l’existence de sevices ou d’injures graves). Selon lui cela produit une diminution de la capacite d’integration du mariage envers les individus, ce qui entrainera une plus grande emprise de la ste.

Le lien matrimonial est affaibli par la loi Naquet, le droit au divorce diminue l’effet positif du mariage a savoir la stabilisation de la vie et la canalisation du desir. III. Raisonnement statistique : objectivation et verification d’hypotheses et isolation de facteurs On pourra selon Durkeim faire des progres en sciences sociales via la methode statistique. Dans la methodologie de Francois Halbwachs ‘la statistique est en sociologie l’equivalent des methodes employees dans les autres sciences, elle est un procede d’abstraction aussi efficace que la methode experimentale en science naturelle’.

Qu’est ce que progresser en sce ? C’est monter en generalites. C’est montrer que le modele anterieur propose est un cas particulier d’un modele general. Un theorie est superieure non quand elle est plus vraie, non quand elle la contredit, mais quand elle est plus generale. Thomas Kuhn (historien et epistemologue des siences) La structure des revolutions scientifiques : il montre qu’il y a deux modes de developpement possibles des sciences : * Les episodes cumulatifs : on cumule des connaissances partielles et on les integre ces savoirs regionaux dans un paradigme donne de plus en plus general, c’est la science normale. Les episodes revolutionnaires ou on change de paradigme : il s’agit de transformer la vision du Monde, de transformer le socle theorique pour construire un nouveau monde scientifique (d’ou les discontinuites dans l’histoire des sciences). Dans Les causes du suicide en 1930, Halbwachs reprend les statistiques de Durkeim et fait une premiere remarque sur les tentatives de suicide, selon lui si l’on veut faire une etude des forces sociales qui determinent les individus a vouloir se tuer, Durkeim a commis l’erreur de ne pas analyser les tentatives ratees.

Il analyse les archives des hopitaux. Cela a transformer l’analyse de Durkeim sur le rapport entre hommes et femmes. Selon D le suicide est un comportement masculin, alors que selon H lorsque l’on integre les tentatives, le suicide devient feminin. Les femmes reussissent moins leur tentative. H fait d’autre part une sociologie des moyens, il montre que les femmes utilisent des methodes plus douces, qui preservent le corps : methodes comme le gaz ou les medocs alors que les hommes utilisent des methodes plus violents (pistolet, pendaison).

Par consequent les hommes sont moins secourables et donc moins souvent morts. H a essaye de montrer que D s’etait trompe dans ses explications, il va se pencher sur le rapport entre religion / etat civil et suicide et va demontrer qu’il y a une variable cachee. D a cru voir une relation directe alors qu’une troisieme variable est la seule determinante des 2 relations. =; La question centrale est deux series peuvent etre statistiquement correlees et ne pas entretenir de lien causal d’un point de vue sociologique.

Cela pose la question des variables cachees, Paul Lazarsfeld pour rendre les sociologues attentifs a cette question, il montre qu’il y a dans tous les pays une forte correlation entre le pourcentage de cabines telephoniques et le taux de natalite. On a une causalite statistique entre ces deux variables, mais en realite il y a une variable cachee (on nie le caractere social de la stat) qui est le taux d’urbanisation. Selon lui plus le taux d’urbanisation est eleve plus on a de cabines tel, de meme moins on a de taux de natalite.

La causalite sociale est donc entre le taux d’urbanisation et le taux de natalite. Si l’on mesure la reussite scolaire et l’immigration , on constate que le taux d’echec scolaire des enfants d’immigres sont plus importants. Il y a deux interpretations possibles, certains vont dire qu’il y a des dominations specifiquement raciales, d’autres vont dire qu’il y a une variable cachee qui est l’appartenance de classe. 10/03/10 Tradition durkheimienne Dispersion d’une serie (mesure l’heterogeneite ou homogeneite du groupe)

Cette question est tres importante parce qu’elle pose la question de la frontiere dans l’espace social (qu’est-ce qu’un groupe social ? ) On a un indicateur de dispersion qui met en validite le principe de regroupement (heterogeneite = groupes sociaux mal construits / homogeneite = bonne construction) On varie autour d’un point fixe : la moyenne. Un groupe homogene serait un groupe ou les individus sont proches de la moyenne, donc la moyenne reflete bien les caracteristiques du groupe. L’indicateur de dispersion c’est la variance. Variance V(x) = 1/n ? (x1-x)2 moyenne : x = 1/n? x ecarts a la moyenne : x1- x(moyenne) ) L’indicateur qu’on utilise le plus est l’ecart type, la variance etant difficilement interpretable. x=vV(x) = v(1/n? (x1-x)) L’ecart type = c’est en moyenne combien chaque variable s’ecarte de la moyenne. Ex. on a 0 et 20, donc moyenne 10 V(x) = ? ( (0-10)2+(20-10)2 ) = 100 donc x=v100 = 10 ! En moyenne, chaque valeur s’ecarte de la moyenne de 10 de 10. L’ecart type est 10. La liaison entre deux variables est importante : car elle donne la relation entre la dependance ou independance.

Les deux variables sont dependantes : lorsqu’on a une info sur une cela nous donne une info sur l’autre Les deux variables sont independantes : lorsqu’on a une info sur une cela ne nous donne pas une info sur l’autre. Pour mesurer l’independance : on se demande si la variation d’une variable est correlee avec l’autre (si l’une varie, l’autre varie aussi) Pour cet indicateur de dependance on utilise l’indicateur de dispersion : si une variante s’ecarte de la moyenne, on regarde si l’autre varie aussi. covariance COV (X,Y) = 1/n ? (x1-x)(y1-y)

Quand X s’ecarte de sa moyenne, X1-X = >0 et Y1 – Y = >0 X1-X = <0 et Y1 – Y = <0 La covariance peut etre positive (les variables sont lies entre elles, elles varient dans le meme) ou negative (les variables varient en sens inverse). Pour de variables independantes la covariance est nulle. A l’inverse, plus la covariance est elevee, plus les variables sont dependantes. On trouve rarement la covariance Coefficient de correlation : 9x,y = cov(X,Y) / x y C’est un chiffre entre -1 et 1. S’il est negatif les series varient en sens egatif, s’il est egal a 0 ce sont les memes. (voir p. 57) Deux series peuvent etre correlees statistiquement sans pour autant avoir de relation de causalite entre elles. Des liens statistiques ne sont pas toujours des causalites sociologiques. Il ne faut superposer la question statistique a la question sociologique. C’est la question des variables cachees. Paul Lazarsfeld (« les chomeurs de Marienbad ») a mis en garde avec un exemple tres trivial : Statistiquement plus il y a de cabines telephoniques moins le taux de natalite est eleve. C’est bouffon.

Il y a une variable cachee ! On ne peut pas tout dire avec les statistiques. La variable cachee etant ici le taux d’urbanisation, elle est correlee aux deux autres, le lien est purement est statistiques. Donc plus le taux d’urbanisation est eleve, plus il y a de cabines telephoniques, plus le taux d’urbanisation est eleve, plus le taux de natalite est bas (car il est plus bas en ville). On pourrait avoir un lien entre les deux, mais il n’est que statistique !!! P. ex. : dans une etude : Enfants issus de familles d’immigres ont un taux d’echec plus grand en matiere scolaire.

On peut interpreter cela comme une question de discrimination, sociales, ethniques, etc. Les « marxistes » interpretent quand a eu d’un point de vue economique. L’echec n’est pas lie du fait de l’immigration mais parce que les immigres sont pour la plupart des ouvriers, donc retombent dans une autre statistique, celle de la relation entre reussite et profession des parents. Est-ce que un arabe/noir echoue a cause de son ethnie ou de sa classe sociale ? Comment demontrer l’existence d’une variable cachee ? Regression lineaire C’est la seule methode capable d’isoler une variable des autres.

La deuxieme methode, plus artisanale est la comparaison. On reprend les deux relations de Durkheim (phenomenes locaux) : que les protestants se suicident plus que les catholiques (confession religieuse), le suicide est plus nombreux parmi les celibataires (etat civil). On va deconstruire cela et en faire une loi plus generale. La confession religieuse et l’aspect de la famille sont les aspects d’une realite plus complexe La variable cachee est le lieu de vie (rural ou urbain) ! Durkheim prend deux phenomenes, alors qu’il n’y a qu’un seul…

On demontre que d’une part il y a une surrepresentation des protestants en ville, en une surrepresentation des catholiques a la campagne ; il y a une surrepresentation des celibataires a la ville et une surrepresentation des gens maries a la campagne. Il y a donc un lien entre le mode de vie et le suicide ! : rural = lieu d’integration, de communaute, solidarite avec les voisins / ville = triomphe de l’individualisme, anonymat, solitude, integration sociale plus faible. Il y eut une experience : construction des taux et comparaison : Suicide des protestants a la ville et suicide des protestants a la campagne

Suicide des catholiques a la ville et suicide des protestants a la campagne tx de suicide ptt’ville’ – tx de suicide ptt’camp’ > tx de suicide ptt’ville’ – tx de suicide catho’ville’ la variation du lieu de vie est superieur a la variation liee a la religion ! La difference est donc entre les urbains et les ruraux. La meme experience est valable pour le taux ‘famille’ Le paradigme ethno methodologique va remettre en question entierement le paradigme durkheimien : le paradigme durkheimien marche si les statistiques enregistrent la realite et en fournissent une image fiable.

Si les statistiques sont fiables, le paradigme durkheimien est acceptable. Le paradigme ethno methodologique vont remettre en cause, en pretendant qu’il y a des erreurs de classement etc, pour eux les durkheimien le traitent comme un probleme marginal. Pour les ethno methodologues c’est le probleme central !!! A partir de ce tout petit point, on transforme notre perception des statistiques. Les statistiques ne refletent jamais la realite ! En theorie, la tradition durkheimienne est infaisable et la realite objective n’existe pas.

On ne peut pas classer les statistiques ! C’ est l’essor du subjectivisme en sciences sociales ! 17/03/2010 L’ETHNOMETHODOLOGIE Les statistiques ne refletent pas la realite, on ne peut faire de la science a partir de statistiques (comme le voulait faire Durkheim). Ce qui ne remet pas en cause son ambition. Ils critiquent la realite objective. 1. Le paradigme ethnomethodologique Deux courants differents, qui partagent cependant un nombre de presupposes. On les range dans une categorie commune par opposition aux Durkheimiens. 1. a. 1 L’ethnomethodologie au sens strict

Le fondateur : Alfred Schutz (1899-1959), nee a Vienne et emigre aux Etats-Unis. A l’origine il etait juge. Il etait un eleve d’Edmond Husserl (philosophie de la phenomenologie) et va appliquer la philosophie de Husserl a la science sociale. * Essai sur le monde ordinaire, chpt. Importance de Husserl pour les sciences sociales. * Essai sur le quotidien, phenomenologie sociale Harold Garfinkel (*1917), Recherche en ethnomethodologie, a beaucoup travaille sur les travaux d’avantgarde, sociologie du genre, et delinquence juvenile, comment se cree l’opinion publique.

Un eleve de Garfinkel, Aaron Cicourel. (le diagnostique medical) 1. a. 2 Ecole de Chicago Tres differents de l’ethnomethodologie. Ecole de sociologie urbaine. Fondateur : Robert Park (1864-1944), il etait reporter et journaliste, eleve de Georges Simmel. Park va fonder une ecole de la sociologie en concurrence avec Durkheim (distinction entre savant et ordinaire), Park considere qu’il n’y a pas de rupture entre la science et l’opinion. Il considere la science comme du « journalisme plus elabore, plus scrupuleux ».

Howard Becker (*1928), sociologie de la troisieme generation, Outsiders (1963), qui est un livre sur les carrieres deviantes (minorites, drogues, homosexuels) ; travail de resocialisation. Erwin Goffman (1922-1982), grand sociologue du XXeme siecle, Asyl (1982), observation des malades mentaux dans les asiles (= institutions totales qui encadrent la vie des individus qui y vivent / expliquer sociologiquement sans prendre en compte le fait qu’ils sont alienes) ; Stigmate (1963), qui analyse le rapport dans la vie quotidienne avec les personnes qui portent des stigmates et les autres.

Usages sociaux du handicap. 1. b. Analyse Les faits sociaux sont exterieurs aux individus, le sociologue doit traiter objectivement les objets (objectivisme) Durkheim. C’est cette conception que vont critiquer les phenomenologues sociaux en mettant en place un paradigme subjectiviste qui va renverser completement les perspectives de Durkheim en refusant de considerer que le monde social est exterieur a l’individu. « Du point de vue phenomenologique le social n’est pas simplement un objet, mais avant tout la situation vecue dans un present vivant »

Idee selon laquelle que si on veut vraiment faire de la sociologie, il faut renverser le point de vue durkheimien et mettre au centre l’homme et la facon par laquelle il experimente les faits sociaux. Mettre au centre la facon dont les hommes eprouvent la realite sociale. Il faut comprendre comment els groupes sociaux se structurent au long de la vie  ou vont definir intersubjectivement la situation sociale. C’est les hommes qui construisent la realite sociale par des actes intersubjectifs (et non prennent en compte une realite sociale exterieure).

C’est le sens que donnent les hommes qui compte. Le sens ne vient pas apres la realite. (? realite, puis sens). La realite sociale c’est la perception concentree, la facon dont les hommes prennent en compte la realite. Le monde est la construction intersubjective. Le probleme phenomenologique est un probleme de definition. Comprendre comment les hommes comprennent la realite, c’est essayer de definir la realite sociale. Schutz distinguent deux rapports : monde ordinaire et le monde extraordinaire. Dans le monde ordinaire, des situations sociales vont de soi.

L’expression : «  taken for granted ». Ces situations modales sont typiques, elles se deroulent selon un scenario attendu qui s’est deja deroule dans l’histoire. Tout le monde respecte les codes implicites de comportement. Les attentes de chacun sont confirmes dans la realite. Cette situation est percue comme typiquement semblable a une autre. P. ex. Un juge qui ouvre une seance, etc… Les individus reconnaissent le dispositif et comprennent le sens qui va de soi. c’est la routine (reproduction de l’ordinaire). Les normes qui regissent ces interactions ne sont pas explicites.

La sociologie rencontre une dilemme difficile : faire la sociologique de qqch qui reste implicite, cache. Qui n’apparait pas au grand jour, a l’etat inconscient. Il faudrait avoir acces a ce qui est « evident » pour les gens. Quand la routine se brise, quand il y a des accidents qui troublent ce qui va de soi. L’extraordinaire qui met en question extraordinaire. Cela arrive quand qqn ne se conforme pas a ce qui a ete institue. Il y a un mouvement de cirse dans le monde ordinaire. L’extraordinaire engendre une rupture avec le sens commun (doxa), qqch ne correspond pas avec ce qu’on avait anticipe.

Ce qui est interessant est la reaction des individus a l’evenement. En effet, la premiere question qu’on se pose est : « qu’est-ce qu’il se passe » ouvre la question de la definition. p. ex. le juge se met a chanter, il rompt le scenario attendu par tout le monde : moment de surprise. Ensuite on essaie de donner du sens a la situation. On essaie de restaurer collectivement du sens a ce qui arrive. Plusieurs types de scenario : c’est une blague, il est fou, il est bourre… Les individus vont collectivement par des mouvements de rumeurs construire une opinion majoritaire.

Quand cela est fait : les gens se mettent a rire, ou appellent la police parce qu’il est fou…) Outil d’objectivation de l’ordinaire et analyser la concurrence du sens quand les rumeurs circulent. L’essentiel est que le reel n’est pas un donne qui s’impose aux hommes, il est cree par des actes subjectifs. Le reel est une production collective et intersubjective. Ce qu’on croit etre objectif c’est quand il y a une unanimite dans l’intersubjectivite. Il y a trois etudes celebres sur les questions de l’extraordinaire : – Essai : (Don Quichotte 1605/1615) Don Quichotte et le probleme de la realite :

Dans quelle circonstance tenons-nous les choses pour reelles ? (Question de William James) Sur Don Quichotte, on pourrait partir sur de la folie. Mais sociologiquement, c’est quelqu’un qui donne une autre interpretation de la realite que la majorite. Il a donne sa propre realite, il a cree ses propres normes dans la culture dans lequel il vit. Comment est-ce que ce constitue les definitions divergentes de la realite ? Comment se constituent les luttes entre les differentes perceptions de la realite sociale ? Etude de Garfinkel sur la Transsexualite :

Dans les annees 1950, Garfinkel ecrit sur le « cas Agnes » , « Passer, accomplissement du statut sexuel chez une personne intersexuee » : Personnes qui naissent avec les chromosomes definies et qui decident de changer de genre (Transsexuel) Les intersexues naissent avec des proprietes biologiques des deux sexes. Les medecins avec les parents vont choisir un sexe social. (Genre et sexualite). L’enfant va muer selon son sexe social et non selon son sexe biologique (experience dans les annees 50 ou l’on ne savait pas encore bien differencier les asexuels) Agnes est assignee garcon a sa naissance, mais veut devenir une femme.

Garfinkel a des entretiens pour reflechir sur les normes du genre. Les actions de la vie quotidienne sont saturees de dimensions sexuelles, les personnes « normales » sont tellement dressees et habituees a se comporter selon leur genre que ces pratiques sont spontanees et qu’on n’a pas conscience a obeir a des normes. Toutes ces normes passent a l’etat inapercu. Donc pour se rendre compte de cela, il faut les faire expliciter par les transsexuels. Elle devait en effet faire des efforts pour apprendre a se comporter comme une fille et interioriser ces normes.

Elle a une forme de savoir explicite sur ces normes. En outre, Garfinkel precise qu’elle est toujours rappelee a l’ordre par ses interlocuteurs (quand ses gestes trahissait son comportement non naturel, ainsi elle se rend compte de ce qui sont ces normes). « Les rites d’interaction » de Goffman ; inventeur de l’ « infiniment petit », des petites rites qui organisent les interactions individuelles. Il a beaucoup observe les cocktails, ou on ne sait pas tres bien sur quel pied danser, quand on se sent a cote des rites qui devraient organiser ces rencontres.

Il va analyser l’etendue des regles de structures des interactions. 1. b. 2 Application du paradigme phenomenologique aux statistiques de la delinquance Les phenomenologues ne s’interessent pas aux statistiques comme enregistrement de la realite, mais sur les processus de categorisation. Sur les manieres dont un acte est percu comme ressortissant sur telle ou telle categorie. Il ne fait pas utilise les statistiques comme reflet du resultat, mais comme produit des operations de categorisation et de classement. Aux Etats-Unis dans les annees 1950 il y a eu un grand debat sur la delinquance juvenile.

On essayait de comprendre quels groupes etaient « predestines » a la delinquance. surrepresentation des noirs, des pauvres, des jeunes par rapport aux blancs et aux dominants. Les Durkheimiens essaient de comprendre les raisons de ces statistiques ( = Etiologie) R. Merton a essaye d’expliquer les lois sociales qui expliquent pourquoi les noirs, pauvres et jeunes sont plus criminels que les autres. Merton refuse deux types d’explication de la deviance (paradigme durkheimien) : refuse l’explication psychologique (troubles dans l’enfance, etc. et il refuse l’explication de la mauvaise socialisation de ces personnes. Il distingue deux choses dans une societe : des fins legitimes et des moyens legitimes pour y arriver. Les fins legitimes = aux E. U : s’enrichir, se marier, avoir des enfants, etre proprietaires. (societe impose des fins) Les moyens legitimes= aux E. U. le travail, draguer, etc. Il va distinguer 4 categories de personnes selon leur rapport aux fins et aux moyens Fins / Moyens | Ok | Non | Ok | Gens conformes | Innovateurs / delinquants | Non | Ritualiste (il n’a pas de but dans la vie, c’est la routine) | Revolutionnaires / Ermites |

Le delinquant va contourner les moyens legitimes pour arriver aux fins legitimes. Le revolutionnaire veut creer de nouvelles fins. Donc le delinquant est parfaitement integre a la societe car il connait les fins legitimes, il n’est pas exclu, mais il n’utilise pas les moyens legitimes pour y arriver. Les seuls qui mettent en cause la societe sont les revolutionnaires. Un delinquant est un conservateur. Les groupes predisposes a etre des deviants sont des groupes defavorises des moyens legitimes (noirs : discrimination sur le marche du travail, etc. ) Ces groupes ne peuvent pas acceder aux moyens legitimes.

C’est contre cette interpretation que va se construire l’ethnomethodologie. Les phenomenologues vont critiquer cette demarche, la maniere dont sont construites ces demarches (il y a des perceptions differentes des actes selon les individus qui les commettent) (Texte de Cicourel : « Notes sur l’utilisation des statistiques officielles » 1963 ; il explique que d’une part la maniere dont on se construit la representation d’un acte sans l’avoir vu, et commet cet acte engage une action avec des consequences (penales…) ) 24/03/10 xxx A. Cicourel / Kilsus : sur les statistiques de la delinquance. a reconnaissance du delinquant d’une part et la culpabilite probable d’autre part ne se fonde pas du tout sur des elements objectifs (ou materiels), mais ce sur ce qu’on appelle des « typifications » ou des « interpretations preformees ». La police ne raisonne pas de facon inductive (in ne part pas de la situation pour induire la culpabilite de qqn). Le raisonnement policier est deductif, il part d’une interpretation preformee (d’hypotheses). La premiere chose que les policiers regardent c’est la couleur de peau, tenue vestimentaire, maniere de parler, agressivite et attitude vis a vis des forces de l’ordre.

A partir de ces elements diffus, ils se construisent mentalement une image de cette personne et ils en deduisent sa vie, sa moralite et son rapport a la loi. On part de la personne et pas de l’acte. A partir de cette image, ils vont etablir la probabilite de sa culpabilite. C’est a partir de la personne, du type d’homme qu’on s’imagine mentalement qu’on forme une representation de la culpabilite. (Ce n’est pas objectif. ) C’est a partir de ce jugement probable qu’on reconstruit le deroulement de l’action. La decision de la culpabilite precede la reconstruction du reel. (p. ex. affaire Viguier).

La police conclue a la culpabilite selon la probabilite de culpabilite. Si le taux de criminalite des noires est plus eleve, ce n’est par forcement parce qu’il y a plus de crimes, mais parce qu’a cause des images que se fait la police calques sur la probabilite, les noirs vont plus etre enquetes que les blancs. Il y a un effet de cercle vicieux, ou de prophetie auto realisatrice, ce qui va se confirmer dans les statistiques, ce qui amene a des pratiques discriminatoires. De meme, il y a un traitement different des incrimines devant les juges. La perception de l’acte differe. P. ex.

Si un bourgeois commet un crime, les juges et la police considerent cela plus comme un accident, comme un moment de defoulement, une chose secondaire. Il y a une espece de complicite entre le coupable, la police et le juge. On se contente d’un rappel a l’ordre ils sortent des statistiques de delinquance. A l’inverse, si c’est un noir ou un pauvre, la police et la justice percoivent cet acte de maniere inverse, pas du tout comme un accident, mais comme un signal d’alarme de quelqu’un qui est en train de devenir un delinquant, de s e marginaliser et d’entrer dans un carriere deviante.

C’est la prefiguration de la delinquance, de rupture des liens sociaux, etc. On considere qu’il faut reprimer fermentent pour dissuader la recidive  il faut une reponse penale forte ! il rentre dans la categorie de delinquants. En ce sens, la surrepresentation des noirs est defavorisee dans les statistiques, ce n’est pas une realite objective (methode durkheimienne), mais la resultante de processus illegaux de categorisation, processus par lequel un acte est attribue a tel ou telle classement par les institutions judiciaire.  La difference des taux manifeste des differences de traitement et pas de comportement. » La croyance sur laquelle les statistiques reposent sur la realite, repose sur la non prise en compte des categorisation qui introduisent une disproportion tres forte entre les differentes personnes selon leur statut social. Les statistiques renseignent sur la construction de la realite et non sur la realite subjective. C’est pour cela que les statistiques sont des artefacts. H. Becker, « Outsiders », produit un tableau celebre pour expliquer cela.

En effet, pour les statistiques sur les delinquants, il faut prendre en compte ceux qui violent la loi et ceux qui ne le font pas (objectivement) et ceux qui sont percus comme deviants et ceux qui ne le sont pas Categorisation/obeissance reelle | Obeissent la norme | N’obeissent pas a la norme | Deviant | Accuses a tort | Pleinement deviants | Non deviant | conformes | Secretement deviant | (L’usage durkheimien suppose la superposable des deux categories, alors qu’il faut utiliser ca. Ils utilisent les donnees jaunes pour parler des donnees vertes)

La critique par l’ethnomethodologie est aussi tres politique. L’analyse durkheimienne n’est pas neutre politiquement et contribue a construire des stereotypes. En effet, en faisant croire que les noirs et pauvres sont plus criminels, ils reproduisent les fondements (injustes) du systeme judiciaire, et donc fonde l’usage d’un traitement different. L’ethnomethodologie met en cause ce que la science durkheimienne ratifie ! Si on en resterait la, l’attaque contre Durkheim serait superficielle. On dit seulement pourquoi on ne peut pas faire de la science avec.

Il suffirait construire les bonnes statistiques pour pouvoir en faire une science. Cicourel va affirmer qu’on ne peut pas se contenter de dire que les statistiques refletent mal la realite, car cela reviendrait a dire que ce sont des erreurs de classement. (Un acte dote d’une propriete n’est pas place dans la meme case, il y a une distorsion de la realite). Cette idee de mauvais classement suppose une frontiere avec le monde reel. (Realite avec les proprietes intrinseques et la « realite » des statistiques) La propriete objective d’un acte ne procede pas la erception qu’on s’on fais mais la definition qu’on lui donne. La realite n’est pas independante de la perception qu’on se fait, mais les choses sont dotees de realite en fonction du sens qu’on leur donne et comme on les classe. (p. ex. : difference entre meurtre et euthanasie ??? Il n’y a pas de differences, c’est le meme acte, c’est la categorisation qui est differente !!! Un meme acte est l’un ou l’autre. Il n’y a pas de realite objective de l’euthanasie, c’est les personnes qui classent tel ou tel acte comme etant une euthanasie ou un crime.

C’est la perception intersubjective – donc le classement « statistique objectif » est faux ; c’est classement contre classement (et non realite contre fausse statistique) ) Il n’existe que des luttes de classement ! Ainsi le sociologue ne peut pas classer lui-meme, car il imposerait son propre classement. Donc, p. ex. si on a dans une societe un taux d’euthanasie donnee, on ne pas se demander quelles sont les forces sociales qui expliquent ce taux, mais c’est le resultat d’operation de categorisation, donc de combien de fois l’acte a ete classifie comme euthanasie. Ce qu’il faut etudier c’est la construction du taux !

La sociologique doit etudier les processus d’etiquetage dont les statistiques sont le resultat. On s’interesse au taux, mais pour le taux lui-meme. Faire une etude du taux de la criminalite c’est faire une etude des raison par lesquels ont percoit les criminels. : p. ex. pourquoi les crimes des noirs sont percus comme plus graves que ceux des blancs ? Et non pas le taux comme un reflet de la realite. On privilegie les methodes qualitatives par rapport a la methode quantitative. John Atkinson et Jack Douglas on relu les statistiques des suicides par la methode de l’ethnomethodologie (discovering suicide, 1978 et The soral meaning of suicide).

Les statistiques du suicide refletent le nombre de fois qu’une mort quelconque a ete classee comme un suicide. Durkheim parlait d’integration sociale (plus on etait integre socialement, moins on a de chance de ce suicider) : Atkinson montre que cette loi est un artefact. Son point de depart est le fait que le suicide est un acte mal vu et infamant, pas seulement pour la personne qui le commet mais aussi pour le groupe auquel il appartient (amis, famille, structure de groupe, etc. ). En effet, pour le suicide il y a interet a la dissimulation pour echapper a la honte qui en decoule.

Plus on est integre, plus les liens sociaux sont proches, plus le suicide rejaillit sur les autres, donc plus les gens vont agir pour le cacher. D’autre part, plus on est seul, le suicide de rejaillit sur personne, il n’y a pas d’interet a la dissimulation. Douglas dit que la relation inverse entre suicide et integration n’est pas correcte, mais c’est l’immediatete de la dissimulation. P. ex. a la campagne (taux inferieur, tendance de liens sociaux forts) il y a plus d’interet a dissimuler et plus de capacite de dissimuler le suicide.

La deuxieme etape c’est de remettre en question le suicide comme fait objectif qu’on pourrait mesurer objectivement. (ici : objectif = interpretation convergente) En effet on voit souvent que les gens essaient de definir l’acte comme n’etant pas un suicide et donner un autre sens a l’acte (accident, attirer l’attention, appel au secours). C’est un processus de reconstruction de la realite (on le voit notamment chez le suicides qui en rechappent, qui reprennent ces interpretation psychologiques)

La definition et la perception de l’acte peuvent changer avec le temps, il n’ya pas de suicide avec la realite donnee mais il y differentes manieres de percevoir les actes et de les classer en fonction des circonstances, en ce sens le sociologue doit essayer de reconstruire les motifs des categorisation. [Bourdieu : theorie de la pratique, sens de la pratique : definissent la connaissance praxeologique. Il dit que les deux theories objectivistes et subjectivistes sont conservatrices. La connaissance objectiviste produit un effet de verification profondement conservateur.

La connaissance phenomenologique (avec Sartre) empeche de comprendre l’effet des structures objectives sur les categories (sur le cerveau des personnes). La phenomenologie sociale ne fait que des comptes rendus. Il faut un troisieme genre de la connaissance : la praxiologie, la theorie de la pratique. Qui a une circulaire entre l’ordre pratique et social, il faut etudier l’interaction !!! ] 31/03/2010 ( manque de 1845 a 1910) Ecole d’epistemologie francaise : Neutralite des techniques, des questions, des categories / Gaston Bachelard, Georges Canghilem

Tradition epistemologique francaise : critique, vision naive de la science Le metier de sociologue, Pierre Bourdieu Ce que l’on croit etre factuel est toujours determine par la methode et les hypotheses des savants. Philosophie spontanee des savants. La science est un dialogue entre le reel et les hypotheses. D’un cote on a les faits et de l’autre des theories, des hypotheses et on fait comme si entre le theorique et l’empirique il y aurait deux plans heterogenes et identiques et que la science serait d’ajuster les hypotheses au reel.

Illusion du constat (Canghilem) « Le fait scientifique est toujours conquis, construit. » (Bachelard) xxx Quand on change de theorie, on change de fait, de rapport a la normalite. (Theorie qui produit le reel, nouvelle perception de la realite : les faits scientifiques ne sont pas immortels mais identiques a eux-memes) On croit souvent que les savants se critiquent sur l’interpretation, sur le sens qu’ils donnent sur un certain nombre de faits. Cela equivaut a dire que les savants sont d’accord sur la realite mais ont des differences sur les interpretations.

Mais, selon Bourdieu, ils peuvent avoir aussi des differences sur le reel… Garry Becker, « The economic approach to human behaviour », grand economiste, a dit que l’economie ne se definit pas par un objet (croissance, production, repartition des richesses), mais c’est un type d’analyse et de poser des problemes. L’economie c’est la science des choix rationnels. C’est la maniere dont on attribue des ressources rares a moyens alternatifs. On va pouvoir analyser economiquement le crime. On essaye de comprendre les strategies, les choix entre les couts et les avantages. approche economique du comportement humain) Dans son introduction il essaye de comprendre economiquement la duree de vie, il se demande comment on peut comprendre economiquement le suicide. En effet pour Durkheim, on a des morts naturelles et morts volontaires : la question de Durkheim etait de savoir pourquoi les individus voulaient se suicider. Cela suppose une differenciation entre les morts naturelles et les morts volontaires. Garry Becker a fait une approche economique de la duree de vie, la mort n’est pas le resultat de processus biologique, genetique et naturels qui s’imposeraient a nous.  La mort c’est aussi le resultat de l’ensemble des decisions qu’on a pris durant notre vie » ; il faut gerer son capital de vie, investir dans son capital de vie. « tout individu fait un calcul implicite entre deux choses : gain de vivre une annee supplementaire et ce que cela lui couterait de vivre deux annees supplementaires ! Contrairement a ce qu’on croit, le gain de vie n’est pas toujours infini. On n’a pas toujours envie de vivre longtemps, car il y a la dependance, les maisons de retraite, la maladie. On peut tres bien renoncer a vivre plus longtemps pour ivre mieux avant. » Il y a des individus qui pour leur plaisir a eux continuent a boire, fumer etc. parce que le cout pour arreter serait trop eleve pour vivre 5 ans en plus. Toutes les morts, puisque c’est le resultat de choix, c’est des morts volontaires : on a choisi de mourir a certain moment de sa vie. Les morts naturelles sont comparables aux suicides, les morts naturelles sont des morts volontaires de la decision d’un individu de mourir a un moment donne plutot qu’un autre quand le cout de vie serait trop grand.

Dans les deux cas (mort naturelle et mort identique) il n’y a pas de differences, il n’existe que des morts volontaires. C’est l’objet qui n’est plus pris en compte dans l’etude. Ce sont des perceptions differentes de la realite. L’illusion du constat repose sur le fait qu’on n’a pas conscience d’avoir une theorie dans la tete. Le point de vue s’ignore comme point de vue. Max Weber : « Essais sur la theorie de la science (l’objectivite de la connaissance) ». Il s’en prend a la croyance de la possibilite d’une objectivite parfaite.

Il dit que les historiens se pretendent neutre, et qui considerent que leur pratique consiste a decrire le passe sans apriori, ils defendent la possibilite d’une pure description qui n’engagerait aucune interpretation. Decrire n’est jamais neutre, la realite est infinie Donc la description exhaustive est impossible. P. ex. decrire une personne : la description est potentiellement interminable (cf. litterature) ; on peut toujours detailler plus (un detail est la somme d’une infinite de details), par consequent une description est toujours interminable.

Decrire necessite savoir par ou commencer et par ou arreter : c’est fabriquer des criteres, operer des choix, aucune description est neutre car elle depend des choix qu’on fait. Toute description est restrictive ! critere de choix « point de vue (Standpunkt) » on ne peut voir que si on se donne qqch a voir. Il faut partir d’une question, de choix methodologiques et donc se construire un objet et renvoyer a l’invisibilite une infinite de phenomenes. Il y a un « continuum » entre les faits et les points de vue et pas du tout heterogeneite entre description et interpretation.

Une description depend des choix, elle prescrit une maniere de voir. PRAGMATISME AMERICAIN: W. James (idee de verite) / Wilhelm Dilthey Le pragmatisme americain critique la conception dogmatique de la verite. Cette conception dogmatique repose sur le principe que l’idee vrai serait l’idee qui est conforme aux choses, image ou copie de la realite (critique forte du kantisme), la verite comme representation mentale de l’espace materiel : l’idee serait vrai quand en tant que representation mentale elle correspond bien a l’objet qu’elle entend representer.

Dans cette conception les objets sont donnes d’abord et la conscience vient ensuite les saisir, fondation sur une prise de conscience avec description d’une realite exterieure a la conscience. L’objection a cette idee la est assez triviale, en effet il disent que si la verite est une simple transcription de la realite materielle ou sociale, elle ne sert a rien (critique utilitariste), c’est une redondance inutile. La verite en effet se suffit a elle meme. Pour rompre avec cette theorie le pragmatisme definit un autre concept revolutionnaire de la verite : la verite c’est l’addition, quelque chose en plus.

La conscience a