Rousseau

Rousseau

Biographie Jean-Jacques Rousseau est le fils d’Isaac Rousseau (GenA? ve, 1672 – Nyon, 1747), horloger comme son pA? re et son grand-pA? re, et de Suzanne Bernard (GenA? ve, 1673 – GenA? ve, 1712), qui meurt le 7 juillet 1712, neuf jours aprA? s la naissance de Jean-Jacques. Elle-mA? me A©tait fille d’un horloger nommA© Jacques Bernard. Sa mA? re morte, le jeune Jean-Jacques est A©levA© A  partir de neuf ans par son oncle Samuel Bernard, pasteur protestant, qu’il prend pour son grand-pA? re. Sa famille, d’origine franA§aise, s’A©tait exilA©e A  GenA? ve en 1549 A  cause de la persA©cution religieuse. AbandonnA© A  10 ans par son pA? e, il connait, livrA© A  lui-mA? me, une enfance, une A©ducation et des dA©buts difficiles. Il passe deux annA©es chez le pasteur Lambercier A  Bossey (au pied du SalA? ve, au sud de GenA? ve) (1722 – 1724). Son oncle le place comme apprenti chez un greffier, puis en 1725 chez un maA®tre graveur. A« Maman A» Jean-Jacques quitte la GenA? ve protestante A  seize ans en 1728. C’est le curA© de Confignon, BenoA®t de Pontverre, qui l’adresse A  une vaudoise A©migrA©e A  Annecy, la baronne de Warens, rA©cemment convertie au catholicisme, dont

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il s’A©prend et qui sera plus tard sa tutrice et sa maA®tresse.

Le 21 mars 1728 a lieu la rencontre. Dans ses « confessions » Rousseau souhaite que cette rencontre soit matA©rialisA©e par un balustre d’or. Aussi peut on observer A  Annecy une statue du philosophe entourA©e d’un balustre dorA© sur lequel il est A©crit « un matin de PA? ques fleuries, Rousseau rencontra ici madame de Warens ». La baronne l’envoie A  Turin oA? il se convertit au catholicisme le 23 avril. L’annA©e suivante, il retourne chez celle qu’il appelait A« Maman A» alors que cette derniA? re n’A©tait que de 13 ans plus veille que lui, dans A« une petite maison au penchant d’un vallon A», prA? de ChambA©ry, que Les Confessions ont rendue cA©lA? bre : A« les Charmettes A». Mme de Warens est A  l’origine d’une grande partie de son A©ducation sentimentale et amoureuse. En 1730, il voyage A  pied jusqu’A  NeuchA? tel, oA? il enseigne la musique. En 1732, il revient A  ChambA©ry, oA? il travaille aux services administratifs du duchA© de Savoie, puis comme maA®tre de musique auprA? s des jeunes filles de la bourgeoisie et de la noblesse chambA©riennes. Il sA©journe prA? s de dix ans dans la capitale de la Savoie. En 1734 il devient l’intendant de Mme de Warens, qui deviendra plus tard sa maA®tresse.

C’est chez elle qu’il A©crit, en 1739, son premier livre, le Verger de Madame la baronne de Warens. Il apprA©cie la ville : A« S’il est une petite ville au monde oA? l’on goA»te la douceur de la vie dans un commerce agrA©able et sA»r, c’est ChambA©ry. A» Les dA©buts philosophiques A? Paris, en 1742 et 1743, il essaie d’exploiter l’invention d’un systA? me de notation musicale en publiant successivement le Projet concernant de nouveaux signes pour la musique et la Dissertation sur la musique moderne. Il se lie avec Denis Diderot et Mme d’Epinay. En 1745, A  Paris, il rencontre ThA©rA? e Levasseur, modeste servante d’auberge, avec qui il se met en mA©nage. Les cinq enfants qu’ils ont sont confiA©s aux Enfants-TrouvA©s, l’assistance publique de l’A©poque, dA©cision qui lui sera reprochA©e plus tard 1 ; il y rA©pondra par son grand ouvrage Les Confessions). En 1747, son pA? re, Isaac Rousseau meurt En 1749, Jean-Jacques A©crit des articles sur la musique pour l’EncyclopA©die. En 1750, il participe A  un concours proposA© par l’AcadA©mie de Dijon : son Discours sur les sciences et les arts (dit Premier Discours) qui soutient que le progrA? est synonyme de corruption, obtient le premier prix. Ce discours suscite diverses rA©actions, dont celle de Charles Borde. Le 18 octobre 1752 est reprA©sentA© devant le roi Louis XV, A  Fontainebleau, en pleine A« Querelle des Bouffons A», Le Devin du village, intermA? de en un acte, dont Rousseau vient de composer et d’A©crire la musique et le livret. CA©lA©britA© et polA©miques En 1755, A  un autre concours de la mA? me AcadA©mie de Dijon, il rA©pond par son Discours sur l’origine et les fondements de l’inA©galitA© parmi les hommes (A©galement appelA© Second Discours), qui achA? ve de le rendre cA©lA? re et suscite, comme le Premier Discours, une vive polA©mique. AprA? s avoir rencontrA© Louise d’A? pinay, vers 1747, il « fuit » Paris, de 1756 A  1762, et il travaille et sA©journe A  Montmorency, d’abord A  l’Ermitage puis au Mont-Louis. PubliA© en 1762, A? mile ou De l’A©ducation est condamnA© par le Parlement de Paris. Le Contrat social parait la mA? me annA©e et connait un sort similaire : les deux ouvrages sont interdits en France, aux Pays-Bas, A  GenA? ve et A  Berne. Rousseau se rend en Suisse, puis sur le territoire de NeuchA? tel (MA? tiers) qui appartient au roi de Prusse. AprA? un sA©jour dans l’A®le Saint-Pierre, sur le lac de Bienne, il gagne l’Angleterre, en 1765, en compagnie de David Hume, attachA© A  l’ambassade de Grande-Bretagne A  Paris. Les deux philosophes se brouillent cependant rapidement. Il peut rentrer A  Paris en 1770, A  la veille de la chute de Choiseul dont il avait condamnA© la politique d’annexion de la Corse. Il condamne A©galement la politique russe de dA©mantA? lement de la Pologne, alors que la plupart des philosophes soutenaient Catherine II. Le poA? te Jean-Antoine Roucher publie en 1779 dans les « Mois » les quatre « Lettres A  M. e Malesherbes ». C’est A  cette pA©riode que Rousseau, qui vivait dans la hantise d’un complot dirigA© contre lui, commence son A »uvre autobiographique. L’A »uvre autobiographique Entre 1766 et 1769, il A©crit les Confessions (il y invente le terme de A« Cruscantisme A»). En 1772, il entame la rA©daction des Dialogues de Rousseau juge de Jean-Jacques. Les RA? veries du promeneur solitaire sont rA©digA©es au cours des deux derniA? res annA©es de sa vie. Louis Donin de RosiA? re est tA©moin, avec son cousin Myriadec, du mariage de Jean-Jacques Rousseau avec ThA©rA? e Levasseur, le 30 aoA»t 1768, A  Bourgoin-Jallieu. En 1778, le marquis de Girardin offre l’hospitalitA© A  Jean-Jacques Rousseau, dans un pavillon de son domaine d’Ermenonville, prA? s de Paris; c’est lA  que l’A©crivain philosophe meurt subitement le 2 juillet 1778, de ce qui semble avoir A©tA© une crise d’apoplexie. VoilA  le rA©cit de la mort de Rousseau tel que le fait G. Lenotre dans Vielles maisons vieux Papiers, Perrin et cie, 1914, quatriA? me sA©rie : A« Le 2 juillet le cabaretier Antoine Maurice aperA§ut le philosophe se promenant, dA? cinq heures du matin, malgrA© la rosA©e ; il le vit rentrer vers sept heures, apportant du mouron cueilli pour ses oiseaux. Deux heures plus tard, Antoine entendit des cris provenant du pavillon qu’habitaient les Rousseau ; il y courut. Mme Rousseau appelait au secours ; son mari A©tait tombA© sur le plancher, dans la piA? ce du premier A©tage, et s’A©tait blessA© A  la tempe. Presqu’en mA? me temps que le cabaretier, M. et Mme de Girardin arrivA? rent suivis de quelques domestiques et d’un chirurgien ; celui-ci essaya d’une saignA©e, mais Jean-Jacques dA©jA , ne donnait plus signe de vie A». ….

De l’A©vA©nement, dans le village et les environs, les versions les plus diverses circulaient. M. Rousseau, affirmaient les uns, s’A©tait tuA© d’un coup de pistolet. Payen, le maA®tre de poste de Louvres, servait la nouvelle aux voyageurs qui relayaient chez lui. D’autres assuraient que le pauvre Jean-Jacques s’A©tant avisA© – bien aprA? s tous les autres – des relations de Mme Rousseau avec un domestique du chA? teau voulait quitter Ermenonville : elle s’A©tait refusA©e A  le suivre : alors il avait cherchA© dans la forA? t des mauvaises plantes qu’il connaissait et il les avait infusA©es dans son cafA© du matin.

C’est la version adoptA©e par Mme de Stael, par Corencez et par Musset Pathay. On a supposA© pire encore « Jean-Jacques, qui au dire de Mme de Stael, avait appris le matin mA? me les relations de sa femme avec un homme de la domesticitA© de M. de Girardin, s’est-il suicidA© de dA©sespoir, a-t-il A©tA© assassinA© par sa femme, ou est-il mort d’apoplexie sA©reuse comme l’affirme le procA? s verbal d’autopsie? « . (« JJ Rouseau Hommage national » par A. Castellant). Quant au Marquis de Girardin, il niait hautement le suicide ». Ce qui est certain, c’est que sa femme ThA©rA? e Levasseur, A? gA©e de 57 ans, devait A©pouser peu aprA? s ce domestique nommA© Antoine Bally, A? gA© de 34 ans, et dilapider avec lui les A©conomies de Jean-Jacques et ses droits d’auteur pour finir dans la misA? re. Tombeau au PanthA©on de Paris Le lendemain de sa mort, le sculpteur Houdon prend le moulage de son masque mortuaire. Le 4 juillet, le marquis de Girardin fait inhumer le corps dans l’A®le des Peupliers, dans la propriA©tA© oA? , en 1780, s’A©lA? vera le monument funA©raire dessinA© par Hubert Robert, exA©cutA© par J. -P. Lesueur.

Le philosophe est rapidement l’objet d’un culte, et sa tombe est assidA»ment visitA©e. Les rA©volutionnaires le porteront aux nues et la Convention demandera son transfert au PanthA©on. L’hommage solennel de la nation franA§aise a lieu le 11 octobre 1794 : au cours d’une grandiose cA©rA©monie, les cendres de Jean-Jacques Rousseau sont transfA©rA©es d’Ermenonville au PanthA©on. Jean-Jacques Rousseau devient officiellement l’une des gloires de la nation franA§aise. La A« vA©ritA© A» de Jean-Jacques Portait de Jean-Jacques Rousseau en 1766, par Allan Ramsay.

Rousseau s’inscrit contre la filiation nobiliaire et rA©veille cette inconnue de la A« vieille A» littA©rature : la sensibilitA©, une sensibilitA© fondatrice de droits et de devoirs. Mais son influence trouve sa pleine expression avec la RA©volution franA§aise : le penseur politique en devient l’un des pA? res spirituels et tous se rA©clament de lui. Les rA©volutionnaires, d’un extrA? me A  l’autre, prA©tendent A« ne marcher que le Contrat social A  la main A». Paradoxalement, les thA©oriciens de la contre-rA©volution (Joseph de Maistre, Louis-Gabriel de Bonald) se rA©clament eux aussi de Rousseau.

Cela suffit A  donner une idA©e de la diversitA© de l’hA©ritage rousseauiste. La diffA©rence majeure entre son A »uvre et d’autres A« vA©ritA©s A» publiA©es se trouve peut-A? tre dans le parti pris affichA© et, chez lui, A©vident – sa devise vitam impendere vero (empruntA©e A  JuvA©nal, Satires, IV, 91) ou A« consacrer sa vie A  la vA©ritA© A», selon sa propre traduction, en fait foi – de considA©rer la notion de vA©ritA© comme objet de recherche supA©rieur A  toute autre valeur et mA? me A  sa propre rA©putation ou son propre honneur. On peut, par certains cA? A©s, considA©rer la totalitA© de l’A »uvre de Rousseau comme une immense lettre morale adressA©e A  ses contemporains d’abord, mais aussi A  l’humanitA© entiA? re (et, sinon A©ternelle, du moins pour quelques siA? cles aprA? s lui). L’A©tat actuel de sa diffusion en librairie, le nombre des thA? ses qui lui sont consacrA©es ainsi qu’A  son A »uvre, tout comme les traductions en de multiples langues, semblent confirmer le caractA? re fondamental de ces A« essais de vA©ritA© A» A©crits par un passionnA©, un grand initiA© qui s’est risquA© A  descendre et A  A »uvrer pour ce monde A©motionnel que les hommes maA®trisent le moins.

Il A« parlait peuple, pour les peuples A» avant la lettre, et ce avec autant d’intelligence que d’instinct, c’est-A -dire de cA »ur, sans A? tre ni tribun ni orgueilleux, semblant tout de mA? me ne pas ignorer qu’A  sa faA§on, il A©tait (et peut-A? tre resterait) l’un des grands instructeurs de l’humanitA©. Les grands principes de la philosophie rousseauiste La Nature La statue de Jean-Jacques Rousseau A  ChambA©ry, par Mars Valett. DA©finition Tous les philosophes du XVIIIe siA? cle se rA©fA? rent A  la Nature… Souvent, c’est au sens d’une physique. Chez Rousseau, la dA©finition de ce mot A« Nature A» est peu

A©vidente : celui-ci peut dA©signer aussi bien le monde physique que les dispositions innA©es de l’homme, la conscience morale (la A« voix de la nature A») ou, plus simplement, la campagne verdoyante. Cette pluralitA© de sens n’empA? che pas, cependant, de produire une dA©finition plus prA©cise. La nature, c’est avant tout ce que l’on oppose A  la culture (l’art, la technique, la loi, l’institution, la sociA©tA©, l’arbitraire). Rousseau est peut-A? tre le premier A  faire de cette distinction un outil mA©thodologique (repris notamment par Claude LA©vi-Strauss, rousseauiste fervent).

L’idA©e de nature est peut-A? tre celle d’une A« transparence A» originelle : la nature, c’est ce qui est vrai, ce avec quoi nous avons un rapport immA©diat (sans mA©diation), et qui nous rappelle A  notre origine a?  » c’est en ce sens que l’on peut parler, pour dA©signer la conscience morale, de la A« voix de la nature A» : A« sois juste et tu seras heureux A», A« je ne tire point ces principes de la haute philosophie, mais je les trouve au fond de mon cA »ur A©crites par la nature en caractA? res ineffaA§ables A» (A? mile, IV). La nature est un principe d’ordre, de simplicitA© et d’authenticitA©.

A? l’opposA©, le vice (dA©sordre, mensonge, luxe, violence) procA? de de la sociA©tA© et de la culture, de l’inscription de l’individu dans des rapports artificiels : A« Posons pour maxime que les premiers mouvements de la nature sont toujours droits : il n’y a point de perversitA© originelle dans le cA »ur humain. Il ne s’y trouve pas un seul vice dont on ne puisse dire comment et par oA? il est entrA© A» (A? mile, II). L’A©tat de nature Article dA©taillA© : A? tat de nature. Outre les fragments intitulA©s L’A©tat de guerre, deux textes principaux a?  » qui diffA? rent parfois quelque peu a? dA©crivent l’A©tat de nature tel qu’il est conA§u par Rousseau : Discours sur l’origine et les fondements de l’inA©galitA© parmi les hommes. Ce qui caractA©rise l’homme nu dans l’A©tat de nature, c’est un parfait A©quilibre entre ses dA©sirs et les ressources dont il dispose. Car l’homme naturel est d’abord un A? tre de sensations, et de sensations seulement. A« Plus on mA©dite sur ce sujet, plus la distance des pures sensations aux plus simples connaissances s’agrandit A  nos regards ; et il est impossible de concevoir comment un homme aurait pu, par ses seules forces, franchir un si grand intervalle A».

L’homme naturel ne dA©sire que ce qui se trouve dans son milieu de vie immA©diat. Car il ne pense pas. Ces choses sont les seules qu’il puisse se A« reprA©senter A». Les dA©sirs de l’homme naturel coA? ncident parfaitement avec les dA©sirs de son corps. A« Ses dA©sirs ne passent pas ses besoins physiques, les seuls biens qu’il connaisse dans l’univers sont la nourriture, une femelle et du repos A». A? tre de pures et seules sensations, l’homme naturel ne peut anticiper l’avenir, ni se reprA©senter les choses au-delA  du prA©sent.

Autrement dit, la nature en lui correspond parfaitement A  celle en dehors. Dans l’Essai, Rousseau suggA? re que l’homme naturel n’est pas mA? me capable de distinguer un semblable dans un autre A? tre humain. Car cette distinction requiert des facultA©s d’abstraction qui lui manquent. L’homme naturel ignore ce qu’il y a de commun entre lui et l’autre A? tre humain. Pour l’homme naturel, l’humanitA© s’arrA? te au petit cercle d’individus avec lesquels il est en rapport immA©diat. A« Ils avaient l’idA©e d’un pA? re, d’un fils, d’un frA? re, et non pas d’un homme.

Leur cabane contenait tous leurs semblables… Hors eux et leur famille l’univers ne leur A©tait rien A». (Essai, IX) La pitiA© ne pouvait s’exercer activement que dans le petit milieu de la horde. Mais de cette ignorance ne rA©sulterait pas la guerre, car les hommes naturels ne se rencontraient virtuellement pas les uns les autres. Les hommes, si l’on veut, s’attaquaient dans leurs rencontres, mais ils se rencontraient rarement : A« Partout rA©gnait l’A©tat de guerre, et la terre A©tait en paix A». Par lA , Rousseau prend le contre-pied de la thA©orie hobbesienne de l’A©tat de nature.

L’homme naturel de Rousseau n’est pas un A« loup A» pour ses semblables. Mais il n’est pas non plus portA© A  s’unir A  eux par des liens durables et A  former avec eux des sociA©tA©s. Il n’en ressent pas le dA©sir. Ses dA©sirs sont satisfaits par la nature. Et son intelligence, rA©duite aux seules sensations, ne peut mA? me pas se faire une idA©e de ce que serait une telle association. L’homme naturel n’a que l’instinct, et cet instinct lui suffit. Cet instinct est individualiste ; il ne l’induit aucunement A  la vie sociale. Pour vivre en sociA©tA©, il faut la raison A  l’homme naturel.

La raison, pour Rousseau, est l’instrument qui adapte l’homme nu A  un milieu social, habillA©. De mA? me que l’instinct est l’instrument d’adaptation de l’homme A  son milieu naturel, la raison est un instrument d’adaptation de l’homme A  un milieu social, juridique. Or cette raison, il ne l’a qu’en puissance, de mA? me que la vie sociale est prA©sente en puissance dans la vie naturelle : la raison, l’imagination qui permet de se reprA©senter un autre homme comme mon alter-ego (c’est-A -dire comme un A? tre A  la fois mA? me que moi et autre que moi), le langage et la sociA©tA©, tout ce qui constitue la ulture, apparaissent ensemble, et ne sont pas vA©ritablement actifs A  l’A©tat de nature. Mais l’homme naturel, en tant qu’il est perfectible, possA? de dA©jA , virtuellement, toutes ces facultA©s. Il est asocial, mais non associable : A« Il n’est pas rA©fractaire A  la sociA©tA© ; mais il n’y est pas enclin. Il a en lui les germes qui, dA©veloppA©s, deviendront les vertus sociales, les inclinations sociales ; mais ils ne sont que des puissances. La perfectibilitA©, les vertus sociales et les autres facultA©s que l’homme naturel avait reA§ues en puissance ne pouvaient jamais se dA©velopper d’elles-mA? es A» (Second Discours, premiA? re partie). L’homme est sociable avant mA? me de se socialiser. Il y a en lui un potentiel de socialitA© que seul le contact avec certaines forces hostiles de l’extA©rieur peut actualiser. A« Des annA©es stA©riles, des hivers longs et rudes, des A©tA©s brA»lants qui consument tout, exigA? rent d’eux une nouvelle industrie A» (Essai). Tant qu’elles ne changent pas, les conditions de l’homme naturel produisent un A©quilibre parfait entre lui et son milieu de vie. Mais les choses changent et les conditions de cet A©quilibre naturel aussia? ¦ La botanique

Rousseau dA©couvrit tardivement la botanique, puis la dA©laissa pour copier des pages de musique ou A©crire ses livres, avant d’y revenir vers 65 ans, car il prA©fA©rait herboriser, ce qui le dA©tendait, plutA? t que rA©flA©chir, ce qui le fatiguait et l’attristait, A©crit-il dans la septiA? me rA? verie du promeneur solitaire. Pourtant ses Lettres sur la botanique lui permettaient de continuer une rA©flexion sur la culture, au sens large, commencA©e dans l’A? mile, son traitA© d’A©ducation, et son roman, La Nouvelle HA©loA? se, oA? il s’interrogeait sur l’art du jardin. L’homme, cet A? re dA©naturA©, sans instinct, ne peut contempler la nature que lorsqu’il l’a rendue habitable et donc cultivA©e, dA©naturA©e, A« contournA©e A  sa mode A» en A« campagne riante A» car, dans les endroits ou les hommes peuvent vivre, elle n’est souvent que du mauvais pays, de la broussaille, du terrain vague. Ce n’est en gA©nA©ral que dans des endroits rares et inaccessibles A  l’homme qu’elle cache A« ces lieux si peu connus et si dignes d’A? tre admirA©s… La nature semble vouloir dA©rober aux yeux des hommes ses vrais attraits auxquels ils sont trop peu sensibles, et qu’ils dA©figurent…

Ceux qui l’aiment et ne peuvent l’aller chercher si loin sont rA©duits A  lui faire violence, A  la forcer en quelque sorte A  venir habiter avec eux, et tout cela ne peut se faire sans un peu d’illusion A» continue Rousseau dans son roman oA? il dA©crit comment Julie a installA© au fond de son verger un jardin secret, joignant l’agrA©able A  l’utile de maniA? re A  en faire un lieu de promenade qui ressemble A  la pure nature : A« il est vrai, dit-elle que la nature a tout fait, mais sous ma direction, et il n’y a rien lA  que je n’ai ordonnA© A».

Rousseau dA©crit le jardin de l’homme de goA»t, conciliant A  la fois l’humaniste et le botaniste, comme un lieu utile et plaisant oA? sont rassemblA©s sans artifice visible, ni A  la franA§aise, ni A  l’anglaise : l’eau, la verdure, l’ombre et la fraA®cheur, comme sait le faire la nature, sans user de la symA©trie ni aligner les allA©es et les bordures. L’homme de goA»t A« ne s’inquiA©tera point de se percer au loin de belles perspectives : le goA»t des points de vue et des lointains vient du penchant qu’ont la plupart des hommes A  ne se plaire qu’oA? ls ne sont pas. A» Le travail de greffe et de bouturage ne sert pas A  dA©voiler la nature derriA? re la nature, mais, avant qu’elle ne devienne invivable, A  la rendre habitable en bien ou en mal, ce dont l’extension catastrophique de notre civilisation urbaine est une des consA©quences mais pas forcA©ment un destin. Et si le travail du verger et des champs est une nA©cessitA© pour l’homme, le jardin de A« l’homme de goA»t A» aura pour fonction de lui permettre de se dA©payser, de se dA©lasser des moments d’effort.

Pour Rousseau, mA©lodie [voir le chapitre suivant] et jardin sont de l’ordre de l’humain, de la perfectibilitA©, de l’imagination et des passions simples. Il partage avec la musique une temporalitA© mA©lodique, celle aussi du processus A©ducatif qui permet aux hommes d’espA©rer devenir A« tout ce qu’ils peuvent A? tre A» puisque la nature n’y saurait suffire. Rousseau est l’abrA©viation botanique officielle de Jean-Jacques Rousseau. Consulter la liste des abrA©viations d’auteur ou la liste des plantes assignA©es A  cet auteur par l’IPNI L’amour et la haine

Il est incontestable que Rousseau a fait souffler un vent rA©volutionnaire sur les idA©es d’amour et de haine : cette considA©ration accordA©e A  la sexualitA© comme une expA©rience fondamentale dans la vie d’un A? tre humain, la prise de conscience de l’importance des sentiments d’amour et de haine dans la construction de la sociA©tA© humaine et dans son dA©veloppement, et enfin, cette ouverture sur le dA©bat moderne avec le sujet amoureux partagA© entre l’amour conjugal et l’amour passion. On peut A©galement ajouter que Rousseau a permis d’A©tablir dans sa sociA©tA© du xviiie siA? le une nouvelle notion, A  savoir le fait que la personnalitA© d’un individu, qu’elle concerne le rapport aux autres et la sexualitA© entre autres, se forge dA? s l’enfance. A? mile ou de l’A? ducation ou la nA©cessitA© d’A©duquer au sentiment amoureux A? mile ou De l’A©ducation est un ouvrage A  l’usage des maA®tres, prA©cepteurs ou mA? res de famille, qui explique la nature de l’enfant et l’A©ducation qu’il faut en faire dA©couler pour bien le faire grandir, en gardant A  l’esprit qu’il suffit de A« comprendre [la] nature A» de l’enfant pour qu’il grandisse le mieux possible.

Rousseau, dans sa prA©face, prend soin d’A©carter les critiques qu’on pourrait lui faire ; pour lA©gitimer son A »uvre, il dit avoir suivi et observA© la nature : sa dA©marche est volontiers empiriste. Ce que l’on peut dA©jA  noter, c’est cette importance accordA©e A  la A« nature A», en opposition A  la A« culture A». Chez l’enfant, l’amour est un certain instinct de conservation : on aime ceux qui veulent notre bien, et on s’A©carte de ceux qui veulent notre mal. Cette connaissance de ce qui est bon ou mauvais pour nous nous vient de l’expA©rience.

La haine n’est pas vA©ritable, car il ne s’agit pas de A« vouloir du mal A» A  ceux qui nous en veulent, mais A  s’en A©carter. Ce qui est bon, dans la tA? te de l’enfant, c’est ce qui lui permet de rester vivant, de A« sur-vivre A» si l’on pousse le trait A  son paroxysme. Cet instinct, c’est l’ A« amour de soi A». On s’aime, donc on veut son propre bien ; par extension, on aime les gens qui veulent nous faire du bien, et, rA©ciproquement, on cherche A  leur faire du bien. On peut dA©gager un certain concept d’A? ocentrisme, mais il faut savoir qu’il n’y aura aucune pA©joration A  l’utilisation de ce terme puisque, finalement, on ne nuit pas aux autres avec un tel comportement, puisque le seul rapport avec autrui concerne ce qu’ils peuvent nous apporter, et non pas ce qu’ils sont. On ne peut pas vraiment parler d’amour ici, puisque c’est ici un vulgaire instinct de conservation. Avec l’adolescence naA®t l’amour physique. Advient la pubertA©, l’enfant devient adolescent. Puisqu’il y a changement physique, puisque la voix mue, puisque les A©paules s’A©largissent, et que les poils apparaissent un peu partout, l’enfant ne peut que se voir diffA©remment.

Pour savoir s’il a bien A©voluA©, il se compare aux autres. Il ne se voit plus lui-mA? me, mais il se voit A  travers le regard des autres. L’amour de soi devient amour-propre ; le rapport A  soi devient rapport A  soi par l’intermA©diaire de l’idA©e qu’on se fait du regard que les autres portent sur nous. Puisqu’on ne se voit plus directement, on ne sait plus vraiment quels sont nos vrais besoins, alors on se trompe d’objets et on se met A  l’A©cart de beaucoup de choses qui seraient naturellement bonnes pour nous.

Notre champ de relations s’est considA©rablement A©tendu puisque, naturellement, on cherche A  se voir aux yeux du plus grand nombre de personnes possible. On a donc beaucoup plus de contacts, de lA  naissent la jalousie et le mensonge car il s’agit de se faire aimer des autres. On voit aussi les besoins des autres et on les A©prouve sur nous, donc, d’un coup, on a beaucoup plus de besoins. Pour plaire aux autres, il faut concurrencer ceux qui leur plaisent aussi. De lA  naA®t le sentiment de haine. Il s’agit en effet d’A©carter nos rivaux.

Enfin, puisqu’on se compare aux autres, la vanitA©, l’orgueil et la jalousie sont constituants de nos relations avec autrui. L’amour qui concerne l’individu A  ce stade de la vie est un amour physique. C’est purement sexuel, purement physique. On ne choisit pas quelqu’un, on choisit un corps. On ne prA©fA? re rien, car les corps sont sensiblement tous les mA? mes. A« Toute femme est bonne A». Enfin, quand on a essayA© beaucoup de personnes et qu’on a enfin pu faire des comparaisons, on fait un choix. Mais vient toujours la difficultA© de garder la bien-aimA©e : pour ne pas la perdre, il faut rivaliser avec les autres ; pour A? re bien aimA©, il faut aimer bien, il y a donc une certaine forme de lutte pour conserver l’amour ; et enfin, l’amour est tellement agrA©able qu’on cherche A  A? tre aimA© par d’autres personnes : de lA , la jalousie et la destruction du couple. A« Le penchant de l’instinct est indA©terminA©, un sexe est attirA© vers l’autre, voilA  le mouvement de la nature A». On sent donc qu’un amour vrai est un amour conduit, A©duquA©, avec un A« tuteur A». Rousseau parle de l’homme comme d’une plante dans sa prA©face : A« On faA§onne les plantes par la culture, et les hommes par l’A©ducation A». Amour physique et amour moral

Il y a deux sortes d’amour : l’amour physique et l’amour moral. L’amour physique ne choisit pas, il ne prA©fA? re rien. Soit que le sauvage prenne la premiA? re femme qui passe, n’ayant aucune raison d’en attendre une autre car A« toute femme est bonne pour lui A» ; soit que le frA? re prenne sa sA »ur parce qu’il n’a finalement aucune raison d’aller chercher plus loin, ayant sa sA »ur sous la main. Au contraire, l’amour moral porte sur l’individu et procA? de d’un choix. Si les principes de ce choix sont plus ou moins obscurs, c’est parce que nous voyons moins clair que l’amour lui-mA? e, mais les consA©quences sont claires : A« exceptA© l’objet aimA©, un sexe n’est rien pour l’autre A». De sorte que, par le choix, l’amour devient le contraire du penchant. L’amour est liA© au langage en tout cas, le langage est A l’origine du sentiment amoureux. L’amour a besoin de la sociA©tA© des hommes pour remplacer le penchant ; en d’autres termes, il existe un discours social qui circule sur les femmes et propose des modA? les, des idA©aux amoureux qui tirent l’amour du simple penchant. On pense A  Sophie, la femme d’A? mile ; A? mile, grA? e ou A  cause de la sociA©tA©, a cherchA© un idA©al, une Sophie, une personne qui est sage. La sociA©tA© ne produit pas que l’amour ; elle favorise aussi la haine. La moindre opposition devant l’amour devient une A« fureur impA©tueuse A» : la plus douce des passions peut vite devenir un bain de sang, ajoute Rousseau. La dimension sexuelle est primordiale, mais il faut qu’elle cesse pour que le vA©ritable amour puisse surgir. D’oA? une opposition nA©cessaire entre l’amour moral et l’amour purement physique. L’amour et la haine ne sont donc pas vraiment de mA? me nature parce que l’amour prA©cA? e la haine. Inceste et homosexualitA© [rA©f. nA©cessaire] L’inceste : Rousseau suppose que dans les premiers temps, il y eut sans doute des rapports consanguins et que, de toute faA§on, quand les enfants se sA©paraient, puis quand ils se retrouvaient, ils ne savaient pas forcA©ment qu’ils A©taient frA? res et sA »urs. A? mile, lui, A©chappe A  cela, puisque Rousseau n’A©voque pas cette question. Dans La Nouvelle HA©loA? se, on parle de cousins A©levA©s ensemble et, aprA? s la premiA? re nuit d’amour entre Saint-Preux et Julie, Saint-Preux la surnomme A« ma sA »ur A».

La vie de Rousseau dessine ce fantasme de l’inceste : Rousseau appelle son A©pouse, ThA©rA? se Levasseur, A« ma tante A». Il a mA? me A©crit qu’il aurait aimA© A? tre son fils, et qu’elle soit sa mA? re. Puis, le pA? re et la mA? re de Rousseau furent A©levA©s ensemble. L’inceste chez Rousseau est de l’ordre du fantasme. L’homosexualitA© : Rousseau n’en parle pas expressA©ment, il y fait allusion. Il abhorre l’homosexualitA© masculine et se moque des hommes effA©minA©s qu’il considA? re tous comme des couturiers ou des perruquiers. Rousseau A©voque mA? e des attouchements qu’il a subis, des avances que lui ont faites des hommes : A« La plus laide des guenons devenait A  mes yeux un objet adorable par le souvenir de ce faux africain A». Quant A  l’homosexualitA© fA©minine, il semble y trouver un certain esthA©tisme ; on pense A  la scA? ne oA? il dA©peint Claire qui A©crit A  sa cousine Julie et dit A« n’aimer parfaitement qu’elle A» : A« Quelle extase de voir deux beautA©s si touchantes s’embrasser tendrement, le visage de l’une se pencher sur le sein de l’autre… Rien sur la terre n’est capable d’exciter un si voluptueux attendrissement que vos utuelles caresses, et le spectacle de deux amants eA»t offert A  mes yeux une sensation moins dA©licieuse A». Il faut donc bien comprendre que l’homosexualitA© n’est pas recommandA©e A  A? mile. L’homosexualitA© fA©minine n’est pas approuvA©e mais considA©rA©e comme esthA©tique. On voit donc ici que l’inceste et l’homosexualitA© ne sont pas oubliA©s mA? me s’il semble que l’amour entre deux hommes soit contre nature, ou en tout cas, pas recommandable. Rousseau est dA©goA»tA© par l’homosexualitA© masculine. Et le dA©goA»t est une forme de haine qui va permettre A  l’amour de surgir.

La prA©fA©rence, le goA»t ne suffit pas A  tirer le sentiment amoureux de son enracinement instinctif : la prA©fA©rence n’a pas assez de force pour remplacer l’instinct. Il faut un sentiment nA©gatif qui vienne enterrer l’instinct : c’est le dA©goA»t, qui est une sorte de haine. L’amour et la haine semblent ici complA©mentaires dans le sens oA? ils sont unis pour repousser ce qui est instinctif dans l’amour. [rA©f. nA©cessaire] Rousseau, pA? re du conflit moderne La Nouvelle HA©loA? se pose l’opposition entre l’amour et le mariage. C’est le thA? me central.

On le retrouve dans beaucoup d’A »uvres de l’A©poque, mais ce qui distingue Rousseau de ses contemporains, c’est sa faA§on de traiter le sujet et la rA©ponse qu’il donne. L’opposition entre amour et mariage, par l’opposition entre le sentiment libre et le sentiment encadrA©, le besoin individuel et l’institution sociale, entre la passion et la loi. On retrouve cette thA©matique chez Shakespeare dans son RomA©o et Juliette et la fin tragique, le suicide des deux amants. DiffA©rence entre l’amour et l’exaltation de l’instant et le mariage qui reprA©sente la loi, la durA©e et les institutions (la famille dans le cas de RomA©o et de Juliette).

Dans le cas de Rousseau, il y a impossible conciliation entre l’amour passion et l’amour conjugal car ces deux formes de sentiment renvoient A  deux Moi : l’un qui vise l’autoconservation, l’autre qui vise l’expression du dA©sir et la dA©pense du soi. On a donc un Moi qui veut se conserver, qui suppose que le bonheur est dans la constance et la tranquillitA© de l’A? me. Il y a enfin l’autre Moi qui pose le bonheur comme impossible dans la durA©e ; il faut donc saisir le moment : A« Gather the rosebud while we may / Old time’s still flying / And that same flower that smiles today / Tomorrow’ll be dying A», cA©lA? res vers du poA? me A« Carpe Diem A». La sauvegarde de soi, c’est avant tout la sauvegarde de l’univers collectif et social. La dA©pense de soi, c’est l’adhA©sion aux pulsions individuelles. Ce choix entre amour et mariage est impossible A  faire puisque choisir l’un, c’est regretter de ne pas avoir choisi l’autre ; le fait que ce choix soit strictement impossible vient de ce que les valeurs sont incompatibles, et que choisir l’un ou l’autre pose moralement des problA? mes. Comment expliquer A  une famille de haut rang qu’on prA©fA? re un amour indigne A  un mariage qui serait un gage de dignitA©?

Comment expliquer A  son amant qu’on prA©fA? re la raison A  la passion, la reconnaissance sociale A  l’amour? Rousseau illustre donc la pathologie amoureuse comme l’impossibilitA© de choisir. PremiA? rement, on ne peut pas choisir quel amour on veut, car le choix sera regrettA©. On ne peut pas non plus choisir de rester dans l’incertitude, car celle-ci fait souffrir. Finalement, Julie prA©fA©rera le mariage avec Wolmar et aura la A« nostalgie du dA©sir A», regrettant son choix; la nostalgie, c’est-A -dire l’impression qu’elle aurait dA» faire l’autre choix. L’hypothA? se de l’impossibilitA© du choix se confirme.

Ce qu’il y a aussi de remarquable chez Rousseau, c’est qu’en ayant vu cette contradiction, cette ambivalence entre deux Moi, il a dA©passA© la thA©matique de l’amour courtois tout en ouvrant le champ aux Romantiques. L’amour courtois considA? re le mariage comme le lieu du devoir et de la loi. L’institution est incompatible avec l’amour. Il y a donc chez Jean-Jacques Rousseau un vA©ritable appel A  l’adultA? re, qui ne serait pas blA? mable dans le sens oA? celui qui tromperait son conjoint le ferait pour quelqu’un qu’il aime. L’amour est une vA©ritable vertu, il doit A? re libA©rA© de l’institution, car l’A©mancipation de l’amour, c’est l’A©mancipation du dA©sir. Il y a une fidA©litA© A  la passion plutA? t qu’aux A« liens sacrA©s du mariage A». Dans l’amour courtois, il faut prA©fA©rer la vitalitA© de la passion A  l’amorphisme qui caractA©rise l’union matrimoniale. Dans La Nouvelle HA©loA? se, Julie refuse le chaos de la passion, et elle refuse en mA? me temps le mariage avec celui qui lui inspire la passion: car la passion s’y perdrait nA©cessairement. Il y a rupture avec la tradition de l’amour courtois car Julie VEUT goA»ter A  la passion, mais elle le refuse, car elle ne supporte pas le fait d’A? re faible devant la passion. Elle rA©alise qu’elle ne peut rien contre le pulsionnel alors elle dA©cide de ne pas l’attiser. Julie choisit donc le mariage comme conservation de soi : c’est l’agapA? chrA©tienne qui l’emporte sur l’A©ros. C’est la deuxiA? me rupture avec l’amour courtois : le conjugal bloque l’affectif : l’amour passion doit laisser la place A  l’amour tendresse. Le dA©sir n’est pas dA©passA©, il est refoulA©. Julie a conscience qu’elle ne peut pas dompter la passion, alors elle la repousse et se refuse A  la combattre, elle tente plutA? t de l’ignorer. Le Romantisme, quant A  lui, considA? e qu’il est possible de concilier amour conjugal et amour passion. L’amour romantique, c’est la fusion entre le sensible et le spirituel, c’est une aspiration A  l’infini et la possibilitA© d’assouvir cette aspiration dans la finitude, grA? ce A  la relation avec une femme rA©elle. La passion est ici dA©passA©e, elle n’est plus nA©gative et ne mA? ne plus A  l’adultA? re. Il y a donc chez les romantiques, une possibilitA© de concilier dA©sir et passion, par le mariage, mais aussi par la mort comme accomplissement et union A©ternelle des amants, union extra-temporelle.

On a cela chez Novalis, HA¶lderlin ou encore dans le Tristan et Isolde de Richard Wagner. Pour Rousseau, il est impossible de concilier A©ros et agapA?. La philosophie Rousseauiste de l’amour est donc le clivage, le dA©passement de l’amour courtois et la voie ouverte aux romantiques. On retrouve cette thA©matique Rousseauiste chez des auteurs comme Proust (la passion est l’aliA©nation de soi) et chez Sartre oA? l’amour est une A« unitA© heureuse A» qui marque la fin de l’individualitA©. La politique Sources de la pensA©e politique de Rousseau Elles sont nombreuses et se construisent en critiquant et en s’inspirant de LucrA? e, de Hobbes, de Locke, des thA©oriciens du droit naturel (Hugo Grotius, Pufendorf), de Montesquieu. Il s’est aussi opposA© aux Physiocrates, les premiers A©conomistes franA§ais, pour qui la crA©ation de richesse ne pouvait provenir que de l’exploitation de la terre (physio-cratie = A« pouvoir de la terre A»). On garde de lui quelques lettres A©changA©es avec Mirabeau pA? re, l’auteur de l’Ami des Hommes. DA? s le Discours sur les sciences et les arts, Rousseau affirme son originalitA© en rA©futant la thA? se de la sociabilitA© naturelle de l’homme et en affirmant sa bontA© naturelle. La premiA? e position le rapproche de Hobbes, qui voyait dans l’homme naturel un A? tre isolA© et cherchant avant tout A  contenter ses besoins. Mais par la seconde, il se dA©tache du penseur anglais, puisque celui-ci affirmait, reprenant Plaute, que l’A« homme est un loup pour l’homme A» (homo homini lupus est). ConsidA©rant l’agressivitA© naturelle de l’homme, Hobbes, profondA©ment choquA© par la guerre civile et les troubles religieux anglais du xviie siA? cle, rA©clamait un pouvoir royal absolu confisquant la violence individuelle au profit de l’A? tat ; enthousiasmA© par la bontA© naturelle, Rousseau, lui, considA? e que le pouvoir doit venir des individus eux-mA? mes. Selon Hobbes, l’homme est mauvais en soi ; selon Rousseau, c’est la sociA©tA©, c’est-A -dire le dA©sir de possA©der, de dominer et de paraA®tre, qui a corrompu l’homme. Rousseau dA©mocrate ? Le Contrat social a parfois A©tA© considA©rA© comme le texte fondateur de la RA©publique franA§aise, non sans malentendus, ou A  titre d’accusation de la part des opposants A  la RA©publique. On s’est surtout attachA© A  sa thA©orie de la souverainetA© : celle-ci appartient au peuple et non A  un monarque ou A  un corps particulier.

AssurA©ment, c’est chez Rousseau qu’il faut chercher les sources de la conception franA§aise de la volontA© gA©nA©rale : contrairement aux thA©ories politiques anglo-saxonnes, Rousseau ne considA? re pas la volontA© gA©nA©rale comme la somme des volontA©s particuliA? res a?  » c’est-A -dire la volontA© de tous -, mais comme ce qui procA? de de l’intA©rA? t commun : A« A? tez [des volontA©s particuliA? res] les plus et les moins qui s’entre-dA©truisent, reste pour somme des diffA©rences la volontA© gA©nA©rale A». On oublie souvent que Rousseau destinait son Contrat social A  de petits A? ats. Il s’inspirait de deux modA? les, l’un antique (la citA© grecque, notamment Sparte alors tenue pour dA©mocratique), l’autre moderne (la RA©publique de GenA? ve). Rousseau s’opposait A  l’opinion de la majeure partie des A« Philosophes A» qui admiraient souvent les institutions anglaises, modA? le d’A©quilibre des pouvoirs louA© par Montesquieu et Voltaire. Rousseau s’opposait A©galement avec force au principe de la dA©mocratie reprA©sentative et lui prA©fA©rait une forme participative de dA©mocratie, calquA©e sur le modA? le antique.

Se borner A  voter, c’A©tait, selon lui, disposer d’une souverainetA© qui n’A©tait qu’intermittente ; quant A  la reprA©sentation, elle supposait la constitution d’une classe de reprA©sentants, nA©cessairement vouA©s A  dA©fendre leurs intA©rA? ts de corps avant ceux de la volontA© gA©nA©rale. En revanche, il s’opposait A  la diffusion massive des savoirs, comme le montre son Discours sur les sciences et les arts qui y voit la cause de la dA©cadence moderne. Le modA? le de Rousseau est bien plus Sparte, citA© martiale, dont le modA? le entretenait dA©jA  quelque rapport avec la citA© de La RA©publique de Platon, qu’AthA? es, citA© dA©mocratique, bavarde et cultivA©e. Certains critiques a?  » comme l’universitaire AmA©ricain Lester G. Crocker a? « , particuliA? rement sensibles au modA? le d’autarcie et d’unitA© nationales de Rousseau, lui ont reprochA© d’avoir favorisA© le totalitarisme moderne. Cette opinion est devenue minoritaire depuis quelque temps, mais elle tA©moigne de la force polA©mique qu’ont encore de nos jours les A©crits du A« Citoyen de GenA? ve A» . La musique Un musicien mineur La musique fut la vocation contrariA©e de Rousseau; il fut un musicien mineur. InitiA© par Madame De Warens, il en vA©cut mA©diocrement durant son sA©jour A  Paris.

Rousseau fut l’auteur et compositeur d’un IntermA? de, Le Devin du village (1752), lequel fut cA©lA©brA© par le roi Louis XV. En consA©quence, ce dernier proposa d’offrir une bourse A  Jean-Jacques, mais celui-ci la refusa ; Diderot insista pour que Rousseau l’acceptA? t, et ceci fut A  l’origine de leur querelle. En rA©alitA©, dans le deuxiA? me Dialogue, Rousseau A©numA? re un acte de Daphnis et ChloA©, une seconde musique du Devin du Village, plus de cent morceaux de divers genres, six mille pages copiA©es de musique de harpe, de clavecin ou solo et concerto de violon, travail de copiste sur six ans, lequel lui permit de vivre.

Sans oublier non plus le Dictionnaire de musique A©ditA© en 1767, et trA? s prisA© des musiciens europA©ens de l’A©poque, dans lequel Rousseau reprenait et actualisait, A  la demande de Diderot, les dizaines d’articles A©crits pour l’EncyclopA©die . TrA? s influencA© d’abord par les A©crits harmoniques de Rameau, il A©tait devenu trA? s critique, depuis la Querelle des Bouffons (voir sa Lettre sur la musique franA§aise en 1752), A l’A©gard de l’harmonie. Il dA©cida notamment d’adapter un air A  la piA? ce Avril de RA©my Belleau. Avril page 2

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir. Media:Avril. mid Durant sa pA©riode chambA©rienne, il a imaginA© un nouveau systA? me de transcription des notes de musique. Un thA©oricien notoire On retrouve toute cette problA©matique philosophique entre harmonie et mA©lodie dA©veloppA©e dans l’Essai sur l’origine des langues (sous-titrA© OA? il est parlA© de la mA©lodie et de l’imitation musicale). Jean-Jacques Rousseau place la mA©lodie avant la musique, car elle permet l’humanisation du naturel en l’homme, alors qu’il dA©nie A  l’harmonie toute valeur d’A©motion.

La mA©lodie n’est que la transcription des passions humaines qu’expriment par leur chant les hommes, dA©finis spA©cifiquement par leur perfectibilitA©, c’est-A -dire leur capacitA© A  A©voluer, A  acquA©rir et dA©velopper toutes leurs facultA© et leur imagination, en improvisant leur histoire dans une temporalitA© non prA©A©tablie par une quelconque harmonie plus ou moins pythagoricienne. C’est sans doute A« la faute A  Rousseau A» si la musique et la chanson populaires ont continuA© et renouvelA© une tradition mA? lant poA©sie et chant qui aurait A©tA© A  l’origine des langues dans une improvisation qui n’est qu’une consA©quence du A©veloppement de la perfectibilitA© et de l’imagination propre au paradigme de l’humain et de la mA©lodie. A’uvres Page de garde du A« Discours sur l’origine et les fondements de l’inA©galitA© parmi les hommes A» de Jean-Jacques Rousseau, fruit d’un concours lancA© par l’AcadA©mie de Dijon Page de Garde Emile ou de l’Education de Jean Jacques Rousseau Voir sur Wikisource : Jean-Jacques Rousseau. Pour toutes les A »uvres de Rousseau, l’A©dition de rA©fA©rence, riche en introductions, notes et variantes, est celle des A’uvres complA? tes, 5 tomes, Paris, Gallimard, BibliothA? ue de la PlA©iade. Le tome I (1959) comprend les A »uvres autobiographiques ; le tome II (1961), la Nouvelle HA©loA? se, les piA? ces de thA©A? tre, et les essais littA©raires ; le tome III (1964), les A©crits politiques ; le tome IV (1969), les ouvrages relatifs A  l’A©ducation, la morale et la botanique ; le tome V (1995) les A©crits sur la musique, la langue et le thA©A? tre, ainsi que les textes historiques et scientifiques. Projet concernant de nouveaux signes pour la musique (1742) Dissertation sur la musique moderne (1743) Discours sur les sciences et les arts (1750)

Rousseau est l’un des auteurs de l’EncyclopA©die de Diderot et d’Alembert, dont il a rA©digA© la plupart des articles sur la musique, ainsi que l’article A« A? conomie politique A» (publiA© en 1755 dans le tome V de l’EncyclopA©die), plus gA©nA©ralement connu aujourd’hui sous le titre de Discours sur l’A©conomie politique. Le Devin du village (1752), opA©ra reprA©sentA© A  Fontainebleau devant le roi le 18 octobre 1752. C’est un succA? s. PremiA? re reprA©sentation A  l’OpA©ra le 1er mars 1753, c’est un dA©sastre. Narcisse ou l’amant de lui-mA? e [archive], ComA©die reprA©sentA©e par les comA©diens ordinaires du roi, le 18 dA©cembre 1752 (voir aussi la PrA©face [archive]). Discours sur la vertu (1750) Discours sur l’origine et les fondements de l’inA©galitA© parmi les hommes (1755) Examen de deux principes avancA©s par M. Rameau (rA©digA© vraisemblablement entre 1754 et 1756) J. J. Rousseau Citoyen de GenA? ve, A  Mr. d’Alembert sur les spectacles (1758) Jugement du Projet de paix perpA©tuelle de Monsieur l’AbbA© de Saint-Pierre (automne 1756) Lettres morales (1757-1758) Julie ou la Nouvelle HA©loA? se (1761) Du contrat social (1762) Emile et Sophie, ou les Solitaires

Lettres A©crites de la Montagne (1764) Traductions de Jean Jacques Rousseau A? mile ou De l’A©ducation (1762) Lettres sur la lA©gislation de la Corse (1764) ConsidA©rations sur le gouvernement de Pologne (1770-1771) Essai sur l’origine des langues (posthume) Projet de constitution pour la Corse (posthume, probablement rA©digA© en 1765) Dictionnaire de musique (commencA© en 1755, il paraA®t A  Paris en 1767) Les Confessions (1765-1770) Dialogues de Rousseau juge de Jean-Jacques (posthume) Les RA? veries du promeneur solitaire (posthume) Annexes Ouvrages consacrA©s A  Rousseau Ouvrages gA©nA©raux A? douard Rod, L’Affaire J. J. Rousseau, Paris, Perrin, 1906 Jean Starobinski, Jean-Jacques Rousseau: la Transparence et l’Obstacle, Paris, Gallimard, 1976, (ISBN 2070294730). Bernard Groethuysen, Jean-Jacques Rousseau, Paris, Gallimard, rA©ed. 2003, (ISBN 2070354830). Monique Cottret & Bernard Cottret, Jean-Jacques Rousseau en son temps, Paris, Perrin, 2005, (ISBN 2262021287). RA©my Hebding, Jean-Jacques Rousseau : les LumiA? res grA? ce A  Dieu, Punctum, coll. A« Vies choisies A», Paris, 2005, (ISBN 2-35116-001-0). Nanine Charbonnel, Philosophie de Rousseau, Lons-le-Saunier, ArA©opage, 2006, 3 vol. (ISBN 2-908340-58-5) Claire Salomon-Bayet.

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