Sociothérapie

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SE Harfouche : groupes à médiation La sociothérapie Difficultés à monter un groupe à médiation en milieu gérontologique Points clés . Un groupe thérapeutique disposerait d’un aspect « contenant » des angoisses primaires. Les sujets âgés auraient le désir d’oublier une souffrance psychique, résultant d’un conflit l’affectivité et le narci OF regardés et leur paro es. , p g déconsidérée. Le gro un échange des souvent peu position en cercle, ? productions verbales et non verbales.

Par ailleurs, les soignants ne s’attardent pas sur l’aspect relationnel du contact avec les sujets âgés, mais sont en énéral, efficaces et rapides au niveau des soins. Au départ, le groupe n’est pas immédiatement investi par les soignants. Ce serait une attaque institutionnelle, un désir inconscient de mettre en échec le thérapeute et le groupe. La rédaction de cet article a été inspirée d’une expérience de mise en place d’un groupe « chant » au sein d’un CANTOU, avec des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé. onctionnant dans une institution de soins résidentielle (comme un EHPAD ou un CANTOU), où les patients ont l’habitude de se rencontrer, il est difficile d’isoler le fonctionnement roupal de celui de l’institution elle-même. AFDG

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— Lettre de Psychogériatrie – 2011 D’une manière générale, les groupes thérapeutiques sont soit, semi-ouverts, c’est-à-dire qu’une place est laissée disponible après le départ d’un patient, soit fermés, les patients restant les mêmes du début à la fin de la thérapie.

Dans notre pratique, les groupes thérapeutiques sont mixtes et composés de six à huit personnes. Ils ont lieu une ou deux fois par semaine pendant une durée déterminée. Le psychothérapeute de groupe prend place dans le cercle constitué par les patients. Il es invite à la discussion libre où il est proposé d’exprimer ses pensées, ses sentiments, ses émotions dans un libre échange avec les autres. Approche théorique du travail thérapeutique groupe fonction 0 les angoisses de morcellement et de perte d’identité. W.

Bion affirmait: « En thérapie de groupe, un grand nombre d’interprétations, et les plus importantes d’entre elles, doivent être fondées sur les réactions affectives de l’analyste »(2). En effet, le garant du groupe thérapeutique est le récepteur des mécanismes des patients qui vont induire en lui des réactions affectives, ce qui nous mène à insister sur l’importance de l’analyse du contre-transfert. Le regard, les interactions et l’association groupale ne facilitent pas pour l’analyste l’écoute des métaphores dans ce qui se dit, ce qui se passe et dans ce qu’il ressent.

Sur un plan clinique, le groupe favorise l’hétérogénéité des événements psychiques. Cela suppose que le thérapeute dispose d’un cadre interne qul lui permette à la fois d’accueillir cette hétérogénéité souvent chaotique dans un groupe de personnes âgées atteintes de démence, et de tenter de la structurer en une pensée. Il est important que le hérapeute garant du cadre, tienne à faire partie du groupe et à en partager les croyances, sans convaincre le groupe de ses croyances personnelles. Il doit bien penser à ne pas s’assimiler au rôle de « leader » (1). s personnes âgées en institution La plupart des patients âg déstabiliser sérieusement la personne âgée qui prendra conscience de l’écart des perceptions dans le groupe ; c’est une véritable épreuve narcissique. D’autres difficultés concernent le maintien de certaines personnes dans la salle pendant toute la durée de la séance. Nous savons que les personnes âgées atteintes e démence présentent bien souvent des comportements d’errance. La déambulation y est un trouble fréquent. Elle correspond à un besoin répété, prolongé, parfois compulsif de marcher, avec ou sans but.

Sa fréquence augmente avec la sévérité de la maladie ; elle est plus marquée en milieu institutionnel et dans la maladie d’Alzheimer. Ses conséquences pour le malade peuvent être graves, car il peut se perdre, s’épuiser et être victime de traumatismes. Elle retentit sérieusement sur l’entourage familial et soignant. Des hypothèses multiples peuvent être formulées pour expliquer ce symptôme, llant d’une activité occupationnelle ou dune activité automatique à une activité finalisée, inscrite dans la vie mentale du sujet. personnes traduisent probablement leur angoisse leur stress en déambulant.

Les empêche 4 OF IC personnes « démentes » sont peu regardées et leur parole est déconsidérée. Au sein de tous les services spécialisés dans l’accueil de personnes âgées, nous sommes constamment confrontés à la question de reconnaissance de l’humanité des patients « déments En général, Page 1 l’identification aux personnes âgées atteintes de troubles cognitifs avancés, est mpossible et source de souffrance. Il est, en effet, difficile de nous identifier à des sujets dégradés qui ne sont plus capables de communlquer verbalement, crachent ou urinent par terre, qui jouent avec la nourriture.

Les sujets « déments » ne renvoient que des représentations angoissantes face auxquelles certains soignants s’obstinent à tout employer pour que les patients reviennent à la réalité. Cependant les aides-soignants « échouent » et tenteront ainsi de ritualiser leurs Journées afin de se tranquilliser face à leurs « échecs en d’autres termes, ils laveront le patient, le oigneront, le feront manger sans pour autant, contribuer à alimenter leur vie psychique. Mais le « dément » peut-il s’investir si lui même n’est pas investi ar l’autre ? ifficulté : certains choisissent de garder les yeux fermés dans une position de retrait, d’autres bégaient et répètent des syllabes intelligibles ou émettent des sons incohérents qui ne semblent s’adresser ? personne. D’autres encore, se lancent dans une logorrhée perpétuelle qui envahit le groupe. D’autres peuvent rire aux éclats et perturber totalement la vie du groupe, ou agresser leur voisin en les pinçant ou es tapant… Toutes ces productions verbales, gestuelles et vocales accentuent l’absence d’échange et le morcellement du groupe.

AFDG – Lettre de Psychogériatrie – 2011 En d’autres termes, chaque patient manifeste son angoisse à sa manière devant cette nouvelle activité. Nous avons le sentiment que ces comportements représentent des stratégies ayant pour objectif de mettre à Vépreuve le garant du cadre thérapeutique. En général, un changement d’attitude s’opère progressivement au cours des séances ; changement illustrant la progression d’un fonctionnement groupal : es personnes âgées sont plus réceptives et partagent des vécus et des émotions entre elles. 0 je suivais mon programme » ; la soignante répond alors « ça ne vous regarde pas, vous n’êtes pas chez vous ici, j’éteins la télévision quand je veux et maintenant vous allez écoutez des chansons avec la psychologue Le climat global a été d’emblée tendu, et a bouleversé l’ensemble du groupe. La personne âgée en question était totalement confuse et ne savait plus pourquoi elle était là, ni ce qu’elle faisait. Tout ce dont elle se souvenait était une dispute avec une ollègue « aigrie et obtuse On demande aux aides soignants d’être efficaces et rapides, dans leur mécanisme ritualisé au quotidien.

En général, toute une structure institutionnelle se base sur un tel fonctionnement. Les conséquences, aussi bien sur les personnes âgées, que sur les familles et les soignants, sont cruciales. Page 2 Une hypothèse… Oublier ou désir d’oublier ? Une autre difficulté se manifeste par l’oubli fréquent des personnes âgées ; en effet, ce symptôme n’est pas facile à gérer puisqu’apparemment, le sujet « dément » oublie la présence régulière du groupe et e reconnaît pas son entourage.

Cette réalité est démotivante, tant chez le soignant que pour le para désire oublier ce vécu douloureux et angoissant auquel il doit faire face ; qu’il désire oublier ce qui pourrait engendrer une sensation pénible. Nous avons effectivement remarqué que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer qui se trouvent dans une situation qui les renarcissise, récupèrent temporairement capacités mnésiques : une personne âgée à qui on dit qu’elle a une jolie voix, se souvient des paroles de la chanson et se met à chanter.

De plus, quand ces personnes sont dans n état de non-vigilance, elles sont aptes ? nous donner une réponse des plus pertinentes concernant par exemple, la date du jour. L’oubli dans la maladie d’Alzheimer est donc probablement un mécanisme défensif. Ce serait un choix défensif mortel, un véritable « suicide psychique » (3) inconscient qui pourrait « être mis en veille » au cours d’un espace-temps neutre qui permettra au patient de se détendre et ainsi de pouvoir retrouver de façon éphémère ses facultés jusqu’alors occultées. Ses conditions peuvent justement, être favorisées au sein d’un groupe à médiation.

AFDG – Lettre de psychogériatrie – 2011 L’attaque de l’institution Une des difficultés primordiales à ne as oublier est l’attaque de l’in B0 manifestation du désir inconscient de l’institution de mettre en échec le thérapeute et le groupe. L’équipe pourrait mettre en doute la crédibilité de l’efficacité d’une telle thérapie et par conséquent, elle ne cherchera pas à s’investir dans le bon déroulement d’un atelier « futile Pour elle, « il n’est pas possible d’améliorer les conditions de vie de ces personnes par une simple mise en place d’un groupe » ou encore « Nous ne sommes pas là pour ous amuser mais pour travailler ».

Travailler équivaut donc à entretenir cette « chose » qu’est la personne âgée, en la lavant et en lui donnant à manger. Discussion : Cette présentation non exhaustive, relate ainsi les difficultés que peut rencontrer un stagiaire ou n’importe quel intervenant extérieur, dans la mise en place d’un groupe à médiation en institution. Il est important d’être secondé par l’équipe soignante. En effet, en tant que thérapeute externe, ou stagiaire, nous ne faisons qu’intervenir sur des temps courts et nous ne sommes pas à la même place que les oignants qui restent toute une journée avec les patients.

Les soignants subissent des pressions de travail et les patients déchargent sur eux toutes leurs angoisses. En conséquent, quelque chose au patient. En intégrant les soignants au groupe d’animation, ils auront l’occasion de changer leur représentation sur la maladie et particulièrement sur les « déments » qul les entourent. Ceci pourrait ainsi, leur permettre de remettre en question leur pratique au quotidien. Références : -1- ANZIEU D. , Le groupe et l’Inconscient. L’Imaginaire groupal. Paris : Dunod ; 1999. -2- BION, W. R. Recherches sur les petits groupes. ans : PUF ; 1972. -3- CHEVANCE A. Alzheimer, le mal de Léthé : une hypothèse psychogène de la maladie d’Alzheimer est-elle crédible ? : La mémoire entre psychanalyse et neurosciences . Cliniques méditerranéennes 2003; 67: 75-86. Conclusion : Malgré toutes les difficultés présentées précédemment, régularité d’une « activité » déférente vis à vis du patient, aurait sans doute un impact positif. II serait donc important de proposer des thérapies à médiation, dont la fréquence et le contenu apporteront aux patients une amélioration de leur conf 0 0