Rousseau

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L’Idee du bonheur chez Rousseau Yoshiro KURIHARA La profession de foi dans l’Emile est declaree heretique au mois de juin 1762 et le gouvernement francais d’alors se decida a condamner ce livre au feu et a mettre Rousseau en prison. Le philosophe de l’alienation en est venu a s’aliener. De Suisse en Prusse, puis a l’ile de Saint-Pierre et enfin en Angleterre, il mene une vie vagabonde tout en continuant a lutter contre ses persecuteurs. Les Lettres de la Montagne, les Confessions, ou les Dialogues sont vraiment les documents de sa lutte pour declarer son innocence, sa sincerite et denoncer le complot de ses adversaires.

Comme derniere resistance contre ses persecuteurs il a essaye de faire offrande de ses Dialogues au grand autel de Notre-Dame afin de mettre l’opinion publique de son cote. Mais la grille devant l’autel, qui etait toujours ouverte, etait fermee, et il n’a pas pu le faire. Dieu est-il aussi son persecuteur? Il est devenu profondement desespere. Reprenant courage, il a distribue des tracts titres: «A tout Francais aimant encore la justice et la verite». Mais peu de passants ont prete l’oreille a ce vieil homme.

Comprenant que l’appel a la societe etait inefficace, Rousseau, dans un brusque revirement,

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s’est decide a rentrer en soi-meme. C’est la voie qu’il a imaginee dans l’Emile. En effet, dans les Reveries qu’il ecrira deux ans avant sa mort, il devrait ecrire joliment le bonheur et le sens de liberation qu’il eprouve depuis qu’il est rentre en lui-meme. 1. Idee du rapport d’apres Rousseau Qu’est-ce que le bonheur chez Rousseau? Pour trouver la reponse, nous devons etudier son point de vue sur la faiblesse humaine qui est different de celui des chretiens de son temps.

Regardons ces phrases de l’Emile: Exister pour nous, c’est sentir; notre sensibilite est incontestablement anterieure a notre intelligence, et nous avons eu des sentimens avant des idees. 1 L’empirisme phrase anglais est apparu entre le relativisme de Descartes et cette de Rousseau. Mais il faut dire qu’on [39] ne trouve pas un defi si distinct a la pensee epiitemologique du peche meme dans la philosophie de Locke, par exemple : Et Jesus les fit appeler et dit: Laissez venir a moi les petits enfants et ne les en empechez pas; car le royaume de Dieu est pour leurs pareils. ) Dans l’histoire de la reflexion europeenne sur l’education, il n’est pas negli- geable que l’image ideale de l’ame consiste en son caractere enfantin lie a la conception chretienne de l’enfant. Mais avant Rousseau, dans la societe europeenne, c’etait la notion de l’enfant selon Saint Paul qui regnait dans le domaine de l’education familiale et scolaire. D’apres cette notion, on considerait l’enfance comme un etat negatif trouvant l’etat de l’homme avant de renaitre par la grace dans l’enfant; c’est-a-dire, on regardait les enfants comme les enfants du peche originel.

Pour incarner cette idee, il y avait le systeme de la pension, sous lequel on laissait des enfants, completement isoles du monde et tout le temps surveilles pour retenir leurs activites spontanees liees aux peches originels. Les jesuites pensaient que cette culture pure etait le systeme ideal de l’education scolaire. Mais il va sans dire que c’est le probleme de la science humaine chretienne qui formait la base des idees europeennes, plutot que seulement celui de la notion chretienne de l’enfant. C’est un theme de la science humaine traditionnelle meme, qui traite de la faiblesse de l’homme:

Toute mechancete vient de foiblesse; l’enfant n’est mechant que parce qu’il est foible; rendez-le fort, il sera bon: celui qui pourroit tout ne feroit jamais de mal. De tous les attributs de la divinite toute-puissante la bonte est celui sans lequel on la peut le moins concevoir. 3) Ces mots de Rousseau tionnelle. Mais chretienne la science du peche sont evidemment humaine originel, venus de la societe chretienne secularise la notion definitivement de faiblesse tradil’idee humaine de Rousseau en transportant sur le rapport entre la faculte et le desir de l’homme:

Tout sentiment de peine est inseparable du desir de s’en delivrer; toute idee de plaisir est inseparable du desir d’en jouir; tout desir suppose privation, et toutes les privations qu’on sent sont penibles; c’est donc dans la disproportion de nos desirs et de nos facultes que consiste notre misere. Un etre sensible dont les facultes egaleroient les desirs seroit un etre absolument heureux. 4) Rousseau tire la faiblesse de l’homme du monde de l’histoire sainte et la transun changement con- fere secretement revolutionnaire cernant dans celle de. laicisation. dans la situation : es forces superflues, Cela impliquait des idees pedagogiques traditionnelles la spontaneite Loin d’avoir tout les enfans la nature: n’en ont pas meme de suffi- santes pour de toutes ce que leur demande il faut donc leur laisser l’usage abuser celles qu’elle leur donne et dont ils ne sauroient Cette conception de l’enfant de Rousseau mene sa reflexion a l’autre extremite de la proposition de Pascal comme quoi la nature nous rend malheureux a tous les etats. Ensuite dans l’article «Hobbisme», ou «Philosophie de Hobbes» de l’Encyclopedie, Hobbes appelait le mechant un enfant robuste.

Quant a Diderot, dans le Neveu de Rameau, il reprend la meme proposition de Hobbes sous l’expression, «le petit sauvage»6). Tandis que de nombreux philosophes des Lumieres critiquent Hobbes dans beaucoup de cas, Diderot lui est favorable pour ce qui concerne l’aspect du materialisme de sa philosophie. Les conceptions de Pascal, de Hobbes, et de Diderot ne nient point l’idee du peche originel dans le christianisme qui considere la faiblesse humaine comme fatale. Contrairement a leurs idees, Rousseau pense qu’elle est acquise et que l’homme peut la surmonter par lui-meme. Sur ce point, sa pensee marque un tournant dans l’histoire des idees.

Quand on dit que l’homme est foible, que veut-on dire? Ce mot de foiblesse indique un rapport. Un rapport de l’etre auquel on l’applique. Celui dont la force passe les besoins, fut-il un insecte, un ver, est un etre fort . Celui dont les besoins passent la force, fut-il un elephant, un Lion, fut-il un conquerant, un heros, fut-il un Dieu, c’est un etre foible . 7) D’apres Rousseau la faiblesse de l’homme vient de ce que ses besoins excedent sa force. Il remplace le rapport absolu avec le Dieu depassant l’intelligence humaine par le rapport entre la capacite et le desir pour ce qui concerne la faiblesse humaine.

Il est tout naturel que pour la science humaine chretienne, le plus dangereux, ce soit non le materialisme du 18e siecle mais la science humaine de Rousseau. Ce fut en prenant l’Emile pour cible que commencerent les persecutions de l’Eglise contre Rousseau. Le christianisme d’alors attribuait la faiblesse de l’homme au peche originel qui relevait d’une dimension inexplicable pour l’homme. Au contraire, Rousseau tenta ‘de l’exprimer en la pensant au niveau de l’homme, si bien qu’il inventa un nouveau rapport entre le desir et la faculte. Il dit que la condition du bonheur consiste dans l’equilibre de ces deux choses.

C’est la presentation du bonheur absolu se suffisant a soi-meme, sans rapport a l’autre. Elle blessa notablement le prestige de l’Eglise, mais etait assez moderne. Dans un autre contexte, la theorie litteraire que Soseki Natsume cherchait a Londres, les problemes que Kojin Karatani etudie actuellement, sont dans le prolongement de ce que Rousseau a presentes). Si l’on pense ce que c’est qu’un bonheur en rapport avec l’autre, cela risque d’etre une sorte de rapport entre le maitre et le domestique comme Diderot le decrivait dans Jacques le Fataliste. Ce n’est pas le vrai bonheur.

C’est en cherchant le bonheur relatif chez soi d’apres Rousseau que nous pourrons echapper a l’alienation et surmonter l’anxiete moderne. En ce sens, l’invention de la faiblesseselon Rousseau est tres persuasive. 2. Solitude et Communaute Parmi les quelques clefs qui permettent de comprendre le systeme des idees de Rousseau, l’une est la notion du bonheur. Les gens obtiennent-ils le vrai bonheur en appartenant a la communaute ou ne peuvent-ils en jouir que quand ils sont solitaires? Lire de ce point de vue les oeuvresde Rousseau menent a une impasse.

Parce que Rousseau tantot parle du bonheur dans la collectivite tantot admire celui-ci dans la solitude. Selon cette facon, il semble que les idees de Rousseau ne soient pas systematiques, mais plutot meme pleines de contradictions. Ces cadres de lecture sont trop simples. L’homme relie la relation aux autres pour remplir sa vanite. Parce qu’il ne peut faire cela sans les autres qui l’envient. Cette appartenance a la collectivite correspond a l’attribut de la defense de soi-meme. Il n’est sensible qu’a ses propres interets et se defend comme l’araignee file sa toile.

La conjonction et le blocus de soi-meme ont a la fois un aspect social et un aspect individuel: les deux se font pendant. C’est la condition du malheur humain. D’autre part Rousseau en faisant attention au courant de sa propre vie. Quand ce courant coule debordant du cadre de soi, l’individu semble se fondre dans la collectivite. Donc, cette condition a deux aspects: aspect individuel et aspect social. Rousseau la considere comme le bonheur. C’est pourquoi la division traditionnelle en deux types (les gens sont heureux dans la communaute et malheureux dans la olitude ou les gens sont malheureux dans la communaute et heureux dans la solitude) est tout a fait eloignee des veritables idees de Rousseau. Le bonheur, comme le malheur comporte deux aspects (aspect social et aspect individuel), c’est la l’opinion fondamentale de Rousseau. Si nous traitons chaque texte de Rousseau, il est vrai que plusieurs nous conduisent au dualisme simple. Bien sur, il y a des passages qui invitent les lecteurs a cette facon de diviser en deux. Mais en lisant l’oeuvre dans son ensemble, on trouve que cette interpretation est erronee.

Rousseau, a partir d’un point originel qu’il a nomme l’amour propre, a constitue deux orientations vers lesquelles le moi se developpe; une est vers le bonheur et l’autre vers le malheur. Les idees de Rousseau sont devenues le soutien logique pour la modernisation et en meme temps elles permettent d’eclairer le malheur des hommes modernes. Quant a l’idee du bonheur, on traite de l’analyse des couches de solitude, et de la relation avec les autres ou de l’appartenance a la communaute comme le probleme de la communication. Nous pouvons trouver trois cas chez Rousseau: 1. Le bonheur dans la solitude 9) 2.

Le bonheur de l’identification a l’amante, Mmede Warene) 3. Le bonheur dans la communaute »). Mis a part le bonheur de l’identification a l’amante, comment le bonheur dans la solitude et celui dans la communaute se lient-ils chez Rousseau? L’isolement et la solitude sont differents. L’isolement est de ne pas chercher la relation avec les autres, la solitude la recherche mais en vain. Dans ce sens, la solitude n’est pas sans rapport avec le bonheur dans la communaute. Selon Rousseau, la communaute est un etre abstrait issu d’une volonte generale, ou l’etre d’un individu disparait un moment.

La communaute est plutot consideree comme un individu developpe. Ainsi il ne pense pas que le bonheur comporte les deux aspects social et individuel. Il croit plutot que l’aspect social du bonheur a une relation etroite avec son aspect individuel. Les gens ne sentent le bonheur que quand ils sont dans une position egale dans la communaute en meme temps que dans la solitude. C’est-a-dire, le moment ou un individu sent le sentiment de l’etre, c’est le moment ou la vraie communication est possible au dela de la distinction entre le soi et l’autre. La solitude a deux niveaux.

La couche profonde signifie le manque de communication et la couche de surface le manque d’echange des relations emotionnelles representant l’amour et le respect. On trouve l’amour et le respect dans la personnalite et la sympathie et l’admiration comme d’autres reactions emotionnelles vers les conduites d’un individu. En somme, la condition n’ayant pas d’echanges de ces reactions emotionnelles, c’est ce qu’on appelle normalement la solitude. La communication qu’on dit en un mot a bien des degres, donc la solitude en tant que manque de communications a beaucoup de couches non seulement superficielles aussi profondes .

Georges Gurvitch analyse et montre qu’il y a des couches de profondeurs variees dans la communication humaine. La solitude depend donc ou l’on se situe dans ces couches. Il a constitue dix couches, mais pour nous approcher du probleme de la solitude, il suffit de distinguer deux couches pour le moment. L’une concerne le «role» et l’autre represente le vrai «moi». Naturellement, il y a beaucoup de degres des roles, a partir de celui extremement formel dans l’organisation bureaucratique jusqu’a celui assigne selon chaque personnalite dans un petit groupe.

Sans parler de l’organisation bureaucratique meme dans le cas du role qui ne contient presque pas de regles formelles, de gens jouant ce role toujours sentant plus ou moins un decalage entre eux-memes qui jouent et leur veritable personnalite . D’autre part, le reste de soi auquel le role n’est pas assigne depend du role en question. C’est-a-dire qu’il s’agrandit ou se rapetisse selon son role. Autrement dit, c’est different jusqu’ou chaque couche de soi est exprimee . Mais, ici, je n’analyse pas ces couches, plutot les mets ensemble comme le reste.

On espere qu’un individu poursuit le role, donc il n’est pas permis d’exprimer des sentiments varies ou des desirs provenant de chaque couche du reste de soi. Son soi est oblige de garder le silence. Les deux couches que H. Bergson distingue comme le moi social et le moi individuel dans les Deux sources de la morale et de la religion, sont un des themes importants de la litterature moderne. C’est le decalage entre le role et le soi. Un individu veut representer «une chose grave et pressante» mais les autres ne sont prets a le comprendre que par son role.

Donc, il faut que ses expressions non travaillees soient traduites en termes formels. Mais comme cette tradition ne fait que faire prendre conscience de la distance aux passages originels, on est force de se taire. Bien des romanciers trouvent leur source d’inspiration dans ce decalage. Ce silence est peut-etre une forme negative de reaction au decalage entre le role et le soi. Au contraire la reaction active est de le limiter au minimum dans la condition donnee. Un individu cherche le role dans lequel il peut le mieux exprimer communaute, giquement substituer la couche c’est-a-dire, profonde e son moi. de traduire Le processus l’interieur, de choix de la est psycholo- le processus traite comme le mecanisme de l’identification. Cette fois-ci on va le cas entre la solitude et la communaute au probleme entre l’inte- rieur et l’exterieur. 3. Conclusion L’extreme fondement des notions que Rousseau employait est tres subjectif comme il disait: «Je sens». Mais si l’on pense a soi-meme par rapport aux autres, on y invente une relation dependante. Diderot en presente un excellent exemple en renversant la relation entre maitre et domestique dans Jacques le Fataliste et son maitre.

Donc, Rousseau a tenu compte du rapport avec les autres et s’est delivre de cette situation d’apres la relation a soi-meme, representant la possibilite de la liberte absolue pour les hommes alienes, c’est un grand evenement fondateur des temps modernes. L’individu que rien ne peut contraindre, ce serait l’etre hypothetique sans substance. N’estil pas plutot l’abstraction tres pure qui montre le monde reel remarquablement corrompu. Notes 1) 2) 3) 4) 5) 6) Jean-Jacques Gallimard, La Sainte coll. Bible, ROUSSEAU, «Bibliotheque Le Nouveau Emile, de in OEuvres completes 1969, p. elon (abrev. : 600. Luc, ch. O. C. ), tome I•r, la Pleiade», Evangile Testament, op. cit. , p. 288. 18. Jean-Jacques Ibid. , Ibid. , oir coll. pp. p. 290. Denis •r «Classiques 303-4. ROUSSEAU, DIDEROT, Garnier ROUSSEAU, Le Neveu », 1981, op. cit. , de pp. p. Rameau, 506-7. 305. (Ifu in (Euvres romanesques, Garnier, Jean-Jacques 8) 9) Kojin Tojusha, oir I, O. KARATANI, pp. Jean-Jacques coll. I•r, pp. 28 et L’Homme 64 -65. craignant suru ningen , met Arim ), ed. ROUSSEAU, •r «Bibliotheque 503 et 604-5. Les de Reveries la Pleiade», du promeneur 1976, pp solitaire, . 1003 et n 1046; O. C. , tome in Gallimard, C. , oir tome Emile, 10) 11) Jean-Jacques ROUSSEAU, •r Confessions, in O. C. , tome I, op. cit. , pp. 222 et 264. •r oir pp. p. Jean-Jacques 221, 1085. 233 et ROUSSEAU, 248-9; Les Lettre Reveries a D’Alembert, du promeneur Garnier-Flammarion, solitaire, in O. C. , 1967, tome I, Bibliographie 1. OEuvres «Bibliotheque 2. 3. J. -J. P. ROUSSEAU, BURGELIN, rin, 4. 5. 6. B. M. 1973. Jean-Jacques J. -J. Pensees, Rousseau, «Classiques Introduction 1981. Maximes, OEuvres Jean-Jacques I, «Classiques de la Gamier», la Pleiade», transparence 1967.

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