Sciences politiques

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Presentation de l’auteur et de l’ouvrage Ne le 1er novembre 1935 a Jerusalem, de parents palestiniens, Edward Said est un intellectuel palestino-americain, il decede le 24 septembre 2003 a New York. Said etait professeur de litterature anglaise et de litterature comparee a l’universite de Columbia. Il etait aussi un membre de l’American Academy of Arts and Sciences, l’American Academy of Arts and Letters, la Societe royale de la litterature et l’American Philosophical Society.

Contre la theorie du choc des civilisations, humaniste, defenseur du peuple palestinien, Said realise que la politique americaine devant l’islam est entierement fondee sur la meconnaissance et la caricature. Dans ce riche ouvrage  » culture et imperialisme »; Said nous presente son regard critique sur la litterature occidentale, comment la culture participe a la dynamique imperiale, et le lien entre empire et ecriture romanesque.

C’est un livre pedagogique tout comme les autres Tuvres de Said, notamment « l’orientalisme ». L’auteur nous ouvre la porte a l’univers de l’ecriture romanesque occidentale, et nous presente de grands ouvrages comme  » De Grandes Desillusions » de Dickens et  » Nostromo » de Conrad. L’imperialisme n’aurait pas pu exister sans une culture la supportant.

On voit encore une fois chez Said le concept de  »creation occidentale », dans « l’orientalisme » ; il

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nous a montre comment l’orient est une creation en bonne et du forme de l’occident, et dans cet ouvrage, il emploie aussi le mot « creation » pour parler de ce geant connu sous le nom de l’imperialisme occidental, qui est un imaginaire produit par la culture occidentale ( « nous » et  » eux », notre culture « dominante » et eux, la culture « dominee ») a travers l’ecriture et surtout le genre romanesque. Culture et imperialisme » peut etre percu comme la suite a « l’orientalisme »; dans la mesure ou le meme theme est discute mais l’on remarque que Said a voulu, par ce livre, combler les lacunes de son ouvrage precedent, et approfondir son analyse en etudiant cette fois-ci la reaction du monde non occidentale face a l’occident, face a l’imperialisme et a l’attitude paternaliste du monde occidentale.

La question de l’identite est centrale chez Said: il est important de se rappeler toujours; en lisant les Tuvres de cet ecrivain, qu’il etait au carrefour de plusieurs cultures – arabe, palestinienne, americaine et anglaise- et ce detail est important pour comprendre les theses et points de vues d’Edward Said. L’identite etait pour Said ce que l’intellectuel palestinien Elias Sanbar designait comme telle « Dire une identite, dire son identite, consisterait des lors a identifier puis noter les positions figures afin de tracer un parcours, un trajet en permanence cinetique.

Les recoupements successifs de ces vecteurs de flux forment alors une succession, une chaine de figures d’intensite deformables et c’est a travers ces figures la que l’identite prend sa consistance. Cette chaine d’identite, je l’appelle identite de devenir par opposition a l’identite logique ou d’identification definie par son rapport fixe a l’Etat nation ». C’est un processus long et continu de construction et de developpement non face a l’autre, ce que Said critiquait constamment, mais avec l’autre. Resume du livre

Introduction Dans son introduction, Said explique la visee que porte son livre. Il essaye de deceler la relation globale entre la culture et l’imperialisme. Il commence a ecrire « Culture et Imperialisme » cinq ans apres la parution de «L’orientalisme », dans lequel il ne traitait que du Proche-Orient. Pour ce faire, Said a voulu, a travers ce livre, elargir la perspective sur la question de l’orient et l’occident, en esquissant une topographie generale des rapports entre l’occident moderne et ses territoires d’outre-mer.

La methodologie employee par Said, est assez interessante puisqu’il prepare ses lecteurs avant qu’ils commencent la lecture du chapitre premier; en leur expliquant la methode qu’il a employee pour ecrire son livre. Il parle de ce qu’il a ajoute a sa base documentaire, comme le recours a des textes africanistes, indianistes, dans lesquels il a trouve les memes rhetoriques a connotation orientaliste tels « l’orient mysterieux », «  mentalite africaine ». La forme culturelle sur laquelle son projet d’etude se base est le roman.

L’ecriture romanesque a joue, selon Said, un role capital, « dans la constitution des attitudes, references et experiences imperiales. » Et pour preciser sa pensee, Said evoque deux grands romans, « De grandes esperances » de Charles Dickens (1861) et « Nostromo » de Joseph Conrad (1904) qu’il a consacre a une analyse, afin de montrer la relation entre les ecrits romanesques et la realite imperialiste. Le mot «culture » est le mot-cle du livre, Said nous donne deux sens de la culture: « la culture est toutes les pratiques qui jouissent d’une certaine autonomie par rapport a l’economie, au social et a la politique, et revetent souvent des formes esthetiques dont l’une des finalites essentielles est le plaisir. » ? « la reserve dans chaque societe du meilleur qui ait ete su et pense. » (Arnold Matthew), « Elle est ce qui fait la difference entre les nations et les Etats, elle est une source d’identite. » Et c’est sur cette seconde acception, que s’ancre le discours americain, sur lequel Said va s’appuyer pour developper sa these.

D’apres l’auteur, « cette idee de la culture ne conduit pas seulement a venerer la sienne mais aussi a la croire totalement separee des realites quotidiennes, puisqu’elles sont transcendantes. » L’auteur critique cette conception de la culture. Conrad, pere des visions occidentales du tiers-monde, a ete une inspiration pour des romanciers (Robert stone), des theoriciens de l’imperialisme (Hannah Arendt), et nombreux ecrivains-voyageurs qui sont devenus des specialistes du monde non-europeen en le presentant selon le gout de l’exotisme recherche par les publics europeen et nord-americain.

Le roman de Conrad est une representation de « l’arrogance paternaliste de l’imperialiste». Said ne constate aucun progres dans les pensees imperialistes, et les heritiers de Conrad n’ont aucune excuse pour justifier le parti pris machinal de leurs Tuvres. Le monde a change depuis Conrad et Dickens, les attitudes d’aujourd’Hui sont differentes. Les europeens et americains sont confrontes a d’importantes immigrations non occidentales chez eux, et Said explique que ces populations non occidentales, si elles sont la aujourd’hui, c’est du a la mondialisation declenchee par l’imperialisme moderne.

Et pour la premiere fois, l’on peut etudier l’histoire de l’imperialisme occidentale sur autres bases qu’une pure analyse monolithique, et l’etudier sur le phenomene et la valeur de « l’energie de liberation ». Or, pour comprendre cette energie, il faut avant tout comprendre le passe historique et geographique du phenomene de l’imperialisme qui a mene au desir de liberation. C’est pour cette raison, qu’une grande partie du livre va etre consacree a la dimension geographique et historique.

L’un des principaux themes de ce livre est l’experience historique, que Said va degager de plusieurs Tuvres romanesques, qu’il a deliberement selectionne. C’est apres une longue et pertinente presentation de son ouvrage, que Said consacre les dernieres pages de son introduction a un petit survol historique de l’imperialisme, qui va etre, developpe par la suite, dans les chapitres ulterieurs. Avant de commencer a parler de l’empire occidental, Said previent ses lecteurs, qu’il y a eu d’autres empires tels l’austro-hongrois, le russe, ‘ottoman, l’espagnol et le portugais qui ne sont pas moins imperialistes que l’experience imperiale britannique, francaise ou americaine, mais que ces dernieres ont eu une coherence unique ainsi qu’une centralite culturelle particuliere et que c’est pour ces raisons qu’il a voulu consacre son etude a ces empires uniquement. L’Amerique est entree dans la carriere imperiale au 19eme siecle, mais c’est au 20eme siecle, qu’il a pris la releve de ces predecesseurs francais et britanniques.

Plusieurs raisons ont incite l’auteur a se concentrer sur ces trois puissances, la premiere, est le statut privilegie, dans ces trois cultures, de la domination d’outre-mer. La seconde raison, c’est qu’il est nee, a grandi et vit toujours dans l’orbite de ces trois puissances, et en tant qu’arabe, il vit aussi de l’autre bord, ce qui le permet de jouer le role de mediateur. Une autre raison serait aussi le sentiment qu’eprouve Said d’avoir deja vu et lu les formules de la politique americaine actuelle, chose deprimante: « Il y a toujours l’appel a la puissance…il y a le meme zele destructeur quand surviennent quelques remous…au pouvoir »(p. 6). Cependant, Said va montrer dans son livre deux forces et non une comme il l’a fait dans l’orientalisme. Si l’imperialisme a progresse sans merci au cours des 19eme et 20eme siecles, la resistance aussi, et ce sont ces deux forces que Said veut commenter. Il veut parler de la reaction du monde non europeen a l’arrive du blanc dans leur territoire, de la resistance du non europeen face a l’europeen. En un mot, le livre ci-contre traite de l’imperialisme occidental et du nationalisme du tiers-monde. Il n y a pas une culture homogene, unique, les cultures sont hybrides, elles s’interpenetrerent.

Chapitre premier: territoires superposes, histories enchevetrees 1. Empire, geographie et culture Dans ce chapitre; Said evoque les reflexions d’Eliot sur la relation complexe passe/present. Ces reflexions sont utiles au debat sur ce que signifie l’imperialisme. L’imperialisme est-il principalement economique? Jusqu’ou est-il alle? Quelles etaient ses causes? Etait-ce un systeme? Quand a-t-il pris fin? Des strateges, des theoriciens et autres specialistes ont avance nombres explications sur le caractere non imperialiste de la politique americaine.

Mais, ces explications, dit Said, reposaient sur l’aspect politique et economique du systeme, mettant a l’ecart le volet culturel, qui, selon lui, a joue un role important dans l’experience imperiale moderne. L’Imperialisme peut etre defini differemment mais toutes les definitions expriment le meme enjeu qui est le territoire et sa possession, la geographie et le pouvoir. – Principalement, imperialisme signifie « visee, installation et main mise sur une terre qu’on ne possede pas, un territoire lointain ou d’autres vivent et qui leur appartient.  » –  » Le processus ou la strategie d’etablissement et de maintien d’un empire. L’acception que Said va utiliser dans son ouvrage est l’imperialisme comme « la pratique, la theorie et la mentalite d’une metropole dominatrice qui gouverne un territoire lointain.  » Aujourd’hui, le colonialisme direct a pris fin, mais il perdure toujours dans une sphere culturelle, dans les pratiques politiques, ideologiques, economiques et sociales. L’imperialisme et le colonialisme ne se resument pas a un acte de conquete et d’accumulation, c’est une formation ideologique, un discours toujours present assurant que certains peuples ont besoin d’etre domines et le demandent.

En d’autre termes, un discours visant a persuader le monde de l’inaptitude du tiers-monde a s’autogouverner, et de l’importance cruciale de « reshape » le monde non occidental, et ceci avec « l’aide » des Etats-Unis. 2. Images du passe, pur et impur Cette conscience des frontieres entre les cultures, est un mecanisme de participation et d’autorite cree par l’homme. Tout culture definie comme nationale est porteuse d’une aspiration a la souverainete et a la domination, (Francaise, britannique, japonaise et indienne).

Paradoxalement, les cultures ne sont pas monadiques, monolithiques, elles sont, selon Said, des realites historiques et culturelles metissees. Aujourd’hui, les vieux clivages colonisateurs/colonises se sont transforme en rapports nord/sud. Dans ce chapitre, Said veut: – Examiner les realites des terrains intellectuels ou se dit les discours public post-imperial. Discours engendrant et encourageant la rhetorique et la politique du blame. – « Par quelles reconsiderations et revisions une attitude intellectuelle post-imperiale pourrait elargir l’espace commun ou se chevauchent les societes metropolitaines et ex-colonisees? Said tentera de repondre en utilisant les perspectives et methodes de la litterature comparee de l’imperialisme. – Enfin, Said veut trouver une formule alternative a la politique du blame et a l’affrontement et l’hostilite. 3. Deux visions dans « Au cTur des tenebres » Dans ce chapitre Said va examiner un ensemble de pensees de documents culturels, mais avant de proceder a cette etude historique, il nous invite a faire un exercice preparatoire, en s’interrogeant sur ce  » ce qui reste de l’imperialisme dans les debats culturels recents?  » Le residu dune histoire dense et captivante, mondiale et locale en meme temps. • Un passe imperial qui reste toujours vivant. Les occidentaux allaient repenser la decolonisation: •  » N’est-il pas vrai que « nous » « leur » avons apporte le progres et la modernite?  » •  » Ne faisions nous pas regner l’ordre et la stabilite, qu’ils ont ete incapable de s’assurer seuls depuis?  » •  » N’est-ce pas une terrible erreur de leur avoir fait confiance, de les avoir crus aptes a l’independance, puisqu’elle a aboutit a des Bokassa et autres Amin Dada, dont les correlats intellectuels sont des gens comme Rushdie? •  » N’aurions-nous pas du nous accrocher aux colonies… rester fideles a nos responsabilites de civilisateurs?  » Said nous invite a etudier avec lui le roman de Conrad,  » Au CTur des tenebres » qui montre precisement cette mentalite imperiale, mentalite qui apparait a travers des interrogations comme celles cites plus haut. Au cTur des tenebres (1898-1899) de Joseph Conrad est un recit lie a la force redemptrice de la mission de l’Europe dans le monde noir.

Il y a le narrateur, Marlowe, qui est au cTur de l’Afrique; et les europeens qui effectuent des actes de volonte et de domination imperiales en Afrique. Conrad est un auteur different des autres car il etait conscience de ce qu’il faisait; sa politique et son esthetique sont imperiales. Il reconnut que l’idee d’un imperialisme etait une illusion, selon lui, l’entreprise imperiale depend de cette idee d’avoir un empire. Il y a 2 visions dans l’univers postcolonial: – La premiere laisse a la vieille entreprise imperiale le loisir de rendre le monde tel que le voyait l’imperialisme europeen officiel.

Il est vrai que les occidentaux ont quitte physiquement l’Afrique et l’Asie mais continue a dominer moralement et intellectuellement. – La seconde vision est percue comme Conrad voyait ses propres recits, lies a un moment et a un lieu. 4. Experiences discordantes Said avance l’idee que nous pouvons tous comprendre l’experience d’autrui, idee soulevee par Gramsci avec l’expression  » une profession intellectuelle est socialement possible et souhaitable ». Et que si l’on pense le contraire, c’est-a-dire que « seules les femmes peuvent comprendre la condition feminine », ou que seuls les anciens sujets coloniaux peuvent saisir l’experience coloniale », on cree ainsi un obstacle a toute progression possible de notre connaissance. Nous devons faire un effort a reconnaitre l’entrelacement et la complexite des histoires propres mais superposees et liees. Nous voyons un excellent exemple de cet approche dans le ivre « The Invention of traditions », les traditions etudiees sont particulieres et locales (les matchs de football europeens), mais • mis a part leur differences- partagent des caracteristiques tres semblables.

Ces pratiques bien differentes lune de l’autre peuvent etre comprises ensemble dans la mesure ou elles appartiennent a « des champs comparables de l’experience humaine ». Lw but politique de Said est l’interpretation en vue que les visions convergent, malgre qu’une soit ideologiquement et culturellement fermee a l’autre, exposer la discordance c’est exactement souligner l’importance culturelle de l’ideologie et cela nous permettra ainsi de comprendre pourquoi elle perdure toujours.

Pour souligner son point de vue, Said procede a l’analyse de deux ouvrages, les deux datant des annees 1820: –  » La Description de l’Egypte » redigee par une equipe de savants francais, traite de l’expedition bonapartiste en Egypte. –  » Aja’ ib Al-Athar » d’Abd Al Rahman Al-Jabarti, contient des descriptions angoissees et tranchantes sur la conquete. En comparant ces deux ouvrages, on y trouve une discordance entre la politique qui produit la Description et celle de la eaction d’al-Jabarti, ce qui eclaircit le terrain qu’elles se disputent a armes si inegales. Dune part, nous lisons dans la description de l’Egypte que  » la meilleure part de l’histoire dans les territoires coloniaux a ete fonction de l’intervention colonial », et d’autre part, l’Tuvre d’Al-Jabarti veut que « les entreprises coloniales aient ete marginales, et peut etre meme exterieures aux activites centrales des grandes cultures metropolitaines ».

Enfin; l’autodefinition est l’une des activites pratiquees par toutes les cultures », mais dans un monde mondialise aujourd’hui, l’affirmation identitaire peuvent exciter des passions les plus dangereuses chez les hommes, passions ataviques (ancestraux) en ramenant les esprits dans un passe imperial. On pourrait finir le resume de ce chapitre en donnant l’excellent exemple que Said a expose pour soutenir son idee sur l’atavisme, c’est un article ecrit par Bernard Lewis pour le Wall Street Journal du 2 mai 1989.

Il prenait position dans le debat sur l’eventuel changement du canon occidental, les etudiants et enseignants de l’universite de Stanford avaient vote pour modifier les programmes en vue d’inclure des textes ecrits par des non-europeens et des femmes. Lewis reagit de la facon suivante: « Si la culture occidentale disparait, un certain nombre de choses disparaitront avec elle et d’autres les remplaceront… si la culture occidentale mourrait, l’esclavage, la polygamie, le mariage des enfants reapparaitront ». Le sentiment de Lewis exprime le sentiment e l’exclusivite de l’occident; et son raisonnement rend fou de rage les non-occidentaux. La separation rhetorique des cultures alimente entre elles un confit meurtrier de type imperialiste. 5. Integrer l’imperialisme aux etudes litteraires modernes Si la culture humaine en Europe a tant reussi c’est en partie du au nationalisme, car la plupart des penseurs europeens qui glorifiaient l’humanite ou la culture celebraient au fait des idees et valeurs de leurs pays ou de l’Europe par opposition a l’orient ou a l’Afrique.

La litterature comparee etudiait l’interaction entre toutes les cultures mais il s’agissait essentiellement d’un ensemble hierarchise dans la mesure ou l’Europe et ses litteratures etaient au somment. Il existe un rapport assez important entre le developpement de la litterature comparee et l’emergence de la geographie imperiale, les disciplines comme la litterature comparee, les lettres anglaises, l’anthropologie sont • selon Said- « les filles de l’empire », elles ont ete l’instrument use par l’occident pour preserver sa main mise intellectuelle sur les indigenes, en d’autre termes, il fallait maintenir l’empire.

Chapitre second: Pensee unique 1. Recit et espace social Dans les romans anglais, on y trouve beaucoup d’allusions aux realites de l’empire, Said designe ce jargon imperialiste d’un « systeme d’attitudes et de references ». – « Mansfield Park » : Il s’agit d’un roman sur le droit a l’appropriation colonial. – « Tancred » D’Disraeli et  » Daniel Deronda » d’Eliot: il s’agit de l’orient, region habite par des indigenes. L’Empire est partout souligne Said. En France, c’etait different, Chateaubriand et Lamartine representaient la rhetorique de la grandeur imperiale; mais la vocation imperiale francaise n’etait pas comparable a celle de l’Angleterre.

Durant les dernieres annees du 19eme siecle, avec le partage de l’Afrique, la consolidation de l’Empire francais, l’annexion des philippines par les Etats-Unis, et l’apogee de la domination anglaise sur le sous-continent indien, l’imperialisme etait devenue une preoccupation universelle. La critique litteraire a neglige les realites imperiales et coloniales. Le nombre d’auteurs et de critiques a avoir analyser la relation entre culture et empire est assez reduit.

Des auteurs comme John McClure, Molly Mahood ont contribue mais leur contribution se limitait a une description, leurs ecrits n’etaient pas assez influents pour changer notre regard sur les chefs-d’Tuvre reconnues de la culture europeenne du 19 et 20eme siecle. Par exemple, dans « Culture and Society » de Raymond Williams, il n y’a pas un mot de l’experience imperiale. P. 117 (voir questions) Nous devons lire la culture europeenne et americaine moderne et postmoderne en s’efforcant de mettre au jour, d’elargir, de faire parler ce qui dans ces Tuvres est muet, marginal (lecture en contrepoint).

Notre lecture doit tenir compte de deux processus: imperialisme et resistance.  » Chaque Tuvre culturelle est une vision d’un moment que nous devons juxtaposer aux revisions qu’elle a plus tard suscite.  » Une des raisons pour lesquelles Said a ecrit ce livre c’est de montrer combien la domination outre-mer a suscite des desirs, des interets et une attention chez les auteurs auxquels nous ne pensons jamais dans ce contexte (comme Jane Austen). Said a voulu aussi montrer combien l’eveil a cet aspect est important et enrichissant pour le critique.

Il renouvelle l’interet pour l’interpretation des grands Tuvres du 19 et 20 eme siecle. Mais pourquoi privilegier a ce point le roman et l’Angleterre? Comment combler l’ecart entre ce genre litteraire isole et les immenses sujets que sont la culture et l’imperialisme? La Grande-Bretagne a cree une institution romanesque sans equivalence ni concurrence en Europe. La puissance britannique s’est construite et exprimee dans le roman. Ce-dernier est le fruit du travail du romancier et il est aussi le texte lu par un public.

Avec le temps, les romans s’accumulent et deviennent une « institution litteraire ». Il est un element central de la « pensee unique », vision du monde culturelle officielle. Il existe une conservation dans la pensee officielle, elle est l’objectif principal de la creation romanesque, maintenir l’empire en place. Le roman est lie a la societe bourgeoise, c’est institution; (p. 123). Il n’a pas cause l’imperialisme mais le roman et l’imperialisme sont impensables l’un sans l’autre.

Parmi tous les genres litteraires, le roman est le plus recent, le plus occidental, et est le modele normatif de l’autorite sociale la plus structuree. Il est donc impossible de lire le second sans avoir a faire au premier. Ces attitudes et references lentement mises en place par le roman a • pour la critique litteraire- plusieurs consequences: – Possibilite de reperer une continuite organique inedite entre les recits anciens percus comme sans rapport avec l’empire et les recits recents explicitement sur l’empire. Permet de poser toute la question du pouvoir – La structure qui relie les romans entre eux n’a aucun sens en dehors d’eux. Chapitre troisieme: Resistance et opposition Ce chapitre et celui qui suit (chapitre quatre) retracent la carte des resistances sur le plan militaire et culturel, ainsi que les grands penseurs de la resistance que sont Toussaint Louverture et l’emir Abdel- Kader et surtout le fameux Frantz Fanon, a qui Said consacre une assez bonne partie de son livre.

Said a ete tres influence par les travaux de Fanon, par ses pensees et sa personne meme en tant qu’un des penseurs de la decolonisation. Bref comme l’a dit un jour l’angolais Mario de Andrade e 1982, « Il nous faut reentendre, ici en Martinique et partout ailleurs, la parole de Frantz Fanon toujours apte, comme dirait le poete, a capturer les coleres du monde ». Pour Said, Fanon est • face aux ecrivains des empires porteurs  » d’une vision europeocentriste inflexible »- a ete cette reponse egale qui les affrontait et faisait une sorte d’equilibre, de reponse egale.

Said conclut : « Si j’ai tant cite Fanon, c’est parce qu’il exprime en termes plus tranches et decisifs que tout autre un immense basculement culturel, du terrain de l’independance nationale au champ theorique de la liberation. [… ] Fanon est inintelligible si l’on ne voit pas que son Tuvre est une reaction a des constructions theoriques produites par la culture du capitalisme occidental tardif, recue par l’intellectuel indigene du tiers monde comme une culture d’oppression et d’asservissement colonial ». 1. Il y a deux cotes

La question de l’influence concerne le lien entre le present et ce que le passe a ou non de passe, lien qui inclut la relation entre l’individu auteur et la tradition dont il fait partie. Etudier ce rapport entre l’occident et ses autres culturels domines, est un moyen de comprendre une relation inegale entre des interlocuteurs inegaux. Le colonialisme n’etait pas le seul systeme, la resistance en etait une aussi. Dans la preface aux Damnes de la terre de Fanon, Sartre a ecrit :  » la realite du monde, c’etaient deux factions en guerre:  » cinq cent millions d’hommes et un milliard cinq cent millions d’indigenes ».

Fanon inverse le paradigme postulant que c’est l’Europe qui a donne aux colonies leur modernite, lui soutient que  » le bien etre et le progres de l’Europe ont ete batis avec la sueur et les cadavres des negres, des arabes, des indiens et des jaunes » et que  » l’Europe est litteralement la creation du Tiers-Monde » (p. 284)- Sartre fait echo a Fanon en ecrivant  » … l’Europe n’a pu se faire homme qu’en fabricant des esclaves et des monstres ». Ces accusations vont etre repetees par bien d’autres penseurs. Thomson et Mus estiment que les europeens et les asiatiques sont condamnes a vivre ensemble.

Ces deux penseur sont contre toute poursuite du colonialisme mais cette approche ne reconnait point la force ce qui avait pris le contre-pied de l’imperialisme occidental, le nationalisme tu Tiers-Monde, qui na jamais ete un discours de la cooperation mais un discours de la lutte. 2. Themes de la culture de resistance Il faut savoir que la resistance s’est manifestee en deux temps: Dans un premier temps, il y avait une resistance primaire qui consistait a combattre contre l’intrusion exterieure. Dans un deuxieme temps, une resistance secondaire qui elle etait ideologique.

Elle consistait a reconstituer une communaute fracassee dans le but de preserver et restaurer le sens de la communaute contre toutes pressions du systeme coloniale (Basil Davidson). Il s’agissait ici des promesses de certains a leurs debuts tels que le rejet du christianisme ou le rejet du port des vetements occidentaux. Ces efforts etaient des reactions aux humiliations du colonialisme. On voulait trouver une unite plus large que toutes les autres connues ulterieurement. Cette base ideologique serait bien la redecouverte de ce qui avait ete supprime par les mecanismes de l’imperialisme.

La tragedie de la resistance est pour Said le fait quelle doit travailler a recuperer des formes deja etablis ou infiltrees par la culture de l’empire, c’est ce qu’il appelle la superposition. La premiere idee du nationalisme anti-imperiale est la prise de conscience de l’appartenance a un peuple sous le joug. De cette idee en decoule les litteratures, les partis politiques, les luttes pour les droits des minorites et des femmes, etc. Mais la conscience nationaliste •dit Fanon- peut facilement conduire a une « rigidite glacee ». Il y a un risque de reproduction de l’ordre ancien; le chauvinisme, la xenophobie (l’Afrique aux africains).

Le concept de race apparait partout dans la culture de la resistance. Trois grands themes dans la resistance culturelle decolonisante: 1- Poser le droit de voir l’ensemble de l’histoire de la communaute de facon integree. – Le concept de langue nationale. – La culture nationale organise et soutient la memoire collective. – Elle donne forme a des expressions et sentiments d’orgueil et de defi, qui deviennent la colonne vertebrale des grands partis d’independance nationale. 2- La Resistance devient une conception alternative de histoire humaine, elle n’est point une simple reaction a l’imperialisme. Fondee sur la destruction des murs entre les cultures. – Effort important pour entrer dans le discours europeen, occidental, en s y melant, et en le transformant. C’est ce que Said appelle  » le voyage de penetration ». 3- Un mouvement pour se degager du nationalisme separatiste et s’orienter vers une vision plus integrante de la communaute et de la liberation humaines. Said critique le refus culturel -des pays devenus independants comme l’Italie et l’Allemagne- de reconnaitre aux anciens peoples assujettis le droit au meme type de nationalisme. C’est une conception fausse de la priorite.

Les cultures • dit Said- ne sont pas impermeables. La science occidentale a emprunte aux arabes qui ont emprunte a l’Inde et a la Grece. L’emprunt des cultures et l’interaction entre elles sont des normes universelles. 3. Yeats et la decolonisation Yeats est un auteur canonique, integre aux discours de la litterature anglaise, un grand poete irlandais moderne mais il est aussi un poete national qui exprime le vecu • en un temps de resistance contre l’imperialisme- d’un peuple sous le joug dune puissance d’outre-mer. Il appartient a la tradition du monde colonial domine par l’occident.

Il releve dune problematique culturelle qui est partagee avec les regions non europeennes; celle de la dependance et de la lutte. Le nationalisme en Irlande, en Inde et en Egypte s’est ancre dans une longue lute pour les droits des indigenes et l’independance mene par des partis nationalistes comme le Sinn Fein, la parti du Congres et le Wafd. Des ouvrages comme  » The Arab Awakening » de Geroge Antonius ont ete ecris sur la des du nationalisme classique. Alors que le Renouveau nationaliste en Irlande et ailleurs a connu deux moments politiques distincts: Prise de conscience de la culture europeenne et occidentale en tant qu’imperialisme. – Le prolongement dramatique de la mission imperiale occidentale apres la 2nde guerre mondiale, en Algerie, au Vietnam, en Palestine et ailleurs. Dans la litterature du premier moment, primait l’element geographique. L’imperialisme est avant tout un acte de violence geographique, et pour l’indigene, histoire de la servitude coloniale commence par la perte de l’espace local, et c’est ensuite, qu’il part en quete de son identite geographique pour la restaurer.

Une des premieres taches de la culture de resistance est alors la revendication de la terre, puis s’ensuivent une serie de nouvelles affirmations, recuperations et identifications. 4. Le voyage de penetration et l’emergence de l’opposition Il y a toujours des zones que la domination occidentale ne controle pas, c’est d’elles que vient souvent l’opposition. Il y a cependant une difference entre anticolonialisme et anti-imperialiste. A la fin du 18eme siecle, il y avait des intellectuels opposes a l’imperialisme, mais n’avaient pas une influence assez importante.

Ceux qui en avaient comme Mary Kingsley et l’ecole de Liverpool, etaient souvent des imperialistes et des chauvins qui se montraient severes a l’egard des abus du systeme. La condamnation globale de l’imperialisme est apparu plus tard, lorsque les soulevements indigenes etaient devenus assez importants pour etre ignores ou vaincus. Et c’est aussi apres les reactions des nationalistes dans les territoires imperiaux que s’est developpe un mouvement anticolonial important. C’est avec Aime Cesaire et Frantz Fanon que l’opposition -a la politique coloniale francaise en Algerie et en Indochine- a pris une mpleur et a engendre d’autres oppositions, comme l’opposition humaniste contre la torture et la deportation, ou une conscience nouvelle de vivre une ere mondial de fin des empires, en d’autre termes, et selon Said, une redefinition des buts de l’effort national. Ce sentiment d’anti-imperialisme commun a cree des nouveaux liens entre europeens et americains. Des idees nouvelles ont apparues et la structure d’attitudes et de references a totalement change, mais ce reajustement n’est pas completement realise. L’auteur mentionne 4 ouvrages qu’il a analyse: « Les Jacobins noirs » de C. L. R James, en 1938: une insurrection noire aux Caraibes a la fin du 18eme siecle. Il montre comment Toussaint fait confiance aux declarations europeennes. – « The Arab Awakening » de George Antonius: Un soulevement arabe recent. Pour James et Antonius, leur histoire est ancree dans la periode ou l’orient est dependant de l’occident. Chez Antonius, les arabes ont pris a la lettre les promesses britanniques d’independance. On y trouve dans leurs Tuvres le meme melange de tristesse et de deception.

Travaux postcoloniaux, adresses a un public restreint sur des problemes particuliers: – « A Rule of Property for Bengal » de Ranajit Guha, en 1963: – « The Myth of the Lazy native » de S. H Alatas, en 1977: L’auteur montre que la pensee des Malais devenus autonomes contient toujours des residus du capitalisme colonial. Il explique le terme de l’ « indigene paresseux ». La difference entre les deux premiers auteurs et les deux derniers c’est l’histoire postcoloniale, elle a change les termes du raisonnement. On y trouve chez ces quatre auteurs une forte influence de la politique.

La question que souleve Said c’est :  » Comment lire? « , et  » quoi lire? « . Il ne faut pas etudier l’histoire de la France et celle de l’Algerie ou du Vietnam et l’histoire de l’Angleterre et celle des Caraibes, de l’Afrique ou de l’inde separement, si on les etudie separement on risque de separer artificiellement et trompeusement l’experience de la puissance et celle de l’assujettissement. 5. Collaboration, independance et liberation Le nationalisme n’est qu’un aspect de la resistance et son fondement negatif est les insuffisances de l’ideologie nationaliste.

Dans  » Discours sur le colonialisme », Aime Cesaire explique comme quoi le nationalisme engendre un raffermissement de l’identite et un nouvel endoctrinement pour l’inculquer. A titre d’exemple, en Algerie, les francais avaient interdit l’usage de l’arabe dans les ecoles et dans l’administration. Et apres 1962, le nouveau systeme d’education fut totalement arabo-islamique, ce qui a eu pour consequences, la monopolisation des pratiques politiques par un seul parti, une erosion de la vie democratique, un defi islamique, par une opposition preconisant l’identite algerienne strictement musulmane, une identite fondee sur les principes coraniques.

Dans  » Damnes de la Terre », Frantz Fanon avait prevu ces evenements, selon lui, il est imperatif que la conscience nationale se transforme en une conscience sociale, sinon, au lieu d’une liberation, on sera devant une extension de l’imperialisme. L’Tuvre de Fanon est un effort pour inventer des ames nouvelles. Chapitre quatrieme: Avenir affranchi de la domination 1. La suprematie americaine: l’espace public en guerre Dans ce chapitre Said tente de montrer comment le systeme imperial est toujours tres vivant dans le monde d’aujourd’hui. L’imperialisme n’a pas pris fin, il a legue de multiples relations qui lient toujours l’Algerie a la France, l’Inde a la Grande-Bretagne.  » Des populations musulmanes, africaines venues des anciens territoires coloniaux resident aujourd’hui en Europe. Et cette migration est le resultat de l’imperialisme et de la decolonisation. 2. Defier l’orthodoxie et l’autorite Dans ce chapitre Said nous donne un exemple assez interessant, qu’il serait convenable de mentionner.

Avant 1990, personne ( dans l’espace public dominant) ne s’interessait a l’Irak; puis soudain il y a eu un exces de livres, tel que  » La Machine Infernale », passe inapercu a sa parution, ce n’est que deux ans plus tard, en 1991, que son auteur devint une vedette, pour la simple et unique raison que son portrait obsessionnel et monochrome de l’Irak repondait parfaitement aux besoins de la representation deshumanisee du pays qui abrite  » l’ Hitler arabe ». Etre non occidental c’est etre un miserable, un fou furieux, un suiviste, un consommateur paresseux. Un non occidental peut telephoner mais n’aurait jamais pu inventer le telephone » Naipaul. Said souligne la contribution de l’imperialisme aux arts de l’observation et de la description donc selon l’auteur cette vision du non occidental, ces prejuges de l’autre monde, sont des productions du systeme imperial. Je voudrais ajouter une constatation personnelle, ces memes visions sur le non occidental, ces prejuges, ces ignorances, n’ont pas seulement ete acquis par le monde occidental mais aussi et c’est gravissime, par le monde non occidental lui-meme, par « l’orient ».

Au sein meme du monde arabe, nous faisions face a ces prejuges, a ces ignorances, a ce racisme, creation de l’imperialisme. 3. Mouvements et migrations Une nouvelle conscience critique est primordiale, et pour ce faire Said propose de changer de regard sur l’education. Il est faux de demander aux etudiants de s’interesser uniquement a leur histoire, a leur pays, a leur culture. Il faut leur apprendre, leur inciter la curiosite sur les autres cultures, pays et histoire, leur apprendre a connaitre une autre geographie, d’autres identites, peuples et cultures.

Car, dit Said,  » nous sommes meles les uns aux autres », on ne le remarque peut etre pas autant, ni les systemes nationaux d’education ne le remarquent, mais c’est la realite des choses, d’ ou l’importance a connaitre l’autre. Cela dit, Said alerte ses lecteurs encore une fois sur l’importance a ne pas repeter l’ancien ordre, a ne pas retomber dans l’imperialisme, en croyant pratiquer le nationalisme, ce dernier doit etre delicatement manie sinon on risque de tomber dans la pratique Imperiale. Notre epoque a produit des refugies, des migrants, des personnes deplacees, mouvements de population qui ont suivi les grands conflits post coloniaux.

Force est de constater, que  » nul aujourd’hui n’est seulement ceci ou cela. Indien, femme, musulman, americains, ces etiquettes ne sont que des points de depart », et la pire calamite que l’imperialisme puisse avoir fait a ete de  » laisser croire aux peuples qu’ils etaient seulement,…, des Blancs, des Noirs, des Occidentaux, des Orientaux ». Et la seule raison explicable a cela, dit Said, est la peur et le prejuge. Enfin, il serait convenable de clore ce dernier chapitre de l’ouvrage avec la belle expression d’Eliot  » On ne peut priver la realite des autres echos qui habitent le jardin ».

Conclusion Apres la lecture l’ouvrage – encore plus, si l’on a lu le precedent ouvrage « Orientalisme » – il suffit pour remarquer l’aptitude qu’a Said a meler l’analyse politico-historique avec la critique litteraire. Said ne s’est pas contente d’analyser la relation entre l’occident et le reste du monde a travers le cadre colonial mais aussi et surtout au-dela de celui-ci. Dans l’orientalisme, Said a analyse les discours occidentaux, desquels il a degage le lexique imperialiste voire raciste.

Alors que dans l’ouvrage ci-contre, il a voulu elargir la perspective imperialiste en etudiant aussi l’autre cote de la frontiere, c’est a dire, les reactions du monde non occidental, l’opposition.  » Culture et imperialisme » est un ouvrage tres reussi (comme toute ouvrage de Said d’ailleurs). A travers un travail d’archives assez remarquable, Said a illuminer ses lecteurs sur cette relation complexe entre la culture et la dynamique de l’histoire de l’humanite. La culture est donc etroitement liee a l’entreprise imperiale, elle l’a renforce et a contribue a sa continuite.  Avec Conrad, le lecteur peut voir que l’imperialisme est un systeme. La vie dans un espace subordonne est marquee au fer des fictions et folies de l’espace dominant. Mais l’inverse est vrai aussi: la vie dans la societe dominante finit par dependre aveuglement des indigenes et de leurs territoires qui, on en est persuade, ont un besoin imperatif de la ‘mission civilisatrice’ « . (introduction- p. 21)- Il est difficile de critiquer une Tuvre ecrite par l’intellectuel Edward Said, toutes ces Tuvres peuvent etre jugees de magistrales.

Cela dit, cet ouvrage en particulier est assez complique voire epuisant a lire, 500 pages traitant de quatre grands themes, Territoires superposes, histoire enchevetrees; Pensee unique; Resistance et opposition; Avenir affranchi de la domination. On a souvent le sentiment que l’auteur se repete. Mais a part ce petit detail, lire un ouvrage d’Edward Said est toujours vu comme un succes en plus dans la progression et la consolidation de nos connaissances. Nulle personne ne peut lire Edward Said sans avoir le sentiment • a la fin de la lecture- d’avoir acquis des connaissances en plus.